| Langues | Kikongo |
|---|---|
| Religions | Christianisme (majorité catholique), Bukongo, Église kimbanguiste |
| Ethnies liées | Bantu, Ambundu, Bateke, Basuku, Bayaka |
Les Kongos ou Bakongo (Congos, Kongolais ou Congolais dans leurs formes francisées, à ne pas confondre avec les habitants de la République du Congo et de la République démocratique du Congo) constituent un peuple bantou d'Afrique centrale.
Ils sont principalement présents dans le sud du Gabon, notamment dans les provinces de la Nyanga et de la Ngounié, dans le sud de la République du Congo, plus précisément dans les régions du Pool (Mpumbu), de la Bouenza (Buenza ou Bwenza), du Niari (Niadi ou Niari), du Kouilou (Kwilu ou Kuilu) et de la Lékoumou (Lekumu) ainsi que dans le nord-ouest de l'Angola, notamment dans les provinces de l'Uíge (Wizidi), de Cabinda (Kabinda) et du Zaïre (Nzadi), et dans l’ouest de la République démocratique du Congo, notamment dans la province du Kongo-Central.
L'ensemble des Kongos est estimé à plus de 18 millions.
Selon les sources on observe de multiples variantes : Bacongo, Bakango, Ba-Kongo, Bisi Kongo, Besi Kongo, Bakongo, Bashikongo, Congo, Congos, Kongos, Esikongo, Akongo, Koongo, Nkongo, Wakongo, Wacongomani, etc.
Sur le plan international, c'est le terme Bakongo qui prévaut. ba- étant en kikongo le préfixe qui signale le pluriel (mu- le singulier et ki- la langue).
| Singulier (une personne kongo) | Mukongo, Musi Kongo, Muisi Kongo, Mwisi Kongo, Nkongo |
| Pluriel (le peuple kongo) | Bakongo, Bisi Kongo, Esikongo, Besi Kongo, Akongo |
| Langue (la langue kongo) | kiKongo |
Ne en kikongo désigne un titre honorifique et une appellation employée pour marquer le respect. Il est donc incorrect d’appeler les Kongos par Ne Kongo ou un(e) Kongo par Ne Kongo.

Les différentes populations kongo parlent des langues appartenant à l’ensemble linguistique kikongo, un continuum de langues bantoues étroitement apparentées mais présentant une importante diversité interne. Leur histoire est notamment liée aux anciens royaumes du Kongo, de Loango, de Kakongo et de Ngoyo.
Le terme « kikongo » ne désigne pas une langue totalement uniforme, mais un ensemble de langues et de variétés bantoues étroitement apparentées. Une classification phylogénétique publiée en 2015 décrit cet ensemble comme un continuum linguistique hétérogène appartenant aux langues bantoues de la côte occidentale.
Parmi ces variétés figurent notamment le kisikongo, le kiyombe, le kivili, le kilaari ou kilaadi, le kisolongo, le kimanyanga, le kintandu, le kiwoyo, le kimbata, le kitsotso, le kizombo, le kibeembe et le kindibu (liste non exhaustive).
Le kituba, également appelé kikongo ya leta en République démocratique du Congo, constitue une langue créole véhiculaire, issue du contact entre plusieurs variétés kongo et d’autres langues extérieures au continuum kikongo. Bien qu’il tire une grande partie de son vocabulaire des langues kongo, il possède une évolution historique et une structure linguistique propres qui le distinguent des variétés du continuum kikongo.
Le kikongo attesté dans les documents missionnaires du XVIIe siècle correspond principalement à une variété méridionale employée autour de Mbanza-Kongo. Les travaux de Koen Bostoen et Gilles-Maurice de Schryver montrent qu’il ne peut pas être considéré comme l’ancêtre direct de l’ensemble des langues kongo actuelles.
En République du Congo :
En République démocratique du Congo (liste non exhaustive) :
En Angola (liste non exhaustive) :
Au Gabon :

Des preuves archéologiques ont été trouvées à Tchissanga (actuellement en République du Congo), un site datant d'environ 600 av. J.-C. Cependant, le site ne prouve pas quel groupe ethnique résidait à cette époque . Le peuple Kongo s'était installé dans la région bien avant le cinquième siècle de notre ère, avait créé une société qui utilisait les ressources diverses et riches de la région et avait développé des méthodes d'agriculture . Selon James Denbow, la complexité sociale avait probablement été atteinte au deuxième siècle de notre ère .
Selon Jan Vansina, des petits royaumes et des principautés Kongo sont apparus dans la région actuelle vers 1200 de notre ère, mais l'histoire documentée écrite de cette période du peuple Kongo, si elle existe, n'a pas survécu à l'ère moderne. Une description détaillée et abondante du peuple Kongo qui vivait près des ports atlantiques de la région, en tant que culture, langue et infrastructure sophistiquées, apparaît au XVe siècle, écrite par les explorateurs portugais . Les travaux anthropologiques ultérieurs sur les Kongos proviennent des écrivains de l'époque coloniale, en particulier des Français et des Belges (Loango, Vungu et la vallée du Niari), mais ils sont eux aussi limités et ne couvrent pas de manière exhaustive l'ensemble du peuple Kongo . De la poterie datée entre 205 et 85 av. J.-C. (soit entre 2155 et 2035 BP), ou encore entre 420 av. J.-C. et 130 ap. J.-C., a été trouvée à Ngovo (actuellement dans le Kongo Central), et datée de bien avant, entre 550 et 450 av. J.-C. (soit entre 2500 et 2400 BP), à Tchissanga (actuellement en République du Congo). D’après Koen Bostoen: L’ancêtre commun du groupe Kikongo a au moins 2 000 ans et il a émergé non loin du Pool Malebo où se trouvent actuellement les capitales de Kinshasa et Brazzaville.
et La première expansion du groupe Kikongo vers la côte Atlantique est le corollaire de la première colonisation de la région par des populations bantouphones qui ont descendu le fleuve Congo au moins plus d’un millénaire avant que le royaume ne commence à émerger
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D’après les traditions orales recueillies, avant la création de Kongo dia Ntotila, il y aurait eu Kongo dia Ntété (aussi connu sous le nom de Kongo dia Tuku; le Kongo des origines), à la suite de l’éclatement du Kongo dia Ntété il y aurait eu la création d’autres royaumes et une migration sous forme spirale (forme qui rappelle le coquillage Kodia (ou Nkodia, coquille d’escargot)) des Kongos. Toujours d’après ces traditions orales pour les Kongos le premier Homme serait Mahungu (ou Mawungu, Mavungu) (au départ un être mi-homme, mi-femme puis plus tard cet être se scinda en deux, en homme et en femme), Ma Nguunu (ou Ngunu) serait aussi un des ancêtres des Kongos et Kongo dia Ntotila aurait été créé bien avant 1390 et 1200. On découvre aussi le mythe de la femme aux neuf seins,,,,,.
Selon Vansina, les preuves suggèrent que le peuple Kongo était avancé dans sa culture et ses systèmes sociopolitiques avec de multiples royaumes bien avant que les Portugais atteignirent les côtes du fleuve Nzadi (en langue Kongo Nzadi veut dire fleuve ; le nom Zaire (en français Zaïre) est né d'une mauvaise compréhension ou prononciation des portugais) sous la conduite de Diogo Cão en 1482 ,,. À l’arrivée des Portugais, le royaume Kongo était à son apogée grâce à la culture de l’igname, le traitement du fer et l’échange de houes contre de l'ivoire avec les peuples de l’intérieur.
Du XIVe au XIXe siècle, Mbanza-Kongo constitue la capitale politique et spirituelle du royaume du Kongo. Une importante agglomération construite avec des matériaux et des techniques locales existe avant l’arrivée des Portugais, qui y introduisent à partir de la fin du XVe siècle des édifices en pierre, notamment des églises.
Le souverain Nzinga Nkuwu reçoit le baptême en 1491 et prend le nom de João. Son fils Mvemba Nzinga, baptisé sous le nom d’Afonso, encourage ensuite la diffusion des rites chrétiens, l’instruction de jeunes aristocrates kongo et l’apprentissage du portugais. En 1624, le jésuite Mateus Cardoso publie un catéchisme bilingue portugais-kikongo réalisé avec la participation de lettrés kongo.
L’adoption du christianisme varie selon les régions et les milieux sociaux. Les symboles et les pratiques chrétiennes sont progressivement réinterprétés à partir de conceptions politiques, religieuses et artistiques kongo, donnant naissance à une tradition chrétienne locale distincte.
Les Bakongo établirent des relations diplomatiques, qui prévoyaient également l'envoi d'une délégation à la cour royale du Portugal en 1485. Les relations d’abord égalitaires se transformèrent en une mainmise des Portugais. Qui plus est, dans les années 1450, un prophète, Ne-Buela Muanda, prédit l'arrivée des portugais et la mise en esclavage physique et spirituel de beaucoup de Bakongo,.
Après 1500, les Portugais demandaient des esclaves. Les Portugais installés à Sao Tomé-et-Principe avaient besoin de main-d'œuvre esclave pour leurs plantations de canne à sucre et ils ont d'abord acheté de la main-d'œuvre (des prisonniers de guerre et des criminels). Peu après, les portugais avec la complicité de certains Kongos (cf. : lettre du roi Kongo Alphonse Ier) ont commencé à kidnapper des citoyens libres et exemptés de la société Kongo et après 1514, ils ont provoqué des campagnes militaires dans les régions africaines voisines pour plus obtenir de la main-d'œuvre esclave . De plus les portugais comptaient aussi sur la Christianisation pour asservir le peuple Kongo, le sel connu avant l’arrivée des portugais était distribué dans des villages Kongos par des missionnaires occidentaux pour asservir. Les raids d'esclaves et le volume du commerce d'êtres humains réduits en esclavage ont augmenté par la suite et dans les années 1560, plus de 7 000 esclaves par an étaient capturés et exportés par les commerçants portugais vers les Amériques. Le peuple Kongo et les peuples voisins ont riposté par des violences et des attaques; les Kongos ont également créé des chansons pour s’avertir de l’arrivée des portugais, une des chansons connues est « Malele » (Traduction: « Malheur » ou « Malédiction », chanson présente parmi les 17 chansons Kongos chantées par la famille Massembo de la Guadeloupe lors du Grap a Kongo ). En 1568 Mbanza-Kongo a été pris par les Yakas ; Le royaume du Kongo ne retrouva jamais sa grandeur passée et les années suivantes virent les Bakongo se battre alternativement contre et avec les Portugais et les Néerlandais pour finalement être colonisés en 1885 ,.
Au début du XVIIIe siècle, la noble kongo Kimpa Vita, également appelée Dona Beatriz, prend la tête d’un mouvement prophétique inspiré par saint Antoine de Padoue. Elle affirme avoir reçu la mission de restaurer l’unité du Kongo, alors affaibli par les guerres civiles, la rivalité des pouvoirs régionaux et la traite atlantique. Son enseignement réinterprète le christianisme à partir d’une perspective kongo et présente notamment Jésus et plusieurs figures bibliques comme africains. Kimpa Vita est condamnée pour hérésie et exécutée en 1706 sur ordre du roi Pedro IV, avec l’appui de missionnaires capucins.
Au XXe siècle, un parti politique kongo, l'Alliance des Bakongo (ABAKO) ainsi que les communautés Kimbanguiste (Simon Kimbangu) jouèrent un rôle important dans l'indépendance de la République démocratique du Congo en 1960. Les Kongos jouèrent aussi un rôle important dans l’indépendance de la République du Congo (L’Amicale des originaires de l'Afrique-Équatoriale française, Matswanisme ou Matsuanisme ou encore Matsouanisme (André Matswa ou Matsua), UDDIA, PPC) ainsi que celle de l'Angola (FNLA, MLEC, Tokoïsme (Simão Toko ou Toco), FLEC, CAUNC, ALLIAMA).
Le royaume levait des impôts, établissait le travail obligatoire de ses citoyens pour financer sa stabilité sociale. En effet, la prise en charge de la frange la moins favorisée de la société était le devoir principal du roi. Le roi pouvait être un homme comme une femme. Lorsque c'était un homme, son épouse était la première dame du pays, et pouvait choisir et répudier son mari, le destituer, lever l'armée, etc.
Les jours de travail étaient réglementés, de sorte qu'un jour de repos tous les sept jours était accordé à chaque personne, mais par roulement selon les provinces et les clans. La semaine Kongo est constituée de quatre jours, le mois de 28, et on compte quatre jours de repos par mois (un tous les sept jours).
Contrairement à nombre de sociétés non-africaines de la même époque, le système social était plus favorable aux moins nantis, dans la mesure où :
Quant au roi, il était le responsable de toutes ces franges de la société. Il était élu par un groupe de gouverneurs, habituellement des chefs de parties importantes et par la suite par les officiels portugais. Les villes étaient généralement dirigées par des chefs de village, devant qui ils étaient responsables. Tous les membres du gouvernement étaient investis dans leurs fonctions sous des conditions de compétence, de respect des mœurs et avec l'aval des autorités spirituelles.
La religion Kongo (Kikongo : Bukongo) considère le monde comme multidimensionnel. Le monde matériel et le monde spirituel sont deux espaces qui se croisent en certains points de l'univers. Les humains sont cantonnés en dimensions inférieures (3) ou avancées (hauts prêtres, etc. : 4 et plus). Les esprits évoluent dans une sous-partie de cet univers d'au-moins 8 dimensions. Dans le monde des esprits se trouve la cité des ancêtres, Mpemba. Au-delà de ces mondes, se trouve Kalunga Nzambi a Mpungu Tulendu (ou Tulendo). Les ancêtres font office d'intermédiaires entre le divin et l'homme.
Le divin est perçu comme la Cause primaire de toute chose, l'essence vitale de toute chose ainsi que la destination finale de toute chose. C'est ainsi que Kalunga est à la fois le lieu où se dirigent les esprits, dont ils sont issus et Dieu Lui-même (Nzambi), source de ces esprits. Kalunga est aussi la mer primitive dont tout est sorti, l'auto-créé.
La spiritualité est aussi à la base de l'organisation politique et sociale.
L'intersection entre les deux mondes a une forme de croix, d'où l'importance de ce symbole dans la pensée Kongo. De plus, le personnage de Ne-Kongo (dont vient le nom Kongo) est supposé être cette intersection de Kalunga avec le monde humain, donc un être divin sous forme humaine, symbolisé aussi par la croix. Ce sont ces similitudes avec le christianisme qui en ont facilité l'adoption.
De nombreuses sociétés kongo documentées aux XIXe et XXe siècles organisent la filiation et certains droits d’appartenance selon un principe matrilinéaire. Le terme kikongo kanda peut cependant désigner, selon les périodes et les contextes, une lignée, une maison politique, une faction ou un ensemble de personnes associées.
L’anthropologue Wyatt MacGaffey met en garde contre la projection uniforme des formes modernes de clans matrilinéaires sur l’organisation du royaume du Kongo au XVe siècle. Les structures de parenté et les significations du terme kanda ont évolué au cours de l’histoire.
Les arts kongo comprennent notamment des sculptures en bois, des ivoires, des textiles de raphia, des céramiques, des insignes d’autorité et des objets chrétiens réinterprétés selon des conventions locales.
Les minkisi sont des réceptacles destinés à contenir et à mobiliser des forces spirituelles. Ils sont réalisés grâce à la collaboration d’un sculpteur et d’un spécialiste rituel appelé nganga, qui y introduit des substances désignées sous le nom de bilongo. Ces objets peuvent être employés pour soigner, protéger une communauté, régler des conflits, garantir des accords ou sanctionner les transgressions.
À partir du XVIe siècle, les artistes kongo réalisent également des crucifix, des représentations du Christ et de saint Antoine ainsi que des objets mêlant des éléments iconographiques chrétiens et kongo. Les sculpteurs sur ivoire produisent des olifants, des sceptres et des objets destinés aux souverains et aux chefs, puis, à partir du développement du commerce atlantique, des œuvres destinées aussi à une clientèle étrangère.
Les Kongo cultivent le manioc, la banane, le maïs, la patate douce, l'arachide, les fèves et le taro. Les sources de revenu sont le café, le cacao, la banane et l'huile de palme. La pêche et la chasse sont toujours pratiquées dans certaines campagnes, mais beaucoup de Kongo vivent, travaillent et commercent dans les villes.
À partir du XVIe siècle, des personnes originaires du royaume du Kongo et des régions voisines sont déportées vers les Amériques dans le cadre de la traite négrière atlantique. Les catégories « Congo » ou « Kongo » employées dans les archives américaines peuvent néanmoins recouvrir des origines géographiques et linguistiques plus larges que le seul peuple kongo.
Au Brésil, l’arrivée répétée de personnes identifiées comme Kongo à partir des années 1580 contribue à la formation et à la transformation d’identités collectives kongo dans la diaspora. Ces identités ne constituent pas la simple reproduction d’une culture africaine inchangée : elles sont recomposées dans les sociétés esclavagistes américaines.

En 1848, après la seconde abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, les propriétaires de plantations sont confrontés à un manque de main-d’œuvre, les anciens esclaves refusant de travailler pour un salaire de misère. Le système de l'engagisme se remet en place, avec des travailleurs recrutés en Asie (Inde et Chine), ainsi qu'en Afrique. À tire d'exemple, entre 1858 et 1861, plus de 6 000 africains dont des Kongos arrivent en Guadeloupe. Leur intégration est parfois difficile dans la société créole, et ces nouveaux arrivants se font discrets. Les patronymes restent toutefois de précieux témoignages de cette histoire.