| Début habituel | Enfance |
|---|---|
| Types |
1) Dominante inattentive, 2) Dominante hyperactive/impulsive (physique et/ou mentale), 3) TDAH combiné (ou mixte) |
| Symptômes | Inattention, impulsivité, hyperactivité (physique et/ou mentale) |
| Diagnostic | Bilan neuropsychologique, consultation psychiatrique ou neuropédiatrique |
|---|---|
| Traitement | Conseil, TCC, modification du mode de vie, médicaments |
| Médicament | Psychostimulants, antidépresseurs, variable selon les pays |
| Spécialité | Psychiatrie, pédopsychiatrie et pédiatrie |
| Fréquence | Environ 5 % |
|---|
| CISP-2 | P81 |
|---|---|
| CIM-10 | F90 |
| CIM-9 | 314.00, 314.01 |
| OMIM | 143465 |
| DiseasesDB | 6158 |
| MedlinePlus | 001551 |
| eMedicine |
289350 ped/177 |
| MeSH | D001289 |
| Patient UK | Attention-deficit-hyperactivity-disorder-pro |
Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, ou trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, (TDAHⓘ ; en anglais : attention deficit hyperactivity disorder, ADHD) désigne l'incapacité du cortex préfrontal à maintenir de manière autonome un niveau d’activation suffisant pour contrôler l’attention, l’inhibition et l’action, en raison d’une dysrégulation dopaminergique et noradrénergique dans les circuits fronto-striataux,.
Ce trouble du neurodéveloppement provoque, de ce fait, trois types de symptômes pouvant se manifester seuls ou combinés : des difficultés d'attention et de contrôle attentionnel, des symptômes d'hyperactivité, et d'hyperkinésie. Des problèmes de gestion de l'impulsivité peuvent également survenir. En français, les initiales de ce trouble sont « TDAH », le sigle « TDA » — sans le « H » — étant de moins en moins utilisé, puisque dans tous les cas, il y a une hyperactivité mentale (et souvent une impulsivité).
Le TDAH est un trouble marqué par des symptômes d'inattention, d'hyperactivité et d'impulsivité. La part génétique dans la survenue de ce trouble du neurodéveloppement est prépondérante (75 %) avec une héritabilité très marquée. Le consensus majoritaire le relie à un ensemble de gènes impliqués dans la régulation de la dopamine et de la noradrénaline au niveau de la voie neuronale connectant le lobe frontal au striatum,. Les facteurs environnementaux seraient minoritaires dans sa survenue.
Les symptômes débutent durant l'enfance,,,. Les symptômes sont moins standard qu'à un âge plus avancé, mais restent facilement identifiables. L'enfant atteint de TDAH connaît alors une maturation du cerveau atypique avec un délai de maturation plus important dans la majorité des zones cérébrales. À l'âge adulte, les différences de volume des aires du cerveau concernées ne sont plus significativement perceptibles par l'imagerie médicale, pourtant, les symptômes persistent dans une proportion variable selon les critères utilisés. La fréquence du TDAH dans la population serait d'environ 2,5 % chez les adultes et 5 % pour les enfants, et spécifiquement en France selon la HAS, 3,5 % à 5,6 % des enfants en seraient atteints. Bien que[à vérifier] la détection du trouble soit plus complexe chez les filles et les femmes de par les symptômes généralement de type inattentif, plus difficiles à détecter, que les symptômes de type hyperactif/impulsif, plus souvent présentés par les garçons et les hommes, le TDAH se retrouve plus souvent chez les sujets masculins, dans une proportion de deux garçons atteints pour une fille, et 1,6 homme pour 1 femme.
Le TDAH a en partie été décrit cliniquement dès la fin du XVIIIe siècle. Il a reçu par la suite différentes appellations. Ainsi, en 1968, lors de la publication du DSM-II, le syndrome est qualifié de « réaction hyperkinétique de l'enfance » et ne concerne alors que l'enfant. Les années 1960 marquent également une grande avancée dans sa prise en charge avec l'utilisation du méthylphénidate comme traitement efficace. Depuis, sa description a été complétée, avec l'apparition pour la première fois dans le DSM-V de la description des symptômes à l'âge adulte, et les prises en charge sont de mieux en mieux décrites par les organismes de santé des États. En France, le trouble est aujourd'hui reconnu lorsque ses symptômes se manifestent de manière persistante, sur six mois ou plus, et de manière suffisamment importante pour poser un obstacle développemental ou perturber l'insertion sociale ou encore le travail scolaire. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux 5e édition révisée (DSM-5) indique que le TDAH peut être comorbide à de multiples autres troubles, comme le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) ou le trouble explosif intermittent (TEI) ainsi que de multiples troubles spécifiques des apprentissages, des troubles du sommeil, des troubles anxieux, des troubles de l'humeur.
La Haute Autorité de santé en France, comme la Société canadienne de pédiatrie, conseillent pour le traitement du TDAH chez les enfants de privilégier en premier lieu la prise en charge des symptômes via des thérapies non médicamenteuses, pour essayer d'en réduire l'effet sur la vie quotidienne. Il est ainsi recommandé de privilégier un encadrement psychologique ou neuropsychologique ; les instructions ne portant que sur la prise en charge des enfants, le discours est orienté sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les aménagements éducatifs et le soutien à l'enfant et aux parents. En second lieu seulement le traitement médicamenteux est envisagé,,. Les médicaments utilisés pour traiter le TDAH incluent des psychostimulants comme le méthylphénidate (MPH) — qui est la seule molécule commercialisée en France, uniquement délivrée sous ordonnance hospitalière avant 2021, et qui depuis 2021, peut être prescrite initialement par n'importe quel neurologue, psychiatre, ou pédiatre de ville —, la lisdexamfétamine, ou encore l'adderall, ou peuvent être des médicaments non stimulants dont l'effet est moins immédiat, comme l'atomoxétine et la guanfacine, ou encore certains types d'antidépresseurs, notamment des antidépresseurs tricycliques.
En dépit du progrès scientifique qui a permis d'améliorer sa compréhension, son diagnostic et sa prise en charge, le TDAH continue de faire l'objet de nombreuses controverses, sur le mauvais usage des médicaments prescrits, le surdiagnostic chez les enfants et notamment les garçons, le sous-diagnostic chez les adultes et les filles et femmes, les différences de prévalence, l'existence et la prévalence de sa persistance à l'âge adulte, ou encore l'existence même du trouble s'appuyant sur des théories du complot accusant les laboratoires pharmaceutiques,.
Les historiens de la psychiatrie font remonter les premières descriptions cliniques à 1798, lorsqu'Alexander Crichton décrit « un état morbide [caractérisé par une] incapacité à porter attention avec un degré de constance suffisante à un objet donné » dans un des rares ouvrages publiés à l'époque sur les maladies mentales. C'est dans un chapitre sur l'attention et les maladies du livre second qu'il décrit ce qu'est l'attention, et procède par la suite à la description du phénomène d'« inattention morbide » dû à une « sensibilité anormale des nerfs ».

La première description de l'hyperactivité est parfois attribuée à Heinrich Hoffmann, un psychiatre et écrivain allemand, qui utilise le personnage de Zappel-Philipp (« Philipp qui gigote », 1844) dans l'un de ses contes illustrés pour enfants ; c'est l'histoire d'un enfant perpétuellement agité qui, sur fond de réprimandes de ses parents, finit par tomber à la renverse et emporter avec lui la nappe et tout le dîner,. Un autre conte, ajouté au même recueil (« Struwwelpeter » en 1847) et intitulé « Die Geschichte von Hans Guck-in-die-Luft » (« L'histoire de Hans-tête-en-l'air »), a aussi été associé par plusieurs auteurs à des symptômes d'inattention propres au TDAH, ce qui fait moins consensus, des chercheurs en littérature d'enfance estimant qu'il s'agit d'une histoire à morale classique de l'époque. Ces auteurs s'accordent sur le fait qu'au moins une histoire, celle de Zappel-Philipp, serait la première description du TDAH chez l'enfant, mais cela ne fait pas consensus ; par exemple E. Seidler y voit plutôt le récit d'un conflit intrafamilial classique entre un père et son fils turbulent.
Des descriptions de plus en plus précises et en termes médicaux sont faites à la fin du XIXe siècle et à l'orée du XXe siècle. Victor Bigot introduit en 1877 le terme d'instable : « l'instable ne déraisonne pas; ses actes seuls sont souvent déraisonnables » ; il en fait « le premier degré des anomalies inférieures » où « l'intelligence n'est pas amoindrie comme dans la demi-imbécilité ». Désiré-Magloire Bourneville, un neurologue français, précise en 1887 la notion d’« instabilité mentale » et décrit en 1897 le cas d'enfants instables dont le comportement s'apparente clairement au trouble de déficit d'attention avec hyperactivité, qui pour lui s'apparente à une forme de handicap mental.
Emil Kraepelin en 1898, Jean Demoor (ru) en 1901, puis George Frederic Still (en) décrivent des tempéraments instables et versatiles, des troubles de l'activité et un manque de discipline. George Still détaille en 1902, dans une conférence qu'il fait plus tard publier dans The Lancet, le cas d'enfants qui, bien que n'ayant pas de déficit intellectuel, présentent ce qu'il appelle un « défaut du contrôle moral », termes par lesquels il désigne dans son cours l'incapacité à contrôler son comportement. Il note aussi la disproportion entre garçons et filles puisque sur les vingt cas d'enfants étudiés, quinze sont des garçons et cinq des filles. Il sépare les symptômes en trois catégories : la relation cognitive à l'environnement, la conscience morale, et le libre-arbitre. Il s'agit de la première description du trouble dans une publication scientifique.
Ce tableau nosologique est repris dans le monde francophone par Bourneville et complété par les études de Georges Paul-Boncour (1866-1960) et de Jean Philippe, qui s'intéressent notamment aux effets de cette instabilité mentale sur les performances scolaires. À partir des années 1960, le TDAH apparaît dans les classifications internationales des troubles psychologiques,.
La classification internationale des maladies (CIM-10) définit les troubles hyperkinétiques (code F90) comme des « troubles caractérisés par un début précoce (habituellement au cours des cinq premières années de la vie), un manque de persévérance dans les activités qui exigent une participation cognitive et une tendance à passer d'une activité à l'autre sans en finir aucune, associés à une activité globale désorganisée, incoordonnée et excessive ».
Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), le trouble déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH) se caractérise par deux séries de manifestations : le déficit de l’attention d’un côté et l’hyperactivité-impulsivité de l’autre,. Des médecins utilisent parfois des symptômes supplémentaires pour les diagnostics chez des adultes.
Selon la classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent (CFTMEA), le trouble de l'attention sans hyperkinésie (code 6.13), classé parmi les troubles cognitifs et des acquisitions scolaires, dans le chapitre trouble du développement et des fonctions instrumentales, et l’hyperkinésie avec troubles de l'attention (code 7.00), classée parmi les troubles des conduites et des comportements, est caractérisée « sur le versant psychique ; [par] des difficultés à fixer l'attention, un manque de constance dans les activités qui exigent une participation cognitive, une tendance à une activité désorganisée, non coordonnée et excessive, et un certain degré d'impulsivité ; sur le plan moteur : [par] une hyperactivité ou une agitation motrice incessante ».
Le TDAH se divise en deux types cumulables : l'inattention et l'hyperactivité-impulsivité. L'inattention se manifeste par la distractibilité, la difficulté à soutenir son attention, à s'organiser ou à persévérer dans l'effort. L'hyperactivité correspond à une activité motrice excessive ou une activité ou agitation intense et s'accompagne de comportements impulsifs, incluant le fait d'imposer sa présence en coupant la parole, la prise de décision sans prendre en compte les conséquences, et un besoin de gratification immédiate.
Les adultes ayant un trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité alternent souvent entre deux de ces types, avec des cycles courts (quelques heures ou jours).
Lorsqu'il y a assez de critères présents chez un sujet pour chacun des deux sous-types de TDAH, la personne a un TDAH de type combiné.
Le trouble oppositionnel avec provocation peut pousser à refuser de faire un travail demandé, ce qui peut être confondu avec l'évitement des activités exigeantes sur le plan cognitif pour des raisons liées au TDAH, comme la difficulté à tenir un effort mental, l'oubli des instructions et l'impulsivité. Certaines personnes atteintes de TDAH développent des attitudes d'opposition pour justifier leurs échecs, ce qui complique le diagnostic différentiel. Le trouble explosif intermittent est rare pendant l'enfance et ne s'accompagne pas de difficultés de concentration. Il peut être confondu avec l'impulsivité du TDAH, qui est cependant peu liée à des agressions sur d'autres personnes. Il est tout à fait possible de souffrir des deux troubles à la fois.
Les enfants ayant un trouble d'apprentissage peuvent sembler inattentifs en raison de leur frustration ou de leur manque d'intérêt affiché. Le diagnostic différentiel s'appuie alors sur l'observation d'un comportement inattentif en dehors du cadre scolaire. Les symptômes d'inattention et d'hyperactivité se retrouvent aussi souvent chez des enfants atteints d'un handicap intellectuel scolarisés dans un milieu inadapté ; chez les personnes souffrant d'un handicap mental, le diagnostic de TDAH se fait sur les critères correspondant à leur âge mental.
Les personnes ayant un trouble du spectre de l'autisme présentent, comme celles atteintes de TDAH, des comportements d'inattention et des conduites difficiles à gérer, ainsi que des dysfonctionnements sociaux menant à un rejet par les pairs. La cause des crises de colère est souvent l'élément différentiel privilégié : les enfants autistes peuvent être incapables de tolérer un changement du déroulement des événements, tandis que les enfants TDAH souffriront plus d'une période de transition importante qui leur demande un fort autocontrôle. Les enfants avec un trouble réactionnel de l'attachement n'ont pas l'ensemble du tableau clinique du TDAH, mais peuvent montrer une désinhibition sociale similaire.
De nombreux troubles de l'humeur ont des symptômes similaires à ceux du TDAH. L'inattention est partagée entre les troubles anxieux et le TDAH, mais sa raison n'est pas la même et chez les TDAH, elle n'est pas associée à l'inquiétude et à la rumination. La dépression peut rendre la concentration difficile. Les personnes bipolaires peuvent avoir des épisodes de forte activité et impulsivité et de faible concentration, mais ces épisodes sont à durée limitée et s'accompagnent de caractéristiques spécifiques des phases de manie. Les enfants avec un TDAH peuvent avoir des changements importants de l'humeur dans une même journée et le trouble bipolaire se manifeste moins souvent dans l'enfance et l'adolescence. Les personnes avec une dysrégulation émotionnelle n'ont pas la même tendance à l'impulsivité et leur attention n'est pas désorganisée, mais les symptômes sont très similaires dans l'enfance et l'adolescence. Les troubles de la personnalité chez les adolescents et adultes sont très proches du TDAH dans leur expression, en dehors de certaines caractéristiques spécifiques et observables sur le long terme pour faire la distinction entre les comportements impulsifs et ceux inappropriés en raison d'un trouble de la personnalité.
Les troubles neurocognitifs peuvent présenter des caractéristiques cliniques similaires à celles du TDAH, mais s'en différencient par leur début tardif.
Si les symptômes du TDAH n'apparaissent qu'au cours d'un trouble psychotique, le TDAH n'est pas diagnostiqué. De même pour les symptômes causés par la prise de certains médicaments ou par la prise de drogues.
Les patients présentant un TDAH ont très souvent un trouble associé. Leur présence est évaluée entre 65 et 89 %.
Les troubles associés les plus fréquents sont :
Un chevauchement important avec les troubles addictifs est observé, comme la dépendance au jeu vidéo ou à Internet, un surentraînement physique, une dépendance à la musique, ou des abus et dépendances de substances légales (alcool, tabac, somnifères-benzodiazépines) ou illégales (cannabis, cocaïne, héroïne et opiacés),.
Certaines études montrent que le risque d'abus ou de dépendance à des substances est deux fois plus élevé chez les personnes atteintes de TDAH que chez le reste de la population,. L'abus de substance varie de 15 à 31 % en fonction de l'âge et des substances.
Les symptômes nuisent à l'adaptation et atteindraient alors 3 % à 5 % des enfants dans les pays occidentaux. Le nombre de diagnostics de TDAH est plus élevé en Amérique du Nord et en Australie qu'en Europe et dans le nord de l'Europe que dans le sud, sans qu'il soit établi clairement si cette différence est plutôt liée aux populations elles-mêmes ou à la façon de diagnostiquer (différences culturelles). En ce qui concerne la normalité : par exemple, un garçon turbulent est plus considéré comme normal dans les pays du sud que dans ceux du nord de l'Europe. Par ailleurs, l'Europe est en général plus réticente à la médicalisation que les États-Unis.
Il existe une très grande variation des chiffres de prévalence de ce syndrome selon les pays ou l'époque étudiée, variant de moins de 1 % (Hong-Kong) à 25 % (États-Unis). L'explication de ces disparités n'est pas claire : critères d'évaluation différents ou facteurs culturels. Cette prévalence semble parfois être corrélée à la politique marketing du principal traitement (le méthylphénidate). En France, la Haute Autorité de santé et l'association HyperSupers-TDAH France observent une augmentation des demandes de diagnostic à l'âge adulte, attribuée notamment à une meilleure information du public et des professionnels plutôt qu'à une hausse réelle de la prévalence,.
Comme d'autres troubles psychiques, le diagnostic de TDAH repose sur un ensemble de critères cliniques qui font consensus parmi les neuropsychologues, psychiatres, psychologues cliniciens, et psychomotriciens car plus ou moins communs à l'ensemble des personnes qui souffrent de cette pathologie et suffisamment spécifiques pour distinguer ce trouble des autres maladies psychiatriques. Le diagnostic est tout de même médical et sera fait dans la plupart des pays francophones sur la base de 1 à 2 entretiens avec un psychiatre ou un neurologue.
Le diagnostic du TDAH est généralement porté par un médecin spécialiste à l'issue de différents entretiens cliniques et d'évaluations par différents intervenants. La neuropsychologie occupe aujourd’hui une place centrale dans l’évaluation du TDAH. Par une batterie de tests standardisés, elle permet de distinguer un véritable trouble attentionnel d’autres causes possibles des difficultés observées, comme l’anxiété, un trouble d’apprentissage ou un manque de sommeil. Elle aide aussi à cerner les forces et les faiblesses cognitives propres à chaque individu, à préciser la présence de comorbidités et à comprendre l’impact fonctionnel du trouble au quotidien. Cette approche intégrée permet d’établir un portrait plus complet et d’orienter des interventions adaptées.
Les symptômes peuvent être évalués à l'aide de différents questionnaires qui permettent de recueillir et quantifier les symptômes. Les plus couramment utilisés sont le Conners, l'ADHD-Rating Scale et le SNAP-IV.
Les symptômes observés doivent être persistants depuis au moins six mois, et survenir dans différents contextes ou situations de vie. Dans le cas d'un diagnostic à l'âge adulte, il faut aussi montrer leur présence avant l'âge de douze ans. Ils doivent présenter un certain degré de sévérité par rapport à d'autres enfants du même âge et entraîner une situation de handicap pour l'enfant ou l'adulte concerné.
Ces symptômes peuvent varier selon le contexte. Ils auront tendance à se majorer dans les situations qui exigent un effort intellectuel et/ou d'attention, dans les situations monotones ou non structurées ou encore en cas de fatigue. À l'inverse, ils diminueront en situation duelle, en situation nouvelle ou si une récompense est prévue ou en cas de renforcement fréquent des comportements appropriés.

Selon le DSM-V, il y a TDAH de type inattentif lorsque 6 ou plus (5 ou plus pour les adultes) des symptômes suivants ont persisté pendant au moins 6 mois chez le sujet à un degré qui ne correspond pas au niveau de développement et qui a des effets négatifs directs sur les activités sociales et académiques/professionnelles :
1. Souvent, ne parvient pas à prêter attention aux détails ou fait des fautes d’inattention dans les devoirs scolaires, le travail ou d’autres activités (exemple : néglige ou oublie des détails, le travail n’est pas précis).
2. A souvent du mal à soutenir son attention sur des tâches ou dans des activités de jeux (ex. : a du mal à rester concentré durant les cours, les conversations, ou la lecture d’un long texte).
3. Semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement (ex. : l'esprit parait ailleurs, même en l’absence d’une distraction manifeste).
4. Souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (ex. : commence le travail mais perd vite le focus et est facilement distrait).
5. A souvent du mal à organiser ses travaux et ses activités (ex. : difficultés à gérer des tâches séquentielles ; difficultés à conserver son matériel et ses effets personnels en ordre ; travail en désordre et désorganisation ; mauvaise gestion du temps ; difficultés à respecter les délais).
6. Souvent, quel que soit le niveau intellectuel, évite, a en aversion, ou est réticent à s'engager dans des tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (ex. : le travail scolaire ou les devoirs à la maison ; pour les adolescents et les adultes, préparer des rapports, remplir des formulaires, revoir un long article).
7. Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (matériel scolaire, crayons, livres, outils, portefeuille, clés, travaux écrits, lunettes, téléphone mobile).
8. Est souvent facilement distrait par des stimuli externes (pour les adolescents et les adultes, cela peut inclure des pensées non reliées).
9. A des oublis fréquents dans la vie quotidienne (ex. : faire les corvées, les courses ; pour les adolescents et les adultes, retourner des appels, payer les factures, respecter les rendez-vous).

Selon le DSM-V, il y a TDAH de type hyperactivité-impulsivité lorsque 6 ou plus (5 ou plus pour les adultes) des symptômes suivants ont persisté pendant au moins 6 mois chez le sujet à un degré qui ne correspond pas au niveau de développement et qui a des effets négatifs directs sur les activités sociales et académiques/professionnelles :
1. Remue souvent les mains ou les pieds ou se tortille sur son siège.
2. Quitte souvent son siège dans des situations où il est supposé rester assis (ex : se lève de sa place en classe, au bureau ou à son travail, ou dans d’autres situations qui nécessitent de rester en place).
3. Souvent, court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (remarque : chez les adolescents ou les adultes, cela peut se limiter à un sentiment d’agitation).
4. A souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir.
5. Est souvent « sur la brèche », agissant comme s’il était « monté sur ressorts » (ex : il est impossible ou inconfortable pour lui de se tenir immobile pendant un long moment, comme dans les restaurants, les réunions, par exemple en tant qu'enfant il marche parfois beaucoup à travers les pièces en parlant ; il peut être perçu par les autres comme agité, ou comme difficile à suivre).
6. Souvent, parle trop (logorrhée) et ne s'adapte pas au contexte, aux interlocuteurs (ne modifie pas le contenu de son discours en fonction d'eux).
7. Laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée (ex. : termine les phrases de ses interlocuteurs ; ne peut attendre son tour dans une conversation).
8. A souvent du mal à attendre son tour (ex. : dans une file d'attente).
9. Coupe la parole, interrompt souvent les autres ou s'immisce (ex : fait irruption dans les conversations, les jeux ou les activités ; peut commencer à utiliser les biens d’autrui sans demander ou recevoir leur permission ; pour les adolescents et les adultes, peut s’immiscer et reprendre ce que d’autres font, ces personnes peuvent aussi avoir des comportements de prise de risque personnel ou d'impulsivité dans des achats par exemple, car le TDAH est lié à un recyclage rapide de la dopamine et à un fonctionnement particulier du circuit de la récompense, les satisfactions et gratifications immédiates sont recherchées, la persévérance et la constance sont déficitaires, chez l'enfant notamment cela peut prendre la forme d'une difficulté à relier ses actes et paroles à leurs conséquences, ou les paroles peuvent être dites sans réfléchir ou sans filtre, y compris de façon involontairement blessante, même si la personne connaît les règles de politesse).
Une méta-analyse a révélé que les enfants et les adolescents atteints de TDAH ont de moins bonnes performances en mémoire de travail verbale par rapport aux individus témoins. Ces difficultés diminuent avec l'âge,.
Le trouble déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) est associé à un risque accru de certains problèmes de vision tels que l'astigmatisme, l'hypermétropie, le strabisme et la réduction du point de convergence près. Cependant, aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne l'épaisseur de la couche de fibres nerveuses rétiniennes ou l'erreur de réfraction, ce qui suggère que le TDAH est lié à certains problèmes de vision, mais qu'il n'y a pas de différences au niveau des aspects structurels de l'œil.
En outre, il a été constaté une augmentation du retard dans la mise au point sur des objets proches chez les personnes atteintes de TDAH. Cela signifie qu'elles peuvent rencontrer des difficultés à ajuster rapidement leur vision pour se focaliser sur des objets situés à une distance rapprochée. Ce retard peut entraîner une réduction de l'efficacité visuelle et affecter la capacité à voir clairement les détails des objets à proximité.
De plus, une variabilité de la réponse accommodative a été observée chez les personnes atteintes de TDAH. Cela signifie que leur capacité à ajuster leur vision pour se focaliser sur des objets proches peut varier d'une occasion à l'autre, ce qui peut entraîner des difficultés à maintenir une mise au point stable. Cette variabilité peut se traduire par des fluctuations dans la netteté de la vision à différentes distances, ce qui peut avoir des conséquences sur la précision visuelle globale chez les personnes atteintes de TDAH.
Souvent, les personnes (notamment les enfants et les adolescents) atteintes de TDAH ont une perception moins précise du temps et ont tendance à surestimer sa durée par rapport aux individus sans TDAH. Les différences de perception du temps entre les deux groupes ne sont pas significativement influencées par le type de tâches de temporisation ou la modalité des stimuli utilisés. Cependant, l'âge et le sexe ont été identifiés comme des facteurs modérateurs qui peuvent influencer les résultats.
Bien que les critères diagnostiques actuels (DSM-5 et CIM-11) se concentrent principalement sur l'inattention et l'hyperactivité-impulsivité, de nombreux cliniciens et chercheurs soulignent l'importance de la dérégulation émotionnelle comme composante centrale du TDAH,.
Dans ce contexte, le concept de dysphorie sensible au rejet (souvent désigné par l'acronyme anglophone RSD pour Rejection Sensitive Dysphoria) a été proposé pour décrire une réaction émotionnelle extrême à la perception — réelle ou imaginaire — d'être rejeté, critiqué ou de décevoir autrui,.
Ce phénomène se distingue des troubles de l'humeur classiques (comme la dépression, le trouble bipolaire ou les troubles de la personnalité) par plusieurs aspects :
Bien que la RSD ne soit pas reconnue comme un diagnostic distinct dans les classifications nosologiques actuelles, elle est fréquemment rapportée dans la pratique clinique et pourrait résulter d'une incapacité du cortex préfrontal à réguler l'intensité des réponses émotionnelles provenant du système limbique. Cette hypersensibilité peut conduire à des comportements d'évitement social ou à un perfectionnisme anxieux visant à prévenir toute critique potentielle.
Le syndrome de retard de phase de sommeil n'indique pas forcément un TDAH mais y est largement associé. Il est une comorbidité parfois considérée comme un symptôme commun du TDAH chez les personnes adultes. Il s'agit du fait que la personne a tendance à avoir un pic de mélatonine plus tardif, à s'endormir et à se lever quelques heures plus tard que la moyenne, à passer du temps éveillée entre le coucher et l'endormissement (une caractéristique déjà propre à beaucoup d'enfants porteurs de TDAH), entre le réveil et le lever, et à avoir, même sans s'en rendre compte, une architecture du sommeil altérée. Cela peut être lié au déficit de motivation et à la procrastination sans qu'il ne s'agisse nécessairement de trouble dépressif, ni véritablement d'hypersomnie, et encore moins de paresse. Cela peut déjà être vrai à l'adolescence, mais le décalage du rythme circadien que les modifications hormonales rendent habituel à cette période de la vie peut faire passer inaperçu le terrain neurobiologique. La personne peut donner l'impression de dormir beaucoup alors que ce n'est pas le cas mais qu'elle a un sommeil perturbé, plus morcelé et chroniquement déficitaire. Les besoins en sommeil peuvent être réellement majorés chez quelques personnes avec TDAH selon certaines études récentes, notamment lorsque le sommeil est haché et moins réparateur pour le cerveau. Un sommeil long et profond peut contraster avec la moyenne des troubles autistiques ou en contrebalancer les signes, mais l'insomnie peut également être caractérisée en cas de TDAH avec endormissement difficile.
La personne porteuse de TDAH peut avoir des particularités du sommeil qui, en fonction du degré, risquent d'être très handicapantes ou mal perçues par l'entourage. Le système de la mélatonine est souvent altéré par ce trouble du neurodéveloppement car il est en rapport étroit avec celui de la dopamine. Les variations naturelles de la luminosité déclenchent dans l'ensemble une moindre réactivité hormonale chez le sujet porteur de TDAH. La luminothérapie est cependant testée pour modifier les horaires de sommeil en cas de perturbations du rythme circadien.
Environ un tiers des personnes porteuses de TDAH ont une hyperactivité motrice au cours de leur sommeil.
Par ailleurs, dans une étude datant de 2026, il est affirmé que l'intrusion d'ondes lentes caractéristiques du sommeil profond en période d'éveil est un marqueur neurobiologique surdéveloppé chez les adultes porteurs de TDAH et que cela peut expliquer leurs oublis, leurs difficultés à se concentrer et leurs autres symptômes fonctionnels. Souvent, tout en ayant une tendance à l'hyperactivité et à la désorganisation mentales, ces personnes, tout comme celles qui souffrent de trouble anxieux généralisé, auraient aussi des phases plus importantes de blanc mental, soit d'absence de tout contenu mental perceptible et communicable, une réalité qui ne dit rien de l'intelligence mais met en cause la dichotomie classique veille-sommeil.
La procrastination est fréquente bien qu’elle ne figure pas parmi les critères diagnostiques officiels du DSM-5. Elle serait un symptôme indirect, lié à des dysfonctionnements des fonctions exécutives du cerveau, notamment dans le cortex préfrontal ; les recherches en neuropsychologie montrent que les personnes avec un TDAH présentent, :
Ces difficultés suscitent un cycle d’évitement, où la tâche est repoussée, générant stress, culpabilité et parfois un hyperfocus de dernière minute. La procrastination liée au TDAH n'est pas de la paresse mais un symptôme neurocognitif qui peut altérer significativement la vie quotidienne, les relations sociales et l’estime de soi.
La procrastination est souvent le symptôme le plus visible dans les cas où le TDAH a été très internalisé.
Le TDAH est un trouble dont l'étiologie, en particulier chez les adultes, est mal connue.
Une étude longitudinale publiée en 2015 dans The American Journal of Psychatry suggère que les adultes (38 ans dans l'étude) présentant un tableau clinique de TDAH ne souffriraient pas d'un trouble neurodéveloppemental apparu dans l'enfance. En effet, les enfants TDAH de leur étude ne sont pas, pour la plupart, devenus des adultes TDAH, et les adultes TDAH n'étaient pas, pour la plupart, des enfants TDAH : les deux populations ne se recoupaient pas. Il serait donc possible que, contrairement à la description faite du TDAH par le DSM-5, le TDAH chez l'adulte puisse constituer un trouble distinct du TDAH chez l'enfant, mais avec des symptômes similaires. L'article évalue, dans la population de son échantillon, à 0,03% le nombre d'adultes TDAH présentant tous les critères du DSM-V, c'est-à-dire le nombre requis de symptômes à la fois présents dans l'enfance et à l'âge adulte. Cela a conduit certains chercheurs à parler d'adult on-set ADHD, ou TDAH apparaissant à l'âge adulte.
Cependant, d'autres études ont montré qu'il s'agissait d'une exception. Dans la plupart des cas, les hyperactifs diagnostiqués à l'âge adulte présentaient déjà des symptômes enfants, bien qu'ils fussent inférieurs au seuil diagnostic.
Il est communément admis que les symptômes persistent dans environ 50 % des cas à l'âge adulte, bien qu'une méta-analyse de 2006 ait montré que, selon les critères du DSM-IV, si l'on fixe un critère de persistance à la conservation de tous les symptômes, la persistance chute à 15 %. Néanmoins, selon les conclusions de cette même méta-analyse, dans 65 % des cas une partie des symptômes (DSM-IV) persistent. Dans une autre étude américaine, le nombre d'enfants TDAH (DSM-III) présentant toujours tous les symptômes du TDAH (DSM-V) à l'âge de 38 ans n'est que de 5 %.
Certains considèrent que, pour un tiers, les symptômes disparaissent à l'âge adulte, qu'un tiers continue à avoir des symptômes mais parvient à les gérer, et que le dernier tiers n'y parvient pas. Cependant, le TDAH de l'adulte est un trouble très mal connu en France, alors qu'il est plus facilement accepté au Canada, aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Des campagnes d'information à l'initiative d'associations ont cependant lieu ponctuellement afin de sensibiliser la conscience du public et des professionnels, la plus significative étant la Semaine européenne sur les troubles de l'attention de la fin qui permit de lancer la première étude épidémiologique en France sur le secteur pilote de Nice,.
Les symptômes demeurent également le plus souvent et ne disparaissent que dans 30 % des cas[réf. nécessaire].
Le diagnostic d'un TDAH chez l'adulte représente une plus grande difficulté du fait de nombreux facteurs : internalisation des comorbidités, la dissimulation (en), etc. Des nombreuses comorbidités entravent également le diagnostic. Celles-ci apparaissent en premier auprès des praticiens lorsqu'elles peuvent être des comorbidités du TDAH ou entre elles (trouble bipolaire, troubles attentionnels ou de la concentration également provoqués par la dysthymie, impulsivité semblable aux épisodes maniaques ou hypomaniaques). L'errance diagnostique du TDAH est fréquente à l'âge adulte. En France, le trouble est donc très largement sous-diagnostiqué chez l’adulte. Pour certaines personnes, malgré des difficultés importantes durant l’enfance (sur le plan familial, scolaire ou social) en lien avec le TDAH, le diagnostic n’a pour autant pas été évoqué.
Chez la fillette ou l'adolescente TDAH (ou TDA), l'hyperactivité est fréquemment internalisée : au lieu d'une agitation motrice visible (courir, grimper), elle se manifeste par un flux incessant de pensées, une logorrhée (flux excessif et impulsif de paroles) ou une agitation mentale. La jeune fille présente souvent un manque d'attention à long terme, une vulnérabilité à la distraction en classe, en famille ou dans les groupes, une difficulté à s'arrêter de parler et parfois à nouer des amitiés, a souvent l'air d'être perdue dans ses pensées, est capable de suivre les cours en classe mais pas de faire les devoirs, tend à faire plusieurs choses en même temps, etc. Elle peut avoir des difficultés à organiser ses activités, avoir tendance à oublier des choses. Elle doit fournir plus de travail pour atteindre le même succès que les autres, etc. Son estime de soi peut être dégradée. Sa suradaptation sociale est source de fatigue et parfois d'épuisement. Tout cela, sans être spécifique aux jeunes filles, tend à être plus marqué chez elles que l'hyperactivité physique (limitée ou inexistante).
La recherche s'est d'abord concentrée sur les garçons, et donc sur l'aspect hyperactif, plus fréquent chez eux. Des travaux plus récents, par exemple synthétisés par Nadeau et Quinn en 2002 pour l'Association américaine de psychologie (APA) montrent que le TDAH et ses comorbidités sont significativement différents chez les sujets féminins comparé aux sujets masculins, avec par exemple un risque accru de trouble des conduites alimentaires, de fibromyalgie, de troubles du sommeil, de certaines addictions, de trouble de stress post-traumatique, de trouble bipolaire et d'autres troubles de l'humeur.
La recherche a montré que les filles et les femmes présentent plus souvent une présentation à prédominance inattentive (TDAH-I) par rapport aux garçons, qui, eux, manifestent plutôt une hyperactivité-impulsivité. Cette différence de présentation contribue souvent à un sous-diagnostic ou à un diagnostic tardif chez les sujets féminins ainsi qu'à une confusion avec d'autres troubles psychiques, en particulier la dépression. Elle se manifeste par exemple dans l'expérience scolaire et universitaire puis dans la vie quotidienne des femmes célibataires, des femmes mariées et lors de la maternité. Peu d'études et donc peu d'informations sont disponibles sur les effets du TDAH chez les femmes âgées et très âgées.
Au début des années 2020, on constate que les filles et les femmes sont encore généralement adressées au système de soins en raison de problèmes qualifiés d'« émotionnels » (qui masquent les symptômes neurodéveloppementaux, ce qui retarde le diagnostic), tandis que les garçons et les hommes le sont plus souvent pour des motifs explicitement qualifiés de « neurodéveloppementaux ». Les filles et les femmes arrivent plus tard en consultation, reçoivent leur diagnostic plus tard et ont besoin de davantage de visites avant que le TDAH ne soit identifié. Elles reçoivent plus fréquemment des médicaments non liés au TDAH (souvent pour anxiété ou dépression), ainsi qu'un accompagnement psychothérapeutique individuel, et sont plus souvent hospitalisées avant le diagnostic en raison de symptômes psychiatriques aigus. Elles voient un médecin plus souvent et plus tôt, une fois le diagnostic engagé, que les hommes.
Les difficultés de fonctions exécutives se manifestent différemment chez les filles et les femmes, influencées par des facteurs neuropsychologiques, hormonaux et socioculturels. L'un des facteurs de spécificité du TDAH « féminin » est que les fluctuations hormonales — puberté, cycle menstruel, grossesse, périménopause — qui modulent l'intensité des symptômes et aggravent les troubles de l'humeur sont spécifiques aux femmes. L'interaction entre œstrogènes, progestérone et dopamine semble expliquer en partie ces variations, mais les recherches pharmacologiques adaptées aux femmes sont encore très limitées et de nombreuses études n'ont porté que sur un faible nombre de personnes. Le diagnostic tardif accroît les risques de comorbidités, de souffrance psychologique et de baisse de qualité de vie.
Les femmes non diagnostiquées présentent une vulnérabilité accrue aux troubles prémenstruels sévères, à la dépression post‑partum et aux complications cardiovasculaires en périménopause.
En 2025, aux Pays-Bas, J.J. Sandra Kooij et ses collègues appellent, pour ces raisons, à des études longitudinales tenant mieux compte du sexe et du statut hormonal, ainsi qu'à des interventions individualisées pour mieux répondre aux besoins spécifiques des filles et des femmes avec TDAH, afin d'améliorer le diagnostic, la prise en charge et les résultats tout au long de la vie.
Les sciences sociales ont montré que le comportement attendu par les famille et la société, et donc renforcé par l'éducation, pour les filles et femmes a fortement affecté la présentation du TDAH chez elles. Traditionnellement, on n'attendait pas des femmes qu'elles soient plus intellectuelles.
Les filles atteintes de TDAH qui présentent ces symptômes n'étaient presque jamais repérées. Comme il est dit dans l'article, « les filles atteintes de TDAH sont plus susceptibles de présenter des symptômes d'inattention qui sont facilement ignorés par les enseignants, souvent mal compris et stigmatisés, compte tenu des attentes sociétales incongrues en matière de comportement féminin » (Hinshaw et al., 2021). En outre, elles ont tendance à faire ce qu'on appelle du masquage, c'est-à-dire qu'elles créent une suradaptation permettant de cacher leurs symptômes pour être mieux acceptées dans les groupes et la société. « Une autre possibilité est que les filles avec le TDAH pourrait avoir de meilleures “capacités d'adaptation” que les garçons, et de telles compétences pourraient compenser et “cacher” les symptômes du TDAH » (Klefsjö et al., 2021). » Le masquage, source de stress et de fatigue, accroît les comorbidités de type dépressif et anxieux.
La psychologie a produit un protocole de diagnostic du TDAH, mais comme pour l'autisme, ses critères ont d'abord été fondés sur les recherches ayant observé ce trouble chez des sujets du genre masculin.
Cela a rendu le diagnostic du TDAH féminin très difficile, d'autant qu'il partage beaucoup de ces symptômes avec d'autres troubles mentaux, comme la dépression, l'anxiété ou les troubles bipolaires. « Les participants ont souvent été diagnostiqués avec une gamme d'autres conditions (souvent l'anxiété et la dépression), mais n'ont pas été initialement diagnostiqués avec le TDAH… Le TDAH pourrait être exclu sans aucun test ou évaluation formelle » (Lynch et Davison, 2022). « Les filles atteintes de TDAH ont besoin d'un fardeau plus élevé d'autres problèmes comportementaux / émotionnels avant de répondre aux critères du trouble » (Mowlem et al., 2019). Les garçons et les hommes ont donc une plus grande chance d'être correctement diagnostiqués avec un TDAH que les filles et les femmes.
Les causes exactes du trouble déficit de l'attention (avec ou sans hyperactivité) ne sont pas déterminées, mais des recherches ont porté sur les facteurs neurobiologiques où les causes génétiques liées à ce trouble sont considérées comme importantes pour expliquer son apparition.
Cet état psychique se manifesterait, sur le plan neurobiologique, par un déficit de dopamine, un neurotransmetteur.
L'origine neurobiologique du TDAH est cependant controversée : quelques recherches visent à mettre en relief l'incohérence de certaines études liant cette problématique à un trouble neurobiologique,.
Il a été observé une suractivation du cortex préfrontal dorsal médial (DMF) et une sous-activation du cortex cingulaire postérieur (CCP) chez les individus atteints de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) par rapport aux individus témoins. Ces différences dans l'activité cérébrale suggèrent une configuration neurobiologique spécifique associée au TDAH.
Une étude a identifié neuf sites de méthylation de l'ADN à la naissance qui sont prédictifs des symptômes ultérieurs du TDAH, notamment ERC2 et CREB5. Cependant, aucun site de méthylation de l'ADN à l'âge scolaire n'était significativement associé au TDAH.
Une méta-analyse a révélé que les enfants atteints de TDAH présentent des niveaux de cortisol basal et matinal réduits par rapport aux jeunes sans TDAH, suggérant ainsi l'implication de l'hypoactivité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) dans le développement du TDAH. De plus, une autre constatation importante est que les jeunes atteints de TDAH affichent des niveaux inférieurs de facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α) par rapport à leurs pairs sans TDAH.
Des liens ont été établis entre le trouble déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et des niveaux réduits de ferritine sérique, indiquant une carence en fer chez les enfants atteints de TDAH, ces résultats invitant à des recherches supplémentaires. De plus, on observe des niveaux accrus de manganèse et des niveaux réduits de zinc chez ces enfants. Ces associations entre les niveaux de ces éléments et le TDAH suggèrent l'implication de ces facteurs dans la pathologie du TDAH.
En 2026, des chercheurs ont identifié trois différents « biotypes » cérébraux du TDAH. Le « biotype 1 » est caractérisé par des symptômes émotifs plus forts, causés par une saturation du cortex préfrontal, qui gère l’impulsivité et la régulation des émotions. Le « biotype 2 » se caractérise par un surplus d’énergie et d’impulsivité, causé par une dérégulation du cortex cingulaire, une partie du cerveau qui régule les comportements explosifs. Le « biotype 3 » se distingue par une capacité réduite à rester concentré sur une longue période, due à des perturbations dans le gyrus frontal supérieur, qui s’occupe de la mémoire de travail et de la concentration à long terme.
Il faut éliminer tout autre problème susceptible de causer un trouble de l'attention :
L'exposition de l'embryon à certains polluants toxiques est aussi évoquée ; par exemple, d'après une étude épidémiologique publiée en 2020, basée sur le suivi d'une cohorte de 2 851 paires mère-nouveau-né dont le sang de cordon a été testé (analysé) lors des premier, deuxième et troisième trimestres de grossesse, en cas d'exposition prénatale au thallium (un polluant émergeant et de plus en plus présent dans la biosphère depuis le début du XXe siècle) au second trimestre de grossesse, le risque de TDAH augmente significativement chez les jeunes enfants observés à l'âge de 36 mois. Et les auteurs notent que ce risque est plus marqué chez les garçons (qui au stade embryonnaire semblent donc nettement plus sensibles à la neurotoxicité de ce métal que les filles).
La recherche en épigénétique se porte actuellement sur l'identification des mécanismes qui permettraient d'expliciter les interactions entre les facteurs génétiques et environnementaux.
L’interaction entre le tractus gastro-intestinal et les fonctions cérébrales est récemment[Quand ?] devenue un sujet d’intérêt croissant pour la recherche en psychiatrie. Ces interactions multidirectionnelles ont lieu dans ce que l’on appelle l’axe intestin-cerveau ou plus précisément l’axe microbiote-intestin-cerveau. Le tractus gastro-intestinal est le plus grand organe immunitaire du corps humain et la plus grande surface de contact avec l'environnement externe, contribuant ainsi à la psychopathologie à médiation immunitaire. Dans la littérature récente, il est de plus en plus évident qu’une augmentation de la perméabilité intestinale induit une activation immunitaire qui joue un rôle majeur dans la physiopathologie de divers troubles psychiatriques. Par exemple, une activation immunitaire liée à des lipopolysaccharides (LPS) bactériens dérivés de l'intestin ou à divers antigènes alimentaires et exorphines a été rapportée dans les cas de dépression majeure, de schizophrénie, de trouble bipolaire, d'alcoolisme et d'autisme.
Le système nerveux central et le tractus gastro-intestinal communiquent via l'axe intestin-cerveau. Cette communication est bidirectionnelle et implique des mécanismes neuronaux, endocriniens et immunologiques. Le microbiote intestinal est à l'origine d'un certain nombre de substances neuroactives et immunocompétentes qui modèlent la structure et la fonction des régions du cerveau impliquées dans le contrôle des émotions, de la cognition et de l'activité physique. La plupart des maladies gastro-intestinales sont associées à une transmission altérée dans l'axe intestin-cerveau. Des altérations du microbiote intestinal ont été associées à des troubles de l'humeur et à la dépression. De plus, la santé mentale est fréquemment affectée par les maladies gastro-intestinales (voir article : Microbiote intestinal et santé mentale).
Une dysbiose intestinale produit de grandes quantités de lipopolysaccharide (LPS) qui induisent une activation immunitaire et notamment une neuro-inflammation. Il a été démontré que cette activation immunitaire induite par les lipopolysaccharides altère l'attention. Une étude portant sur 60 enfants TDAH et 60 enfants témoins a montré que le taux sérique moyen d'IL-6 était de 22,35 intervalle de confiance à 95 % [IC], 17,68-26,99) chez les patients atteints de TDAH et de 5,44 (IC à 95 %, de 4,81 à 6,06) chez les témoins, traduisant un état inflammatoire.
Dans le TDAH, des altérations de l'axe intestin-cerveau ont été démontrées, et des modifications de la fonction intestinale ont été mises en évidence. La zonuline augmente lorsque la perméabilité intestinale est altérée. Il a été démontré qu'une augmentation des taux sériques de la zonuline était associée à une hyper-perméabilité intestinale et à une déficience sociale chez les enfants atteints de trouble du spectre de l'autisme. Chez des enfants atteints de TDAH, des niveaux élevés de zonuline sont associés à une augmentation des symptômes d'hyperactivité et à une altération du fonctionnement social.
La consommation de boissons alcoolisées lors de la grossesse peut affecter la construction du cerveau et être à l'origine de troubles du comportement. De nombreux diagnostics de TDAH sont posés sans que l'on établisse si la personne a été exposée à l'alcool in utero. Une étude de 2016 estime que plus de 90 % des TDAH en Angleterre sont en réalité des troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale (TSAF) non diagnostiqués.
Le magnésium, qui est notamment impliqué dans l'excitabilité nerveuse et la réaction au stress, serait en déficit dans la quasi-totalité (95 %) des cas de TDAH, selon les données disponibles,cité dans .
La dépression post-partum (DPP) chez les mères est associée à un risque accru de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) chez les enfants.
La prévalence du TDAH chez les apparentés d’un individu TDAH est plus forte que dans la population générale. Cette agrégation familiale va dans le sens d’une origine génétique du TDAH.
Le TDAH a un aspect héréditaire, impliquant notamment le rôle des transporteurs de dopamine. Les gènes affectés comprennent les récepteurs dopaminergiques D4, la dopamine bêta-hydroxylase, la monoamine-oxydase A, la catécholamine-méthyl transférase, le transporteur de sérotonine (SLC6A4), le récepteur 5-hydroxytryptamine 2A (5-HT2A), le récepteur 5-hydroxytryptamine 1B (5-HT1B), l'allèle 10-répétition du gène DAT1, l'allèle 7-répétition du gène DRD4, et le gène dopamine beta hydroxylase (DBH TaqI).
Toutefois, cette dimension héréditaire n'est en aucun cas un dysfonctionnement génétique : il s'agit d'un état neurologique naturellement présent, qui aurait même favorisé la survie des ancêtres chasseurs-cueilleurs nomades. Il aurait été progressivement éliminé de la population une fois celle-ci sédentarisée. L'aspect génétique du TDAH serait donc un état originel de l'humanité et l'absence de TDAH le résultat d'une adaptation récente, évolution encore moins répandue parmi les populations (semi-)nomades[citation nécessaire]. Dans certaines populations nomades ou très récemment[C'est-à-dire ?] sédentarisées, notamment en Afrique et parmi les Amérindiens, l'allèle 7-répétition du gène DRD4 est beaucoup plus répandu et peut atteindre plus de la moitié de la population[citation nécessaire].
Ces différents facteurs pourraient en outre combiner leurs effets, au travers de synergies encore mal comprises de la neurobiologie. Les corrélations statistiques issues d'observations épidémiologiques ne permettent pas d'affirmer avec certitude l'existence d'un lien de causalité, d'autres facteurs non identifiés pouvant souvent intervenir pour expliquer les liens observés.
Des polluants organiques persistants, peuvent perturber la grossesse et/ou l'accouchement et le développement, de même que le contexte familial et le statut socioéconomique,.
Plusieurs études ont aussi associé un haut risque de trouble de l'attention au temps passé devant la télévision ou à des jeux vidéo ou des réseaux sociaux, chez l'enfant, mais aussi chez l'adolescent, voire chez le jeune adulte. Cependant, il serait possible que le déficit en dopamine soit la raison pour laquelle les individus ayant un TDAH soient plus portés vers les jeux vidéo stimulants que la moyenne. Le TDAH serait la cause, plutôt que l'effet.
Les individus à risque peuvent inclure les enfants ayant fait l'expérience d'un violent traumatisme à la tête, les personnes ayant eu une méningite d’origine bactérienne. Lors de la naissance, les enfants nés prématurément et ceux qui ont manqué d’oxygène au moment de la naissance peuvent également présenter un facteur de risque important[réf. nécessaire].
Les médicaments représentent un aspect de la prise en charge du TDAH mais n’en constituent pas la totalité. Les spécialistes et les associations de patients promeuvent des prises en charge multimodales qui peuvent associer une prise en charge psychologique, éducative, pédagogique et, selon les cas, ré-éducative avec un traitement médicamenteux.
Il repose généralement sur des psychostimulants ou autres qui stimulent le système nerveux central et améliorent la capacité d'attention, permettant ainsi la diminution significative des autres symptômes, notamment hyperkinétiques. Différentes molécules stimulantes sont commercialisées à travers le monde visant cette indication thérapeutique, le sulfate de dextrométhorphane, la lisdexamfétamine, la méthamphétamine, le dexmethylphénidate (à action immédiate ou prolongée ou en patch Adhansia, Purdue).
Les médicaments non stimulants sont l'atomoxétine, la clonidine à action prolongée et la guanfacine à action prolongée.
Le chlorhydrate de méthylphénidate est l'une des molécules les plus employées dans cette indication. C'est un inhibiteur de la recapture de la dopamine et de la noradrénaline. Ces deux neurotransmetteurs interviennent dans les mécanismes attentionnels et cognitifs,. Sa métabolisation par l'organisme s'effectue en environ une demi-heure. Le traitement n'est réellement actif que pendant quelques heures après la prise, quelle que soit la dose,,. Il est délivré sous forme à libération immédiate ou prolongée. En tant que dérivé des pipéridines, il figure, en France, dans la liste des médicaments classés stupéfiants mais ne semble pas induire de dépendance chez le sujet traité et semble diminuer les risques futurs d'addiction chez les enfants traités pour le TDAH. Des cas de retard de croissance ont été évoqués, mais des enquêtes effectuées en 1996 ont mis en évidence leur caractère idiopathique chez certains enfants hyperactifs, sans relation avec le traitement.
L'atomoxétine est un inhibiteur spécifique de la recapture de la noradrénaline (non psychostimulant),,. Il a obtenu l'autorisation de mise sur le marché (AMM) en France.
La Lisdexamfétamine est très prescrite aux États-Unis.
La guanfacine est un médicament utilisé contre l'hypertension.
En Europe, et plus particulièrement en France, la prescription se fait par un pédopsychiatre ou un neuropédiatre en milieu hospitalier, qui est seul habilité à poser le diagnostic et à délivrer l'ordonnance initiale de méthylphénidate,. À partir de septembre 2021, les pédiatres en cabinet privé peuvent aussi émettre une première prescription.
La Haute Autorité de santé demande que la prescription initiale du chlorhydrate de méthylphénidate ne soit effectuée qu'en seconde intention, c'est-à-dire après avoir fait appel à des « mesures psychologiques, éducatives et sociales ». Cette prescription hospitalière a une durée de validité de 1 an mais est soumise à renouvellement par un médecin traitant tous les 28 jours. L'examen médical est complété par des examens psychomoteurs et neuropsychologiques permettant de mettre en évidence les particularités des fonctions attentionnelles et exécutives notamment. En Suisse, le diagnostic et l'ordonnance peuvent être faits par un médecin libéral, à condition qu'il ait lui-même examiné le patient. L'ordonnance a une durée de validité d'un mois, pour un traitement pouvant durer 1 mois ou, dans certaines circonstances, 3 mois. En Amérique du Nord, des psychologues et/ou des psychoéducateurs peuvent effectuer un travail d'évaluation, mais non de diagnostic, cette dernière partie étant réservée à un médecin.
La thérapie cognitivo-comportementale cherche à atténuer les symptômes afin d’améliorer la qualité de vie de l’enfant et de son entourage.
La rééducation psychomotrice auprès d'un psychomotricien.
La remédiation cognitive est proposée à certains patients, notamment celles ciblant la mémoire de travail. Cette rééducation se fait le plus souvent à l'aide du logiciel COGMED.
La prise en charge par un ergothérapeute prend en compte l'ensemble des difficultés dans les activités de vie quotidienne.
La guidance parentale est adaptée à l’enfant mais aussi à son environnement, à la nature de son trouble et à la présence éventuelle de comorbidités. Elle a pour objectif de réduire les symptômes cliniques, de prendre en charge ou de prévenir le retentissement scolaire, familial et relationnel. Elle passe par des techniques d’éducation éprouvées : l'enfant hyperactif ayant des problèmes d'attention, il lui faut des structures claires pour favoriser ses apprentissages : lui confier une seule tâche à la fois. Si la tâche – ou le jeu – est complexe, la décomposer en étapes.
L’aide éducative permet un travail de guidance familiale en informant sur le trouble et son impact fonctionnel et débouche sur des propositions de stratégies thérapeutiques. L'aménagement de l’environnement d’un enfant hyperactif dans sa classe est aussi un défi pour l’enseignant. Cela nécessite certaines adaptations de l’enseignement et de la structure scolaire[réf. nécessaire].
Les groupes de parents permettent de partager les expériences et d'entraîner une ou plusieurs familles à se confronter aux situations difficiles[réf. nécessaire].
Le coaching aide l'enfant à acquérir des méthodes pour mieux s'organiser, et gérer son temps et ses émotions[réf. nécessaire].
Il existe des possibilités complémentaires d'améliorer la propre capacité d'attention, entre autres, la relaxation , la méditation, des approches cognitives et comportementales comme la sophrologie pédagogique qui utilise la relaxation dans cette optique[source insuffisante]. Plusieurs chercheurs ont effectué des recherches en utilisant la méditation : les résultats semblent prometteurs dans le traitement du stress parfois associé au TDAH mais pas sur les symptômes principaux du trouble.
Une méta-analyse a révélé que les interventions basées sur la pleine conscience (MBIs) ont des effets importants sur l'inattention et l'hyperactivité/impulsivité par rapport à un groupe témoin.

Les personnes porteuses de TDAH éprouvent souvent des difficultés dans leur scolarité. Afin de contrer ces problèmes, il est possible de mettre en place des aménagements pour aider ces enfants et leur donner les mêmes chances de réussite que les autres élèves.
Il existe de nombreux supports numériques facilitant les apprentissages et destinés aux apprenants comme aux enseignants/parents. Certains outils numériques sont spécifiquement créés dans le but d'aider les enfants présentant des troubles de l'apprentissage, notamment le TDAH.
Un tableau blanc interactif est un dispositif qui permet la présentation d’informations multimédias en classe. Certaines études (Türel, 2011, Jang et Tsai, 2012, cité par Papanastasiou & Drigas, 2014) ont mis en avant l’efficacité de ce support d’apprentissage en ce qui concerne l’attention, la satisfaction et les performances des utilisateurs. De ce fait, ce moyen numérique est intéressant pour aider les élèves atteints de TDAH car il permet une meilleure gestion de l’attention en stimulant leurs sens grâce à leurs interfaces multimodales.
Lorsque l’enseignant est confronté à des élèves atteints de TDAH, la tablette tactile se révèle être un outil pertinent. Des études (Flower, 2014, Cumming et Draper Rodriguez, 2013, Haydon et al. , 2012, cité Lewandowski, Wood & Miller, 2016) ont démontré que son usage améliore les comportements liés aux tâches et les performances académiques des élèves TDAH.
Il a été démontré que l'exercice physique peut efficacement améliorer l'attention, les compétences motrices et les fonctions exécutives chez les enfants atteints de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), et ce, sans effets secondaires indésirables comparativement à la thérapie médicamenteuse. Cependant, il convient de souligner que l'activité physique ne semble pas avoir un impact significatif sur les symptômes d'hyperactivité, la dépression, les problèmes sociaux ou le comportement agressif chez ces enfants.
Les interventions basées sur la réalité virtuelle immersive se sont avérées très efficaces pour améliorer le fonctionnement cognitif global, l'attention et la mémoire chez les enfants atteints de TDAH.
L'étude de sujets de discussion sur internet a relevé la présence de nombreux fils de discussion concernant l'utilisation de cannabis pour soigner ou diminuer l'influence du TDAH. L'analyse de 268 sujets a montré que sur l'ensemble des réponses 25 % soutenaient l'idée que le cannabis serait bénéfique dans le traitement du TDAH ; comparativement peu de réponses y opposaient une opinion contradictoire. Les recherches ne montrent pourtant pas de bénéfice clair à l'usage de cannabis et de dérivés cannabinoïdes pour le traitement du TDAH. Cette impression qu'ont certaines personnes que le cannabis aide à soulager leurs symptômes vient peut-être du fait que leur dopamine augmente brusquement au moment de la prise, mais que ces personnes ne fassent pas le lien avec le fait que leur dopamine redescend encore plus après la consommation qu'avant — ce qui par ailleurs ouvre la porte à l'enclenchement d'un processus d'addiction.
Outre les études ayant montré que le cannabis affecte durablement les capacités cognitives, la mémoire, l'attention et la concentration chez une population de tout-venants,,,,,, il est possible que l'apport de dopamine provoqué par la consommation de cannabis, provoque une accoutumance plus facile chez les personnes ayant un TDAH, et finisse par amoindrir la sécrétion de dopamine en dehors de la consommation de cannabinoïdes chez les personnes atteintes de TDAH. La prévalence importante des personnes avec TDAH dans la population des patients victimes d'accoutumance et d'addiction au cannabis montre par ailleurs que le cannabis représente un risque plus important pour les personnes ayant un TDAH que pour la population générale. De plus amples recherches sont nécessaires pour élucider exactement quels sont les effets du cannabis sur les personnes ayant un TDAH et ses différences avec les personnes ne présentant pas ce trouble. En effet, il n'est pas possible d'extrapoler à la population TDAH les effets qu'a le cannabis sur la population générale, puisque les personnes avec TDAH réagissent différemment aux psychotropes du fait de leurs particularités neurochimiques,,.
Plusieurs associations ont été fondées pour aider les individus atteints de TDAH. En Europe, elles incluent ADHD Europe, ASPEDAH (Association du Trouble Déficit d’Attention avec ou sans Hyperactivité) Suisse, TDAH France (association française pour aider les familles, adultes et enfants concernés par le TDAH), France TND, (Fédération Française de personnes concernées par les Troubles du Neurodéveloppement, personne TND, parents et professionnels) et TDAH Belgique (association belge qui aide, informe et soutient toutes les personnes concernées par le TDAH).
En Amérique du Nord, notamment au Québec, elles incluent Ressources TDAH au Québec et, à l'international, Ressources TDAH au Québec, AttentionDeficit-Info, AQETA (Association québécoise des troubles d'apprentissage), PANDA (Parents aptes à négocier avec le déficit de l'attention), CADDRA (Canadian ADHD Resource Alliance) et TDAH association québécoise.
Les communautés d'entraide pour les personnes atteintes de TDAH jouent un rôle crucial dans le soutien, l'échange d'informations et la sensibilisation à cette condition neurologique. Ces communautés se retrouvent souvent en ligne, offrant des forums, des groupes de discussion et des plateformes de réseaux sociaux où les membres peuvent partager des expériences, des stratégies d'adaptation et des ressources (podcasts, vidéos…). Ces espaces permettent non seulement aux personnes TDAH de se sentir comprises et soutenues, mais ils offrent également un lieu pour l'éducation et la démystification du TDAH auprès du grand public.
La Haute Autorité de santé a, en , défini des recommandations pour le dépistage précoce et l'intervention du médecin de premier recours en faveur de la reconnaissance du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble qui touche à un degré variable de 3,5 % à 5,6 % des enfants en France. Les causes du trouble sont essentiellement neurobiologiques, mais des facteurs de protection ou de vulnérabilité liés aux traumatismes et à l'éducation sont à prendre en compte. Le traitement médicamenteux est très efficace mais, chez l'enfant plus jeune, c'est la stratégie éducative qui doit être privilégiée, l'information des parents, la collaboration avec les enseignants, l'information de l'enfant lui-même sur son trouble et la manière dont il peut le gérer. En 2021, plusieurs associations ont créé la journée nationale de sensibilisation du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui se déroule le , afin d'informer, sensibiliser, et de faire connaître ce trouble.
L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), en , souligne une proportion croissante d’enfants canadiens chez qui le diagnostic du TDAH est posé. Cette prévalence diagnostiquée annuelle du TDAH chez les enfants de 17 ans et moins était plus élevée au Québec (3,9 % en 2011-2012) que dans les autres provinces du Canada. Cette augmentation du diagnostic du TDAH chez les enfants s’accompagne avec la hausse de l’usage des médicaments spécifiques au TDAH sur le territoire canadien. En 2017, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a établi le portrait canadien de cette prévalence médicale chez les 0 à 25 ans entre le et le . Le Québec se distingue du reste du pays avec le taux le plus élevé (6,44 %) alors que le taux de l’ensemble du pays se situe à 3,26 % (et à 2,39 % lorsque les données du Québec ne sont pas incluses dans la moyenne).
En , l’Assemblée nationale du Québec a confié à la Commission de la santé et des services sociaux un mandat d’initiative sur l’augmentation préoccupante de la consommation de psychostimulants chez les enfants et les jeunes en lien avec le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Les recommandations émises par la Commission consistent à s’ouvrir aux approches multidisciplinaires et collaboratives dans le traitement du TDAH et des troubles apparentés, améliorer l’accès aux services psychosociaux et l’amélioration du suivi du diagnostic.
A l'image des autres troubles du neurodéveloppement, le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité fait l'objet de controverses et de différentes théories complotistes (théorie du complot de Big Pharma). Les controverses portent d'une part sur le trouble lui-même, dont la nature comportementale ou l'existence est remise en cause ; d'autre part le traitement des enfants diagnostiqués à base de méthylphénidate, une pipéridine, dont les effets pharmacologiques sont proches de ceux des amphétamines ou encore l'implication du lobby pharmaceutique dans les diagnostics,,,,,. Le TDAH et son traitement provoquent ainsi régulièrement des polémiques dans les médias,.
La médication est essentiellement attaquée par des adeptes de la psychanalyse, mais également par certains chercheurs en sciences humaines qui considèrent que le TDAH sur diagnostiqué, voire totalement inventé sous la pression de l'industrie pharmaceutique qui a dépensé des sommes considérables pour promouvoir ce diagnostic et surtout pour vendre ses produits,. Pour Jean-Claude St-Onge, écrivain et sociologue canadien, (qui n'est donc pas psychiatre), « plus de la moitié des diagnostics sont attribués sans que les enfants présentent des symptômes qui nuisent significativement à leur fonctionnement. (…) Plusieurs enfants présentent des symptômes (TDAH) parce qu'ils manquent de sommeil, ont des problèmes développementaux tels que la dyslexie (…) ou parce qu'ils vivent des situations familiales difficiles ».
Une série d’études universitaires a montré qu'existent des liens complexes, et bidirectionnels, entre les symptômes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’insomnie, l’hypersomnolence, avec des effets sur le fonctionnement exécutif et les performances académiques. Toutes ces études soulignent la nécessité d’une prise en charge préventive et d’une sensibilisation accrue dans les milieux universitaires aux troubles du sommeil et du TDAH, afin d’améliorer le fonctionnement cognitif et la réussite des études ou de la vie sociale, professonnelle...
En 2017, les psychanalystes Gorana Bulat-Manenti et Gérard Pommier déclarent dans le Huffington Post que « ce diagnostic n'est reconnu par aucune des classifications françaises des problèmes de l’enfance », et « a été inventé sur mesure après la découverte de la Ritaline » car il « permet d'ouvrir un marché lucratif à l'industrie pharmaceutique » ; ce à quoi répond le chercheur du CNRS Franck Ramus, en qualifiant l'article de « chef d’œuvre de désinformation et de construction d’une vérité alternative ».
L' homme politique Iain Duncan Smith, relayé par le journal The Guardian, dénonce la propension de certains psychiatres ou autres professionnels de santé, à prescrire trop rapidement des solutions médicamenteuses, sans autre thérapie ni examen supplémentaire. Le manque de moyens alloués à la santé mentale, surtout pour les enfants, est pointé du doigt et mis en cause à cette tendance déraisonnable. Mathieu Chappuy, du centre hospitalier Le Vinatier, à Lyon, parle lui davantage de disparité dans la prescription à travers le monde.
Cette diversité d'opinions est notamment due à une grande hétérogénéité de la prise de conscience sur la réalité de ce handicap invisibilisé par les travailleurs sociaux comme le souligne les rapports du le Défenseur des Droits, au sujet du déni de la protection de l'enfance en France, depuis 2015 et d'année en année, jusqu'en 2022.
Une étude portant sur douze enfants, publiée en 2005, a ravivé ces inquiétudes en laissant penser à la possibilité d'effets cancérogènes. Cette étude, portant sur un échantillon très faible, n'a pas pu être répliquée et aucune étude postérieure n'a pu confirmer ces inquiétudes,,,,.
Plusieurs études ont mis en évidence certaines limites des traitements psychostimulants, en faisant apparaître que, selon les études à court terme, ces traitements réduisent les symptômes du TDAH,, alors qu'à moyen et long terme, ces traitements ne préviendraient pas l'apparition de comportements anti-sociaux, toxicomaniaques et un échec scolaire significatif,,,. À contrario, selon une méta-analyse, le traitement ne favorise pas les comportements toxicomaniaques futurs[source insuffisante] et qu'au contraire il les prévient d'autant plus chez les sujets souffrant de TDAH dont la prise en charge est précoce[source insuffisante].
La médiatisation du diagnostic par des personnalités publiques, croissante au cours des dernières décennies, contribue à la déstigmatisation du trouble et à une meilleure reconnaissance de ses formes adultes,.

Le chanteur Adam Levine, diagnostiqué à l'adolescence, est engagé depuis 2011 dans des campagnes de sensibilisation au TDAH persistant à l'âge adulte ; la chanteuse canadienne Avril Lavigne, diagnostiquée à l'âge de 5 ans, qui a évoqué l'influence de son hyperactivité sur l'écriture de certaines de ses chansons ; l'actrice Emma Watson, diagnostiquée enfant, célèbre pour le rôle d'Hermione Granger dans la saga Harry Potter. En France et au Québec, des personnalités contribuent également à la visibilité du trouble, parmi lesquelles la chanteuse Louane, l'humoriste Philippe Laprise ou l'actrice Camille Felton.
Parmi les personnalités ayant publiquement révélé leur diagnostic figurent la gymnaste américaine Simone Biles, qui a évoqué son TDAH en 2016 à la suite de la divulgation non consentie de son dossier médical ; le nageur Michael Phelps, olympien le plus médaillé de tous les temps ou encore Lewis Hamilton, septuple champion du monde de Formule 1,
La rétro-attribution d'un TDAH à des figures historiques (Léonard de Vinci, Mozart, Albert Einstein, Thomas Edison, etc.) est récurrente dans la littérature de vulgarisation, mais reste contestée par les historiens de la médecine : les critères diagnostiques actuels du DSM-5 ou de la CIM-11 ne peuvent être appliqués rétroactivement sur la seule base d'éléments biographiques,, et ces hypothèses relèvent davantage de la psychobiographie spéculative que du diagnostic clinique.
Parmi les figures historiques récentes, Lady Diana souffrait également d’un TDAH selon les révélations de son frère Charles Spencer dans son livre Diana, ma sœur sorti le .
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