Manie

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Ne doit pas être confondu avec Trouble obsessionnel compulsif ou Tic.

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Manie
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Représentation graphique de la manie dans un trouble bipolaire.
Traitement
Traitement PsychothérapieVoir et modifier les données sur Wikidata
Spécialité Psychiatrie et psychologie médicale (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CISP-2 P73Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F30
CIM-9 296.0 épisode maniaque simple,
296.4 épisodes maniaques récents,
296.6 épisodes récents mixés
MeSH D001714

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Les patients souffrant de délires de grandeur peuvent penser à tort qu’ils sont beaucoup plus puissants qu’ils ne le sont en réalité (mégalomanie).

La manie (du grec ancien μανία / maníā « folie, démence, état de fureur ») est un état mental caractérisé par des degrés d'humeur, d'irritation ou d'énergie anormalement élevés. Elle appartient comme la dépression aux troubles de l’humeur. Elle constitue l'une des phases du trouble bipolaire et est, dans un sens, l'opposé de la dépression. On parle aussi parfois de phase maniaque, ou de crise d'accès maniaque.

Jusqu'en 1980 on parlait aussi de « psychose maniaco-dépressive » (PMD) ou « maladie maniaco-dépressive » (MMD). La troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, abandonnant notamment la dichotomie psychose-névrose, a substitué à ces termes la notion de trouble bipolaire.

Il ne faut pas confondre l’état maniaque avec des traits obsessionnels (obsession du ménage et de la propreté par exemple), acception pourtant retenue dans le langage courant.

Symptômes et signes

Un épisode maniaque est caractérisé par une modification de l’humeur, et la survenue de certains symptômes tels ceux décrits ici. Tous les symptômes ne sont pas présents à la fois chez un même individu. Beaucoup d’aspects permettent de considérer la manie comme une « dépression inversée », dans le sens d’une « accélération », une intensification des pensées, des émotions (tout est plus fort, plus vif, plus intense, y compris la douleur morale ou la tristesse parfois, ce qui amène à des confusions diagnostiques).

Des symptômes typiques sont par exemple :

« Le maniaque » (1806) : gravure sur cuivre de Charles Bell. Vision à historiciser de la typification de la folie « à l’âge classique », qui permet de mesurer l'évolution des représentations du trouble mental. Aujourd’hui, elles ont heureusement beaucoup changé. Mais la métaphore de "l’enchaînement" (qui était aussi une réalité...) pour la privation du libre-arbitre, ainsi que la souffrance inscrite sur le visage, gardent néanmoins une pertinence relative pour la relation d’aide et la prise en charge de la détresse des patients.

Lors d’une crise maniaque, le sujet affecté peut s’engager dans des affaires menant à des conséquences préjudiciables pour lui-même ou pour des personnes impliquées : achats compulsifs, dettes irréfléchies ou prise de décisions qu'il n'aurait pas engagées en dehors de la crise. Le comportement complet pendant une crise de manie peut différer de cas en cas, et souvent d’épisode en épisode chez le même patient, ce qui rend parfois l'analyse clinique délicate. D'autant que le patient recourt souvent à des attitudes manipulatrices pour masquer ses symptômes devant les « autorités » ou les équipes soignantes.

Les proches se retrouvent impuissants d'influence sur le sujet[incompréhensible] qui n'accepte aucune remarque ou conseil qui n'entrerait pas en résonance avec ses obsessions du moment, ou susceptibles de ne pas abonder dans son sens, ou lorsqu’on va lui dire quelque chose qu’il n’a pas envie d’entendre. Pendant la crise maniaque le sujet est incapable de communiquer rationnellement et d'« entrer en raison ». C'est pourquoi la psychothérapie ne peut agir que pendant la phase dépressive où le sujet est réceptif et plus enclin à la réflexion. La crise passée, des sentiments de honte ou de culpabilité ne sont pas rares. Le sujet prend conscience de la souffrance de ses proches et des conséquences sociales seulement quand la manie diminue.

La plupart de ces comportements sont étrangers au caractère du malade qui, pendant une phase maniaque, ne réalise pas qu’il est malade se sentant « parfaitement bien », le plus souvent (ce qui rend le traitement difficile).

Il ne faut pas confondre la psychose maniaco-dépressive (ou bipolaire) avec la personnalité maniaco-dépressive qui correspond à une personnalité névrosée, plus proche de la normalité et qui, s'agissant d'un trait de personnalité, a moins d'influence sur la qualité de vie.

Les drogues excitantes comme la cocaïne ou les amphétamines, produisent des états maniaques que certains travailleurs intellectuels ou créateurs artistiques apprécient pour leurs effets sur l'association d'idées, la concentration, l'énergie et la diminution de la fatigue. L'effet passé de la drogue, l'utilisateur passe par une phase dépressive.

Traitements

Le traitement de la phase maniaque fait appel à des médicaments appelés stabilisateur de l'humeur (régulateurs de l’humeur) (exemple, le lithium), mais aussi à des médicaments utiles pour enrayer l’épisode même : benzodiazépines, antipsychotique, etc.

Le traitement préventif est essentiel pour éviter les rechutes. La prise de médicaments thymorégulateurs sur une durée prolongée associés à une hygiène de vie : apprendre à repérer ses facteurs déclencheurs (par exemple une privation de sommeil non compensée, un deuil…) puis se protéger en conséquence, et connaitre les signes annonçant un nouvel épisode pour se soigner très vite dès le début (plus on intervient tôt, plus il est facile de faire rentrer les choses dans l’ordre).

Des épisodes maniaques peuvent également survenir dans le cas d'une thyroïdite de Hashimoto, auquel cas le traitement sera celui consacré à cette maladie.

Notes et références

  1. ↑ (en) Berrios G.E., Of mania, vol. 15, , p. 105–124.
  2. ↑ Marc-Louis Bourgeois, Les troubles bipolaires, Lavoisier, (ISBN 9782257705655, lire en ligne), p. 17
  3. ↑ Allusion au célèbre livre de Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique, Paris, Gallimard, coll. « Tel (rééd. poche) », , 688 p. (ISBN 978-2070295821 et 2070295826).
  4. ↑ (en) Caciora S V A et Abrudan I O, « Sleepless nights: the experience of narcotics in the Parisian artistic environment during the great period of early twentieth century », Eur J Science and Theology, vol. 9, supplément 1,‎ , p. 185-94. (lire en ligne [PDF])

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

Liens externes