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Jean Pierre Cadet Mirande |
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Jon Chaho |
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Jon Chaho |
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Jon Mirande Ayphassorho, né le et mort le à Paris,, est un écrivain, traducteur et polémiste basque français. Il est considéré comme l'un des auteurs basques les plus importants du milieu du XXe siècle.
Mirande avoue détester le christianisme ou du moins la démocratie dite chrétienne. Selon Jean Haritschelhar, « cette liberté de ton, inhabituelle dans la production littéraire basque, se retrouve dans les poésies de Jon Mirande, volontiers provocateur, et qui exerce une grande influence sur la jeune génération de poètes du Sud ».
Jean Mirande naît au sein d'une famille de Basques souletins qui ont émigré à la capitale française à la recherche de travail. Il adoptera le prénom d’auteur basque Jon. Son père, Pierre Mirande (1887-1967), est originaire de Garindein et sa mère, Marie Ayphasorho (1889-1958), de Chéraute, deux municipalités de la Soule adjacentes à Mauléon-Licharre ; il se marient à Paris en 1920 et ont trois enfants : Yvonne, née en 1921 (mais décédée en 1922), Simone, née en 1923 (décédée en 2021), et Jean, né deux ans plus tard. Le père est d’abord mécanicien à l’usine automobile Citroën puis ouvrier d’entretien de chaudière à l’Hôtel Continental (3 rue de Castiglione) ; la mère est cuisinière et domestique dans des maisons bourgeoises.
À la naissance de Jon, sa sœur, Simone, est envoyée au Pays basque, à Chéraute, chez ses tantes maternelles, à cause de l’exiguïté de l’appartement du 6 rue de Capri à Paris. Au contraire, Jon vivra toujours à Paris où ses parents éviteront de parler en basque devant leurs enfants ; aussi, Jon ne considérera jamais le basque comme sa langue maternelle, mais comme une langue acquise, étant adulte. En 1931 la famille peut se réunir avec Simone dans un appartement de deux pièces plus confortable d’un immeuble social neuf, au 106 boulevard Davout à Paris, où Jon passera presque toute sa vie.
Ses parents accordant une importance aux études, Jon Mirande effectue des études secondaires au Lycée Arago à Paris et obtient le baccalauréat en 1943. Au lycée, Jon Mirande trouve son goût pour les langues, et se passionne pour la philosophie sous l’impulsion de l’un de ses professeurs en 1942, il s’intéresse à Oswald Spengler, ainsi qu’à Friedrich Nietzsche et Arthur Schopenhauer.
Jon Mirande passe sa jeunesse, de 15 à 20 ans, à Paris, dans la période de la Seconde Guerre mondiale, du Régime de Vichy et de l’Occupation allemande.
Jon Mirande refuse de poursuivre des études universitaires, même si ses parents en auraient été d’accord. Ce refus est motivé par un désir d’indépendance financière, mais aussi par un rejet de l’autorité professorale et de la sélection par examen.
Après son baccalauréat, Jon Mirande devient traducteur et employé de bureau au Ministère des Finances en 1944. Il se désintéresse cependant très tôt de son travail.
Txomin Peillen racontera que Jon Mirande ne voulait pas de grandes responsabilités ni étudier des choses ennuyeuses. Jon Juaristi notera que, dans les limites de son autodidactisme, Jon Mirande possédait une culture très large et avait des goûts littéraires raffinés.
Doué pour les langues, Jon Mirande finira par en maîtriser, à des degrés divers, plus de vingt, vivantes ou mortes, le plus souvent apprises en autodidacte par des livres ou disques ou en écoutant la radio (y-compris sur ondes courtes.
Jon Mirande aurait fréquenté dès 1943 le cercle culturel breton parisien Ker Vreizh, très collaborationniste, et il s’y serait mis rapidement à apprendre le breton. Jon aurait aussi fréquenté le Groupe Collaboration et les Jeunes de l'Europe Nouvelle, puis les milieux du Parti Populaire Français (PPF) de Jacques Doriot.
En 1947, Il rencontre Goulven Pennaod (Georges Pinault), linguiste aux positions national-socialistes assumées. Ils deviennent amis et, ensemble, font la connaissance de Roger Hervé. À partir de 1955, Jon Mirande entretient une correspondance avec Yves Jeanne (1916-1997), ancien Waffen-SS français.
En 1944, peu de temps après son initiation au breton, Jon Mirande commence à étudier le basque avec un prêtre guipuscoan, curé à Paris,.
À partir de 1947, Jon Mirande fréquente les activités culturelles hébergées au siège du Gouvernement Basque en exil et y rencontre Andima Ibiñagabeitia ; Jon approfondit sa connaissance du basque sous la direction d’Andima qui devient l'un de ses grands amis. Plus tard, il s’attachera à maîtriser les différents dialectes du Pays Basque et il s’intéressera aux autres dialectes du sud-ouest (Béarnais, Gascon, Catalan).
Jon Mirande rencontre Pierre Lafitte Ithurralde (1901-1985) à Pâques 1948 lors des festivités organisées par la Délégation du Gouvernement Basque à Paris ; peu après, Jon Mirande écrit dans le journal Herria dirigé par Pierre Lafitte un petit article présentant l’association des bascophiles Euskaltzaleen Biltzarra et les cours de basque du père Jean Chabagno.
En 1948, le Congrès d’Études Basques se tient à Biarritz (organisé par le mouvement Gernika et présidé par José Miguel de Barandiarán), . Jon Mirande y participe,, sur invitation de Pierre Lafitte qui le prend comme secrétaire de la section « linguistique » du Congrès.
C’est par Andima Ibiñagabeitia que Jon Mirande fait en 1949 la connaissance de Txomin Peillen et de son frère Robert,,.
Jon Mirande milite très tôt pour une unification de la langue basque, la normalisation de son orthographe et son adaptation au monde moderne, mais aussi pour la préservation de tous ses dialectes. On trouvera dans ses lettres à ses amis de nombreux échanges linguistiques sur le basque,.
En 1951, Jon Mirande assure avec Andima Ibiñagabeitia le secrétariat de la réunion tenue à Paris pour créer le PEN Euskal Bilkura, section basque du PEN International fondé en 1921 ; en raison des conditions de l’époque (avec l’exil en Amérique du Sud d’écrivains du Pays Basque sud), cette tentative ne dure qu’un an et l'Euskal PEN ne pourra être constitué qu’en 2004.
En 1952, Jon Mirande rencontre Federico Krutwig-Sagredo avec qui il se lie d’amitié,.
À partir de 1953 les relations se tendent entre Jon Mirande et plusieurs membres du clergé catholique puritain ‒ dont Pierre Lafitte, Jean Chabagno, Justo Mokora (1901-1990) et Pierre Charriton (1921-2017) ‒ au sujet d’une opposition à la publication de ses poèmes érotiques,,.
Jon Mirande se lie d'amitié à Koldo Mitxelena et, du 14 au 16 septembre 1956, il participe avec lui au premier congrès d'Aranzazu ; ce congrès est organisé par l’Académie de la langue basque Euskaltzaindia en vue de la définition d’un basque unifié (batua) qui aboutira en 1973. Du 23 au 29 septembre 1956, Jon Mirande est invité, avec Txomin Peillen, au Congrès mondial basque organisé à Paris par le Gouvernement basque en exil, mais il refuse d’y aller pour ne pas rencontrer les dirigeants espagnols, de droite comme de gauche,,.
En 1957, Jon Mirande est nommé membre correspondant de l’Euskaltzaindia, ; par une lettre, il demande à Koldo Mitxelena d’exprimer sa gratitude à tous les académiciens qui ont soutenu sa candidature.
En 1958, l’Euskaltzaleen Biltzarra de Paris organise un concours de traduction en basque d’œuvres théâtrales dont le jury présidé par Pierre Ibarrondo (1905-1970) est composé du père Chabagno, de l'abbé Guilsou, de Jesús Maria de Leizaola (1896-1989) et de Jon Mirande. Bien que réticent à cause de la présence du père Chabagno, c’est par souci de la langue basque que Jon Mirande avait accepté de faire partie du jury à la demande de Pierre Ibarrondo et qu’il accomplit consciencieusement cette mission,,,. Jon Mirande se montre satisfait du choix du jury.
En 1960, Robert Laxalt , frère de Paul Laxalt, passe un an au Pays Basque avec sa famille et une relation amicale se noue avec Jon Mirande qui lui sert d’interprète.
En 1962, Federico Krutwig et plusieurs autres amis, dont Koldo Mitxelena, le présentent comme candidat au poste d’académicien basque, mais l’abbé Lafitte oppose son veto ; Jon Mirande en conçoit une grande amertume et décide de renoncer à toute activité officielle basque et bascophone. Il continuera toutefois ses correspondances et collaborations avec ses amis basques.
À partir de fin 1967 les relations entre Jon Mirande et Pierre Lafitte se détendent. Jon Mirande adresse plusieurs lettres aimables à Pierre Lafitte et celui-ci fait en 1970 une critique élogieuse de Etxahun'en bertsoak gipuzkeraz (1969) que Jon Etxaide vient de préparer en collaboration avec Jon Mirande. Goulven Pennaod rapportera avec indignation que Pierre Lafitte lui avait dit en juillet 1973 : « Jon, c’était le plus grand d’entre nous tous » ; cependant, le propos de Pierre Lafitte n’était pas nécessairement ironique.
Dès 1948, Jon Mirande prend position pour l’indépendance du Pays Basque ; il estime que que cette indépendance ne sera pas donnée et qu’il faudra s’organiser pour l’obtenir par la force,, mais il ne sera pas suivi par ses amis,.
L’amitié entre Jon Mirande et Krutwig finit par se briser en 1965 sur le rejet par Mirande du marxisme,, ; deux lettres entérinant la rupture avec Krutwig sont rédigées et cosignées par Jon Mirande et Roger Hervé en 1964 et 1965.
Jon Mirande donne sa vision du nationalisme basque dans un court texte de 1959 : il ironise sur une culture basque de folklore et prône un Homme basque mystique, pur et violent. Dans deux articles parus dans la revue Enbata en 1961 et dans une réponse à ses détracteurs, Jon Mirande expose sa conception raciale du peuple basque, largement héritée de la fréquentation des milieux nationalistes bretons ; ces textes feront plus tard l’objet de diverses analyses,.
Le racisme de Jon Mirande se focalise principalement sur les Juifs par des vociférations violentes comme entendues dans le quartier juif de Paris par Krutwig. Ces idées nazies sont surtout exprimées dans des lettres de Jon Mirande à ses amis, comme par exemple par une apostrophe dans une lettre à Andima Ibiñagabeitia.
Toutefois, en 1960, Jon Mirande publie dans la revue Egan un article en faveur de l’écrivain Vintila Horia (1915-1992), déchu du prix Goncourt après que son passé nazi a été révélé. Ceci produit une violente réaction de nombreux militants et Jon Mirande répond en étalant son antisémitisme au grand jour. Les relations se tendent alors avec la revue dirigée par Mitxelena.
En 1963, Jon Mirande adresse à la revue Egan un texte intitulé Judaica dans lequel il évoque le poète juif iconoclaste Shaul Tchernichovsky (1875-1943) qui prone le paganisme contre la religion juive monothéiste,. Mirande se réfère à ce poète pour ironiser sur la religion et la culture juive dont il estime qu’elles sont étrangères à la culture européenne et la pervertissent. Ce texte, bien que d’un ton modéré, aggrave le cas de Mirande et est refusé par la revue Egan ; Jon Mirande le publie en 1964 dans la revue bretonne Ar Stourmer.
Les tendances national-socialistes de Jon Mirande ne le conduiront jamais à une quelconque affinité avec le franquisme. Le combat antibasque de Franco et son national-catholicisme motiveront chez Jon Mirande une haine farouche du régime franquiste.
En 1948, Jon Mirande se déclare encore chrétien et démocrate, mais avec un certain sens critique, acceptant davantage le contenu de ces deux mots que l'étiquette « démocrate-chrétien ».
Les idées religieuses de Jon Mirande s’orientent alors vers le paganisme, le druidisme en particulier, le spiritisme et la théorie de la métempsychose. En 1962, il expose ses idées de croyance en l’âme, mais pas en Dieu, dans le texte Hor C’hredenn (Ma croyance) paru dans la revue bretonne Ar Stourmer ; Txomin Peillen donnera une traduction de ce texte en français et en basque, et Mikel Soto une autre traduction en basque.
Sauf avec ses amis basques et bretons, Jon Mirande est très discret et ne se vante pas de ses écrits et de ses publications ; il ne semble pas avoir parlé de ses œuvres à Robert Laxalt lors de leurs rencontres mais, dans une lettre qu’il lui a adressée, il a évoqué ses articles dans la revue Egan, ses poèmes ainsi que la préparation de la revue Igela. Les parents de Jon connaissent et aprécient Andima Ibiñagabeitia et Txomin Peillen ; ils savent le temps qu’il consacre à la cause du Pays Basque et sa sœur Simone garde près d’elle les poèmes Zergatik et Ilhun-Nabarrez publiés dans le journal Biga en 1969, mais la famille ne peut pas prévoir l’importance de l’œuvre qu’il laissera.
Les idées marginales et extrémistes de Jon Mirande ne l’empêchent pas de cultiver des amitiés transcendant les opinions, comme celle avec Jon Etxaide (1920-1998). Txomin Peillen rapportera : « Nous n’avions aucune idée politique en commun : j’étais païen et de gauche, Mirande était également païen mais de droite, Etxaide était chrétien intégriste, Aresti était marxiste ».
Jon Mirande confie dès 1953 à Andima Ibiñagabeitia ses problèmes de dépression (qu’il fait remonter à l’enfance), ainsi qu’une addiction à l’alcool.
En mars 1958, Marie, la mère de Jon, décède, le laissant dans une profonde affliction qui l’enfonce davantage dans l’alcoolisme. Il doit être pris en charge pour des troubles nerveux que son médecin appelle « psychasténie » ; c’est toutefois à cette époque qu’il écrit son roman Haur besoetakoa (1959).
En 1962, Jon Mirande explique qu’il est resté un moment sans écrire, très affecté par le décès dans un accident de circulation d’un ami qu’il connaissait de l’école.
En février 1967, c’est au tour de Pierre, son père, de décéder, plongeant Jon dans le désarroi. Jon doit être hospitalisé un mois à la suite de cette épreuve. Son état s’aggrave encore par la mort d’Andima Ibiñagabeitia en novembre 1967. Au même moment, l’Office HLM gérant le 106 boulevard Davout estime alors que l’appartement de 2 pièces-cuisine-WC où Jon vit désormais seul est trop vaste et il lui attribue un studio avec cuisine, salle d’eau et WC au 7 rue Jules Dumien à Paris où Jon doit emménager en janvier 1968.
En 1972, Jon Mirande enchaine deux séjours psychiatriques, qui ne résolvent rien ; Jon Mirande se lamente alors de ne plus pouvoir écrire en basque depuis quatre ans.
Jon Mirande restera célibataire toute sa vie. Son ami Txomin Peillen rapportera que Jon avait eu des opportunités de mariage mais qu’il considérait ce lien comme nuisible à une activité intellectuelle et littéraire libre,.
Vers 1971 Jon Mirande retrouve une collègue du ministère des Finances qu’il avait connue au début de sa carrière, Louise Blény. Louise était devenue veuve du peintre expressionniste Jaques Blény mort dans un accident d’automobile.
Les amis parisiens de Jon Mirande lui sont fidèles jusqu’à sa mort : Georges Pinault, Txomin Peillen, son collègue de travail Pierre Tauriac, Gérard Moniez, et Louise Blény.
Jon Mirande est retrouvé mort chez lui début janvier 1973 ; l'autopsie estime le jour du décès au 28 décembre 1972 et en attribue la cause à un excès combiné d’alcool et de somnifères. Txomin Peillen pensera qu’il s’agit d’un suicide, contrairement à Georges Pinault, tandis que Jon Etxaide considérera que l’on ne peut trancher entre un suicide et un accident médicamenteux ; c'est au moins le résultat d'une attitude suicidaire.
Jon Mirande n’ayant exprimé aucune dernière volonté, les obsèques ont lieu le 15 janvier 1973 selon les traditions familiales en l’Église Saint-Antoine des Quinze-Vingt à Paris (ce qui sera critiqué par certains de ses amis), puis au cimetière parisien de Thiais.
Selon Txomin Peillen, le style très personnel de Jon Mirande a exploré en poésie l’effet des sonorités et la musicalité des vers par l’usage de l’allitération, du rythme et des rimes internes, ce que Jon Mirande a lui même exprimé en 1953. Dans le roman Haur besoetakoa, Lurdes Otaegi a remarqué l’élégance de la prose et la précision des mots et Txomin Peillen un usage fréquent de symboles, ; dès 1959, dans une lettre adressée à Jon Mirande, Andima Ibiñagabeitia jugeait le manuscrit du roman « superbement écrit ».
Avec Txomin Peillen, Jon Mirande a créé, en 1962, la revue Igela, euskaldun heterodoxoen errebista, dont la vie ne donna lieu à la publication que de six numéros. Leurs articles humoristiques et parfois corrosifs voulaient marquer l’existence d'une avant-garde littéraire basque,. Cette revue choqua de nombreux basques, y compris Jon Etxaide, grand ami de Jon Mirande.
En 1962, Goulven Pennaod a fondé la revue nationaliste bretonne d’extrême droite Ar Stourmer. Jon Mirande a fait partie de l’équipe de cette revue et y a publié des articles d’opinion et des traductions de textes et de poèmes. La revue a cessé sa publication en 1964.
Un recueil de 25 poèmes que Mirande avait écrits à partir de 1957 avait fait l’objet d’un projet de publication en 1953, dont il s’était entretenu avec Andima Ibiñagabeitia lors d’une émission de Radio-Euzkadi retranscrite dans Peillen 2012. Néanmoins ce projet ne vit jamais le jour en raison de l’opposition des abbés Lafitte, Chabagno, Mokoroa et Charriton qui considéraient indécents plusieurs de ses poèmes sur la pédophilie et la prostitution et qui étaient très influents dans les différentes revues basques. Les poèmes parurent de façon dispersée dans des revues de 1950 à 1961.
En 1959, Jon Mirande termina l’écriture, en dialecte guipuscoan, de son roman Haur besoetakoa, souvent comparé à Lolita de Vladimir Nabokov (bien qu’il ait écrit à Txomin Peillen qu’il n’avait pas lu ce livre à cette date). Néanmoins, comme pour ses poèmes, il ne trouva aucun éditeur pour son roman, ce qui le plongea dans un profond désarroi et lui inspira un dégoût pour une partie de ses relations basques.
Le roman raconte la relation trouble entre un homme de trente ans et sa nièce et filleule de onze ans, qui se termine de façon tragique après une velléité de suicide. Jon Mirande considérait qu’il avait traité cette histoire, de façon psychologique plutôt qu’érotique,, et en aucun cas pornographique.
En 1970 les éditions Lur ont publié publient Haur besoetakoa, dans une adaptation en basque unifié acceptée par Jon Mirande, avec une présentation critique de Gabriel Aresti qui était à l’initiative de cette publication. Ce roman obtiendra un grand succès et de nombreuses éditions suivront.
Connaissant beaucoup de langues, Jon Mirande a traduit en basque de nombreux textes, poèmes et chansons. En 2010, Aiora Jaka a fait un inventaire des traductions de Jon Mirande, dont certaines jusqu’alors non publiées, et elle a analysé la manière dont Jon Mirande concevait le travail de traducteur.
Jon Mirande a aidé son ami Yon Etxaide (1920-1998) dans la préparation de Etxahun'en bertsoak gipuzkeraz (1969) ; ce livre donnait une traduction en basque unifié des vers écrits en basque souletin par le poète Etxahun (1786-1862). Jon Mirande a refusé d’avoir une part de la rémunération pour ce travail et il a seulement demandé d’être cité comme contributeur ; déjà, en 1954, Jon Mirande avait exprimé son refus d’être rémunéré pour ses œuvres tant que tous les écrivains basques ne le seraient pas. Pierre Lafitte a fait une critique élogieuse de l’ouvrage en 1970.
En 1984-1985, José María Satrustegi a publié des lettres que Jon Mirande avait adressées de 1951 à 1969 au bascophone tchèque Norbert Tauer. En 1996, José María Satrustegi a publié neuf lettres que Jon Mirande avait adressées de 1954 à 1967 à Mitxelena.
En 1995, Patri Urkizu a réuni dans Jon Miranderen gutunak 1948-1972 de nombreuses lettres que Jon Mirande avait adressées à ses amis basques. Patri Urkizu a de même publié de nombreuses lettres d’Andima Ibiñagabeitia (dont celles adressées à Jon Mirande).
En 1998, Javi Cillero a publié les lettres échangées entre Jon Mirande et Robert Laxalt en 1961 et 1962.
Parmi les lettres reçues par le père Lafitte qu’ont publiées Pierre Xarriton et Pierre Andiazabal en 2006, figurent des lettres écrites par Jon Mirande de 1967 à 1971. Mikel Soto a publié en 2025 deux lettres adressées par Jon Mirande au père Lafitte en 1948 et 1949.
En 2022, Mikel Soto a publié cinq lettres adressées par Jon Mirande au leader basque et écrivain Telesforo Monzón (1904-1981) en 1948 et 1957.
Mikel Soto montre que les œuvres de Jon Mirande ne prirent leur essor dans un large public qu’au milieu des années 1980 et note que Haur besoetakoa était en tête des ventes des librairies en 1984.
Selon Jon Juaristi (1951-), Jon Mirande « aurait été surpris de savoir que 25 ans après sa mort, lui qui n’avait publié qu’un seul livre de son vivant, serait l’auteur basque le plus lu de sa génération » ; cependant, Jon Mirande avait déjà publié dans des revues et il estimait que tout écrivain a besoin de lecteurs dès qu’il s’exprime et non dans la postérité. Selon Lurdes Otaegi, l’œuvre de Jon Mirande a inspiré plusieurs auteurs des générations suivantes tels Felipe Juaristi (1957-) et Joseba Sarrionandia (1958-).
La version du poème Zergatik, chantée en duo par Imanol Larzabal et Georges Moustaki, a fait l’objet d’un enregistrement vidéo, ainsi que d’un podcast audio. Le 7 janvier 2025, Joserra Senperena et Jurgi Ekiza ont enregistré le poème Udazkeneko artsalde baten oroipena mis en musique par Joserra Senperena et encore inédit.
En 1998, l’écrivain guipuscoan Karlos del Olmo (1958-) publie Jon Gurea Parisen hatzana, tragédie reconstituant ce qu’ont pu être les derniers moments de Jon Mirande ; cette pièce reçoit le prix Euskaltzaindia Toribio Altzaga en 1999. Selon Txomin Peillen, del Olmo a bien compris dans quel monde gris, dans quelles incompréhensions, dans quelles contradictions et obstinations, a vécu le poète à l’âme malade.
Le 16 juin 2010, l’association Bilbo Zaharra Euskaltegia, dans le cadre de ses lectures en soutien de ceux qui étudient le basque, organise au théâtre Arriga de Bilbao une lecture publique à haute voix de Haur besoetakoa par environ 400 personnes, dont des personnalités très diverses.
En 2011, dans le cadre des rencontres poétiques Poetaren hitza, Kandido Uranga et le musicien Fran Lasuen ont présenté une performance Jon Mirande mêlant textes de Mirande (lettres à Andima Ibiñagabeitia et poèmes) et musique.
Les 4 et 5 mai 2013, Mizel Théret a créé à Bilbao le spectacle de danse Hiru zitroin lur hotzean/Trois citrons sur le sol froid, qui s’appuie sur des chants basques enregistrés par Beñat Achiary, dont le poème Pigalle.
En 2012, Txomin Peillen a publié Jon Mirande, Olerkaria (Jon Mirante poète parisien), ouvrage bilingue basque-français qui regroupe les poèmes de Mirande ( traduits en français par Txomin Peillen), des analyses de la vie et de l’œuvre de Mirande, une bibliographie, ainsi qu’une biographie écrite sur la base d'une enquête de Pablo José Aristorena.
En 2018, Amaia Elizalde Estenaga a soutenu une thèse universitaire sur le roman Haur besoetakoa.
En 2022, Josu Martinez a réalisé le film documentaire Mirande, film bat egiteko ziborroa (scénario de Josu Martinez et Miel Anjel Elustondo) ; le film a été présenté en 2023 au Festival international du film de San Sebastian et diffusé dans des cinémas du Pays Basque. Ce film donne en particulier des témoignages et des éléments inédits.
En 2022, Mikel Soto a fait traduire et a publié 12 textes inédits de Jon Mirande écrits en breton ou en française. Pour son projet de recherche Mirande : herriminez, ezin minez, il remporte la bourse Tene Mujika. En 2025, Mikel Soto publie l’ensemble de son travail dans un ouvrage édité par Elkar.
Une vingtaine d’années après la mort de Jon Mirande, ses idées iconoclastes firent l’objet de nombreuses études, dont certaines très critiques. Son nazisme a été disséqué en relation avec les milieux nationalistes bretons,,,,. Certains considèrent que cela peut discréditer son œuvre,.
Les poèmes libertins de Jon Mirande et son roman « pédophile » Haur Besoetakoa ont été analysés au tournant des années 2010 et considérés comme d'une misogynie inacceptable,. Les admirateurs du poète et écrivain estiment quant à eux que ses textes sont psychologiques et pudiques, exprimant son for intérieur de façon littéraire.
D'autres auteurs s'intéressent à Jon Mirande en évitant de le juger. L’intérêt et la qualité littéraires des œuvres de Jon Mirande sont très généralement reconnus, malgré de rares critiques.