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Le Monde (depuis ) Cambodge Soir ( - |
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La Cellule (2021) |
Soren Seelow, né le , est un journaliste français. Membre de la rédaction du Monde depuis 2008, il y est spécialisé dans les questions de terrorisme, les faits divers et les procès,. Il est aussi le coscénariste de la bande dessinée documentaire La Cellule (2021), consacrée à la cellule terroriste à l'origine des attentats du 13 novembre 2015, qui a reçu en 2022 le prix France Info de la BD d'actualité et de reportage.
Soren Seelow est diplômé de la promotion 2002 du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, comme Delphine Saubaber et François Ruffin,. Il commence sa carrière par un bref passage au service politique du Monde.
Il rejoint ensuite la rédaction de Cambodge Soir, journal francophone de Phnom Penh. Pendant cinq ans, il y suit la vie politique locale, la mise en place du procès des Khmers rouges et, plus largement, le développement rapide du pays.
En juin 2007, Soren Seelow publie un article détaillé sur un rapport de l'organisation environnementaliste Global Witness. Ce rapport met en cause des proches du Premier ministre Hun Sen dans un trafic de bois. Selon Reporters sans frontières, cette publication provoque la colère de l'un des actionnaires du journal, Philippe Monin, également conseiller du ministère cambodgien de l'Agriculture (en), et de la directrice du titre. Ils convoquent le journaliste le pour lui signifier son licenciement. La rédaction se met en grève le lendemain. Le , les propriétaires annoncent la liquidation du journal et de sa société éditrice. Dans un communiqué du 13 juin, la rédaction dénonce le licenciement sans préavis de Soren Seelow, des interventions sur la ligne éditoriale et le manque de perspectives du titre. Reporters sans frontières qualifie le licenciement d'« abusif (en)» et interpelle le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, pour qu'il intervienne. Une nouvelle rédaction annonce par la suite la reparution du journal à partir du .
Soren Seelow rentre en France en 2007 pour intégrer la rédaction du site LeMonde.fr.
Il réalise le webdocumentaire Le Corps incarcéré, produit par LeMonde.fr. Le projet naît, explique-t-il, d'une volonté de témoigner de l'état des prisons françaises et de leur inadaptation à la réinsertion. Il aborde le sujet par le corps des détenus, qui permet selon lui un témoignage intime et sans commentaire militant. Quatre anciens détenus y racontent leur corps au fil de l'incarcération. Il décrit un travail d'enquête et de rencontres de trois mois. Le webdocumentaire a été suivi de deux autres productions du Monde.fr prenant également le corps pour point de départ : Le Corps handicapé et Le Corps retrouvé.
Soren Seelow suit pendant plusieurs années les enquêtes et les faits divers pour Le Monde. En 2015, il travaille sur l'attentat contre Charlie Hebdo, sur les départs de jeunes Français vers la Syrie et sur les attentats du 13 novembre, ce qui l'amène à se spécialiser dans le terrorisme.
En , il publie dans LeMonde.fr un article sur la cellule de Verviers, présentée comme la « cellule souche » des attentats de Paris et de Bruxelles.
Il couvre aussi les grands procès liés au terrorisme. Il est présent au procès du 13 novembre 2015 dès son ouverture le . Il y décrit des mois d'audience très éprouvants sur le plan humain, avec des dizaines de témoignages de victimes, et estime que les accusés n'apportent pas de réponses sur les questions restées ouvertes, comme l'existence éventuelle d'autres projets d'attentat.
À la fin de l'année 2024, il rend compte du procès de l'assassinat de Samuel Paty, dont il commente le réquisitoire. Deux de ses articles publiés les 21 et 26 décembre 2024 analysent le verdict,. Il y écrit que celui-ci établit « établit un continuum entre les mots et le meurtre », analyse que Livres Hebdo juge « remarquable » tout en y voyant une possible « altération des principes du droit démocratique ». En , il suit le procès de l'attentat du 25 septembre 2020 devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, décrivant un « terrorisme “culturel” » et « les remords » de l'auteur de l'attaque,.
En 2026, ses articles recensés par l'agence Muck Rack (en) portent notamment sur le procès de Sabri Essid pour le génocide des Yézidis (), sur la demande de renvoi pour « meurtre » de l'automobiliste ayant renversé le cycliste Paul Varry à Paris () et sur le nouveau procès d'Émilie Khiari, ancienne membre de l'État islamique (mai 2026). En octobre 2026, il cosigne des articles du Monde sur l'attentat raciste de Trappes, avec Jérémie Pham-Lê (d)
et Lorraine de Foucher, et signe un article sur la mise en examen de l'homme suspecté d'avoir déclenché l'incendie de la mairie de Limoges lors de la mobilisation du 17 octobre.
Soren Seelow indique avoir voulu, dès 2018, rendre accessible l'histoire des attentats du 13 novembre et de l'enquête qui les avait précédés. Ces éléments restaient selon lui mal connus du public, alors que l'instruction durait depuis trois ans. Il choisit la bande dessinée pour toucher aussi des lecteurs peu intéressés par le terrorisme, et conçoit l'ouvrage comme un manuel pour suivre le procès à venir.
L'album est publié le aux Éditions Les Arènes (collection Les Arènes BD), deux semaines avant l'ouverture du procès. Il est présenté sur son compte Twitter comme « le fruit de 2 ans de travail » avec Kévin Jackson, directeur d'études au Centre d'analyse du terrorisme (CAT), et le dessinateur Nicolas Otéro.
L'album retrace la traque d'Abdelhamid Abaaoud, présenté comme l'un des responsables de la cellule, à travers le regard d'un agent fictif du renseignement. Il s'appuie sur des dossiers judiciaires, des notes déclassifiées, des entretiens et des écoutes téléphoniques. Soren Seelow a écrit le scénario case par case et dialogue par dialogue pendant six mois, le soir et le week-end, pour environ 800 pages, avant de le réduire au fil de l'avancement de l'enquête. Le dossier d'instruction principal compte environ un million de pages réparties en 52 tomes. Le personnage de « Charles », enquêteur représentant à la fois la DGSI et la DGSE, est le seul personnage inventé. Le récit s'ouvre et se termine avec Bilal Chatra, qui a servi d'éclaireur sur la route des Balkans pour Abdelhamid Abaaoud et Ayoub El-Khazzani (auteur de la tentative d'attentat du Thalys en août 2015). Par respect de la présomption d'innocence, plusieurs protagonistes n'ont pas été représentés, et les dialogues imaginés ne devaient pas aggraver les charges retenues contre quiconque.
Selon Actu-Juridique, l'album s'est vendu à 50 000 exemplaires en moins d'un an. Soren Seelow rapporte que des avocats lui ont dit, au début du procès, que la bande dessinée leur avait servi de guide pour comprendre les faits. L'ouvrage figure en décembre 2021 parmi les onze titres de la sélection du prix France Info de la BD d'actualité et de reportage 2022 et remporte ce prix le mois suivant.