| Causes | Shigelle, Shigella flexneri, Shigella boydii (en), Shigella sonnei ou Shigella dysenteriae |
|---|---|
| Transmission | Contamination féco-orale |
| Incubation min | 2 h |
| Incubation max | 4 j |
| Symptômes | Fièvre, frissonnement, douleur abdominale, diarrhée, sensation d'évacuation incomplète des selles (en) et hématochézie |
| Médicament | Ciprofloxacine, azithromycine, quinolone, macrolide, ceftriaxone, probiotique et drotaverine (en) |
|---|---|
| Spécialité | Infectiologie |
| CISP-2 | D70 |
|---|---|
| DiseasesDB | 12005 |
| MedlinePlus | 000295 |
| eMedicine | 182767 |
| Patient UK | Bacillary-dysentery |
La shigellose ou dysenterie bacillaire est une maladie infectieuse d'origine bactérienne. Elle est causée par l'un des divers types de la bactérie Shigella. La shigellose est caractérisée par une gastro-entérite aiguë, dont les selles sont habituellement accompagnées de sang et de mucus, causés par des abcès des parois intestinales, provoqués par l'envahissement de ces bactéries.
La shigellose est une maladie endémique des zones tropicales d'Afrique, d'Amérique centrale et d'Asie du Sud-Est. Elle est également retrouvée dans les pays industrialisés, et parmi les voyageurs des zones endémiques.
160 millions de cas sont recensés chaque année. 200 000 personnes meurent de la shigellose chaque année dans le monde. Parmi elles, 65 000 sont des enfants de moins de 5 ans.
En , la UK Health Security Agency (en) alerte sur une augmentation du nombre de cas de Shigellose, particulièrement chez les populations homosexuelles et bisexuelles masculines. D'après l'agence, cette recrudescence est corrélée à l'apparition de souches résistantes aux antibiotiques.
L’archipel du Cap-Vert a connu deux épidémies successives de shigellose, la première identifiée fin 2022, la seconde à l’automne 2025. Entre octobre et , l’Agence britannique de sécurité sanitaire enregistre 137 cas, dont 80 % étaient récemment revenus du Cap-Vert.
La transmission, souvent directe, est féco-orale et interhumaine. La manque d'hygiène favorise la transmission. La transmission existe également via les rapports sexuels anaux.
Incubation de 2-5 jours.
La shigellose se manifeste par des symptômes variés. Sa forme atténuée se caractérise par de la fièvre, de crampes abdominales, de nausées, vomissements, puis diarrhées aqueuses.
Elle peut être suivie d'un syndrome dysentérique.
Des complications sont possibles.
Le diagnostic de la shigellose repose sur l'isolement du germe à partir de cultures d'échantillons de selles diarrhéiques. Les espèces de Shigella sont négatives pour la motilité et ne fermentent généralement pas le lactose, à l’exception de Shigella sonnei. Elles ne produisent généralement pas de gaz à partir des glucides (à l'exception de certaines souches de Shigella flexneri) et se révèlent, dans l'ensemble, biochimiquement inertes. Les Shigella sont également négatives pour l'hydrolyse de l'urée. Lors des inoculations en milieu TSI (Triple Sugar Iron), elles présentent le profil suivant : K/A, gaz négatif et H2S négatif. Les résultats du test à l'indole sont variables (positifs ou négatifs), sauf pour Shigella sonnei, qui est toujours indole-négatif. Sur gélose Hektoen, la culture produit des colonies bleu-vert pour Shigella sonnei, et des colonies bleu-vert à centre noir pour Salmonella.
L'antibiothérapie dépend de la souche bactérienne de Shigelle, sachant que les souches varient selon la géographie et que plusieurs souches ont développé des antibiorésistances. La ciprofloxacine constitue l'antibiotique de référence.
Chez les adultes, la dysenterie causée par les bactéries guérit d'habitude spontanément. Chez les enfants et d'autres groupes vulnérables, des antibiotiques sont nécessaires. Mais au cours des dernières années, Shigella dysenteriae de type 1 (Sd1) est devenue de plus en plus résistante aux médicaments. Chez les personnes qui se sont déshydratées à la suite de la maladie, il faut reconstituer les liquides organiques aussi vite que possible. On peut pour cela utiliser des sels de réhydratation oraux ou de liquides intraveineux.
Le traitement par phagothérapie fait l'objet de nombreuses recherches dans les pays occidentaux,,. En France, où la phagothérapie a été découverte dans le cadre du traitement de la dysenterie pendant la Première Guerre mondiale, la phagothérapie n'est plus utilisée depuis 2019 que sous le statut de préparations magistrales, après avoir bénéficié d'autorisations temporaires d'utilisation.
L'hygiène est le principal moyen de prévention. Il faut se laver les mains avec du savon, ne boire que de l’eau potable de source salubre (traitée ou bouillie), bien respecter les consignes de gestion des déchets humains, préparer et manipuler les aliments de manière sécurisée en les faisant cuire, ou bien laver,, et bien les conserver à l’abri des insectes. D’autre part, les personnes infectées ne doivent pas préparer la nourriture pour les autres, les toilettes doivent être désinfectées après leur passage avant toute nouvelle utilisation, et ces personnes doivent éviter de nager.
Un vaccin tétravalent contre la shigellose est en cours de développement par Limma Tech et Valneva SE (phase 2 engagée en 2024). Ce candidat vaccin, dénommé S4V, cible les souches de Shigella flexneri 2a, 3a, 6 et Shigella sonnei.