| Thibilis | ||
Arc de triomphe (état de 1893) | ||
| Localisation | ||
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| Pays | ||
| Coordonnées | 36° 23′ 36″ nord, 7° 15′ 33″ est | |
| Histoire | ||
| Époque | empire romain puis byzantin | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Thibilis est une ville numide dans la commune de Sellaoua Announa, région de Guelma ex Calama, au nord-est de l'actuelle Algérie, elle a connu une forte implantation romaine puis byzantine. La cité dépendait de la colonie romaine de Cirta à 57 km au nord ouest, puis devint un municipe autonome.
Les nombreuses inscriptions latines découvertes sur le site de Thibilis ont fourni des indications sur le statut et les magistrats de cette cité : durant le Haut-Empire, Thibilis est d'abord un pagus dépendant de la confédération cirtéenne qui réunissait Cirta, Rusicade, Chullu et Milève. Bénéficiant d"une certaine autonomie, la ville est administrée par deux magistri de mandat annuel, assistés par un ou deux édiles.
Durant les règnes d'Antonin le Pieux et de Marc Aurèle, des notables de Thibilis accèdent aux plus hautes fonctions de l'administration impériale, Quintus Antistius Adventus (en), consul suffect vers 167, puis son fils Lucius Antistius Burrus, gendre de Marc Aurèle et consul en 181.
Thibilis accède au rang de municipe dirigé par deux duumviri à une date indéterminée, probablement entre 260 (dernier magister connu par une inscription) et 268 (premier duumvir connu), ce qui correspond à la période estimée pour la dissolution de la confédération cirtéenne.
Des prêtres exerçaient les cultes locaux : flamen Augusti pour le culte impérial, flamen perpetuus thibiliatanorum, sacerdos ou sacerdos Saturni (prêtre de Saturne), qui pouvait être un homme ou une femme. Prêtrises et magistratures faisaient partie des charges honorifiques de l'élite locale.
Les magistrats se rendaient au printemps dans une grotte du Djebel Taya à une trentaine de kilomètres de Thibilis pour rendre un culte à une divinité locale, Bacax, et gravaient sur les parois de la grotte l'inscription de leur passage,,.
Un autre culte est attesté à Thibilis même par deux inscriptions non datées, celui de Magna Mater deorum Idaea, la Grande Mère des dieux.
Les fouilles menées par Charles-Albert Joly au début du XXe siècle pour le compte du Service des monuments historiques ont permis de dégager plusieurs ensembles monumentaux, dont René Cagnat rend compte à partir des travaux de Stéphane Gsell. Le site comprend notamment un petit forum, dépourvu de plusieurs aménagements habituellement associés à ce type d’espace, tels que sanctuaires, basilique ou tribune aux harangues. L’un de ses côtés est bordé de petites pièces, dont l’une, dotée d’un décor plus soigné, pourrait avoir servi de curie. Les fouilles ont également mis au jour un Capitole et un petit temple voisin consacré à une divinité non identifiée, ainsi qu’un bâtiment de dimensions plus importantes dont le plan présente des caractéristiques proches de celles d’une basilique, un petit marché et plusieurs habitations.
Parmi ces habitations, l’une se distingue par son association avec la famille des Antistii, connue notamment par plusieurs inscriptions latines découvertes sur place. Les Antistii de Thibilis comptaient parmi les sénateurs et fournirent notamment Antistius Adventus, consul vers 167, ainsi que Lucius Antistius Burrus, consul en 181. Burrus avait épousé une fille de l’empereur Marc Aurèle, tandis qu’Adventus mena une carrière militaire et administrative au IIe siècle : il participa à des campagnes contre les Parthes en Orient et contre les groupes germaniques en Italie, avant d’accéder au consulat et au gouvernement de la province de Bretagne. Au centre de l’atrium de la demeure associée à cette famille a été retrouvé un autel destiné aux sacrifices en l’honneur du Genius domus. Son péristyle présente par ailleurs une forme semi-circulaire organisée autour d’une fontaine centrale de dessin comparable.
Les fouilles ont enfin dégagé deux églises chrétiennes et une chapelle, dont l’une des églises, située au nord-ouest, possède un baptistère particulièrement bien conservé.
Antoine Héron de Villefosse présente à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, au nom du commandant Thyl, chef d'escadron de l’état-major polonais, une inscription votive découverte dans les vestiges de l'ancienne Thibilis. Le texte est gravé sur la face d’un petit autel quadrangulaire, découvert dans la cour de la caserne de gendarmerie lors d’une inspection effectuée sur place par le commandant Thyl. L'inscription associe deux divinités : Vénus Augusta et la Mater Deum Magna Idaea, c'est-à-dire la Grande Mère des Dieux. L'autel a été consacré par Q. Clodius Quintillus en mémoire de son épouse défunte, Fuficia Vita. Cette dédicace constitue ainsi un témoignage épigraphique du culte rendu à ces divinités à Thibilis.
Héron de Villefosse signale également qu'un autre autel consacré à la Mère des Dieux, lui aussi découvert à Thibilis, est conservé au musée du Louvre. Il mentionne en outre un bas-relief représentant la déesse assise de profil sur un lion. Il fait état également d'une autre découverte réalisée dans les ruines de Thibilis par A. Joly : un autel consacré à Vénus Érycine. Cette épithète fait référence au célèbre sanctuaire de cette divinité établi sur le mont Éryx, en Sicile, où elle faisait l’objet d’un culte particulier.