Aux débuts de l'aviation le pilote était souvent appelé aviateur. Ce terme dérivé du mot avion (néologisme créé en 1875 par Clément Ader) a été repris dans différentes langues. Les termes aviator en anglais, ou Aviatiker en allemand, sont aujourd'hui remplacés par le pilot ou Flugzeugführer (conducteur d'avion). Au sens strict, aviateur est le premier grade de l'Armée de l'air française, plus généralement, ce terme peut désigner tout membre de l'Armée de l'air.
Pour piloter un aéronef, un pilote doit disposer d'un certain nombre de brevets, de licences, de qualifications, d'autorisations, d'approbations et/ou de certificats. Ces titres administratifs sont en général délivrés par les États. Un titre délivré par un État européen est valable dans les autres États européens.
en 1856, Jean-Marie Le Bris invente un planeur qu'il nomme barque ailée, tirée par des chevaux, avec laquelle il aurait volé;
en 1858, Félix Nadar réalise la première photo aérienne depuis un ballon captif;
entre 1891 et 1896, Otto Lilienthal effectue environ deux mille vols planés depuis une colline artificielle à proximité de Berlin;
entre 1890 et 1897, Clément Ader, inventeur de l'avion, s'élève de quelques mètres au-dessus du sol lors de plusieurs vols;
en 1903, les frères Wright expérimentent leur premier avion, le «Flyer», dans les dunes de Kitty Hawk le après plus de 700 vols en planeur entre 1900 et 1903; ceux-ci sont généralement considérés comme les premiers pilotes d'un appareil plus lourd que l'air lors de vols motorisés et contrôlés;
en 1906, Alberto Santos-Dumont effectue à Bagatelle le sur soixante mètres à une altitude de deux à trois mètres le premier vol d'un plus lourd que l'air autopropulsé (sans mécanisme de lancement) en présence de nombreux témoins;
en 1908, Henri Farman fait le premier voyage (vol entre deux points différents) dans la région de Reims;
en 1908, Wilbur Wright et Louis-Paul Bonvillain réalisent la première photographie aérienne depuis le Flyer au-dessus du Man;
en 1934, Helen Richey est la première femme à être engagée comme pilote par une compagnie aérienne commerciale aux États-Unis;
Durant la Seconde Guerre mondiale, le rôle des pilotes est crucial pendant les combats, permettant de parachuter des troupes derrière les lignes de front, de bombarder des objectifs stratégiques, de capturer des renseignements... Le rôle des as de l'aviation est encore plus déterminant.
Le , il est officiellement chargé du «brevet de pilote aviateur». Les seize premiers brevets sont octroyés courant 1909, rétroactivement et sans examen, par ordre alphabétique pour éviter toute prééminence, à des pilotes chevronnés. Ainsi, le titulaire du brevet no1 est Louis Blériot, Glenn Curtiss obtient le brevet no2, Léon Delagrange le no3, puis Robert Esnault-Pelterie, etc. Wilbur Wright reçoit le no15 (le 5 et le 10 ont un bis et le 13 n'est pas attribué).
La première aviatrice belge fut Hélène Dutrieu avec le no27 (Aéro-Club de Belgique) en 1910. La première femme pilote militaire (et qui a piloté des avions de combat) fut la Française Marie Marvingt.
En 2003, Dorine Bourneton obtient l'accès au brevet professionnel pour les pilotes handicapés des membres inférieurs.
Au Malawi, on comptait en 2017 uniquement deux femmes pilotes: Fellie Mkandawire et Yolanda Kaunda, qui a obtenu le grade de capitaine d'avion en 2016.
Au Ghana, Audrey Esi Swatson est la plus jeune pilote ghanéenne à avoir obtenu une licence commerciale.
La notion de brevet de pilote a évolué depuis ses origines et recouvre aujourd'hui plusieurs notions dont les principales sont celles de licences permettant à leurs titulaires de faire voler des aéronefs et de qualifications décrivant les conditions, les privilèges ou les restrictions associées (cf. infra). Il existe aussi des autorisations, approbations ou certificats.
Une licence est délivrée pour une période maximale de cinq ans puis elle doit être réémise. La validité d’une licence est déterminée par la validité des qualifications qu’elle contient et par celle du certificat médical. Pour les pilotes professionnels, elle demande aussi la mention de la compétence linguistique en état de validité. Les examens médicaux périodiques suivent un cycle de 5 ans pour les pilotes privés (2 ans pour les pilotes âgés de plus de 40 ans) et 12 mois pour les autres (6 mois pour les pilotes âgés de plus de 40 ans).
Une qualification doit être régulièrement prorogée ou renouvelée. Par exemple, la durée de validité d'une qualification de classe monopilote monomoteur avion est de 24 mois. Le contrôle de compétence en vue de sa prorogation doit être effectué dans les 12 mois qui précèdent sa date d’expiration. Le pilote doit avoir effectué 12 heures de vol dans les 12 mois précédant l’expiration de sa qualification incluant 6 heures en qualité de commandant de bord, 12 décollages et 12 atterrissages et un vol d’entraînement d’une durée minimale d’une heure avec un instructeur.
Un pilote aux commandes de son avion en est le commandant de bord. Le pilote n’étant pas le commandant de bord et opérant sur un aéronef pour lequel plus d’un pilote est requis (avion multipilote) en est le copilote.
Pilote d'avion
Licences
Les licences sont réglementées par le Part-FCL (Part - Flight Crew Licencing) édictées par l'EASA en Europe et adoptées par la DGAC en France. Elles prévoient:
la licence de pilote privé aéronef léger, dite Light Aircraft Pilot Licence:LAPL(A);
la licence de pilote privé, dite Private Pilot Licence: PPL(A);
la licence de pilote professionnel, dite Commercial Pilot Licence: CPL(A);
la licence de pilote de ligne, dite Airline Transport Pilot Licence: ATPL(A).
1. Un pilote privé doit avoir 17 ans révolus et une expérience minimale de 45 heures de vol (dont 5 maximum au simulateur). Il doit aussi avoir dix heures de vol seul à bord (solo) dont cinq doivent être validées comme des vols de navigation. Les privilèges de sa licence lui permettent d'exercer, sans rémunération, les fonctions de commandant de bord ou de copilote de tout avion qui n'est pas exploité à titre onéreux.
Depuis le , la France a basculé vers cette règlementation européenne mais un ancien type de licence est toujours valable: le Brevet de Base (BB) qui est dans beaucoup d'aéro-clubs une étape dans la formation LAPL ou PPL. Un pilote brevet de base doit avoir 15 ans révolus, une expérience minimale de dix heures de vol (dont quatre heures seul, avec vingt atterrissages et décollages). Il peut voler seul à bord dans un rayon de 30 km de son aérodrome d'attache, hors des espaces contrôlés. Les autorisations supplémentaires (emport de passagers, accès à d'autres terrains dans la limite de 100 km de son aérodrome d'attache, vol de nuit, voltige,etc.) sont délivrées par un instructeur habilité.
Le Brevet de Base est maintenu jusqu’au inclus. Pour continuer à voler après cette date, le pilote devra avoir obligatoirement effectué la conversion de son BB en LAPL(A) sous conditions.
La Suisse a pour sa part introduit une licence de pilote privé restreinte (R-PPL) valable uniquement dans l'espace national non contrôlé et qui est assimilable au BB français.
2. Un pilote professionnel doit avoir 18 ans révolus et une expérience minimale de 150 heures de vol (dont 10 maximum au simulateur). Sa licence lui permet d'exercer tous les privilèges du pilote privé et:
de remplir les fonctions de commandant de bord ou de copilote sur tout avion effectuant un vol autre qu'un vol de transport aérien public;
de remplir les fonctions de commandant de bord, dans le transport aérien public, de tout avion monopilote;
de remplir les fonctions de copilote dans le transport aérien public sur tout avion dont l'exploitation requiert un copilote.
3. Un pilote de ligne doit avoir 21 ans révolus pour assurer un service aérien international régulier en tant que commandant de bord. Il doit avoir accompli au moins 1 500 heures de vol en tant que pilote d'avion (dont 100 au maximum au simulateur). Sa licence lui permet d'exercer tous les privilèges du pilote privé, du titulaire d'une licence de pilote professionnel ainsi que d'exercer les fonctions de commandant de bord ou de copilote dans le transport aérien public.
Qualifications
En plus de sa licence, le pilote doit disposer de qualifications lui permettant d'exercer certains privilèges supplémentaires:
pour piloter certaines classes (respectivement certains types) d'avions en régime de vol à vue, il faut par ailleurs disposer d'une qualification de classe (respectivement qualification de type).
pour piloter un avion en régime de vol aux instruments ou IFR (Instrument Flight Rules), le pilote doit disposer de la qualification de vol aux instruments appropriée à la classe ou au type d'avion utilisé. Dans le cas d'une qualification de type, l'examen peut comprendre un examen de vol aux instruments. Pour ce faire, il doit satisfaire un examen théorique et pratique spécifique, avoir accompli au moins 50 heures de vol en tant que commandant de bord et avoir été formé au vol de nuit. Il doit également être apte à utiliser la langue anglaise au sol et en vol;
Les qualifications de classe sont établies pour les avions monopilotes n'exigeant pas de qualification de type. Il y a une classe pour:
tous les motoplaneurs à dispositifs d'envol incorporé;
chaque constructeur d'avions monomoteurs à turbopropulseurs terrestres;
chaque constructeur d'hydravions monomoteurs à turbopropulseurs;
tous les avions multimoteurs à pistons terrestres;
tous les hydravions multimoteurs à pistons;
tous les avions à hélice de calage variable.
Les qualifications de type d'avions sont établies pour:
chaque type d'avion multipilote;
chaque type d'avion monopilote multimoteur à turbopropulseurs ou à turboréacteurs;
chaque type d'avion monopilote monomoteur à turboréacteur,
chaque type d'avion pour lequel c'est considéré nécessaire;
Parmi les autres titres, citons encore la qualification d'instructeur, la qualification montagne, l'habilitation au vol de nuit, etc.
Pilote d'hélicoptère
Poste de pilotage d'un hélicoptère Guimbal Cabri G2.
Le pilotage d'un hélicoptère en vol de croisière s'apparente à celui d'un avion, par contre en vol stationnaire et en transition entre ces deux états il en est très différent; il nécessite des licences spécifiques:
Le brevet de pilote de planeur peut être obtenu à 16 ans révolus.
Pilote d'ULM
Les ULM (Ultra-Légers Motorisés) regroupent différentes catégories d'aéronefs (Multiaxe, Pendulaire, Paramoteur, Autogire, Aérostat dirigeable, Hélicoptère ultraléger) ayant en commun d'être limités en masse, en puissance moteur, en nombre de places et d'être soumis à une réglementation plus souple que les aéronefs plus lourds, mais limitées à certains pays. La licence de pilote d'ULM est assortie de qualifications pour chacune des catégories.
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Classification et licences de pilotage aux États-Unis
ULM: considéré comme un véhicule et non comme un aéronef. Aucune licence nécessaire mais interdiction de voler dans les espaces aériens contrôlés et au-dessus des villes.
Aéronef léger à usage sportif: créé en 2004, le LSA est un certificat simplifié permettant au plus grand nombre de pratiquer les sports aériens. Il est destiné aux pilotes d'aérostats, planeurs, avions et voilures tournantes, et deltaplanes de moins de 600 kg.
Pilote sportif: requiert un nombre d'heures de vol variable (7 à 20) suivant le type d'aéronef.
Pilote de loisir: nécessite de suivre des cours et de passer un examen. Permet de voler dans un rayon de 80 km autour de l'aérodrome de base.
Pilote privé: permet de piloter tout type d'aéronef, après certification appropriée, dans un but non lucratif.
Pilote commercial: permet de piloter tout type d'aéronef, après certification appropriée, pour effectuer un travail aérien.
Pilote de compagnie aérienne: permet de piloter un avion de ligne au profit d'une compagnie aérienne.
Place du pilote
Quoique la réglementation ne l'impose pas, la place du pilote commandant de bord sur un avion est traditionnellement le siège de gauche (dans une disposition côte-à-côte). Cependant, si toutes les commandes de vol sont accessibles depuis la place de droite, le commandant de bord peut choisir de piloter indifféremment à droite ou à gauche. En formation, l'élève-pilote est ainsi à gauche et l'instructeur commandant de bord à droite.
Sur un biplace en tandem, le pilote commandant de bord se place généralement à l'avant pour plus de visibilité, sauf sur certains avions (comme le Piper Cub) dont le centrage impose qu'un pilote seul à bord soit en place arrière.
Sur un hélicoptère, au contraire, le pilote commandant de bord est traditionnellement assis à droite, ce qui lui permet de manipuler de la main droite le manche cyclique, le plus sensible (le manche collectif, en position centrale, étant tenu de la main gauche).
Dans tous les cas, quel que soit la place qu'il occupe, c'est le pilote déclaré commandant de bord qui est considéré comme responsable notamment en cas d'incident.
↑«Transfer JAA to EASA is a fact.
The ECAC Directors General decided at their ECAC DGCA/129 meeting on 19 March 2008 to dissolve the present system of Joint Aviation Authorities, including the JAA Liaison Office, by 30 June 2009, and to terminate the Cyprus Arrangements by unilateral acts of all JAA Member States.» [lire en ligne(page consultée le 11 décembre 2009)]
Patrick de Gmeline, Les ailes de 1940: les as de la chasse pendant les batailles de France et d'Angleterre, Paris, Presses de la cité, coll.«Document», , 396p. (ISBN978-2-258-05877-4)