Pierre Babaud de La Chaussade

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Pierre Babaud de La Chaussade
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
Enfants
Louise Rose Babaud de La Chaussade
Pierre-Marie-Pomponne Babaud de La Chaussade de Villemenant (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Propriétaire de
Château de la Chaussade, forge du Greux, forges de Forgeneuve, Forges de Cosne, Haut fourneau de Guichy (d), château de la Boué (d), forge de Beaumont, tour de Bost (d), forges de Marteauneuf, forge de Demeurs, château de Villemenant, Forges de la Vache, château de Frasnay-les-Chanoines (d), forges de Guérigny, château de Sauvages, château de Narcy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Blason.

Pierre Babaud de La Chaussade, né le à Bellac (Limousin), et mort à Paris le , est un fournisseur de la marine royale, à la fois maître de forges et propriétaire forestier.

Biographie

Pierre Babaud de La Chaussade est le fils de Pierre Babaud, sieur de Beaupré, intéressé dans la fourniture de bois pour la Marine royale, et de Marguerite Jouhinot. Il est le frère puîné de Jean Babaud et de leur sœur Louise Babaud (épouse de Pierre Gallicher).

Durant sa jeunesse, il aide son père, marchand de bois en gros pour la marine de guerre. En 1722, Pierre Babaud de La Chaussade dirigeait l'exploitation des bois à Bitche en Lorraine pour l'architecture navale. Le financier Jacques Masson s'attacha les services du jeune homme qu'il trouvait brillant.

Vers 1732, il succède à Jacques Boësnier du Portal, associé de son père et son frère, en tant que partenaire dans les affaires familiales.

À partir de 1735, Masson et Babaud acquièrent et exploitent les forges de Cosne, profitant de la présence du fleuve, de minerai de fer et des forêts de chênes qui alimentent les fourneaux de ses forges pour la fabrication d'ancres à destination les ports de Lorient et de Brest.

De son mariage, le avec Jacqueline Marie-Anne Masson, fille du banquier Jacques Masson, naîtront :

Il devient aussi propriétaire des forges de Guérigny, dans la même région. Jacques Masson, financier d’origine genevoise, premier commis au contrôle général des finances, avait acheté la seigneurie de Guérigny en 1720. Les fonderies du nouveau groupe sont à Guérigny, les forges à Trézy et le haut fourneau à Grossouvre, propriété de Jean-François Durand, seigneur de Grossouvre, maître de forges depuis plusieurs générations.

Après la mort de son frère Jean (1738) et de son beau-père (1741), qui étaient à eux trois propriétaires d'une entreprise de bois, il délaisse celle-ci au profit de l'industrie métallurgique. Il devient l'unique propriétaire des forges acquises par son frère et son beau-père.

En 1743, il est anobli pour une charge de conseiller-secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Bien introduit à la cour du roi Louis XVI par le ministre de la Marine Maurepas, Pierre Babaud de La Chaussade voit son activité enregistrer un pic entre 1744 et 1781. La forge fabrique les ancres et accessoires métallurgiques pour la Marine royale française. Avec un statut de fournisseur quasi exclusif, elle approvisionne les ports de Brest et de Lorient. Il fait bâtir entrepôts, écuries, remises, greniers et logements à Nevers. Il négocie pour l'acquisition d'autres forges et bâtit un empire industriel. C'est dans la même période que furent démolis le vieux village de Saint-Amand, son église et autres bâtiments construits au fond de la vallée et exposés aux crues de la Nièvre.

Son épouse meurt en juin 1744. Deux ans plus tard, en 1746, il épouse Anne-Rose Le Conte de Nonant de Pierrecourt (1715-1778) en secondes noces, qui lui donnera deux enfants :

En 1749, les Anglais prennent pied au Canada. La guerre de Sept Ans se profile (1756-1763). Il achète en 1750 la seigneurie de Villemenant au baron Joseph Hyacinthe de Lange, qui lui avait déjà vendu les forges de Guérigny. Il fait enregistrer ses armoiries par d'Hozier en 1750.

La fin de la guerre de Sept Ans marque le début de la réduction des frais de la marine de guerre. La Chaussade voit son activité réduite et les emprunts qu'il doit rembourser amoindrissent son patrimoine. En 1769, il propose au roi le rachat de ses forges pour la somme de 2,4 millions de livres. Le contrôleur général des finances, l'abbé Joseph Marie Terray, refuse la proposition.

Lors de la guerre d'indépendance américaine (1775-1783), Pierre Babaud de La Chaussade pressent les risques de déclin de son activité car la France veut comme l'Angleterre recourir à la « fonte au coke ». Il réussit en 1780 à monnayer ses forges à une entreprise financière.

En 1782, une fonderie royale sera construite au Creusot pour profiter des ressources en houille de la région, avec l'aide de l'industriel anglais William Wilkinson. Louis XVI fait annuler la vente par l'intermédiaire de son directeur général au trésor Jacques Necker et Pierre Babaud de La Chaussade entame alors des négociations avec l'État qui rachète les forges le pour 3,7 millions de livres. Une ordonnance royale du leur conserve le nom de « forges de La Chaussade ». En 1791, les forges font travailler 840 ouvriers.

Auparavant, en 1775, profitant de son réseau dans les Eaux et Forêts, Pierre Babaud de La Chaussade signe un contrat pour approvisionner la marine de 150 000 à 300 000 pieds cubes de bois dans des forêts situées plus loin que l'approvisionnement habituel. En 1781, il cède ce contrat à Claude Baudard de Saint-James, trésorier de la Marine, qui est associé au négociant malouin Marion-Brillantais.

En 1781, il produisait deux mille tonnes de fer pour la Marine royale et la Compagnie des Indes (jusqu'à quatre mille tonnes en temps de guerre), et employait plus de deux mille ouvriers dans ses hauts fourneaux et ses forges. Selon les époques, il peut employer entre 500 et 3 000 ouvriers.

Il prend part aux assemblées de la noblesse du Nivernais, pour ses seigneuries de Beaumont-la-Ferrière et de Sichamps, en 1789.

Malade, il meurt dans son hôtel particulier à Paris le . Il avait exprimé le vœu d'être inhumé dans le caveau de l'église paroissiale de Guérigny, ce qui ne sera jamais réalisé.

Titres

Armoiries

Propriétés industrielles

Certaines furent acquises en copropriété avec son frère Jean ou son beau-père, Jacques Masson :

Cet ensemble industriel représentait en 1777 :

Arsenaux

Propriétés privées

Hommages

À Guérigny, une rue porte son nom. Les forges de la Chaussade ; nom donné en 1814 par ordonnance royale.

Expositions
Colloque

Du 20 au , sur Babaud de La Chaussade par les Amis du Vieux Guérigny.

Notes et références

  1. 1 2 Lire en ligne, sur mairie-cosnesurloire.fr.
  2. ↑ Lire en ligne, sur ville-guerigny.fr.
  3. ↑ Jacques Masson épousera en secondes noces Marie Boësnier, sœur de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme, et veuve de Jean Babaud, frère de Pierre.
  4. 1 2 Lire en ligne.
  5. ↑ Marc Ortolani et Olivier Vernier, Le temps et le droit : actes des Journées internationales de la Société d'Histoire du droit, Google Livres.
  6. ↑ Andrée Corvol, Forêt et marine, Groupe d'histoire des forêts françaises, p. 111.
  7. ↑ Enregistrées par Louis Pierre d'Hozier dans l'Armorial de France en 1750.
  8. ↑ Henri de Flamare, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, département de la Nièvre, 1891.

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes