Ours proprement dits
l’ours brun (Ursus arctos) et l’ours blanc (Ursus maritimus) ;
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Mammalia |
| Cohorte | Placentalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Ursidae |
| Sous-famille | Ursinae |
Répartition géographique
Ursus est un genre de mammifères carnivores de la famille des ursidés. Ce groupe, se veut comprendre les Ours proprement dit cependant, le genre a eu de nombreuses définitions différentes et a énormément évolué au cours de l’histoire, et aujourd’hui encore des analyses phylogénétiques actuelles mettent à mal la définition de ce qu’est un « véritable ours ».

Un groupe regroupant diverses espèces de plantigrades existait non formellement avant la taxonomie moderne. Dans son histoire naturelle, Buffon, regroupe différentes espèces sous le nom d’« ours », toutefois, le naturaliste mettait une certaine réserve quant au caractère spécifique des différentes animaux étudiés. Dans la taxonomie moderne, le genre Ursus, du latin ursus (« ours »), fait partie des genres originels de carnivores (Ferae) par Carl von Linné, apparaissant dès la dixième édition du Systema Naturae en 1758 avec les espèces suivantes :
Le genre Ursus se caractérisera pendant un certains temps comme un genre de mammifères caractérisés par une ostéologie et une dentition spécifique , mais surtout par leur marche plantigrade. Mais progressivement, au cours des XIXe et XXe siècles, l'accroissement des collections de spécimens et la découverte de formes fossiles ou géographiques conduisent de nombreux auteurs à extraire les autres mammifères distincts des ours et à créer pour les « Ours vrais » des sous-genres pour isoler des lignées morphologiquement divergentes, ce que l’on considère aujourd’hui comme des espèces distinctes. En 1825, John Edward Gray initie ce morcellement en proposant le sous-genre Danis, du grec ancien δανός / danos (« brûlé, sec »), faisant peut-être allusion à la robe ou au milieu de l'animal, avec pour type par monotypie le Grizzly (Ursus ferox (= Ursus horribilis)). La même année, Gray distingue l'Ours blanc sous le nom de Thalarctos (aussi décliné sous les variantes Thalassarctos et Thalassarctus), forgé à partir du grec ancien θάλασσα / thálassa (« mer ») et ἄρκτος / árktos (« ours »), avec pour type Ursus polaris (= Ursus maritimus). Cette adaptation marine justifiera également la création plus tardive du genre Thalassiarchus par Wilhelm Kobelt en 1896, combinant « mer » et ἄρχος / árkhos (« chef, souverain »).

L'étude des taxons fossiles d'Europe suscite parallèlement la création d'unités consacrées aux ours des cavernes : Joshua Brookes avance en 1828 le taxon Spelaeus, du grec σπήλαιον / spḗlaion (« caverne, grotte »), avec pour type Spelaeus antiquorum (= Ursus spelaeus), qui demeure un nomen nudum, tandis qu'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire propose en 1833 la dénomination provisoire Spelaearctos (« ours des cavernes »). Plus tardivement, la paléontologie isole également les formes primitives et plio-pléistocènes : Miklós Kretzoi décrit ainsi le genre Protarctos en 1945, du grec πρῶτος / prôtos (« premier, avant ») et « ours », fondé sur †Ursus böckhi,, puis introduit en 1954 Ursulus, un diminutif latin appliqué au petit †Ursus minimus.
Les formes actuelles connaissent un découpage similaire. En 1864, Gray tente de rassembler tout les spécimens d’ours découverts et les mettant dans un genre distinct, comme l’Ours brun dans le genre Ursus, l'Ours noir américain au sein du taxon Euarctos, du grec εὖ / eû (« bien, typique ») et « ours », avec pour type Ursus americanus, ainsi que d’autres populations d’ours bruns dans le genre Myrmarctos, associant le grec μύρμηξ / múrmēx (« fourmi ») à « ours », pour Myrmarctos eversmanni. À la fin du XIXe siècle, le père Pierre Marie Heude multiplie les créations taxonomiques pour les faunes est-asiatiques : il établit les genres du Grizzly noir (Melanarctos), du grec μέλας / mélas, « noir »),, le mot-valise Ursarctos, pour l’Ours brun d’Ézo, puis rassemble également tout les autres spécimens d’ours noir d’Asie dans le groupe des Ours-lunes (genre Selenarctos) en 1901, du grec σελήνη / selḗnē (« lune ») en référence au croissant pectoral,, où il regroupe l'Ours du Tibet et ses formes régionales de l’Ours du Japon (Ursus japonicus), l’Ours de Moupin (Selenarctos mupinensis et l’Ours de Runick (Selenarctos ussuricus) et Selenarctos leuconyx. Cette même espèce asiatique inspire en 1917 à Reginald Innes Pocock le genre Arcticonus, combinant « ours » et le grec εἰκών / eikṓn (« image, portrait »),.
D'autres dénominations traduisent des démarches isolées ou des caractères anatomiques spécifiques. En 1899, le naturaliste mexicain Alfonso Luis Herrera propose Mamursus, préfixant le nom linnéen de l'abréviation de la classe des Mammalia. En 1918, Clinton Hart Merriam décrit Vetularctos, du latin vetula (« vieille femme ») et « ours »,, pour Vetularctos inopinatus, un taxon fondé sur un crâne nord-américain atypique ensuite réidentifié comme un individu âgé d'Ursus arctos. Enfin, Einar Lönnberg crée en 1923 Mylarctos, du grec μύλη / múlē (« dent molaire, meule ») soulignant la molarisation marquée des joues de l'Ours bleu du Tibet (Ursus pruinosus),.
La systématique moderne a toutefois largement restreint cette dispersion générique : la majorité de ces taxons sont aujourd'hui considérés comme de simples sous-genres ou des synonymes juniors d'Ursus, dont le noyau rassemble les ours bruns, polaires, noirs américain et asiatique.
| Sous-genre | Espèce, nom et auteur | Description | Répartition | Statut UICN |
|---|---|---|---|---|
| Ursus Ours véritables |
Ursus arctos Linnaeus, 1758 Ours (stricto sensu) Ours brun |
L'ours brun présente une bosse musculaire prononcée au-dessus des épaules et de longues griffes antérieures peu recourbées adaptées au creusement. Sa fourrure varie du blond chamois au brun foncé ou presque noir selon les populations. | Russie, Asie centrale, Chine, Canada, États-Unis (principalement en Alaska), Scandinavie, région des Carpates (notamment en Roumanie), Anatolie et Caucase. |
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| Ursus maritimus Phipps, 1774 Ours blanc Ours polaire |
L'ours blanc est le plus grand carnivore terrestre ; il se caractérise par un cou allongé, une tête relativement fine, des oreilles courtes et une fourrure translucide paraissant blanche à jaunâtre. Ses larges pattes palmées lui permettent de nager et de marcher sur la banquise. | Bassin arctique et masses continentales adjacentes, vers le sud jusqu'à Terre-Neuve. |
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| Euarctos | Ursus americanus Pallas, 1780 Ours noir d’Amérique Baribal |
Plus petit que l'ours brun, le baribal est dépourvu de bosse scapulaire marquée, ce qui lui confère une croupe plus haute que les épaules. Ses griffes antérieures courtes et recourbées en font un excellent grimpeur. Sa robe est le plus souvent noire, mais présente des phases cannelles ou claires. | Canada, États-Unis (hors plaines centrales) et nord du Mexique. |
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| Selenarctos Ours-lune |
Ursus thibetanus G. Cuvier, 1823 Ours du Tibet Ours noir d’Asie |
L'espèce arbore un pelage noir lustré muni d'une marque pectorale blanche ou crème en forme de croissant ou de « V ». Elle présente de grandes oreilles rondes et une silhouette trapue adaptée à la vie forestière et arboricole. | Sous-continent indien, Corée, nord-est de la Chine, Extrême-Orient russe, îles de Honshū et Shikoku au Japon, et Taïwan |
Par le passé, la taxonomie supposait que les deux ours noirs d’Amérique et d’Asie formait un clade monophylétique, mais une étude de 2017 a rebattu les cartes révélant que non seulement cette position était erronée, mais surtout que l’ours noir d’Asie entretien une relation phylogénétique proche avec ces deux cousins asiatiques quand bien même ils diffèrent physiquement des autres espèces du genre Ursus si bien qu’ils ne sont pas considérés comme des ours proprement dits, le Mélours et l’Hélarcte, et il a été proposé de renommer l’Ours lippu Ursus ursinus et l’Ours Malais Ursus malayanus.
Phylogénie des espèces actuelles d'Ursidés, d'après Yu et al. (2007), Servheen et al. (1999) et Kumar et al. (2017) :
| Ursidae |
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| Sous-genre (Genre actuel) | Espèce, nom et auteur | Description | Répartition | Statut UICN |
|---|---|---|---|---|
| Melursus Mélours |
Ursus ursinus (Shaw, 1791) Ours lippu Jongleur |
L'ours lippu se distingue par son pelage noir ébouriffé et hirsute, une marque pectorale blanche en forme de « Y » ou de « V », un museau blanchâtre et mobile muni de lèvres préhensiles dépourvues de poils, ainsi que de longues griffes recourbées adaptées à l'éventrement des termitières. |
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| Helarctos Hélarcte |
Ursus malayanus Horsefield, 1825 Ours malais Bruan |
Plus petit représentant actuel des ursidés, il présente un pelage ras et lisse d'un noir profond, un museau clair et court, ainsi qu'une marque en demi-cercle blanc-jaunâtre à orangée sur le poitrail. Ses pattes sont massives avec de longues griffes arquées et des paumes nues favorisant l’escalade des arbres. |
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