| Nom de naissance | Berthe Sophie Neuenschwander |
|---|---|
| Naissance |
Boncourt (canton du Jura) |
| Nationalité | suisse |
| Décès |
(à 96 ans) Payerne (canton de Vaud) |
| Profession | Poète, comédienne, récitante, journaliste, productrice d'émissions radiophoniques |
Berthe Sophie Neuenschwander, dite Mousse Boulanger, née le à Boncourt (canton du Jura) et morte le à Payerne (canton de Vaud), est une journaliste, productrice à la radio, comédienne, animatrice de spectacles poétiques, écrivaine et poète suisse.
Mousse Boulanger a poursuivi la mission commencée avec son mari, Pierre Hostettler dit Pierre Boulanger, visant à faire connaître les auteurs suisses où ils se produisaient, que ce soit en Suisse ou à l'étranger.
Mousse Boulanger entreprend des études à l'école cantonale de Porrentruy puis s'oriente vers le journalisme et la poésie. Après un séjour à Cambridge, elle étudie le théâtre à l’école sociale de musique, où elle a pour professeurs Germaine Tournier et Jean Hort.
Le 1953, lors du congrès annuel de l'organisation culturelle Connaître (qui s'est donné pour défi de lancer la carrière du jeune comédien Pierre Boulanger), Mousse Neuanschwander assure la première partie du spectacle avec sa troupe de Genève : une farce en un acte de Tchekhov, Une pauvre créature sans défense. Les deux comédiens se rencontrent, ce qui aboutira à un mariage en 1955.
Dès 1956, Mousse et Pierre Boulanger collaborent à la production d'émissions radiophoniques. Ils invitent de nombreux poètes et auteurs et disent les textes sur les ondes de Sottens à partir de 22 h 45. Mousse et Pierre Boulanger défendent la poésie et leurs poètes d'ici et d'ailleurs. Ils rencontrent dans le cadre de la Tribune des poètes de jeunes auteurs dont Jacques Chessex en 1966.
En 1961, Mousse et Pierre Boulanger consacrent leur émission à la poésie bulgare dans la série Poésie universelle. L'émission fait pleurer l'ambassade qui les invite à se produire en Bulgarie. Ils font ainsi leur début à la scène. Ils retourneront en Bulgarie plus de 10 fois .
En 1975, ils produisent avec Pierre Seghers, une série de 23 épisodes Les Héraults de la résistance en duplex.
Que ce soit sur les scènes de théâtre, dans les usines ou les écoles, ils sont les marchands d'images jusqu'en 1978.
C’est grâce à l'initiative de Mousse et Pierre Boulanger que le Centre culturel du Jorat, une société coopérative de développement, a été fondé en collaboration avec le Club-culture de Carrouge le . Pierre Boulanger en est le premier président. L’offre culturelle est variée : représentations théâtrales, concerts de jazz, conférences, expositions d'art et d'artisanat, boutique, ciné-club et documentation cinématographique. Les Boulanger organisent 5 Rencontres poétiques, dont la première est un hommage au poète carrougeois Gustave Roud, les 20 et .
De 1971 à 1974 : ils font une tournée avec José Azpiazu et sa fille, Lupe. Ils présentent leur spectacle en Suisse romande et en France.
Elle est également l'auteur d'un disque, Berceuse pour une maman (1975) pour lequel elle écrit les textes français. (cf. Discographie).
En , ils présentent Marchands d'images au festival de Rochessauve, créé par Paul Vincensini et Marcel Maréchal.
En 1974, au festival d'Avignon, ils donnent deux spectacles de poésie, Poésie pour tous et Théâtre des poèmes, au verger d'Urbain V (cf. Discographie).
Ils deviennent les ambassadeurs de la culture romande à l'étranger .
En , ils commencent leur expérience lyonnaise au Centre dramatique national dirigé par Marcel Maréchal avec Poésie dans les quartiers. Ils sont chargés de cette mission auprès de l'Éducation nationale française et sont patronnés par un comité comprenant Pierre Emmanuel de l'Académie française, Jean Lescure et Pierre Seghers .
En 1978, Pierre Boulanger meurt le à Mézières, après avoir contracté un virus en Afrique.
Après la mort de Pierre Boulanger, Mousse Boulanger poursuit sa carrière en mettant en scène des textes poétiques d'auteurs suisses comme Corinna Bille ou Edmond Gilliard et ayant pour thème la femme. Le spectacle s'intitule Trois femmes en scène. Elle s'accompagne de deux musiciennes : Rouja Eynard, harpiste, et Heidi Molnar, flûtiste.
Elle « bâtit » (c'est son mot) des spectacles pour les écoles. Elle choisit le répertoire en fonction de son public, par tranche d’âge, de première année jusqu’au Gymnase.
Encouragée par la journaliste féministe et femme de radio, Marie-Claude Leburgue, Mousse Boulanger va travailler à la Radio Suisse Romande jusqu'à sa retraite. Elle continue à défendre inlassablement la création littéraire romande. Ses interviews sont si nombreuses, qu'il est impossible de tous les mentionner : elle a interrogé les principaux écrivains et poètes contemporains de Suisse romande, dont Corinna Bille, Alice Rivaz, Yvette Z'Graggen, Gustave Roud, Philippe Jaccottet, Jacques Chessex ainsi que de nombreux Français (cf. Plans-fixes).
Depuis 1967, Mousse Boulanger publie de nombreux ouvrages, principalement des recueils de poésie, Tendre pays (1967), Ce qui reste du jour (1975), mais également des contes, des récits et nouvelles L'arbre aux oiseaux (1978), La petite Emma (1996), Noël de toujours (1998). Elle compte aussi à son actif plusieurs études et essais sur la littérature romande, Écrire pour vivre (1987), Promenade avec Gustave Roud (1987), ainsi que des livres pour enfants. Elle dirige avec le professeur fribourgeois Henri Corbat une Anthologie des Littératures de Suisse romande en 1988. Sur le rabat de couverture, Henri Corbat en fait un portrait juste et élogieux.
« Rencontrer Mousse Boulanger (la poétesse, la comédienne, la journaliste), c’est sentir un peu de bonheur du monde. Qu’on l’approche par ses livres (une trentaine à ce jour), par ses récitals poétiques (donnés dans d’innombrables pays) ou simplement en frappant à la porte de sa maison de Mézières (Vaud, Suisse), le charme est identique. Le visage, les yeux, l’esprit : tout est mouvement chez Mousse Boulanger, rire et soudaine gravité.
Une femme qui semble avoir atteint l’équilibre parfait entre la hantise et l’amour de l’homme, l’enchantement primordial.
Rien de maléfique chez elle, au contraire, si sa nature et son œuvre envoûtent, c’est par la merveilleuse évocation des êtres chers (les poètes, les proches), et des choses (les fleurs surtout).
Elle réunit ainsi des destins poétiques aussi différents que ceux d’un Gustave Roud ou d’un Edmond-Henri Crisinel.
Je l’imagine déesse de l’élémentaire. »
Près d'une douzaine de compositeurs mettent en musique ses poèmes et textes : José de Azpiazu, Patrick Bron, Marianne Jeanquartier, Gilbert Bezençon, Charly Torche, Yves Piller, Michel Hostettler, René Gerber, Raymond Hofmann, André Ducret, Jean-Michel Monney et René Falquet. Ces pièces seront jouées à diverses occasions, certaines seront enregistrées, comme Sylvie et le Paon (cf. Discographie).
À la mort du poète Gustave Roud, Mousse Boulanger fonde avec Jeanlouis Cornuz (premier président de l'AAGR), Pierre Boulanger et Vio Martin, l'Association des Amis de Gustave Roud en .
Engagée dans la vie culturelle romande, Mousse Boulanger fait partie de la commission de la Bibliothèque nationale suisse. Auteur de l'édition de la correspondance de Vio Martin, présidente de la Société suisse des écrivains de 1978 à 1982, Mousse Boulanger reçoit le Prix vaudois des écrivains en 1997. Elle fait également partie de l'Association vaudoise des écrivains. En 2004, Mousse Boulanger écrit un roman La déchéance (L'Âge d'Homme). Elle fournit aussi régulièrement des contributions rédactionnelles au journal L'Essor, dont elle fait partie du Comité de rédaction.
Mousse a également été membre du PST-POP, et s'est présentée à plusieurs reprises à des élections, au Conseil national et au Grand Conseil du canton de Vaud,,.
« Il lui sera beaucoup pardonné parce qu’elle aimait le pain, le vin, Éluard, Apollinaire, Pouchkine, les renards, les hérissons, les belettes, les chats et les manifs. Elle n'aimait ni les lignes trop droites, ni la marche au pas, et se méfiait des usages et des principes sacrés. Toute jeune déjà, elle aimait par-dessus tout la liberté, source de toute poésie. Mais pourquoi parler d’elle au passé ? Elle est vivante. Il n’y a pas plus vivante qu’elle. À un âge où d’autres ne quittent guère leur fauteuil, elle grimpe sur les arbres, et tant pis si, en tombant de l’échelle, elle se retrouve avec une jambe plâtrée. Celle-ci ne l’empêche pas ensuite d’apaiser les cœurs meurtris, ni d’aider les dévoyés. Elle prend le thé avec sa femme de ménage et fait le ménage à sa place. Elle transforme la banalité en rêve. Il se trouve en effet que la personne qui possède toutes ces séduisantes qualités est un être réel, doté, comme vous et moi, d’une identité et d’un numéro de contribuable, même si elle a choisi elle-même son prénom. Ce prénom, qui la résume, nous le connaissons tous, tant elle l’a promené de scène en scène, de tréteaux en tréteaux, à travers journaux et livres, et tant de provinces et de pays, pour faire connaître les grâces et les sortilèges de notre langue. Et la voici maintenant, elle qui crée tant de personnages, devenue un personnage à son tour, dans une comédie à son image, où alternent les rires et les larmes, les éclats et les surprises, au milieu des mystères apprivoisés de l’existence. »
À partir du , cette émission radiophonique sur la poésie passait sur les ondes de Sottens de 22 h 45 à 23 h 15. L'émission contenait plusieurs capsules :
Mousse Boulanger dialogue avec :
• Fonds d'archives : Fonds Boulanger, Mousse. Cote : P022. Centre des littératures en Suisse romande (inventaire en ligne) sur Phœbus.
• Phonothèque nationale suisse: https://www.fonoteca.ch/