Jude Stéfan a fait des études de droit, de philosophie et de lettres,. Il a été professeur au lycée Fresnel de Bernay où il a enseigné le français, le latin et le grec. Nommé professeur de lettres classiques en 1960, il s'était fixé à Orbec où il a vécu. Poète, nouvelliste, essayiste, (faux) diariste, traducteur, critique et moraliste, il a publié une soixantaine d'ouvrages,.
Jude Stéfan est un pseudonyme choisi,. Jude: Jude l'obscur de Thomas Hardy; Stephen, le héros de Joyce («Stéfan» est aussi la forme slave du prénom); «steorfan», terme à propos duquel Jude Stéfan écrit: «en vieil anglais steorfan veut dire mourir/ et si j'en retranche l'or/ reste ma vie terne»,. Il notait aussi que «Stéfan» est l'anagramme de «Nefast».
En 1954, au cours d'une maladie, il rédige Satires,. Le manuscrit, envoyé en 1965 à Georges Lambrichs sur le conseil de Maurice Blanchot, a, selon Tristan Hordé, été égaré. Son premier livre de poèmes, Cyprès, paraît dans la collection «Le Chemin» de Gallimard,.
Son œuvre a fait l'objet d'un dossier dans la revue Europe en 2023.
Style poétique
Jude Stéfan se définit, selon son expression, comme poète «malgré» ou «contre». À la question «Qu'est-ce que la poésie?», il répond: «La Contre-Vie». Quant à la visée qu'a représentée pour lui l'écriture, Jude Stéfan déclare, d'après Tristan Hordé: «Apprendre à écrire afin d'inventer un vrai naturel caché par le social, le moral, le pudique, le gendarme [...], apprendre à écrire, traduire son corps, laisser chacun des organes, cœur, reins, viscères, révéler sa souffrance».
Prix et récompenses
Jude Stéfan a reçu le prix Max-Jacob en 1985 et le Grand prix de Poésie de la Ville de Paris en 2000,,.
Le fonds Jude Stéfan de l'Institut mémoires de l'édition contemporaine comprend des manuscrits, des cahiers contenant de nombreux textes inédits, des tapuscrits de conférences ou d'interventions universitaires, des dossiers de presse, une correspondance générale et des dossiers biographiques. Il est consultable à l'abbaye d'Ardenne.
Hommages et colloques
Des manifestations sont organisées pour ses quatre-vingts ans à Orbec et à La Vespière, avec des expositions ouvertes au public du 16 juin au 31 juillet 2010.
123Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, «Jude Stéfan, poète», sur lepaysdauge.org (consulté le )
12Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, «Stéfan, Jude», sur Écrisoi (université de Rouen) (consulté le ) (notice du Dictionnaire de l'autobiographie, 2017, p. 751-752).
↑Jude Stéfan, Cahier 8, Le Temps qu’il fait, Cognac, 1993, p.86.
↑«Jude Stéfan», sur catalogue.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
Michel Sicard, Jude Stéfan, Seghers, coll. Poètes d'Aujourd'hui, Paris, 1994, 231 p. (ISBN9782232102981).
Tristan Hordé (dir.), Jude Stéfan, Les Cahiers du Temps qu'il fait no 8, Le Temps qu'il fait, Cognac, 1993.
Jude Stéfan, Rencontre avec Tristan Hordé, coll. «Les Singuliers», Argol, Paris, 2005, 208 p. (ISBN2-915978-02-6).
Marianne Alphant et Marie-Françoise Lemonnier-Delpy (dir.), Jude Stéfan - Une vie d'ombre(s), coll. «Academia», L'Harmattan, Paris, 2012, 196 p. (ISBN978-2-8061-0065-8).
Béatrice Bonhomme et Tristan Hordé (dir.), Jude Stéfan, le festoyant français. Actes du colloque de Cerisy, 5-12 septembre 2012, Honoré Champion, coll. «Poétiques et esthétiques XXe-XXIe siècle» no 22, Paris, 2014, 312 p.(ISBN978-2-7453-2787-1).
Europe, n°1127 (), dossier Jude Stéfan coordonné par Gérard Cartier.
Pascale Bouhénic (réal.), L'Atelier d'écriture de Jude Stéfan, 1995, 25 min 3 s: «Voir/Revoir 1 (1/4) - Littérature», sur centrepompidou.fr (consulté le ).