| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Pierre Henri Marie Champagne de Labriolle |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté des lettres de Paris (doctorat) (jusqu'en ) |
| Activités | |
| Famille | |
| Enfant |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de | |
| Distinctions | Liste détaillée |
|
Pierre Champagne de Labriolle dit Pierre de Labriolle, né le à Asnières et mort le à Nantes, est un philologue, latiniste et historien français.
Issu d'une famille de la haute bourgeoisie, Pierre Champagne de Labriolle né le à Asnières (Seine), est le fils d'Edouard Champagne de Labriolle et de Jeanne Marie Adèle Perodeaud. Marié le à Paris 16e, avec Marguerite Marie Sibertin-Blanc, il a trois enfants. Remarié le à Nantes avec Jeanne de Larminat, il a deux autres enfants.
Après des études chez les Jésuites puis à la Faculté des lettres de Paris, il s'oriente vers une carrière universitaire. Agrégé de lettres dès 1895, il devient pensionnaire de la Fondation Thiers, puis accepte d'inaugurer la chaire de littérature française créée à l'Université Laval de Montréal où il passe trois ans, de 1898 à 1901.
Rentré en France, il est professeur de première au Collège Stanislas de 1901 à 1903, puis au lycée de Rennes de 1903 à 1904. Il publie à ce moment son Histoire de la littérature française.
On lui propose en 1904 la chaire de langue et littérature latines à l'université de Fribourg qu'il occupe jusqu'en 1918, sauf pendant les trois premières années de la Première Guerre mondiale où il est appelé à la direction d'un hôpital de Belfort ; il est ensuite démobilisé pour reprendre sa chaire de Fribourg où arrrivent les premiers internés français dont beaucoup désirent continuer leurs études. À l'instar d'autres enseignants laïques français à Fribourg, victimes d'une dénonciation anonyme auprès du Saint-Siège en 1910, il est accusé de sillonnisme et de modernisme par des antimodernistes sous l'influence de Caspar Decurtins.
Attiré par la figure de Tertullien, il lui consacre plusieurs études, ce qui le conduit à l'étude du montanisme, et il consacre, en 1913, ses thèses à une étude exhaustive de cette crise qui ébranla l’Église du IIe siècle. Sa thèse complémentaire, Les sources de l'Histoire du montanisme, reçoit le prix Jules-Janin 1914 de l'Académie française (déjà décerné en 1908 pour Tertullien), et sa thèse principale, La Crise montaniste, le prix Saintour à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Ses thèses lui valurent en 1914 le titre de docteur ès lettres avec la mention très honorable.
Après la guerre, il quitte Fribourg, et se présente à la chaire de littérature latine et d'institutions romaines de l'université de Poitiers. Il l'obtint et y reste jusqu'en 1926. Dès 1920, il publie, en le développant et le mettant au point, le cours de littérature qu'il avait donné à Fribourg, et son Histoire de la littérature latine chrétienne obtint le prix Bordin 1921 de l'Académie française. Une seconde édition, enrichie et complétée, ainsi qu'une traduction anglaise paraissent en 1921. Le , il devient maître de conférences, puis, en 1930, professeur de langue et littérature latines à la Faculté des lettres de Paris. Latiniste avant tout, mais aussi historien de la littérature chrétienne, il partage son activité entre ces deux directions principales. En 1921, il publie une traduction de Juvénal dans la Collection Budé, qui aura une deuxième édition en 1931.
Il entame une étude approfondie des écrits de saint Augustin. Sa traduction des Confessions parue en 1925 et 1926 contribue à faire connaître du grand public cet ouvrage. Il prépare en outre la traduction de deux livres de la Cité de Dieu, qu'il n'a pas le temps d'achever.
En 1934, il publie La Réaction païenne, sous-titré Étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle, qui est comme la contrepartie de son Histoire de la littérature latine chrétienne et analyse la contre-offensive intellectuelle du paganisme contre le christianisme, depuis Celse jusqu'à Julien. Son ouvrage est édité trois fois en deux ans.
Il est élu le à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
Politiquement, il est proche du cercle Fustel de Coulanges ; il assiste à quelques-uns de ses banquets et préside celui de 1937.