Marie Tharp

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Marie Tharp
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NyackVoir et modifier les données sur Wikidata
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Marie Tharp est une géologue, cartographe et océanographe américaine née le à Ypsilanti (Michigan) et morte le à Nyack (État de New York).

Ses travaux ont contribué de manière décisive à l'acceptation de la théorie de la tectonique des plaques par la communauté scientifique des sciences de la Terre.

Biographie

Famille et jeunesse

Née en 1920 à Ypsilanti, dans le Michigan, Marie Tharp est la fille unique de Bertha Louise Tharp, professeure d'allemand et de latin, et de William Edgar Tharp, un pédologue employé au Département de l'agriculture des États-Unis. Comme spécialiste des sols, il collecte des échantillons de terre et de roches mais étudie et cartographie également les régions dans lesquels il fait des relevés. Il permet à sa fille de l’accompagner à son travail où elle a l’occasion de s'initier très tôt à la cartographie.

La profession de son père implique de fréquentes mutations, obligeant la famille à de nombreux déménagements. Ainsi, lors du départ de son père à la retraite en 1931, Marie a déjà fréquenté plus de 20 écoles publiques en Alabama, Iowa, Michigan et Indiana. Cette année-là, la famille emménage dans une ferme à Bellefontaine, en Ohio. Quelques années plus tard, elle obtient son diplôme d'études secondaires, mais met en pause sa formation pour aider à la ferme après le décès de sa mère en 1936. Elle entre finalement à l'université de l'Ohio en 1939.

Études

Diplômée en anglais et musique en 1943 de l'université de l'Ohio, Marie Tharp entreprend l'année suivante des études en géologie à l'université du Michigan où elle a l’opportunité de pouvoir faire un master accéléré en géologie. Dans les années 1940, ce programme spécial est en effet proposé à des jeunes femmes en raison du manque d’étudiants hommes dans le département des sciences de la Terre de l'Université du Michigan dû à la Seconde Guerre mondiale. Elle devient ainsi l'une des rares femmes à mener des études de géologie. En effet, entre 1920 et 1970, moins de 4 % des doctorats en sciences de la Terre seront obtenus par des femmes.

Marie Tharp étudie la géologie structurale, la sédimentologie et la minéralogie.

Travailler dans le monde de la géologie est très difficile pour les femmes à l’époque, car elles ne sont pas reconnues par certaines sociétés professionnelles et leurs collègues les dissuadent de travailler sur le terrain, dont l’étude est pourtant essentielle pour les recherches. Pour lui donner une chance de trouver un emploi dans les sciences de la Terre après la guerre, ses professeurs encouragent Tharp à se tourner vers le dessin technique. Cette compétence, qu’elle développera, la mènera plus tard à une grande découverte.

Elle fait un bref passage dans l'industrie pétrolière en commençant à travailler comme géologue pour la compagnie pétrolière de l'Oklahoma Stanolind. Dans le même temps, elle obtient un diplôme en mathématiques à l'université de Tulsa, en 1948. Cette même année, elle rejoint le département de géologie de l'université Columbia comme assistante chercheuse de William Maurice Ewing au sein de son laboratoire. Le laboratoire géologique Lamont de l'Université Columbia, aujourd'hui connu sous le nom de Lamont-Doherty Earth Observatory (Observatoire de la Terre Lamont-Doherty), était considéré comme le centre névralgique de la recherche de pointe en sciences de la Terre. Marie Tharp va y travailler jusqu'à sa retraite, en 1982.

Carrière

Une étape de la production d'un exemplaire du globe bathymétrique produit par Bruce C. Heezen et Marie Tharp dans leur quête pour comprendre la physiographie du fond marin (un ballon de basket-ball servant de support). Ces modèles sont exposés dans la Division Géographie et Carte de la bibliothèque du Congrès.

Avant de travailler sur les cartes topographiques des fonds marins, Marie Tharp et Bruce C. Heezen se chargent des photographies des fonds sous-marins afin d'aider à trouver des carcasses d'avions abattus lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils découvrent de nombreuses vallées profondes creusées dans le plancher océanique où peuvent s'être échoués les sous-marins américains. Ils découvrent également où et comment les câbles transatlantiques sont brisés.

Elle est ensuite chargée, avec Bruce C. Heezen, par le Lamont Geological Observatory de l'université Columbia, de faire des diagrammes physiographiques à partir de relevés bathymétriques réalisés dans l'océan Atlantique.

En 1952, Marie Tharp est la première scientifique à identifier dans l'axe de la dorsale médio-atlantique un vaste rift, une vallée centrale qui suit son axe longitudinal,, et à démontrer son lien avec la vallée du Grand Rift est-africain. Marie Tharp en conclut que des pans de la croûte terrestre dérivent, mais, victime du sexisme de l'époque, cette théorie est dans un premier temps considérée comme « une hérésie scientifique », Heezen réfutant même les preuves fournies par sa collègue en les qualifiant de « trucs de fille ».

À partir de 1957, Tharp et Bruce Heezen commencent à publier les premières cartographies complètes montrant les principales caractéristiques du fond océanique : monts, vallées et fosses.Leur première carte, publiée en 1959, permet de mettre en évidence la physionomie de la dorsale océanique nord-atlantique. Elle est complétée en 1961 par les données concernant l'Atlantique Sud et en 1964 par l'océan Indien.

Jusqu'en 1965, elle ne peut participer à aucune des 33 expéditions de récolte de données qu'effectue Heezen à bord du Vema, le navire de recherche du Lamont Doherty Geological Observatory. Les navires de recherche affrétés par Ewing et ses collègues obéissaient en effet à des règlements de la Marine qui interdisent à des femmes d'embarquer. Il y règne aussi une ambiance sexiste et Ewing avait surnommé l’une de ses caméras sous-marines « le pénis en Pyrex ». Marie Tharp reste donc dans les bureaux où elle est chargée de calculer, d'interpréter et de visualiser les données récoltées par Heezen.

En 1965, Marie Tharp peut enfin embarquer sur l'expédition Vema 34 et récolter en mer avec Heezen les données qui lui permettront d'améliorer, par deux fois, sa carte du plancher de l'Atlantique, en 1968 puis 1972,,.

À cause de changements d'unités de mesures, Tharp a dû refaire à plusieurs reprises ses cartes. Elle a d'abord utilisé les brasses, puis le système de brasses corrigé, et enfin le système métrique.

En 1977, Bruce C. Heezen meurt d'une crise cardiaque. Marie Tharp continue leur travail et ne désire désormais « rien d'autre que de terminer la carte commencée ».

Peinture d'Heinrich C. Berann illustrant le fond des océans d'après Marie Tharp et Bruce C. Heezen (1977).

La carte mondiale de la topographie des fonds océaniques, réalisée en collaboration avec le peintre Heinrich C. Berann, est publiée moins d'un an plus tard par l'Office of Naval Research. Cette carte spectaculaire des fonds marins, qui montre alors l'invisible, est parvenue à faire accepter la théorie de la dérive des continents, davantage que des travaux très scientifiques et moins accessibles. Cette carte est un élément de première importance dans la découverte de la théorie de la tectonique des plaques,.

Employée comme assistante de recherche à l'Université Columbia, Marie Tharp a essentiellement travaillé au bénéfice de ses collègues masculins, dont les rivalités ont nui à sa propre carrière et qui ont exploité ses analyses sans la créditer. Elle a longtemps toléré cette situation, mais a fini par revendiquer la reconnaissance de ses propres travaux et découvertes. Elle ne commence à être reconnue au niveau national et international que dans les années 1990, où ses travaux sont enfin récompensés par des prix.

En 1995, Marie Tharp fait don à la Division de géographie et de cartographie de la Bibliothèque du Congrès, du fonds de ses recherches et travaux. Cette collection de plus de 40 000 documents comporte les fameuses cartes des fonds marins de tous les océans du monde qu’elle a réalisées avec Heezen, mais également des données sur l'eau, des informations géologiques et sismiques, des données gravimétriques, des cartes de référence, revues techniques, rapports et diagrammes physiographiques.

Vie privée

Elle épouse David Flanagan en 1948 et ils déménagent ensemble à New York. Ils divorcent en 1952.

Décès

Elle meurt d'un cancer à l'hôpital de Nyack, à New York, le , à l'âge de 86 ans.

Œuvres

Hommages

Prix et reconnaissances

Postérité

En 1997, Tharp a été reconnue par la Bibliothèque du Congrès comme l'une des quatre plus grandes cartographes du XXe siècle. Le poste de professeur de recherche Marie Tharp Lamont a été créé en son honneur.

En 2009, Google Earth a ajouté une couche de carte historique Marie Tharp, permettant aux utilisateurs de visualiser sa carte des fonds océaniques via l'interface Google Earth.

En 2015, l'Union astronomique internationale a nommé un cratère lunaire en son honneur : le cratère Tharp (ca).

En 2021, une médaille, au nom de Marie Tharp, a été créée par l'Union européenne des géosciences (EGU), plus précisément à la demande des membres de la division Tectonique et géologie structurale afin de lui rendre hommage. Cette médaille a pour but de reconnaître des contributions scientifiques majeures par rapport a la structure des fonds marins et des processus tectoniques et géologiques. Ainsi un ou une scientifique peut être nommé par les membres de l'EGU et se voir décerner la médaille pour récompenser des travaux d'excellence.

Le , Google lui a rendu hommage en publiant un Google Doodle interactif avec narration, mini-jeux et animations racontant son rôle dans la découverte de la dérive des continents et mettant en lumière son travail.

En 2026, la Columbia Climate School publie une carte interactive Heezen–Tharp du fond des océans.

Notes et références

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  21. ↑ « Tharp », sur Gazetteer of Planetary Nomenclature, NASA (consulté le )
  22. ↑ (en) « Additional guidance for nominations for the EGU’s Stephan Mueller and Marie Tharp medals », sur European Geosciences Union (EGU) (consulté le )
  23. ↑ (en) « Celebrating Marie Tharp Doodle - Google Doodles », sur doodles.google (consulté le )
  24. ↑ (en-US) « Interactive: The Heezen–Tharp World Ocean Floor Map – State of the Planet », (consulté le )

Annexes

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Bibliographie

Liens externes