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Jean Chifflet (d) Jules Chifflet |


Jean-Jacques Chifflet, né à Besançon ville libre d'empire, en 1588 et mort le à Bruxelles aux Pays-Bas espagnols, est un médecin, antiquaire et archéologue franc-comtois.
Il est le frère de Philippe Chifflet et un neveu du jurisconsulte Claude Chifflet.
Jean-Jacques Chifflet est, à Besançon, le médecin de Caroline d'Autriche, fille naturelle de Rodolphe II (empereur des Romains) et épouse de François Thomas Perrenot de Granvelle.
Il visite Paris, Montpellier, voyage en Italie, en Allemagne ; il occupe à son retour les premières places dans sa ville natale, et est choisi pour médecin par le roi d'Espagne Philippe IV. Ses travaux sur la ville antique d'Epomanduodurum (l'actuelle Mandeure dans le (Doubs) permettent d'attirer l'attention sur ces vestiges.
En 1653, dans l'église Saint-Brice de Tournai, le tombeau de Childéric Ier, roi des Francs mort en 481, père de Clovis Ier, est découvert,,. Le père de l'humaniste, Jean Chifflet, chanoine à la cathédrale de Tournai, parvient à récupérer une partie du trésor archéologique et l'envoie à la cour de l'archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas espagnols, à Bruxelles, pour le faire analyser par son fils passionné d'histoire. Jean-Jacques Chifflet entame l'inventaire et l'étude de ce trésor, qu'il dévoile en 1655 dans son ouvrage Anastasis Childerici I. Francorum regis, sive Thesaurus sepulchralis Tornaci Nerviorum effossus et commentario illustratus (« Résurrection du roi des Francs Childéric Ier, ou le trésor funéraire des Nerviens de Tournai »), comportant des dessins du mobilier archéologique,,,. Parmi plusieurs bijoux zoomorphes, un ensemble de 300 « abeilles » en or cloisonné et grenats — la tête et le thorax en or, les ailes incrustées de grenats, les bords décorés en grènetis et, au revers, un anneau d'attache pour l'accrocher à un tissu épais ou du cuir — est sujet à interprétation,,.
Dans l'effervescence de la « République des Lettres », Chifflet échange sur la botanique avec l'érudit provençal Peiresc (et à travers lui Jérôme de Winghe, Caccini) et l'héraldique franque avec son voisin flamand Wendelin, à une période où la science des blasons connaît un vif essor. La disposition des « abeilles », qui semblent avoir été cousues sur un habit d'apparat, lui fait en imaginer l'origine des manteaux semés de fleur de lys des rois ultérieurs. Féru d'héraldique, Chifflet interprète ainsi l'abeille comme l'emblème royal mérovingien, ce qui serait le plus ancien symbole de la monarchie française, et l'assimile à un potentiel ancêtre graphique de la fleur de lys, déformé au fil du temps dans sa forme et sa signification,,. Il approfondit cette idée dans Lilium francicum veritate historica, botanica, et heraldica illustratrum (« Le Lys de France, éclairé par la vérité historique, botanique et héraldique »), paru en 1658,. Toutefois, en pleine rivalité entre les puissances françaises et espagnoles, Chifflet livre à travers ses essais d'histoire sur divers sujets de la propagande pro-Habsbourgs d'Espagne, en les reliant à de glorieuses traces du passé, tandis qu'il amoindrit le prestige historique de l'ennemi français. Le Lilium francicum a surtout pour dessein de prouver que la monarchie française a pour symbole le lys depuis bien moins longtemps qu'elle n'essaie de le faire croire. Chifflet correspond et échange des documents avec l'historiographie français André Du Chesne, malgré leurs allégeances opposées, recevant notamment des manuscrits médiévaux et contemporains ainsi que des dessins de monnaies. Son rival français le numismate Jean Tristan de Saint Aimant (la) affronte ses thèses sur la fleur de lys dans un Traité du lis, symbole divin de l'espérance, contenant la juste défense de sa gloire, dignité et prérogative.
Sa théorie sur l'origine de la fleur de lys s'impose en partie dans l'historiographie de l'époque,. Cette idée fait son chemin puisque, 150 ans plus tard, à l'avènement en France de l'Empire, Napoléon Ier adopte l'abeille comme emblème personnel, utilisé de la même manière que la fleur de lys, afin de rattacher son jeune pouvoir impérial à celui de la royauté abolie par la Révolution tout en passant outre au souvenir négatif des Bourbons,,. Bien plus tard, les historiens contemporains réfutent tout autant que l'abeille aurait été le symbole de la royauté mérovingienne et que ce motif ait donné lieu par transformation à la fleur de lys,. Au XXe siècle, l'historienne Colette Beaune date l'apparition de la fleur de lys comme symbole de la royauté française au XIIe siècle et démontre la difficulté d'en retrouver l'origine précise parmi de nombreuses hypothèses émises,.
Il eut deux fils :
On a de lui :