| Titre original | The Living Daylights |
|---|---|
| Réalisation | John Glen |
| Scénario |
Richard Maibaum Michael G. Wilson |
| Musique | John Barry |
| Acteurs principaux |
Timothy Dalton Maryam d'Abo Jeroen Krabbé Joe Don Baker John Rhys-Davies |
| Sociétés de production |
EON Productions United Artists |
| Pays de production |
|
| Genre | espionnage |
| Durée | 131 minutes |
| Sortie | 1987 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Tuer n'est pas jouer (The Living Daylights) est un film d'espionnage britannique réalisé par John Glen et sorti en 1987. Il s’agit du quinzième opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions. Timothy Dalton y incarne James Bond pour la première fois.
C'est l'adaptation cinématographique de la nouvelle Bons baisers de Berlin (The Living Daylights) de Ian Fleming, extraite du recueil Meilleurs vœux de la Jamaïque, paru en 1966. Le film ne reprend principalement que le titre original de la nouvelle et la scène post-générique. The Living Daylights va être le dernier film de James Bond pour près de deux décennies à reprendre un titre original de Ian Fleming. Le suivant sera Casino Royale en 2006.
Lors d'un exercice à Gibraltar d'agents 00 du MI6 conjointement avec le SAS, un mystérieux criminel tue l'agent 004 en laissant près de son corps une étiquette portant les mots « smiert spionom » (« Смерть шпионам », « Mort aux espions »), c'est-à-dire le nom de code d'une ancienne opération lancée par Staline et arrêtée 20 ans plus tôt. Le criminel tue également un second agent et tente de s'enfuir en volant une voiture. James Bond, qui était aussi de l'exercice, le pourchasse et le criminel explose dans le véhicule qu'il a volé.
À l'opéra de Bratislava, en Tchécoslovaquie durant la guerre froide, James Bond et le chef de l'antenne du MI6 à Vienne, Saunders, surveillent le général russe du KGB Georgi Koskov, que Bond doit faire passer à l'Ouest afin qu'il échappe au sort que lui réserve le KGB. À sa sortie à l'entracte, alors que Bond le couvre avec un fusil à vision de nuit, Koskov échappe de peu à une tentative de meurtre par une jeune violoncelliste nommée Kara que Bond décide d'épargner.
Koskov réussit son passage à l'Ouest via un pipeline. Arrivé en Autriche, « Q » l'embarque sur un avion à décollage vertical Hawker Siddeley Harrier T4 de la Royal Air Force pour rejoindre l'Angleterre.
Chez « M », après son arrivée en Aston Martin V8 Volante, Bond expose l'opération « smiert spionom » lancée par le général Léonid Pushkin, directeur du KGB, qui brigue le pouvoir. Les Anglais apprennent ainsi que Pushkin se rend à Tanger, au Maroc, pour une convention commerciale. Mais après la réunion, il se fait enlever par Nécros, agent du KGB déguisé en livreur de lait. M et le ministre de la défense, furieux et humiliés, chargent Bond d'aller à Tanger tuer Pushkin. L'agent désapprouve la mission avant de l'accepter, mais décide de retourner d'abord à Bratislava pour retrouver la violoncelliste, Kara Milovy. Il découvre que la défection de Koskov a été orchestrée et que Kara est en réalité la compagne de ce dernier. Persuadant Kara qu’il est un ami de Koskov, Bond la convainc de l’accompagner à Vienne, prétendument pour rejoindre celui-ci. Ils s’échappent de Bratislava, poursuivis par le KGB et la police slovaque, et franchissent la frontière autrichienne.
À Vienne, ils apprennent que Koskov a acheté le violoncelle stradivarius de Kara avec l'argent d'un certain Brad Whitaker, trafiquant d'armes et de drogue, qui se trouve à Tanger, ce qui révèle une association entre les deux hommes. Au Maroc, Pushkin annule sa commande auprès du contrebandier, qui en informe Koskov et Nécros – en réalité son homme de main. Koskov décide de pousser Bond à éliminer Pushkin en organisant l'assassinat de Saunders sous le couvert de l'Opération « Smiert' Spionom », mission qui réussit parfaitement.
Bond gagne l'Afrique et retrouve Pushkin. Là, il comprend non sans mal que Koskov est en réalité un agent triple, qui a trahi Bond et Kara pour fournir l'URSS en armes grâce à un trafic d'opium depuis une base soviétique de l'Afghanistan, envahi 8 ans plus tôt. Bond passe un accord avec Pushkin et organise son faux assassinat. En échappant aux autorités, Bond rencontre l'agent de la CIA Felix Leiter qui surveille la propriété du trafiquant d'armes. Toutefois, 007 et la violoncelliste tombent entre les mains de Koskov.
Bond et Kara sont amenés en Afghanistan comme prisonniers par Koskov, qui les présente comme les assassins de Pushkin et donne instruction de les envoyer à Moscou. Ils lui échappent, et avec une bande de guerriers du désert, les Moudjahidines, ils prennent d'assaut la base soviétique servant de plaque tournante au trafic d'opium. Mais la situation tourne à l'avantage des Soviétiques.
Bond et Kara s'enfuient dans un avion rempli d'opium, pourchassés par Koskov et Nécros. Ce dernier monte dans l'avion dans lequel l'espion britannique a enclenché une bombe qu'il tente alors de désamorcer. Pendant le combat avec 007, Nécros tombe de l'avion et Bond utilise la bombe pour faire sauter un pont et empêcher les forces soviétiques de pourchasser plus avant les Moudjahidines.
Bond retourne alors à Tanger et tue Whitaker. Pushkin, désormais allié de Bond après la fausse tentative de meurtre lors de la convention, remercie 007 de son aide contre Koskov. Il capture d'ailleurs ce dernier (qui tente encore de s'en sortir en prétendant que Whitaker l'a retenu prisonnier et était l'unique responsable) et ordonne qu'il soit ramené à Moscou « par la bière diplomatique » (c'est-à-dire qu'il le condamne au peloton d’exécution).
À la fin, le général Gogol du précédent film, apparaît en tant que Ministre des Affaires Étrangères d'URSS au cours d'une réception. Kara, quant à elle, réalise son rêve de jouer dans l'orchestre symphonique de Vienne.

Sources doublage : AlloDoublage (VF)
À la fin de l'année 1985, après la sortie du 14e James Bond produit par EON Productions, Dangereusement vôtre, les scénaristes Richard Maibaum et Michael G. Wilson commencent à trouver un concept pour le prochain film de l'agent 007. Une seule chose était sûre : l'acteur Roger Moore, qui avait tenu le rôle dans les sept derniers films, ne reviendrait pas incarner l'espion une huitième fois, car il se trouvait bien trop vieux, à 58 ans, pour continuer à jouer James Bond. Il dira plus tard qu'il s'en est rendu compte en voyant que la mère de sa partenaire Tanya Roberts était plus jeune que lui.
Les scénaristes pensaient donc que ce 15e film serait une préquelle à la série, mais le producteur Albert R. Broccoli était persuadé que les spectateurs ne seraient pas intéressés par ce film. Cette idée sera finalement utilisée en 2006 avec Casino Royale. Le , un nouveau script est remis. Les personnages principaux de la version finale du film tels que Kara Milovy ou Brad Whitaker sont déjà inclus. Toutefois, d'autres scénarios seront écrits par la suite. L'acronyme du SMERSH « Smiert' Shpionam » — le « Mort aux espions » du roman de Fleming — sert de base aux scénarios.
Le scénario est tiré d'une nouvelle de Ian Fleming intitulée The Living Daylights, publiée pour la première fois le dans le Sunday Times. Cette courte histoire a ensuite été publiée aux États-Unis en dans le magazine Argosy sous le titre de Berlin Escape. La nouvelle a ensuite été publiée en 1966, deux ans après le décès de Ian Fleming, dans le recueil Octopussy and The Living Daylights. C'est le dernier film basé sur une nouvelle de Fleming avant Casino Royale en 2006.
Tuer n'est pas jouer est l'une des premières victimes notables du piratage vidéo. Des séquences volées avant montage ont été vendues comme s'il s'agissait du film achevé. Le producteur Albert R. Broccoli a dû expliquer par voie d'affiches qu'il ne s'agissait pas du véritable film[réf. nécessaire].
Les producteurs partent alors à la recherche d'un nouvel acteur qui, selon eux, devait être jeune et viril, à l'image du héros de Ian Fleming. En 1986, Sam Neill, Lambert Wilson, Bryan Brown, Andrew Clarke, Antony Hamilton, Pierce Brosnan et Timothy Dalton auditionnent pour le rôle. Le producteur Michael G. Wilson, le réalisateur John Glen, Dana et Barbara Broccoli sont alors très convaincus par Sam Neill, contrairement au producteur Albert R. Broccoli qui soutient plutôt le Français Lambert Wilson.
Après des essais filmés de 3 jours, le rôle est offert à Pierce Brosnan. À cette époque, l'acteur américano-irlandais de 33 ans seulement est sous contrat avec la chaîne NBC pour Les Enquêtes de Remington Steele, mais la série télévisée est sur le point d'être annulée faute d'audience. Paradoxalement, l'annonce que Pierce Brosnan pourrait être le nouveau James Bond relance l'intérêt de la chaîne pour la série. NBC utilise alors une clause dans le contrat de l'acteur l'obligeant à tourner une nouvelle saison. Albert R. Broccoli ne veut pas que James Bond soit joué par un acteur apparaissant en même temps dans une série télévisée. Bien que la 5e saison de la série ne dure que 4 épisodes, Brosnan, très déçu, ne peut tenir le rôle. En , il est confirmé que Brosnan ne tiendra pas le rôle principal dans ce film.
Dana, l'épouse d'Albert R. Broccoli, suggère alors Timothy Dalton. Mais le producteur est réticent en raison du désintérêt de l'acteur pour le rôle. Broccoli cède cependant à la volonté de Dana et accepte de rencontrer l'acteur. Mais Dalton s’apprête à tourner Brenda Starr et sera bientôt indisponible. Bien qu'il ait auparavant refusé de prendre la suite de Sean Connery à la fin des années 1960, se trouvant trop jeune, Timothy Dalton décide d'accepter. Il ne signe cependant pas de contrat tout de suite. Un directeur de casting persuade alors Robert Bathurst de passer des essais. Ce dernier pense que cela n'est qu'un prétexte pour mettre la pression sur Dalton. Mais Timothy Dalton est finalement officiellement engagé. Il est officiellement présenté à la presse mondiale le 5 octobre 1986, à Vienne.
Joe Don Baker, qui interprète ici Brad Whitaker, jouera ensuite le rôle de Jack Wade, l'agent de la CIA dans GoldenEye (1995) et Demain ne meurt jamais (1997). Andreas Wisniewski, qui joue le tueur Nécros, est un danseur classique allemand, ce qui lui fut utile pour les scènes de combat. Du côté des figurants, Frederick Warder et Glyn Baker ont été choisis pour interpréter les deux agents « 00 » du pré-générique en raison de leur ressemblance avec les anciens James Bond, respectivement George Lazenby et Roger Moore.
Du côté des actrices féminines, Maryam d'Abo décroche le rôle de Kara après avoir donné la réplique aux James Bond potentiels dans leurs bouts d'essai. De plus, l'actrice anglaise ne cache pas sa passion pour la saga cinématographique. Elle est la seule Bond Girl de tout le film (si l'on ne compte pas les courtes apparitions à l'écran de Kelly Tyler et de Virginia Hey). Quant au célèbre personnage de Miss Moneypenny, il est interprété ici par Caroline Bliss, qui commence sa carrière en incarnant la Princesse Diana dans le téléfilm Charles and Diana : A Royal Love Story (1982). Elle remplace Lois Maxwell, qui a campé le rôle pendant pratiquement 25 ans, et elle est ainsi la deuxième actrice à incarner ce personnage. La coproductrice Barbara Broccoli, fait une apparition en tant que soldat tchèque. Ce n'est pas le premier caméo d'un membre de l'équipe : le producteur Michael G. Wilson n'en est pas à ses premières apparitions dans la série. Tuer n'est pas jouer est le dernier film de la série à figurer un essaim de James Bond Girls : elles sont rassemblées autour de la piscine dans le palais marocain de Brad Whitaker.
Ce premier film avec Timothy Dalton marque également la sixième et dernière apparition de Geoffrey Keen dans le rôle du ministre de la Défense Frederick Gray, ainsi que de Walter Gotell dans celui du général Anatol Gogol, personnages récurrents des cinq derniers films avec Roger Moore ; on y apprend que Gogol a désormais la charge des affaires étrangères en URSS et que le général Leonid Pushkin, joué par John Rhys-Davis, lui a succédé à la tête du KGB.
Le tournage débute le au Rocher de Gibraltar pour la séquence de pré-générique. La production utilise des installations militaires britanniques, dont une route d'accès réservée au ministère de la Défense de Sa Majesté, habituellement fermée au public. Le , l'équipe commence à tourner sur le « Plateau 007 » aux Pinewood Studios en Angleterre. Une semaine plus tard, les acteurs et l'équipe technique sont à Vienne où le réalisateur John Glen tourne des scènes au Volksoper Wien, dans la salle de concert du Château de Schönbrunn et dans le parc d'attractions du Prater. La course-poursuite sur glace est encore conçue comme une scène de yachting sur glace. Mais John Glen a dû composer autrement : « Nous n'avons pas pu faire venir les chars à glace en Autriche. Ils ne vont que là où la glace est bonne. » D'autres endroits de tournage comprennent aussi le Maroc, les États-Unis et l'Italie.
L'Afghanistan étant sous occupation soviétique en 1986, les scènes de désert ont été réalisées au Maroc, notamment à Ouarzazate — d'ailleurs, nombre des figurants « afghans » du film sont en fait des soldats de l'armée marocaine, qui ont l'avantage non négligeable de se présenter sur le tournage munis de leurs propres armes. Cet ancien poste français sera aussi employé pour figurer la Somalie dans La Chute du Faucon Noir (2001) et l'Afrique du Nord de Gladiator (2000). Cependant, la fuite de Bond en Land Rover et en parachute a été tournée dans le Désert des Mojaves. La conclusion du film inclut le Château de Schönbrunn à Vienne et l'Elveden Hall dans le Suffolk.
De retour à Pinewood, une anecdote pimente le tournage. Le , l'équipe reçoit la visite du prince et de la princesse de Galles, visite au cours de laquelle Diana brise une bouteille en sucre sur la tête de Charles, une « cascade » qui enchante les tabloïds. De même, le tir de la roquette lancé dans le laboratoire de « Q » est déclenché par le prince Charles.
Les principaux travaux de prise de vue s'achèvent le . Six jours plus tard, Albert R. Broccoli est promu Officier de l'Ordre de l'Empire britannique[réf. nécessaire].
| Sortie |
1987 1998 (réédition) 2003 (réédition) |
|---|---|
| Enregistré | mai 1987 |
| Durée | 65:11 (réédition) |
| Format | LP, CD |
| Compositeur | John Barry |
| Producteur | Paul O'Duffy, Jason Corsaro |
| Label |
Capitol / EMI Warner Bros. Records Rykodisc (1998) |
| Critique |
John Barry compose sa onzième et dernière bande originale d'un film de James Bond. La musique de Tuer n'est pas jouer se démarque cependant des précédentes par l'introduction de pistes rythmiques électroniques alliées au traditionnel orchestre. Le compositeur passera également pour la première fois devant la caméra dans le cadre des aventures de 007 : il fait une apparition en tant que chef d'orchestre dans la dernière scène où Kara s'illustre en tant que violoncelliste.
La chanson du générique d'entrée, The Living Daylights, est interprétée par le groupe norvégien a-ha. C'est l'une des rares chansons de la saga à ne pas être interprétées par des artistes britanniques. John Barry n'y participe pas beaucoup, mais remixe la chanson pour un autre passage du film.
La chanson du générique de fin est If There Was A Man, chantée par Chrissie Hynde des Pretenders. On peut également entendre la chanson Where Has Everybody Gone ? des Pretenders dans le baladeur de Nécros. Le groupe doit en premier lieu interpréter la chanson principale du film, mais à la suite du précédent succès de la chanson A View to a Kill de Duran Duran, les producteurs préfèrent a-ha pour renouveler l'expérience avec un groupe de synthpop. C'est le premier film de Bond dans lequel le générique de fin comporte un morceau différent du thème principal.
Le film contient également plusieurs pièces de musique classique. Le 1er mouvement de la Symphonie no 40 de Mozart est interprété par le Conservatoire de Bratislava. Kara joue le Quatuor à cordes en ré majeur d'Alexandre Borodine. Le Concerto pour violoncelle de Dvořák s'entend également dans le film. À la fin de celui-ci, Kara interprète les Variations sur un thème Rococo de Tchaikovsky devant le général Gogol et James Bond.
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Tuer n'est pas jouer constitue la dernière occasion à ce jour pour « M » d'installer son bureau dans un cadre inhabituel (à bord d'un Hercules) ; une pratique inaugurée en 1967 dans On ne vit que deux fois, avec le transfert de « M » et Moneypenny à bord d'un sous-marin britannique.