| Ergué-Gabéric | |||||
L'église Saint-Guinal. | |||||
Héraldique |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Finistère | ||||
| Arrondissement | Quimper | ||||
| Intercommunalité | Quimper Bretagne occidentale | ||||
| Maire Mandat |
Damien Abolivier 2026-2032 |
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| Code postal | 29500 | ||||
| Code commune | 29051 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Gabéricois | ||||
| Population municipale |
8 606 hab. (2023 |
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| Densité | 216 hab./km2 | ||||
| Population unité urbaine |
86 162 hab. | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 47° 59′ 49″ nord, 4° 01′ 15″ ouest | ||||
| Altitude | 63 m Min. 4 m Max. 140 m |
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| Superficie | 39,87 km2 | ||||
| Type | Bourg rural | ||||
| Unité urbaine | Quimper (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Quimper (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Fouesnant | ||||
| Législatives | Première circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Finistère
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | Site de la commune | ||||
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Ergué-Gabéric [ɛʁge gabeʁik] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, dans le Nord-Ouest de la France. Elle est située à quelques kilomètres à l'est de Quimper, appartient à l'arrondissement de Quimper et au canton de Fouesnant.
La commune est reconnue comme le berceau de la famille Bolloré et demeure toujours l'assise du groupe industriel du même nom (Bolloré).
Entourée par les communes de Quimper, Briec, Landudal, Elliant, Saint-Yvi et Saint-Évarzec, Ergué-Gabéric est située à 5 km au nord-est de Quimper, la plus grande ville des environs. Le fleuve Odet et son affluent le Jet sont les principaux cours d'eau qui délimitent la commune.
La commune fait partie traditionnellement du Pays Glazik.
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Odet, le Jet et divers autres petits cours d'eau,.
L'Odet, d'une longueur de 63 km, prend sa source dans la commune de Saint-Goazec et se jette dans l'anse de Bénodet entre les communes de Combrit et de Bénodet, après avoir traversé onze communes. Les caractéristiques hydrologiques de l'Odet sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 4,78 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 59,2 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 93,5 m3/s, atteint le .
Le Jet, d'une longueur de 29 km, prend sa source dans la commune de Coray et se jette dans l'Odet à Quimper, après avoir traversé sept communes. Les caractéristiques hydrologiques du Jet sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 2,32 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 28,5 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 48,2 m3/s, atteint le même jour.

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 151 mm, avec 1,6 jours de précipitations en janvier et 8,1 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à 12 km à vol d'oiseau, est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 214,4 mm,. La température maximale relevée sur cette station est de 38,9 °C, atteinte le ; la température minimale est de −10,1 °C, atteinte le .
Au , Ergué-Gabéric est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022. Elle appartient à l'unité urbaine de Quimper, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue,. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronne,. Cette aire, qui regroupe 58 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants,.

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
| Type d'occupation | Pourcentage | Superficie (en hectares) |
|---|---|---|
| Tissu urbain discontinu | 9,5 % | 378 |
| Zones industrielles ou commerciales et installations publiques | 4,4 % | 176 |
| Extraction de matériaux | 0,6 % | 24 |
| Terres arables hors périmètres d'irrigation | 26,1 % | 1034 |
| Prairies et autres surfaces toujours en herbe | 14,1 % | 560 |
| Systèmes culturaux et parcellaires complexes | 23,9 % | 947 |
| Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants | 6,1 % | 241 |
| Forêts de feuillus | 5,5 % | 217 |
| Forêts de conifères | 3,3 % | 129 |
| Forêts mélangées | 6,4 % | 255 |
| Source : Corine Land Cover | ||
L'occupation des sols met en évidence la prédominance des territoires agricoles sur la forêt ainsi qu'une importante urbanisation du territoire. La forêt, qui occupe 15,2 % de la surface communale, est constituée majoritairement de feuillus. Elle occupe principalement les versants abruptes de la vallée de l'Odet et du Jet, impropres aux cultures.
Son nom breton est An Erge Vras signifiant Le Grand Ergué. La première mention écrite du nom date de 1160 sous la forme Arke, qui laisse supposer une forme plus ancienne Arkae. À l'origine, le terme Erge en vieux-breton se décompose en ar signifiant aux abords de, en avant de, et kae pour haie, talus défensif. Le territoire d'Erge a été divisé en deux au XIIe siècle : le suffixe Gabéric est probablement issu du patronyme Cabellic, dont un représentant Guy Cabellic fut évêque de Cornouaille de 1267 à 1280.
Une motte féodale a existé au lieu-dit « Castel » (Coz-Castel). La maison noble de Kerfort appartenait en 1420 à Anceau de La Marche.
« Vers l'an 1640, Gui Autret, seigneur de Missirien, fit bâtir, près de l'avenue de son château d'Ergué, une chapelle dédiée à saint Joachim, dans laquelle il fonda quatre messes par semaine ».
L'abbé A. Favé a étudié les archives paroissiales d'Ergué-Gabéric pour la période allant de 1678 à 1716, présentant la vie de Jan Baudour, curé de la paroisse pendant 38 ans, originaire de Lannilis, décédé en 1716, et la vie de la paroisse à cette époque, ainsi que les notables vivant dans les divers manoirs, ceux de Kerforz (habité par le seigneur Louis-René de La Marche et sa famille), de Pennareün (Jean-Baptiste Gelin, écuyer et seigneur du lieu), de La Salle-Verte (François Delille), de Lézergué (Jacques de Charmoy), etc..
Les multiples interdictions concernant les inhumations dans les églises, décidées par les Évêques dès la fin du XVIe siècle et par le Parlement de Bretagne en 1719 et 1721 suscitèrent parfois des réactions très violentes à l'encontre du clergé de la part des paroissiens : ce fut le cas à Ergué-Gabéric.
En 1759 la paroisse d'Ergué-Gabéric [le nom est écrit Ergué-Gabérit] devait chaque année fournir 25 hommes pour servir de garde-côtes.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Ergué-Gabéric en 1778 :
« Ergué-Gabéric ; à une lieue un tiers à l'est de Quimper, son évêché, sa subdélégation et son ressort, et à 37 lieues de Rennes. On y compte 1 800 communiants ; la cure est à l'alternative. Son territoire est très fertile en grains, et plein de vallons, où sont de très belles prairies ; mais on y voit beaucoup de landes et de terres incultes. (…) Toute la paroisse relève du Roi, à l'exception des trois villages de Kermorvan, Kernichiren et Kerougan qui se trouvent dans le fief de l'évêque de Quimper. »
La paroisse d'Ergué-Gabéric, qui comprenait alors 150 feux, élit deux délégués, Jean Le Signour et Augustin Gillart, pour la représenter à l'assemblée du tiers état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789.
Marie-Hyacinthe de Geslin est né le au château de Kerlut en Plobannalec. Seigneur de Pennarun (le manoir de Pennarun se trouve en Ergué-Gabéric) et de Quimperlé, il fut réputé être, selon un rapport de gendarmerie, « un des plus cruels parmi les chouans qu'il commandait. Surnommé "le chouan de Pennarun", il a dirigé une grande partie des assassinats qui ont eu lieu dans le Finistère ». Il est mort le à Quimperlé.
En raison de son réseau hydrographique dense (l'Odet et le Jet, ainsi que certains de leurs affluents), 17 moulins à eau ont été recensés, ayant existé à des époques variables ; neuf existaient encore en 1790, ainsi qu'en 1809. Huit se trouvaient sur l'Odet et ses affluents (les principaux étant le moulin de Kergonan, connu depuis 1540 et Meilh Poul, connu depuis 1426 et en service jusqu'en 1924) et neuf sur le Jet et ses affluents (dont Meilh Jet, Meilh Faou, arrêté en 1976 et Pennarun, qui ferma aussi en 1976. C'était des moulins à farine sauf Meilh Paper, sur l'Odet, qui est à l'origine de l'implantation de la papeterie Bolloré en 1822.
Une histoire semi-légendaire existe à propos d'un cheval du moulin de Meilh Poul : cela se passait vers la fin du XIXe siècle. Le cheval du moulin de Meilh Poul fut une nuit attaqué par un loup affamé. Appuyant son arrière-train contre un têtard de chêne, le cheval fit face toute la nuit. À un moment le loup eut soif et alla boire à l'Odet. Le cheval en profita pour lui écraser la tête avec ses sabots. Cette scène n'eut pas de témoins mais fut reconstituée grâce au cadavre du loup et aux diverses traces laissées sur place par les deux animaux.
C'est à Ergué-Gabéric que sont fondées par Nicolas Le Marié, en 1822, les papeteries d'Odet, situées dans le village de Lestonan, au nord-est du bourg. Ces papeteries, qui fabriquent du papier d'emballage, du papier bulle, du papier pour cahiers et du papier à cigarettes, dirigées par Jean-René Bolloré à partir de 1861, ont fait depuis, la fortune de la famille Bolloré,. René Bolloré I dirige l'entreprise à partir de 1881, René Bolloré II lui succède en 1905, Gaston Thubé (beau-frère du précédent) en 1935, puis René Bolloré III et Michel Bolloré en 1946 et Vincent Bolloré à partir de 1981.
En 1881, l'usine Bolloré emploie plus de 80 salariés ; Jean-René Bolloré, catholique fervent influencé par les idées de Marc Sangnier, a établi des relations paternalistes au sein de l'entreprise ; conseiller général, il échoue à deux reprises aux élections législatives en 1876 et 1877.
René Bolloré II fait construire en 1910 le manoir d'Odet. En 1914, les deux papeteries d'Odet et de Cascadec (laquelle a ouvert en 1893 à Scaër) comptent en tout 200 ouvriers.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Ergué-Gabéric en 1845 :
« Ergué-Gabéric (sous l'invocation de saint Gwenaël, abbé de Landévennec), commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale. (…) Principaux villages : Quélennec, Squividan, Kerourvoas, Salverte, Quilinec, Lostarguirec, Kerellou, Kerdilès, Kervéguen, Kerfor, Kerlarion. Objets remarquables : manoirs de Lezergué, de Cleuyou ; château de Kerjenny. Superficie totale 3 988 hectares, dont (…) terres labourables 1 941 ha, prés et pâturages 365 ha, bois 179 ha, vergers et jardins 39 ha, landes et incultes 1 324 ha (…). Moulins du Ged [Jet], Penarrun, Cleuyou, Coutilli, Poul, Faou, Pont-ar-Marhat. Outre l'église, il y a les chapelles Saint-Guinolé, Notre-Dame-de-Quelen (en ruines) et Kerdévot. Il y a en Ergué-Gabéric un moulin à papier et une tuilerie. La route royale n° 165, dite de Nantes à Audierne, traverse cette commune du sud-est au nord-ouest. Géologie : constitution granitique ; micaschiste au nord du bourg. On parle le breton. »
Vers la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, la commune est connue pour la pratique de la polyculture et l'élevage des doubles bidets.
Un rapport du Conseil général du Finistère indique en qu'Ergué-Gabéric fait partie des 27 communes de plus de 500 habitants du Finistère qui n'ont encore aucune école de filles.
Fin XIXe, la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets :
Des paysans découvrirent fortuitement au printemps 1911 le gisement d'antimoine de Kerdévot en défrichant des broussailles, en particulier de la stibine. La "Compagnie des mines de La Lucette" obtint en 1913 une concession de 120 ha, à cheval sur les communes d'Ergué-Gabéric et Elliant, creusa 3 puits et un kilomètre de galeries de mines, les plus profondes descendant jusqu'à une cinquantaine de mètres, employant jusqu'à 54 ouvriers en 1915, le minerai étant expédié à la fonderie du Genest (Mayenne). En 1916, la société arrêta l'exploitation sur ce site et entreprit le démontage des installations, puis reprit des recherches en contrebas de Niverrot en 1927, ce qui provoqua une reprise éphémère de l'exploitation qui cessa définitivement le .
Le Bureau de recherches géologiques et minières a effectué un travail de prospection dans la décennie 1970, trouvant plusieurs gisements, mais de trop faible teneur en minerai pour être économiquement exploitables.
La "mine de Kerdévot" fait l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du « afin de garantir la protection du biotope nécessaire à la reproduction, au repos et à la survie des chauves-souris », attendu que cette mine abrite diverses espèces animales protégées dont le grand rhinolophe, le grand murin, le vespertilion à moustaches, le vespertilion de Daubenton et l'oreillard roux. « La pénétration des personnes dans les parties souterraines de la zone de protection est interdite ».
668 Gabéricois auraient été mobilisés pendant la Première Guerre mondiale, soit 23,1 %de la population communale, estimée en 1914 à 2 887 habitants.
Le monument aux morts d'Ergué-Gabéric porte les noms de 123 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi eux, plusieurs ont été décorés : Corentin Le Gall et René Le Gall ; Joseph Chausse fut décoré de la Légion d'Honneur. Deux au moins (Corentin Le Failler et Louis Bacon) sont morts alors qu'ils étaient membres de l'Armée d'Orient, deux alors qu'ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne (Mathias Espern et Jean Jaouen, ce dernier le , donc après l'armistice), d'autres sur le front belge comme Simon Himidy et François Gourmelen, certains sont disparus en mer comme Guénolé Le Meur et Jean Le Grand, la plupart des autres étant décédés sur le sol français : parmi eux, trois frères Le Menn, de Kerourvois, ont été tués : Henri, tué le à Ville-sur-Tourbe (Marne), Jean-Marie, tué le à Verdun (Meuse) et Yvon, tué le à Méricourt (Somme). Louis Riou, de Quélennec, tué à l'ennemi dès le à Arsimont (Belgique) fut le premier mort gabéricois de la guerre, trois autres (Yves Guillou, Michel Le Bihan et René Philippe) étant tués dès le lors de la Course à la mer dans le Pas-de-Calais. François Moullec, de Menez Groas, fut tué le , donc la veille de l'armistice, à Flize (Ardennes), mais le dernier mort gabéricois lié à la guerre fut Michel Rannou, de Reunic, mort le dans le port russe d'Odessa.
Étienne Le Grand, né le à Lestonan en Ergué-Gabéric, qui était employé chez le photographe Joseph-Marie Villard (fils de Joseph Villard) avant la guerre, soldat mobilisé d'abord au 318e régiment d'infanterie, troqua rapidement son fusil contre un appareil photo à la demande des autorités militaires, et son fonds photographique contient environ 700 photos illustrant la Première guerre mondiale dont 200 sont reproduites dans le livre "Étienne Le Grand. Un regard breton dans la Grande Guerre".
Des Gabéricois ayant survécu à la guerre furent décorés de la Légion d'honneur : par exemple Pierre Le Naour, Louis Le Guay, Jean Louet (après une grave blessure reçue en 1915), Hervé Herry (gravement blessé à la tête le et décoré le ). 105 enfants d'Ergué-Gabéric, appartenant à 56 familles, furent déclarés pupilles de la nation.
Le monument aux morts, placé dans le nouveau cimetière (ouvert le ), fut inauguré le : il est composé du socle du calvaire de l'ancien cimetière et représente un immense crucifix dû à René Ménard ; la partie haute du socle porte sur une face une plaque en marbre portant l'inscription : "Aux enfants de la commune d'Ergué-Gabéric morts pour la France priez pour eux" (en lettres capitales) ; sur les autres faces, respectivement l'inscription en breton "EVIT BUGALE AN ERGE VRAS MARO AR BREZEL" ("Aux enfants du Grand Ergué morts à la guerre"), une croix de guerre en bronze entourée de deux palmes et un médaillon en bronze représentant un poilu devant une croix, tenant un drapeau dans ses bras, portant l'inscription "Dieu et Patrie", œuvre du sculpteur Charles Breton.
La papeterie a été créée par Nicolas Le Marié en 1822 sur les bords de l'Odet, puis développée par plusieurs générations de Bolloré ; la marque « OCB », acronyme de « Odet-Cascadec-Bolloré », est une marque française de papier à rouler (ou papier à cigarette) fondée en 1918, qui dépendait du groupe Bolloré.
La Cité de Keranna, construite dès 1917 par l'architecte nantais René Ménard pour le compte de la famille Bolloré, était destinée à loger les ouvriers et ingénieurs qui travaillaient à la papeterie toute proche au village de Lestonan,.
L'expansion de l'entreprise Bolloré est spectaculaire : en 1930, elle livre 86 millions de cahiers "à rouler" les cigarettes, ce qui représente plus de 50 milliards de cigarettes. Les groupes Reynolds Tobacco Company et British American Tobacco font partie de ses clients.
Henri Le Gars, ancien ouvrier de cette papeterie entre 1939 et 1941, date de l'arrêt momentané de l'usine, puis à nouveau de , date de la réouverture de la papeterie, à 1981, a décrit ses souvenirs sur un site Internet.
René Bolloré II, alors adjoint au maire d'Ergué-Gabéric, fit ouvrir une école privée pour filles, l'école Sainte-Marie (confiée à la congrégation des Filles du Saint-Esprit), en 1928, et une pour garçons, l'école Saint-Pierre (confiée aux Frères de l'instruction chrétienne), en 1929 à Lestonan ; auparavant il organisait un service de cars pour conduire les enfants de ses ouvriers aux écoles privées du bourg.
L'abbé Louis Le Gall crée une société sportive, "Les Enfants de Notre-Dame-de-Kerdévot", comprenant notamment une section de gymnastique, en 1913. Le est déclarée au Journal officiel la société "Sans Peur", qui y ajoute la pratique du tir, nom bretonnisé en "Paotred Dispount" en 1921. Le club a rapidement diversifié ses activités (clique de musique, théâtre, football, etc.). En 1928, René Bolloré met un terrain à disposition du club à Ker-Anna, remplacé en 1993 par un nouveau terrain situé à Lestonan.
Le monument aux morts d'Ergué-Gabéric porte les noms de 21 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Six soldats (Corentin Youinou, Jean Lazou, Jérôme Daoudal, Auguste Tanguy, François Gourmelen, Hervé Laurent) sont décédés pendant la Campagne de France en 1940 ou de ses suites ; deux (Hervé Péron et Eugène Laurent) sont morts hors de France alors qu'ils étaient membres des Forces françaises libres et un autre français libre, Jean Berri, fut tué peu après le débarquement de Normandie le à Ducey (Manche) ; un (Michel Le Cam) est décédé en mer ; un (Alain Le Grand) est mort alors qu'il était en captivité en Allemagne. Trois Gabéricois (François Louet, Jacques Le Mouel, Jean-Louis Le Meur) sont des civils victimes des combats lors de la Libération en 1944.
François Balès, né le à Ergué-Gabéric, devint malgré son jeune âge responsable du groupe d'Ergué-Gabéric du mouvement de résistance Libération-Nord ; il participa, en compagnie d'autres résistants gabéricois (Hervé Bénéat, Jean Le Corre, Pierre Le Moigne et Pierre Germaine), ainsi que de résistants quimpérois dont Antoine Le Bris, au vol des dossiers du STO à Quimper le ; il fut tué le près de Plomodiern lors des combats de libération de la presqu'île de Crozon.
Hervé Bénéat, fut le plus jeune des Gabéricois à avoir participé au coup de main contre les archives du STO à Quimper ; arrêté le et déporté au camp de concentration de Neuengamme, mort en déportation le au camp de concentration de Wöbbelin (Allemagne). Louis Léost est décédé le au camp de concentration d'Orianenbourg.
René Bolloré III rejoignit les rangs de la France libre à Londres dès . Son frère Gwen-Aël Bolloré en fit autant dès qu'il atteint ses 17 ans en : il fit partie, comme son cousin René Thulé, du commando Kieffer.
Yves Benoit, résistant FFI, qui participait aux combats dans la presqu'île de Crozon, fut tué le à Telgruc-sur-Mer lors d'un bombardement allié effectué par erreur, les aviateurs croyant ce bourg encore occupé par les Allemands.
Deux soldats (Yves Rouat et René Le Roux) originaires d'Ergué-Gabéric sont morts pendant la guerre d'Indochine et un (Louis Le Roux) pendant la guerre d'Algérie.
En le clocher de l'église paroissiale s'effondre, victime d'un orage.
En 1979, l'usine d'Odet, alors contrôlée par la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, commence la production de film polypropylène (déjà en cours depuis 1969 à l'usine de Cascadec à Scaër) ; en 1981 l'entreprise est au bord de la faillite quand Vincent Bolloré en prend la direction, après avoir racheté l'entreprise, avec son frère Michel-Yves Bolloré, pour une somme symbolique ; l'usine produit aussi du papier pour condensateurs et du papier carbone. Les papeteries Bolloré sont rebaptisées Bolloré Technologies. François Mitterrand vient visiter les usines d'Odet en 1985.
Dans la décennie 1990, une usine ultramoderne à Lestonan fabrique du plastique pour condensateurs et du plastique d'emballage. C'est aussi à Lestonan qu'a été conçue la batterie d'accumulateurs équipant la Bolloré Bluecar par la société Batscap.
« Je souhaite (…) que notre Groupe ne perde pas ses racines : il a été créé il y a 178 ans à Ergué-Gabéric ; il doit y garder son siège et veiller à ce que nos activités bretonnes (…) soient toujours à la pointe du progrès technique et social », déclare Vincent Bolloré lors de la cérémonie de vœux à ses employés en janvier 2 000.
L'ancienne carrière de Kerrous (carrière Delhommeau), qui a fonctionné pendant un demi-siècle (elle a fermé en 2018), les roches extraites servant principalement à l'entretien des routes, a formé pendant la durée de son exploitation une importante excavation qui sert depuis 2020 de réserve d'eau (1,2 million de m3) ; celle-ci est pompée dans l'Odet et pourra en cas de besoin être reversée dans le Steïr grâce à une canalisation longue de 5 km afin d'y maintenir un débit suffisant en période d'étiage.
La carrière de gneiss de Kerrous, exploitée par la société Nexstone, anciennement CMGO (Carrières et Matériaux du Grand Ouest), a été exploitée pendant une cinquantaine d'années, fournissant des granulats ; elle a fermé en 2018. Le site a été remis en état par l'entreprise exploitante et désormais c'est un lieu de promenade (un belvédère a été aménagé), un accès vers les sites du Stangala (grâce à une passerelle aménagée sur l'Odet en ) et une réserve d'eau pour l'agglomération quimpéroise
Armoiries officielles : de gueules à la croix potencée d'argent, cantonnée de quatre croisettes de même ; au chef danché d'argent chargé de trois mouchetures d'hermines de sable
Jusqu'en 1855 les élus municipaux se réunissaient dans la sacristie de l'église Saint-Guinal, puis ils s'installèrent dans l'école communale, rue de Kerdévot. Une mairie est inaugurée le ; elle est remplacée en par une mairie nouvelle et la précédente est détruite en dans le cadre du réaménagement du bourg.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008.
En 2023, la commune comptait 8 606 habitants, en évolution de +4,85 % par rapport à 2017 (Finistère : +2,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Elle a atteint les 2 000 habitants en 1830 pour augmenter progressivement jusqu'à 2 828 habitants avant la Grande Guerre. La Première Guerre mondiale (123 morts) mais surtout l'émigration et l'exode rural ont fait diminuer la population jusqu'en 1968. Ergué-Gabéric a alors profité du mouvement de rurbanisation notamment dans le quartier du Rouillen : en quarante ans la population a été multipliée par trois.
En 2023, le taux de personnes d'un âge inférieur à 40 ans s'élève à 41,9 %, soit en dessous de la moyenne départementale (42,2 %). De même, le taux de personnes d'âge supérieur à 64 ans est de 22,5 % la même année, alors qu'il est de 24,8 % au niveau départemental,.
En 2023, la commune comptait 4 215 hommes pour 4 391 femmes, soit un taux de 51,02 % de femmes, inférieur au taux départemental (51,36 %),.
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
L'adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le .
Le label Ya d'ar brezhoneg de niveau 2 a été remis à la commune le .
À la rentrée 2017, 119 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue, créée en 2001, de l'école publique de Lestonan (soit 13,1 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire). Une filière bilingue a aussi été ouverte en 2013 à l'école Saint-Joseph-Sainte-Marie ; elle accueille une quarantaine d'élèves en 2019.
L'association Brezhonegerien Leston'n œuvre depuis 1984 pour faire vivre la culture bretonne au travers d'activités hebdomadaires de danse, de chant et de cours de langue bretonne.
L'association Arkae (Association pour la promotion du patrimoine d'Ergué-Gabéric) a constitué depuis 1990 une documentation sur la commune et publié plusieurs dossiers et ouvrages.
Le site Internet GrandTerrier.net - surnom communal et allitération du Grand-Ergué par les cartographes Cassini - propose des thèmes de recherches détaillées sur le patrimoine, l'histoire et la mémoire locale.
Cette chapelle était celle d'une trève qui englobait les deux anciennes trèves de Kergonan et Quillihouarn ; située dans le quart nord-est de la commune d'Ergué-Gabéric, elle comprenait le menhir et la ferme de Kergonan, un tumulus signalé au début du XXe siècle par Paul du Châtellier sous lequel se trouve un caveau fouillé en 1961 contenant un vase en terre cuite et daté de l'âge du bronze moyen, la fontaine Saint-Jacques.

« Plus important était le château de Lézergué à un kilomètre au nord du bourg, massive construction du XVIIIe siècle, aujourd'hui convertie en ferme et en partie découverte. Sa sévère façade de granit, à laquelle des lichens verdâtres donnent une patine de bronze, est relevée aux extrémités de deux pavillons décorés d'un fronton courbe offrant à son tympan les armoiries de la famille de La Marche : de gueules au chef d'argent. L'escalier de pierre, au fond du large vestibule, monte au palier dallé du premier étage en formant une voûte plate des plus hardies… Ce noble château, fier encore dans sa ruine, fut construit sous Louis XIV par les de La Marche, qui habitaient précédemment le manoir voisin de Kerfors. »
« Au Bourg donc, on parlait encore du seigneur de Pennarun, lequel avait mauvaise réputation. Le seigneur ? Quel seigneur ? Son nom s'était perdu dans la nuit des temps si son souvenir était resté vivace. S'agissait-il d'un seigneur en particulier, d'une lignée de seigneurs ? On ne le savait plus. C'était " le " Seigneur de Pennarun ! On disait qu'il était méchant, qu'il avait opprimé les paysans, qu'il pendait à Lenhesq ceux qui ne lui plaisaient pas. Il était si mauvais que la Justice Divine se devait de lui réserver un châtiment exemplaire ! Et c'est ainsi que l'on racontait toujours, vers 1950, que le Seigneur de Pennarun était condamné à réapparaître tous les ans, sous un chêne de l'ale Goz où il remuait éternellement l'or de son trésor enfoui. Cela, le dimanche des Rameaux, pendant la lecture particulièrement longue de l'Évangile de la Passion du Christ selon St Matthieu. La personne qui le trouverait et accepterait son or, le délivrerait de sa malédiction… mais perdrait ipso facto son âme ! En ce temps-là, manquer la messe du dimanche était un péché mortel! »