Jean-Benjamin de La Borde

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Ne pas confondre avec un autre fermier général Jean-Joseph de Laborde également guillotiné en 1794

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Jean-Benjamin de La Borde
Portrait de Jean-Benjamin de La Borde, gravé par Gaucher d'après Durameau.
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Famille
Père
Fratrie
Élisabeth-Josèphe de Laborde (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Instrument
Genre artistique

Jean-Benjamin de La Borde (ou de Laborde), né à Paris le et mort guillotiné dans la même ville le (4 thermidor an II), est un compositeur, historien, mécène et fermier général français.

Biographie

Un financier

Fils du banquier et fermier général Jean-François de La Borde, baron de La Brosse, et de son épouse, Elisabeth Françoise Le Vasseur, Jean-Benjamin de La Borde est officier de la Fauconnerie du Roi, receveur général des finances, fermier-général et premier valet de chambre du Roi Louis XV de 1762 à 1774.

Jean-Benjamin de La Borde.

Un amateur d'arts

Il étudie le violon avec Antoine Dauvergne et la composition avec Jean-Philippe Rameau, met en scène plusieurs opéras et fait imprimer somptueusement plusieurs ouvrages, en faisant appel à de nombreux graveurs.

Éditeur de chansons et historien de la musique à ses débuts, La Borde officie vers 1780 comme polygraphe en éditant notamment les Tableaux topographiques, pittoresques, physiques, historiques, moraux, politiques, littéraires, de la Suisse de Béat Fidèle Antoine Dominique Zurlauben (1780-1786).

Dans ses Lettres sur la Suisse, adressées à Madame de M*** (1783), relation épistolaire sur son tour de Suisse de l'été 1781, il ne trahit aucune complaisance à l'égard de Jean-Jacques Rousseau. Voici ce qu'il dit, de Vevey le  :

« Le pays s'appelle Lavaux, et produit principalement du vin, que j'ai trouvé le meilleur de la Suisse. Il est blanc, doux, léger, agréable; c'est un bon vin d'ordinaire, et fort fin quand il est naturel, c'est-à-dire lorsque les marchands ou les voituriers ne se sont pas amusés à nos dépens. On traverse les villages de Lutry, Cully, Saint-Saphorin, Corsier, et la tour de Glérolles, bâtie, dit-on, par les Romains. La seule curiosité de tout ce pays est une colonne milliaire qui prouve que d'Avenches à Saint-Saphorin il y a 37 000 pas ; ce qui ne laisse pas d'être agréable à savoir. […] Me voici à Vevey. Je ne saurais vous exprimer, madame, combien je désirais de voir cette ville et ses environs si vantés par Rousseau, et devenus si célèbres par son roman d'Héloïse. Je me disais souvent, si le fonds de toute cette histoire n'est qu'un conte, au moins les descriptions qu'il fait des sites, des mœurs, etc. doivent être des vérités. Mais, madame, mon attente a été entièrement trompée. J'ai trouvé, il est vrai, la situation de Vevey charmante, et ses habitants de bonnes gens ; mais les divins bosquets de Clarens, l'Élysée, les charmes que l'on goûte en habitant des chalets, tout cela n'a jamais existé que dans le cerveau bouillant de Rousseau. »

Vivant Denon - Déjeuner de Ferney (4 juillet 1775)

En 1766, rendant visite à Voltaire, à Ferney, pour lui présenter son opéra Pandore, il en obtient la collaboration, et celle de Michel-Paul-Guy de Chabanon, pour l'écriture du livret. Les deux hommes resteront amis d'où la gravure ci-contre de Vivant Denon les représentant en conversation, en présence du père Adam, de Mme Denis et d'une servante. Voltaire aurait dit en voyant cette gravure où il ne figure pas à son avantage : C'est Lazare au dîner du mauvais Riche !

Amant en titre de la danseuse Marie-Madeleine Guimard, il participe aux représentations qu'elle donne dans son théâtre de Pantin, puis à celui de la Chaussée-d'Antin. Il demeurait à Paris, rue et porte Montmartre.

Premier valet de chambre du Roi Louis XV de 1762 à 1774, il est fait fermier général, ce qui lui vaut d'être visé par les Révolutionnaires de 1793. On va l'arrêter à la campagne où il s'était retiré, n'ayant pas voulu émigrer. Il est condamné sous de faux prétextes, et guillotiné le (4 thermidor an II), cinq jours seulement avant la chute de Robespierre. Il est enterré dans une des fosses du cimetière de Picpus à Paris. Sa sépulture est au Père-Lachaise.

Maîtresse, mariage et descendance

De la liaison avec la Guimard, est issue une fille naturelle, reconnue en 1770, nommée comme sa mère Marie-Madeleine Guimard (1763-1779) , mariée à Paris en 1778 avec Robert Claude Arnould Drais.

Il épouse en 1774 Adélaïde Suzanne de Vismes (Paris, - Paris, ),, fille de Pierre Martin de Vismes (1711-1777), écuyer, secrétaire du Roi 1757-1777, fermier général, et de Marie-Louise Legendre, sœur d'Alphonse de Vismes, auteur dramatique et fermier général. Elle était poétesse, lectrice et dame de lit de la reine Marie-Antoinette. De ce mariage, est issu un fils, Auguste Benjamin de Laborde (Paris, - Nantes, ), marié avec Louise Carcenac, dont postérité.

Sa veuve se remariera en l'an VI avec Louis Antoine de Rohan-Chabot, sixième duc de Rohan.

Œuvres

Publications littéraires

Œuvres musicales

Sources.

Cartes et plans

Discographie

Filmographie

Dans le film Jeanne du Barry (2023) de Maïwenn, son rôle est interprété par Benjamin Lavernhe.

Notes et références

  1. ↑ Dictionnaire biographique des musiciens, Éd. Bouquins.[réf. incomplète]
  2. ↑ Jean-Daniel Candaux, dans sa notice sur Laborde pour le Dictionnaire historique de la Suisse, écrit : « Il s'agit de l'ouvrage, largement compilé, d'un voltairien contempteur de Rousseau, se faisant à l'étape de Genève l'écho de l'agacement de Vergennes, ministre français des Affaires étrangères, envers les bourgeois contestataires. Les lettres sont illustrées d'une carte générale de la Suisse, ainsi que de plans détaillés de la nouvelle ville de Versoix et de la saline du Bévieux. »
  3. ↑ « Correspondance de Voltaire/1766/Lettre 6515 - Wikisource », sur fr.wikisource.org (consulté le )
  4. ↑ Liste des victimes du Tribunal révolutionnaire à Paris, A. Picard, 1911 lire en ligne sur Gallica
  5. ↑ « La Borde », sur mvmm.org (consulté le )
  6. ↑ Thierry Claeys, Dictionnaire biographique des financiers en France au XVIIIe siècle, tome 2, Paris, Editions SPM, , 1221 p. (ISBN 978-2-901952-65-7), p. 17-21
  7. ↑ Daniel Teysseire, « Mort du roi et trouble féminin : le premier valet de chambre de Louis XV consulte Tissot pour sa jeune femme (mai 1776) », in Santé et maladie au XVIIIe siècle, Rodopi (1995), p. 53. (ISBN 9051838166).
  8. ↑ Il s'agit bien de de Vismes et non de Wismes (voir Neil Jeffares, [www.pastellists.com/Genealogies/Laborde.pdf pastellists.com] et « Jean-Benjamin de La Borde » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne).
  9. ↑ Divers poëmes imités de l'anglois, par madame Delaborde, Paris, Didot l’aîné, 1785.
  10. ↑ Daniel Teysseire, « Mort du roi et troubles féminins : Le premier valet de chambre de Louis XV consulte Tissot pour sa jeune femme (mai 1776) », dans Helmut Holzhey, Urs Boschung, Stefan Hächler, Martin Stuber (dir.), Gesundheit und Krankheit im 18. Jahrhundert / Santé et maladie au XVIIIe siècle, Clio Medica 31, 1995, p. 55.
  11. ↑ Cette citation est souvent attribuée à Alexandre Dumas fils ; elle est effectivement dans la préface de La Dame aux camélias (1848). Mais elle est beaucoup plus ancienne. On la trouve en latin dans l'œuvre de Francis Bacon : Divitiæ bona ancilla, pessima domina. (The works of Francis Bacon t.1 / Spedding, Ellis and Heath. London 1858 / p. 691).
  12. ↑ operone.de
  13. ↑ Alexandre Marain, « “J’adore filmer les gens qui se fichent de tourner avec moi” Maïwenn nous parle de son film Jeanne du Barry », vogue.fr, 16 mai 2023.

Voir aussi

Bibliographie

(Compte-rendu de ce livre, par Reynald Abad dans Persée)

Articles connexes

Liens externes

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