| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Rosolino Pilo Ruggeri |
| Activité |
| Organisation | |
|---|---|
| Parti politique |
Pilo Ruggeri, né le à Copparo, est un syndicaliste et journaliste italien.
Autodidacte né à Copparo en 1889, Pilo Ruggeri milite dès son plus jeune âge dans le mouvement syndicaliste révolutionnaire ; il est collaborateur à Pagine libere, revue dans laquelle il publie une étude sur les rapports de force entre prolétaires et agrariens dans la région de Ferrare.
Très proche d'Armando Broghi et de Nicola Bombacci, il devient avant la Grande guerre un influent organisateur syndical comme secrétaire de la Chambre du Travail syndicaliste de Modène à partir de l’automne 1913 et l'un des dirigeants des organisations syndicales du bâtiment. Son activité syndicale et sa collaboration à des journaux comme L'Avvenire anarchico lui valent d'être l'objet d'une étroite surveillance de la police.
Le , il participe avec Borghi à un congrès syndicaliste convoqué par l'Unione Sindacale Italiana (USI) pour « discuter de mesures d’ordre interne et du genre et des modalités de la propagande révolutionnaire ».
Interventionniste durant la Première Guerre mondiale, il adhère par la suite au fascisme et contribue à organiser le syndicalisme fasciste à Modène et à Turin. Cependant, en 1921, à la suite de la nomination comme secrétaire d’Edmondo Rossoni à la tête de la Chambre du Travail fasciste, Ruggeri, en compagnie de Cassio Spagnoli et de Romualdo Rossi, quitte l’organisation syndicale fasciste, par opposition à la ligne pro-agrarienne.

L'historien Alessandro Luparini écrit à son sujet qu'il « était un représentant typique de l'aile ouvriériste du fascisme ». La nature de ses convictions est clairement illustrée par un discours qu'il prononça le 29 septembre 1919 au Théâtre de Pinerolo, devant un public composé majoritairement de socialistes. Dans son intervention, Ruggeri s'était :
« efforcé de démontrer l'essence révolutionnaire et prolétarienne du programme fasciste, en soulignant ses différences mais aussi ses affinités avec le programme socialiste. Ce faisant, il révélait une crainte — partagée par de nombreux autres fascistes — qu'une politique antisocialiste trop accentuée ne conduise à l'isolement du mouvement fasciste vis-à-vis des masses. »
Selon Luparini, il est « révélateur du climat politique de l'époque que, malgré les ouvertures de Ruggeri envers ses adversaires, le meeting se soit terminé par de graves incidents entre fascistes et socialistes ».
En 1924, Ruggeri reçoit de Cesare Rossi un subside extraordinaire dans la perspective d'une mission d'informateur à Paris ; envoyé entre juillet et septembre, Ruggeri mène son activité sous l'apparence d'un journaliste aux ordres du Commissariat général de l'Émigration. Il sillonnera en quelques mois les zones françaises où la présence de travailleurs italiens était la plus marquée.
En 1943, il adhère à la République sociale italienne (RSI).