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| Langues | Anglais, langues delaware (unami et munsee) |
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Les Lenapes (de Lëni-Lënape [lənilənapə] dans leur langue), appelés aussi Loups par les Français au temps de la Nouvelle-France et Delawares par les Britanniques, sont un peuple natif américain organisé en clans, originaire de la rive du fleuve Delaware, de l'Hudson et du Long Island Sound. Le peuple avait trois branches : les Munsee, les Unami et les Unalachtigo (en).
Les Lenapes s'appellent eux-mêmes Lëni-Lënape [lənilənapə] que l'on peut traduire par « hommes authentiques ». Ils furent appelés Delawares par les Britanniques, parce qu'ils vivaient le long du fleuve Delaware nommé d'après le premier gouverneur de la colonie de Virginie, Thomas West, dit « Baron de la Warr ».
À l'époque des premiers contacts avec les Européens, les Lenapes ne semblent liés que par des liens assez lâches. La population est organisée en villages autonomes entre eux qui peuvent conclure des alliances temporaires, en particulier pour faire face à une menace extérieure. Les maladies apportées par les colons, les guerres se déclenchant entre natifs américains pour bénéficier du commerce avec ces derniers et la généralisation de la consommation d'alcool vont conduire de nombreuses tribus à se désagréger.

Confrontés à la pression grandissante des colons, des Lenapes d'origines variées migrent dans la Vallée de l'Ohio au cours des premières décennies du XVIIIe siècle. C'est dans ces communautés fondées par des déracinés que prend naissance un mouvement prophétique amérindien dont le représentant le plus connu est Neolin. Combattant l'alcoolisme, le matérialisme et la polygamie, il appelle les natifs américains à rompre avec les Européens et à les chasser de leur terre. Son appel à une renaissance culturelle et spirituelle constitue le terreau idéologique de la rébellion de Pontiac entre 1763 et 1766. Les Lenapes participent aux affrontements, notamment lors du siège de Fort Pitt durant lequel des militaires essaient vraisemblablement de les décimer en utilisant la variole.
En , la Nation Delaware d'Oklahoma reçoit 4,7 hectares de terres à Thornbury dans le sud-est de la Pennsylvannie, où leurs ancêtres vivaient avant l'arrivée des colons.
En 2004, la Nation Delaware a intenté une action en justice contre l'état de Pennsylvanie devant la United States District Court for the Eastern District of Pennsylvania (tribunal de première instance du district Est de Pennsylvanie), afin de récupérer 1,27 km2 de terres incluses dans le Walking Purchase, accord passé entre William Penn et les Lenape en 1737. L'objectif de la tribu était d’y construire un casino comme source de revenu. Cependant, le tribunal a jugé que l’affaire était non-justiciable, même si les allégations de non-respect du traité et de fraude étaient factuellement exactes, car les droits de propriétés des terres avaient été accordés au chef Tatamy et à sa famille, et non à la tribu tout entière.
Aujourd'hui, le Bureau of Indian Affairs reconnait 3 tribus Lenape sur le territoire américain :
À la fin du XVIIIe siècle, certains Lenape se sont installés dans la province actuelle de l' Ontario, après avoir fui les États-Unis. Aujourd'hui, le Canada reconnait trois Premières Nations Lenape et quatre réserves indiennes, toutes dans le sud-ouest de l'Ontario :
Aux États-Unis, certains groupes revendiquant une ascendance Lenape ne sont pas reconnus nationalement mais le sont au niveau des états dans lesquels ils se trouvent :
Plusieurs organisations dans le Delaware, le Maryland, le New Jersey, en Pennsylvanie, en Virginie et ailleurs se revendiquent descendants des Lenapes, mais leurs tribus ne sont pas reconnues administrativement. Des organisations en Pennsylvanie, dans l’Idaho et au Kansas ont déposé des demandes de reconnaissance officielle au gouvernement fédéral des États-Unis. On peut citer par exemple la Nation Lenape de Pennsylvanie à Easton.

Vers la fin du XVIIe siècle, on comptait 3 clans Lenapes : le Loup (Tùkwsit), la Tortue (Pùkuwànku) et le Dindon (Pële). Chaque clan étaient divisés en 12 sous-clans.
Les clans sont matrilinéaires : les enfants appartenaient au clan de leur mère. Les Lenapes étaient aussi matrilocales : après leur mariage, l'époux allait vivre chez son épouse. L'épouse et l'époux disposaient de droits relativement égaux et séparés, chacun contrôlant ses propres biens et ses dettes. Ainsi, les femmes Lenapes avaient une place significative dans la hiérarchie sociale.
Les villages Lenapes étaient organisés sur une base démocratique et égalitaire. Si les chefs détenaient une grande autorité , ils devaient cependant respecter les demandes de leur peuple et consulter notamment des conseils d’anciens.
Les Lenapes, au moins ceux du New Jersey, avaient une pratique matrimoniale singulière : un jeune homme ne pouvait épouser qu'une femme âgée et une jeune fille qu'un vieillard. L'intérêt de cette pratique serait de permettre aux vieilles personnes d'assurer leurs vieux jours tout en transmettant leur expérience aux générations suivantes.
Les Lenapes pratiquaient l'agriculture dites de compagnonnage végétal ou culture associée, faisant pousser plusieurs espèces végétales en même temps sur la même parcelle. Les femmes en particuliers cultivaient différentes variétés des trois sœurs : du mais, des haricots et des courges, culture en symbiose traditionnelle des communautés autochtones d'Amérique. Les hommes eux limitaient leur travail agricole au défrichage des champs et au labour du sol.

Les Lenape, et en particuliers les hommes, chassaient et pêchaient pour se nourrir. Sur la côte atlantique, vers Sandy Hook ou dans la baie de New York, par exemple, ce peuple pratiquait le ramassage à grande échelle des huîtres Blue point qui y croissent spontanément. Ces huîtres étaient fumées l'été pour être consommées l'hiver. La consommation importante de cette ressource abondante explique la découverte d'amas coquilliers remontant à la période sylvicole. Un exemple de technique de pêche de l'époque consistait à ajouter des châtaignes broyées dans l’eau des ruisseaux pour étourdir les poissons et les capturer plus facilement.
Quant à la chasse, les Lenapes chassaient surtout le cerf la majeure partie de l'année, ainsi que l'ours, le castor, le raton-laveur et le renard de janvier jusqu’aux semis de printemps en mai.
Certains villages Lenapes pratiquaient d'ailleurs le commerce avec certains colons hollandais.