| Quevaucamps | |||||
Pâturage à Quevaucamps. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | |||||
| Communauté | |||||
| Province | |||||
| Arrondissement | Ath | ||||
| Commune | Belœil | ||||
| Code postal | 7972 | ||||
| Code INS | 51008C | ||||
| Zone téléphonique | 069 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Poipoines/Quevaucampois | ||||
| Population | 3 379 hab. (1/1/2025) | ||||
| Densité | 369 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 31′ nord, 3° 41′ est | ||||
| Superficie | 916 ha = 9,16 km2 | ||||
| Localisation | |||||
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Quevaucamps est une section de la commune belge de Belœil située en Wallonie picarde dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
La majorité du territoire de Quevaucamps est occupée par des champs et des pâturages, ce qui en fait un village agricole d'importance significative.
Il présente une altitude moyenne de 55 m, variant de 36 m aux alentours de la A16 à 67 m dans le bois de Beloeil.
Le village est desservi au sud par la route nationale N50, et est situé à 23 km de Tournai et à 21 km de Mons.
Le village s'est développé autour de deux pôles : la Grand-Place, où se trouvent l'église et l'ancienne maison communale, et le Pâturage, ancien lieu-dit qui désigne la partie nord du village. Leurs habitants étaient surnommés respectivement les « Bourgeois » et les « Sauvages », et la rivalité entre les deux quartiers s'est manifestée notamment lors du choix de l'emplacement de la gare et de la construction de la chapelle Saint-Joseph. D'autres quartiers portent des noms anciens : le Coron d'en Haut, le Marétiau, le Coron Papae et la place Langlois, anciennement place du Trieu. La place du Pâturage a pris le nom de place Roger-Lallemand en 2021. Les habitants de Quevaucamps sont surnommés les « Poipoines »,.
Le village n'est traversé par aucun cours d'eau important. Le « Grand Fossé », creusé en 1801 dans les marais du Pâturage, part d'Ellignies-Sainte-Anne, longe la chaussée Brunehaut et rejoint le ruisseau de Belœil dans les bois du prince de Ligne ; de petits ruisseaux, le Nocquet et le ruisseau de la Fontaine Philosophe, alimentaient autrefois des viviers et des abreuvoirs.

Des prospections de surface ont livré des traces d'occupation préhistorique. Au lieu-dit « le Haignois », une pointe de flèche à retouches couvrantes, type propre au Mésolithique moyen et au début du Mésolithique final, a été ramassée à un endroit qui avait déjà fourni de nombreux éclats de silex. À la limite de Basècles, près du Moulin d'en Haut, les silex taillés recueillis à partir de 1960 ont été attribués par leurs inventeurs au Néolithique final, voire au Chalcolithique ; l'inventaire comptait 635 pièces en 1971. Francis Houbion a par ailleurs étudié un site de La Tène et fouillé un puits gallo-romain au lieu-dit « Les Marlières ».
La chaussée Brunehaut, qui traverse le village, reprend le tracé de la voie romaine de Bavay à Blicquy. Dans la traversée de Quevaucamps, la route actuelle s'écarte de l'axe antique sur quelque 350 mètres. En 1989, la cellule archéologique de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine de Belœil (ASPB) a pratiqué une coupe dans ce tronçon abandonné. La chaussée y est faite d'un empierrement de calcaire local ; sa bande de roulement, large d'environ 9,70 mètres à l'origine, atteint 12,20 mètres en débordant sur les fossés comblés. Le mobilier recueilli situe son utilisation entre la fin du Ier et le début du IIIe siècle, et les fouilleurs envisagent la présence d'un habitat gallo-romain à proximité. Le mot « pire », qui désignait dans la région les anciennes voies romaines, subsiste dans le lieu-dit « Champ entre deux Pires ».
En juillet 1969, des travaux dans une propriété de la rue du Brugnon, au lieu-dit « Les Saudrillons », ont mis au jour une fosse contenant les ossements de onze individus. Une datation par le carbone 14 les place entre la seconde moitié du VIIe et la seconde moitié du VIIIe siècle. L'exhumation, mal conduite, n'a pas permis d'établir la nature du dépôt, probablement une fosse commune ; un petit vase de cuisine découvert au même endroit est sans doute contemporain des ossements.
Le nom apparaît sous la forme latine Equicampo dans une confirmation pontificale des biens de l'abbaye de Saint-Ghislain datée de 1191, puis sous la forme Chevalcamp en 1407. Un acte de 1645 relatif à Basècles écrit encore « Keuvaucamps ».
Sur le plan religieux, Quevaucamps appartenait à l'origine à un ensemble dont Harchies était la paroisse-mère, avec Grandglise et Stambruges pour succursales. En 1138, l'évêque de Cambrai Nicolas de Chièvres donna à l'abbaye de Saint-Ghislain la collation de l'autel d'Harchies et de ses dépendances. Stambruges et Quevaucamps furent détachés d'Harchies au XIVe siècle ; Quevaucamps n'avait alors qu'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, desservie par le curé de Stambruges, et n'eut pas de cure propre avant le XIXe siècle,. En 1408, la cour de Mons trancha un procès entre ce curé, Adam Aisnart, et un brasseur de Quevaucamps qui refusait d'acquitter le « signage », redevance liée à la bénédiction de la bière. En 1486, le village comptait 60 feux, soit environ 360 habitants.
À la mort de Charles de Croÿ, la seigneurie de Quevaucamps fut mise en vente ; en 1613, Jean de Mérode l'acheta pour le compte de Philippe de la Barre. En 1732, après la mort de son père, qui les tenait depuis 1656, le chevalier Charles de la Barre fit valoir devant la Cour souveraine de Mons ses droits sur les deux fiefs de Quevaucamps : le village lui-même, avec sa chapelle et la haute justice, et un second fief dit « d'Anvaing ». Claude Lamoral II, prince de Ligne, acquit ensuite la terre auprès des héritiers du comte de la Barre d'Erquelines ; son fils Charles-Joseph de Ligne en fut le dernier seigneur.
Les petits fermiers faisaient paître leur bétail sur des prés appartenant aux princes de Ligne. Selon Fernande Dulieu, un différend les opposa de 1704 à 1782 au prince, qui reprenait peu à peu ces prairies pour les boiser. Bernard Duhant évoque pour sa part deux siècles de procès entre les habitants du Pâturage et la famille princière au sujet des droits seigneuriaux. Vers 1682, la princesse Claire-Marie de Nassau-Siegen fit construire à l'orée du bois de Belœil, sur le territoire de Quevaucamps, les Pavillons des Gardes, destinés à loger les gardes du parc ; ils sont classés depuis 1949.
La chapelle Notre-Dame de Foy porte la date de 1627 sur la clé de son arc d'entrée, la plus ancienne connue sur un édifice du village. Quevaucamps relevait alors du diocèse de Cambrai. En 1721, l'arpenteur Guillaume Couvreur dressa pour l'abbaye de Cambron une carte figurée de ses biens à Thumaide, Basècles et Quevaucamps. L'abbaye possédait à Quevaucamps neuf parcelles, toutes louées au même fermier, dont l'une longeait la chaussée Brunehaut,. Ces terres furent vendues comme biens nationaux en 1800.
Le Moulin d'en Haut, moulin à vent situé sur le vieux chemin de Condé à Ath, à la limite de Basècles, remplaça un moulin antérieur détruit par un incendie. Le comte d'Erquelines autorisa Maximilien Mercier à le rebâtir en 1745 ; Jacques-François Le Roy prit la parcelle en bail pour 99 ans en 1748 et racheta le moulin l'année suivante,. La première mention d'un maître d'école à Quevaucamps date de 1728. Le 26 août 1784, trois cloches neuves furent bénites pour la chapelle ; le prince héréditaire de Ligne, seigneur du lieu, en fut le parrain.
Après la bataille de Fleurus, en 1794, les autorités françaises firent descendre les cloches du clocher ; seule la plus grosse resta en place,. Au 31 janvier 1795, le village comptait 197 maisons ; à côté des censiers et des journaliers, le recensement mentionne des chaufourniers, une tricoteuse, un peigneur de laine et des marchands de bas. En 1799, la conscription provoqua des troubles dans le canton : Quevaucamps fut menacé, avec Grandglise et Stambruges, de perdre ses cloches pour avoir sonné le tocsin, et un détachement de troupes fut envoyé pour faire partir les conscrits. La loi du 28 pluviôse an VIII (1800) fixa à quinze le nombre de communes du canton de Quevaucamps.
Quand la liberté de culte fut rétablie, en juin 1802, Quevaucamps comptait 955 habitants. Un décret de l'évêque de Tournai du 13 octobre 1803 en fit une paroisse autonome, distincte de Stambruges.
Le siège du canton fut disputé par Belœil. En 1834, un projet de réduction du nombre des justices de paix menaça le canton. La commune fit valoir sa situation sur la chaussée de Mons à Tournai, au centre du canton, et le bâtiment communal qu'elle avait construit une douzaine d'années plus tôt avec une salle d'audience. Après plusieurs projets de démembrement ou de transfert, la loi de 1847 sur la circonscription cantonale maintint le chef-lieu à Quevaucamps et obligea le juge de paix à y siéger,. La maison communale, transformée en 1840 sur les plans de l'architecte provincial Jean-Baptiste Mottrie, abritait au rez-de-chaussée la classe des garçons et à l'étage la salle d'audience. La justice de paix y siégea jusqu'en 1952, puis dans l'ancienne ferme Duchateau-Van Haecht, devenue maison communale, avant d'être transférée à Roucourt en 1982,.
De 1815 à 1909, les jeunes gens de 19 ans du canton venaient chaque année au début de février tirer au sort leur numéro de milice dans la salle de la justice de paix ; la loi du 14 décembre 1909 instaurant le service militaire personnel mit fin à cette pratique,. Une petite chapelle dédiée à Notre-Dame des Conscrits fut élevée en 1837.
L'école communale naquit en 1838, lorsque le conseil communal nomma un instituteur à la tête d'une école mixte installée dans la maison communale. L'ancien cimetière qui entourait l'église fut déplacé en 1856. L'église Saint-Jean-Baptiste, construite en briques et en pierre de Grandglise, fut agrandie en 1875 sur les plans de l'architecte athois Léopold Hotton,. Un service postal fut créé le 13 mars 1876. Le kiosque de la Grand-Place, construit à l'initiative de la fanfare « La Renaissance », fut inauguré le 8 août 1897 ; l'éclairage public au pétrole fut installé à la fin de la même année. Celui de la place du Pâturage date de 1901.
Florimond Duchateau, maître de carrières, fut bourgmestre de 1882 à sa mort en 1916, après avoir fait fonction de bourgmestre depuis 1879.
Vers 1830, Quevaucamps était un village à vocation agricole : le bétail paissait dans la zone marécageuse du Pâturage, au nord-est. Le défrichement du marais communal fut décidé en 1852. Tout au long du siècle, les droits de pâturage sur le marais du Harby opposèrent Quevaucamps à Grandglise.
Le sous-sol du village, comme celui de Basècles, fournit un calcaire bleu exploité en carrière. La pierre de qualité servait à la construction ; le reste était cuit en chaux, employée pour le mortier et le plâtre ou pour amender les terres. En 1858, Basècles et Quevaucamps comptaient ensemble 36 fours à chaux. Des chaufourniers figurent déjà parmi les habitants recensés en 1795, et un plan de 1857 montre le four à deux chaudières de Philippe Trivier.
Au XIXe et au début du XXe siècle, les carrières appartenaient notamment aux Duchâteau, dont Florimond fut bourgmestre, aux frères Trivier et à Sylva Legrand,,. Vers 1860, les carrières du prince de Ligne, des Duchâteau et des frères Trivier disposaient de machines à vapeur servant notamment à polir la pierre. En 1913, Sylva Legrand, maître de carrières et chaufournier, vendait des carreaux polis, des seuils, des marches, des bacs et des blocs destinés au marbre noir. Le raccordement ferroviaire obtenu à la fin du siècle devait permettre d'expédier la chaux, la pierre et le marbre noir des carrières Trivier, Legrand et Noël,, ; les produits des carrières et des fours à chaux figuraient parmi les marchandises transportées en 1913.
Selon Achille Quivy, la production de chaux avait cessé quelques années avant 1941 avec l'arrêt du four Legrand, au « trou du Bocq » ; l'ancien four de la Place, exploité par Louis Noé, fut remis en activité en septembre 1941. En 1981, il ne restait qu'un seul four à chaux intact sur les deux villages : celui du Risque-à-Tout avait été démoli en juillet 1980.
Les carrières abandonnées se sont remplies d'eau et forment de grands « trous » devenus des lieux de promenade et de pêche. Celle du Risque-à-Tout, en direction de Basècles, servait de baignade : elle était très fréquentée à l'été 1944, et la baignade y fut interdite en 1947 lors d'une épidémie de poliomyélite,. Le Trou Toine Georges, carrière abandonnée des Duchâteau, fit l'objet en 1927 d'un échange avec la commune contre un terrain situé à Grandglise.
Faute de cours d'eau suffisant, le village n'a jamais eu de moulin à eau. Le conseil communal recensait trois moulins à vent en 1844, et des moulins à vapeur apparurent à partir de 1859,. Le meunier Hubert Leroy reconstruisit le Moulin d'en Haut en pierre et en briques en 1845 ; racheté en 1895 par Jean-Baptiste Velghe, le moulin cessa de moudre en juin 1932,.
Une herboristerie, tenue par la famille Choquet depuis un bail de 1819, faisait sécher dans une touraille des plantes médicinales cultivées ou cueillies dans les environs ; la touraille cessa de fonctionner en 1937,.
Au XVIIIe siècle, les petits fermiers tricotaient l'hiver à l'aiguille des bas pour des manufacturiers de Leuze et de Péruwelz ; des marchands de bas sont cités dès 1721 et des peigneurs de laine en 1724 et 1727. En 1757, l'impératrice Marie-Thérèse autorisa l'exploitation d'une fabrique de bas à Quevaucamps.
Au XIXe siècle, le colportage occupait une part importante de la population. Le relevé des naissances de 1830 montre de nombreux pères colporteurs, à côté des journaliers et des cultivateurs. Plus de 130 marchands vendaient alors dans tout le pays les lainages produits par deux fabriques de bas et de tricots de laine et cinq fabriques de serge. En 1853, les colporteurs et les grossistes fondèrent une société de secours mutuels, les « Marchands Réunis », qui plaça son capital en obligations à lots. En 1875, une obligation de la ville de Liège sortit au tirage pour 60 000 francs, et chacun des 55 membres reçut 900 francs,. Selon René Dulieu, ce capital permit à plusieurs d'entre eux de s'établir comme fabricants au moment où les machines circulaires remplaçaient les métiers à bras, appelés « balotils ».
En 1866, Zacharie Bachy mit en marche au Pâturage un atelier de balotils mû à la vapeur, première grande bonneterie mécanique du village. On comptait neuf fabriques en 1878 ; vers 1880, les firmes Leclercq, Bachy, Delbrouck, Housez et Trivier-Gosselin employaient une main-d'œuvre surtout féminine. En 1910, les cinq principales entreprises occupaient 700 à 800 personnes. Selon Bernard Duhant, le passage de l'agriculture à la bonneterie, dans la seconde moitié du XIXe siècle, fit croître la population et le nombre d'élèves.
La ligne d'Ath à Blaton, dont les gares de Stambruges et de Grandglise ouvrirent en 1876, laissa Quevaucamps à l'écart ; les bonneteries faisaient conduire leurs tricots en brouette jusqu'à ces gares. Sous l'impulsion du bourgmestre Florimond Duchateau, la commune demanda en 1881 un raccordement à la gare de Blaton, et la Chambre vota un crédit de 150 000 francs le 12 juin 1894. Un premier tronçon fut ouvert aux voyageurs le 20 mai 1895. L'emplacement de la gare suscita une longue querelle entre les habitants de la Grand-Place et ceux du Pâturage, et le ministre trancha pour un site à mi-chemin, au lieu-dit le Noquet,. La ligne 79 Blaton-Quevaucamps, une voie unique de 4 kilomètres, fut ouverte aux marchandises le 15 juillet 1898,,.
Un nouveau quartier se forma autour de la gare, où s'installèrent sept bonneteries. En 1913, douze trains circulaient chaque jour dans chaque sens ; ils emmenaient des mineurs vers le Borinage et amenaient des ouvrières de bonneterie des villages voisins. Le prolongement de la ligne échoua devant l'opposition du bourgmestre et des cultivateurs d'Ellignies-Sainte-Anne. Supprimé par l'occupant pendant la Première Guerre mondiale et rétabli en 1920, le service souffrit ensuite de la concurrence de la route ; la station fut ramenée au rang de halte le . En 1942, l'occupant fit démonter la voie, qui ne fut jamais rétablie,. La commune racheta l'assiette de la ligne en 1951, puis la gare et ses dépendances en 1970. Le village était également desservi par le tramway vicinal, qui y avait un dépôt,.
Pendant l'occupation, l'école communale fut réquisitionnée et transformée en hôpital de campagne ; les élèves suivaient les cours chez le maître. Le ravitaillement était rationné : en 1916, la carte d'un ménage de quatre personnes donnait droit à 12 kilogrammes de pommes de terre par mois. L'occupant installa dans les ateliers de la bonneterie Delbrouck un camp de prisonniers de guerre russes astreints au travail forcé. La bonneterie fut freinée par le manque de matières premières et par la réquisition des locaux. Après le départ des troupes allemandes, en 1918, un régiment d'artillerie britannique installa ses munitions au dépôt du tramway.
La bonneterie reprit après 1918 avec des machines venues de France, d'Angleterre et d'Allemagne ; on comptait seize usines en 1921. Pour former la main-d'œuvre, la province de Hainaut avait ouvert en 1913 une école de bonneterie, installée en 1923 dans de nouveaux bâtiments près de la gare, (voir section Enseignement). Des analyses menées à partir de 1930 ne trouvèrent que deux puits sur soixante propres à la consommation ; la distribution d'eau fut installée en 1934,. Au Pâturage, une chapelle dédiée à saint Joseph fut inaugurée le 13 avril 1936.
Lors de l'invasion de mai 1940, une grande partie des habitants prit la route de l'exode : le 20 mai, 1 338 personnes restaient au village, sur une population de 2 912. En avril 1941, l'occupant supprima le conseil communal ; seuls le bourgmestre et les échevins restèrent en fonction. Un ancien four à chaux fut remis en activité en septembre 1941. En janvier 1942, la plupart des fabricants livrèrent d'importantes quantités de bonneterie à l'armée allemande ; en 1943, la réquisition des stocks de laine et de coton arrêta la production,. En octobre 1942, une famille juive quitta la commune sans laisser d'adresse, et une autre fut emmenée par l'occupant,.
Le Moulin d'en Haut, désaffecté, devint en 1943 un poste d'observation allemand dépendant de l'aérodrome de Chièvres : sa toiture fut remplacée par une coupole vitrée, démontée en juin 1944,,. Le chef du poste fut abattu en août 1944,, et les soldats quittèrent le moulin le . Trois mouvements de résistance étaient actifs en 1944 : les Partisans armés, le Front de l'indépendance et le Groupe G. Le 14 août 1944, des résistants enlevèrent à la maison communale plusieurs milliers de timbres de ravitaillement,.
Le 3 septembre 1944, à l'approche des Alliés, les résistants enfermèrent dans l'école des garçons 57 prisonniers allemands, ainsi que des personnes soupçonnées de collaboration. Le lendemain, une colonne de plusieurs centaines de soldats des 9e et 10e divisions blindées SS, en retraite, entra dans le village par Stambruges. Après un accrochage avec des partisans, les soldats exécutèrent deux résistants qui s'étaient rendus, tuèrent des habitants et emmenèrent des otages, abattus près du carrefour du Chien Vert, au Pâturage,,. La journée fit dix-neuf morts belges : deux partisans armés, neuf civils et huit personnes arrêtées auparavant par la résistance comme suspectes de collaboration,. Les archives paroissiales et communales ne mentionnent pas ces événements, et le rôle de chacun fit ensuite l'objet de controverses,. Une plaque commémorative a été inaugurée le 4 septembre 2019 sur l'ancienne maison communale.
La bonneterie retrouva son activité après la guerre : en 1947, 41 fabriques employaient 1 256 personnes, et Fernande Dulieu situe l'apogée en 1953, avec 54 firmes et plus de 1 500 emplois,. Le déclin commença en 1958 ; il restait 27 bonneteries et 641 emplois en 1973, et une seule entreprise, de moins de huit personnes, en 2004.
En 1963 et 1964, la commune, dont le bourgmestre était Jean Degouys, conclut un jumelage avec Schotten (Allemagne) et Crosne (France),. Le kiosque de la Grand-Place fut démoli en 1965. L'ASPB, fondée à Quevaucamps en 1979, a installé dans l'ancienne gare un musée de la Bonneterie et du Négoce de la Toile, inauguré le ,.
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Les bourgmestres suivants sont attestés ; la liste n'est pas complète et les dates indiquées sont celles que donnent les sources.
| Période attestée | Nom | Remarques |
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| jusqu'en 1835 | Maximilien-Joseph Capette | se retire pour raison de santé en mai 1835 |
| 1835-1847 au moins | Charles-Louis Trivier | fait fonction en 1835, nommé en 1836 ; en fonction en 1847 |
| 1870 | Léopold Delcourt | notaire, nommé par arrêté royal du |
| 1879-1916 | Florimond Duchateau | maître de carrières ; fait fonction de 1879 à 1882, bourgmestre de 1882 à sa mort, |
| 1916-1920 | Frédéric Duhant | fabricant de bonneterie, libéral ; premier échevin, il fait fonction de bourgmestre après la mort de Florimond Duchateau en 1916, puis est nommé par arrêté royal du ; il démissionne le pour protester contre la nomination du secrétaire communal |
| 1920-1921 | Louis Laurent (faisant fonction) | brasseur, échevin, libéral ; remplit les fonctions de bourgmestre après le retrait de Frédéric Duhant |
| 1921-1931 | Émile Picron | voyageur de commerce puis négociant, socialiste ; nommé par arrêté royal du après des élections qui donnent la majorité aux socialistes, renommé par arrêté royal du ; sa démission, motivée par sa santé et, selon le gouverneur, par des dissensions dans la majorité, est acceptée par arrêté royal du |
| 1931-1935 | Hyppolite Laurent | fabricant de bonneterie, socialiste ; premier échevin, il fait fonction de bourgmestre à partir de la démission d'Émile Picron et est nommé par arrêté royal du ; mort en fonction le , |
| 1935-1944 | Arthur Hioco | cultivateur, élu sur la liste socialiste ; nommé par arrêté royal du ; sa démission est acceptée par arrêté du Régent du , après des manifestations liées au ravitaillement |
| 1945-1946 | Maximilien-François Canon | fabricant de sabots, élu en 1938 sur la liste socialiste, premier échevin ; nommé par arrêté du Régent du |
| 1947-1964 au moins | Jean Degouys | fabricant de bonneterie, libéral ; nommé par arrêté du Régent du après les élections du 24 novembre 1946, remportées par les libéraux ; en fonction en 1955 et lors du jumelage de 1963-1964 |
La fanfare « La Renaissance » a été fondée le . Le kiosque de la Grand-Place servait aux ducasses de la Saint-Jean et de la Saint-Remy ; la ducasse de la Saint-Remy (« Sé R'my ») était la principale fête du village, et sa date marquait autrefois l'échéance des baux ruraux. Le quartier du Pâturage a sa propre ducasse, le jour de l'Ascension.
Le village possède deux géants, créés en 1979 : Bubule, de la société « Le Gai Pâturage », et Lariguette, de la société « Les Bons Vivants ». Le jeu de crosse en rue du mercredi des Cendres (« crochage ») y est pratiqué. La « Nuit des Lum'rottes », défilé de betteraves évidées et éclairées, a été relancée en 1999 à partir d'une tradition locale ; sa première édition a eu lieu en 2000.
La première salle de cinéma mentionnée à Quevaucamps, le Ciné-Royal, date de 1920. Le cinéma Excelsior ouvrit le rue de la Gare (actuelle rue Paul Pastur), et l'Eldorado le sur la chaussée Brunehaut ; ce dernier ferma à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un troisième cinéma, le Tivoli, fonctionna de 1948 à la fin des années 1950. L'Excelsior ferma le ,,,.
La première mention d'un maître d'école date de 1728. À la fin du XVIIIe siècle, le clerc de la communauté faisait la classe aux garçons et aux filles et tenait un registre d'école. En 1831, le village comptait deux écoles, l'une dans la maison communale sur la Grand-Place, l'autre au Pâturage. L'école communale fut créée en 1838 dans la maison communale ; garçons et filles furent séparés en 1844, et l'on dénombrait l'année suivante, outre l'école communale et une école adoptée, six écoles privées. En 1871, la commune acheta un terrain entre la place et le Pâturage pour y bâtir une nouvelle école, la future école du Centre ; les garçons en occupèrent les locaux dès le début de 1874,. En 1888, le curé Camille Aubry fit construire au Pâturage une école confessionnelle, la Maison du Sacré-Cœur, tenue par des religieuses franciscaines,. En 1892, le conseil communal décida de bâtir au Pâturage une école primaire de filles et une école gardienne. À la fin du XIXe siècle, le village comptait ainsi trois groupes scolaires : l'école des filles sur la Grand-Place, l'école des garçons au Centre et l'école du Pâturage.
En 1988, l'ancienne école communale de la rue Joseph Wauters abritait la section préparatoire du Lycée d'État. L'école fondamentale autonome de la Fédération Wallonie-Bruxelles porte depuis 2021 le nom de Bernard Duhant, qui y fut instituteur de 1958 à 1998.
À la demande du conseil communal, un arrêté royal du créa à Quevaucamps une école moyenne de l'État pour garçons ; faute de bâtiment et de ressources pour payer le personnel, la commune ne put la mettre en place,. Une école moyenne, comprenant une section familiale, ouvrit plus tard, vers 1960 d'après René Dulieu ; au début des années 1980, l'École moyenne de Quevaucamps publiait un bulletin, L'Écho des Rosuelles.
En 1911, la province de Hainaut, sous la présidence de Paul Pastur, décide de créer les Écoles provinciales des textiles et de bonneterie du Tournaisis, avec des implantations à Tournai, Leuze et Quevaucamps. L'école de Quevaucamps fonctionne à partir de janvier 1913. Elle propose des cours du soir, sur des machines prêtées par les bonnetiers du village. Un nouveau bâtiment est inauguré en 1924.
En 1954, l'école devient l'« École féminine de jour A3 », consacrée à la confection selon une méthode venue de Troyes. Le déclin de la bonneterie à partir de 1957-1958 réduit ses effectifs. Elle devient ensuite l'École technique et professionnelle féminine, puis l'Institut provincial d'enseignement technique, transféré à Leuze-en-Hainaut en 1994.
L'économie du village a longtemps reposé sur l'agriculture, les carrières et les fours à chaux, l'herboristerie et surtout la bonneterie (voir la section Histoire). La bonneterie a décliné à partir de 1958 ; en 2004, il ne restait qu'une seule entreprise, de moins de huit personnes.