Acide gras

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En chimie et en biochimie, les acides gras sont un groupe de composés organiques faisant partie de la famille des acides carboxyliques. Comme ces derniers, ils possèdent un squelette carboné dérivé des alcanes qui porte au moins un groupe carboxyle (COOH), mais ont la particularité d'avoir une chaîne aliphatique relativement longue, ce qui tend à les rendre insolubles dans l'eau.

Les acides gras naturels possèdent une chaîne carbonée de 4 à 36 atomes de carbone (rarement au-delà de 28) et habituellement en nombre pair, car la biosynthèse des acides gras, catalysée par la synthase d'acide gras, procède en ajoutant de façon itérative des groupes de deux atomes de carbone grâce à l'acétyl-CoA.

Par extension, le terme est parfois utilisé pour désigner tous les acides carboxyliques à chaîne hydrocarbonée non cyclique.

En biochimie, les acides gras sont une catégorie de lipides qui comprend notamment les acides carboxyliques aliphatiques et leurs dérivés (acides gras méthylés, hydroxylés, hydroperoxylés, etc.) et les eicosanoïdes. Ces derniers dérivent de l'acide eicosapentaénoïque (oméga-3) ou de l'acide arachidonique (oméga-6) et ont souvent un rôle d'hormones.

Les acides gras jouent un rôle structurel fondamental dans toutes les formes de vies connues à travers divers types de lipides (phosphoglycérides, sphingolipides…) qui, en milieu aqueux, s'organisent en réseaux bidimensionnels structurant toutes les membranes biologiques (membrane cellulaire, plasmique, mitochondriale, du réticulum endoplasmique, des thylakoïdes, etc.).

Ils constituent également des sources importantes d'énergie métabolique : les acides gras permettent aux êtres vivants de stocker environ 37 kJ d'énergie (9 kcal) par gramme de lipides, contre environ 17 kJ pour les glucides (4 kcal). Ils sont stockés par l'organisme sous forme de triglycérides, dans lesquels trois molécules d'acides gras forment un ester avec un résidu de glycérol. Lorsqu'ils ne sont pas liés à d'autres molécules, les acides gras sont dits « libres ».

Leur dégradation produit de grandes quantités d'ATP, molécule énergétique privilégiée des cellules : la β-oxydation suivie de la dégradation par le cycle de Krebs d'un acide gras saturé à n = 2p atomes de carbone libère en effet (10p – 2) ATP + (p – 1) × (FADH2 + NADH + H+), soit l'équivalent énergétique de 106 ATP pour une molécule d'acide palmitique CH3(–CH2)14–COOH, qui contient 16 atomes de carbone (n = 16, et donc p = 8).

Les acides gras peuvent être synthétisés par l'organisme à travers un ensemble de processus métaboliques appelés lipogenèse. Ils sont également apportés en grande quantité par l'alimentation.

En moyenne, les besoins énergétiques quotidiens s'élèvent à 2 000 kcal pour une femme et 2 500 kcal pour un homme adulte, dont les matières grasses ne devraient idéalement pas représenter plus de 35 %, soit 65 g pour une femme et 90 g pour un homme adulte.

L'alimentation humaine occidentale apporte néanmoins bien davantage de matières grasses, les valeurs annuelles individuelles pour la France, toutes tranches d'âges confondues, s'élevant en moyenne à 125 g par jour et par personne, autrement dit 160 % de la quantité maximale recommandée pour un adulte.

Nomenclature

Il existe plusieurs nomenclatures parallèles pour désigner les acides gras.

Exemples : acide palmitique, acide palmitoléique, acide arachidique, acide arachidonique, etc.
Exemples : acide cis-9-hexadécénoïque ou acide (Z)-hexadéc-9-énoïque pour l'acide palmitoléique.
Exemples : acide cis-Δ9-hexadécénoïque pour l'acide palmitoléique ; acide cis-Δ9,cis-Δ12-octadécadiénoïque, acide cis,cis-Δ9Δ12-octadécadiénoïque, acide cis,cis-Δ9,12-octadécadiénoïque, ou encore acide tout-cis-Δ9,12-octadécadiénoïque pour l'acide linoléique.
Exemples : 16:1 n-7 pour l'acide palmitoléique ; 18:2 n-6 ou 18:2 ω-6 pour l'acide linoléique, un oméga-6 essentiel ; 18:3 n-6 pour l'acide pinolénique, l'acide γ-linolénique (GLA) ou encore l'acide jacarique, respectivement diastéréoisomères tout-cis-Δ5,9,12, tout-cis-Δ6,9,12 et cis,trans,cis-Δ8,10,12 de l'acide octadécatriénoïque (18:3) — le GLA est en fait le seul des trois à être habituellement rangé parmi les oméga-6.
Numérotation des atomes de carbone de l'acide stéaridonique, un acide gras oméga-3, selon les nomenclatures chimique (en bleu) et biochimique (en rouge).

Classification

On parle d'acides gras à longue chaîne pour une longueur de 14 à 24 atomes de carbone et à très longue chaîne s'il y a plus de 24 atomes de carbone.

Les acides gras sont présents dans les graisses animales et les graisses végétales, les huiles végétales ou les cires, sous forme d'esters.

Les acides gras à chaîne courte (AGCC) sont des acides gras comportant de 2 à 6 atomes de carbone. Contrairement aux acides gras à longue chaîne qui proviennent principalement de l'alimentation et du métabolisme lipidique, les AGCC sont majoritairement produits par la fermentation bactérienne des fibres alimentaires et des glucides non digestibles dans le côlon.

Les trois principaux AGCC produits par le microbiote intestinal sont l'acide acétique (acétate, C2:0), l'acide propionique (propionate, C3:0) et l'acide butyrique (butyrate, C4:0), représentant respectivement environ 60%, 20% et 20% des AGCC totaux. On trouve également en plus faibles quantités l'acide valérique (valérate, C5:0) et l'acide caproïque (caproate, C6:0). Ces molécules jouent des rôles physiologiques essentiels, distincts de ceux des acides gras à longue chaîne.

Les AGCC agissent également comme molécules de signalisation en se liant à des récepteurs couplés aux protéines G, notamment GPR41 (FFAR3) et GPR43 (FFAR2), exprimés sur diverses cellules incluant les entérocytes, les cellules immunitaires et les adipocytes. Par cette voie, ils participent à la régulation de l'inflammation, de l'immunité intestinale, de la satiété et du métabolisme énergétique.

La production d'AGCC dépend étroitement de la composition du microbiote intestinal et de l'apport alimentaire en fibres fermentescibles. Un déficit en AGCC, notamment en butyrate, a été associé à diverses pathologies incluant les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, le syndrome métabolique, le diabète de type 2 et certains cancers colorectaux. L'enrichissement de l'alimentation en fibres prébiotiques (inuline, oligofructose, amidon résistant) favorise la production d'AGCC et constitue une stratégie nutritionnelle pour maintenir la santé intestinale.

Acides gras saturés

Exemples d'acides gras saturés
Nom d'usage   Structure   C:D  
  Acide caprylique     CH3(–CH2)6–COOH     8:0
  Acide caprique     CH3(–CH2)8–COOH     10:0
  Acide laurique     CH3(–CH2)10–COOH     12:0
  Acide myristique     CH3(–CH2)12–COOH     14:0
  Acide palmitique     CH3(–CH2)14–COOH     16:0
  Acide stéarique     CH3(–CH2)16–COOH     18:0
  Acide arachidique     CH3(–CH2)18–COOH     20:0
  Acide béhénique     CH3(–CH2)20–COOH     22:0
  Acide lignocérique     CH3(–CH2)22–COOH     24:0
  Acide cérotique     CH3(–CH2)24–COOH     26:0

Un acide gras saturé est un acide carboxylique aliphatique comportant typiquement de 12 à 24 atomes de carbone et aucune double liaison carbone-carbone : tous les atomes de carbone sont saturés en hydrogène, la formule semi-développée d'un tel acide gras à n atomes de carbone étant H3C(–CH2)n-2–COOH.

Les molécules de ces composés organiques sont linéaires de longueur variable. Plus les membranes biologiques sont riches en acides gras saturés et plus les lipides qui portent ces acides gras auront tendance à « cristalliser » en formant des réseaux ordonnés dont la fluidité est entravée par de nombreuses liaisons hydrogène ; le taux d'acides gras saturés est un moyen de réguler la fluidité des membranes biologiques en fonction de la température. Un excès d'acides gras saturés dans les membranes cellulaires peut cependant altérer leur fonction d'interfaces biologiques entre le cytoplasme et le milieu extracellulaire, par exemple en réduisant la perméabilité de ces membranes ou en modifiant le comportement de certains récepteurs membranaires.

Représentation 3D de la molécule d'acide myristique, un acide gras du lait de vache à 14 atomes de carbone. Comme tous les acides gras saturés, sa molécule est linéaire, de formule CH3(–CH2)12–COOH.

Acides gras insaturés

Comparaison des diastéréoisomères trans (en haut, A : acide élaïdique) et cis (en bas, B : acide oléique) d'un même acide gras monoinsaturé, le Δ9 18:1.

Un acide gras insaturé est un acide gras qui comporte une ou plusieurs doubles liaisons carbone-carbone. Ces doubles liaisons peuvent être réduites en liaisons covalentes simples par l'addition de deux atomes d'hydrogène, conduisant à un acide gras saturé. Elles introduisent une isomérie cis-trans au niveau de chacune d'elles, la configuration cis étant privilégiée dans les structures biologiques tandis que la configuration trans demeure assez rare dans le milieu naturel et est généralement le fruit d'une manipulation humaine sur la structure des acides gras.

Acides gras trans

Une configuration trans signifie que les atomes de carbone adjacents à la double liaison sont situés de part et d'autre de cette dernière. La chaîne hydrocarbonée adopte une configuration rectiligne très semblable à celle de l'acide gras saturé correspondant. La plupart des acides gras trans ne sont pas synthétisés naturellement par les organismes vivants et sont produits industriellement par des procédés tels que l'hydrogénation partielle, par exemple dans les procédés de l'industrie agroalimentaire destinés à donner une meilleure tenue aux aliments (viennoiseries plus « croustillantes ») et une plus grande résistance au rancissement (à la peroxydation des lipides en particulier), les acides gras insaturés étant particulièrement sensibles à cet égard.

Acides gras cis

Une configuration cis signifie que les atomes de carbone adjacents à la double liaison sont situés du même côté de cette dernière. Cette configuration introduit une courbure de la chaîne hydrocarbonée de l'acide gras tout en réduisant sa flexibilité mécanique. Plus un acide gras possède de doubles liaisons, qui sont naturellement cis, plus sa chaîne aliphatique est tordue et rigide : avec une double liaison, la molécule d'acide oléique (cis-Δ9 18:1) est coudée en son milieu, tandis que, avec deux doubles liaisons, la molécule d'acide linoléique (tout-cis-Δ9,12 18:2) présente une forme gauchie et, avec trois doubles liaisons, la molécule d'acide α-linolénique (tout-cis-Δ9,12,15 18:3) a une forme en crochet.

Ces formes particulières, associées à la plus grande rigidité de ces molécules, réduisent la faculté de ces dernières à constituer des réseaux de molécules ordonnées interagissant entre elles par liaisons hydrogène, ce qui tend à abaisser la température de fusion des structures biologiques qui contiennent de telles molécules, notamment des membranes, dont la fluidité augmente avec leur taux d'acides gras insaturés.

Exemples d'acides gras insaturés
Nom d'usageFormule semi-développéeΔx  C:D    n−x  
  Acide myristoléique  CH3(–CH2)3–CH=CH(–CH2)7–COOHcis-Δ9  14:1  n−5
  Acide palmitoléique  CH3(–CH2)5–CH=CH(–CH2)7–COOHcis-Δ9  16:1  n−7
  Acide sapiénique  CH3(–CH2)8–CH=CH(–CH2)4–COOHcis-Δ6  16:1  n−10
  Acide oléique  CH3(–CH2)7–CH=CH(–CH2)7–COOHcis-Δ9  18:1  n−9
  Acide élaïdique  CH3(–CH2)7–CH=CH(–CH2)7–COOHtrans-Δ9  18:1  n−9
  Acide trans-vaccénique  CH3(–CH2)5–CH=CH(–CH2)9–COOHtrans-Δ11  18:1  n−7
  Acide linoléique  LA    CH3(–CH2)3(–CH2–CH=CH)2(–CH2)7–COOHtout-cis-Δ9,12  18:2  n−6
  Acide linolélaïdiqueCH₃–(CH₂)₄–CH=CH–CH₂–CH=CH–(CH₂)₇–COOHtout-trans-Δ9,12  18:2  n−6
  Acide α-linolénique  ALA    CH3(–CH2–CH=CH)3(–CH2)7–COOHtout-cis-Δ9,12,15  18:3  n−3
  Acide γ-linolénique  GLA    CH3(–CH2)3(–CH2–CH=CH)3(–CH2)4–COOHtout-cis-Δ6,9,12  18:3  n−6
  Acide dihomo-γ-linolénique    DGLA    CH3(–CH2)3(–CH2–CH=CH)3(–CH2)6–COOHtout-cis-Δ8,11,14  20:3  n−6
  Acide arachidonique  AA    CH3(–CH2)3(–CH2–CH=CH)4(–CH2)3–COOHNISTtout-cis-Δ5,8,11,14  20:4  n−6
  Acide eicosapentaénoïque    EPA    CH3(–CH2–CH=CH)5(–CH2)3–COOHtout-cis-Δ5,8,11,14,17  20:5  n−3
  Acide clupanodonique    DPA    CH3(–CH2–CH=CH)5(–CH2)5–COOHtout-cis-Δ7,10,13,16,19  22:5  n−3
  Acide docosahexaénoïque    DHA    CH3(–CH2–CH=CH)6(–CH2)2–COOHtout-cis-Δ4,7,10,13,16,19  22:6  n−3

Acides gras indispensables et essentiels, oméga-3 et oméga-6

Les acides gras essentiels sont appelés ainsi parce qu'ils ne peuvent être biosynthétisés en quantité suffisante par le corps humain. Parmi ceux-ci, les acides gras oméga-3 et oméga-6 sont des acides gras insaturés dont la première double liaison comptée depuis le méthyle –CH3 terminal se trouve respectivement sur la troisième (ω-3) et sur la sixième (ω-6) liaison carbone-carbone.

Chez l'humain, seuls l'acide α-linolénique (ALA, tout-cis-Δ9,12,15 18:3, un acide gras ω-3) et l'acide linoléique (LA, tout-cis-Δ9,12 18:2, un acide gras ω-6) sont strictement essentiels, car ils ne sont pas synthétisés par l'organisme et doivent par conséquent lui être intégralement fournis par l'alimentation ; les autres acides gras qualifiés d'essentiels le sont en réalité selon les circonstances, car ils peuvent être synthétisés par l'organisme à partir d'autres acides gras, mais en quantité qui peut être insuffisante, d'où la nécessité de pallier ce manque éventuel par l'apport alimentaire :

Ces acides gras agissent de manière complexe dans l'organisme. Les métabolites issus des oméga-6 sont pro-inflammatoires, prothrombotiques et hypertenseurs tandis que ceux issus des oméga-3 ont globalement un effet inverse. Le rapport alimentaire optimal entre ces deux classes d'acides gras est généralement estimé entre 1 et 4 fois plus d'oméga-6 que d'oméga-3. Cependant, l'alimentation humaine occidentale apporte en moyenne 16 fois plus d'oméga-6 que d'oméga-3, avec des valeurs pouvant dépasser 30 fois dans certains régimes alimentaires particulièrement déséquilibrés. Un excès trop prononcé d'oméga-6 par rapport aux oméga-3 tendrait à favoriser le développement de diverses maladies telles que les maladies cardiovasculaires, des cancers et diverses maladies inflammatoires et auto-immunes.

Eicosanoïdes

Les eicosanoïdes sont des lipides participant à la signalisation cellulaire issus de l'oxydation d'acides gras polyinsaturés à 20 atomes de carbone. Ils agissent de façon complexe sur de nombreux processus physiologiques, essentiellement l'inflammation et le système immunitaire, et comme messagers dans le système nerveux central. Ils dérivent d'acides gras essentiels oméga-3 ou oméga-6 selon les cas. Les eicosanoïdes ω-6 sont généralement pro-inflammatoires, tandis que les eicosanoïdes ω-3 le sont sensiblement moins. L'équilibre entre ces deux types d'eicosanoïdes oriente les fonctions physiologiques gouvernées par ces molécules, un déséquilibre pouvant avoir des effets sur les maladies cardiovasculaires, le taux sérique de triglycérides, la pression artérielle ou encore l'arthrite. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l'aspirine agissent en réduisant la synthèse des eicosanoïdes.

Il existe quatre familles d'eicosanoïdes — les prostaglandines, les prostacyclines, les thromboxanes et les leucotriènes — ayant chacune deux ou trois séries de composés dérivées d'un acide gras essentiel ω-3 ou ω-6 :

L'activité physiologique de ces différentes séries rend largement compte des effets que peuvent avoir les acides gras ω-3 et ω-6 sur la santé,,.

Autres types d'acides gras et dérivés

Certains acides gras insaturés naturels possèdent une ou plusieurs triples liaisons dans leur chaîne carbonée. C'est par exemple le cas de l'acide crépénynique, issu de l'acide oléique par déshydrogénation de la double liaison cis-Δ12 par une enzyme spécifique, la déshydrogénase d'acide gras Δ12 (EC 1.14.99.33).

Si les acides gras les plus courants dans les structures biologiques ont une chaîne aliphatique linéaire, il existe cependant, chez les bactéries, les algues et certaines plantes, ainsi que chez les animaux en petite quantité, des acides gras à chaîne hydrocarbonée ramifiée ou cyclique, tels que l'acide tuberculostéarique (acide 10-méthylstéarique), l'acide phytanique (un terpénoïde), l'acide lactobacillique (cyclopropanique), l'acide malvalique (cyclopropénique), l'acide 11-cyclohexylundécanoïque (terminé par un cyclohexane), l'acide 13-phényltridécanoïque (terminé par un groupe phényle), ou encore l'acide chaulmoogrique (terminé par un cyclobutène). Il existe également des acides gras furaniques, synthétisés par des végétaux mais qui se retrouvent chez un très grand nombre d'êtres vivants, notamment les animaux, chez qui ils jouent un rôle d'antioxydant protecteur contre les radicaux libres. Par ailleurs, certaines éponges des côtes australiennes renferment des acides gras dits « amphimiques » (du nom du genre d'éponges Amphimedon) qui contiennent un groupe méthylènecyclopropane. Enfin, on relèvera l'existence d'acides gras de type ladderane, dont le premier à avoir été découvert est l'acide pentacycloanammoxique.

Rôle des acides gras

Métabolisme des acides gras

Le métabolisme des acides gras comprend deux voies métaboliques principales :

Lipogenèse

Synthèse de la malonyl-CoA à partir de l'acétyl-CoA par l'acétyl-CoA-carboxylase. Il s'agit de la première étape de la synthèse des acides gras.
Synthèse de l'acide palmitique sur l'acyl carrier protein (ACP).

La lipogenèse permet la synthèse d'acides gras saturés par condensation de molécules d'acétate à deux atomes de carbone. Chez les mammifères, ce processus a lieu dans le cytoplasme des cellules, principalement du foie, des tissus adipeux et des glandes mammaires. Cependant, il ne permet pas la biosynthèse des acides gras saturés à plus de 16 atomes de carbone (acide palmitique) ni des acides gras insaturés. L'ensemble de la synthèse est réalisée au niveau d'un complexe multi-enzymatique appelé synthase d'acide gras. Le bilan de la synthèse de l'acide palmitique est :

8 Acétyl-CoA + 7 ATP + 14 NADPH+H+ → Acide palmitique (16:0) + 8 CoA + 7 (ADP + Pi) + 14 NADP+ + 6 H2O.

Cette synthèse est consommatrice d'énergie sous forme d'ATP et nécessite comme cofacteurs de la coenzyme A (CoA) et du nicotinamide adénine dinucléotide phosphate (NADP). La coenzyme A permet de faciliter l'utilisation de l'acétate par la cellule. L'acétyl-CoA provient principalement des mitochondries, où elle est synthétisée à partir du pyruvate par le cycle de Krebs. Le NADP est le réducteur de la synthèse des acides gras. De fait, il est oxydé à la fin de la réaction et doit être régénéré.

L'élongation des acides gras saturés au-delà de 16 atomes de carbone est réalisée dans le réticulum endoplasmique et les mitochondries. Dans le premier cas, l'élongation implique des acides gras élongases. Dans le second cas, l'élongation implique paradoxalement certaines enzymes de la lipolyse.

La synthèse des acides gras insaturés à partir des acides gras saturés a lieu au niveau de la membrane du réticulum endoplasmique par des désaturases d'acides gras. La désaturation est consommatrice d'oxygène moléculaire O2 et utilise comme cofacteur du nicotinamide adénine dinucléotide (NAD) :

Acide stéarique (18:0) + 2 NADH+H+ + O2 → Acide oléique (18:1) + NAD+ + 2 H2O.

Tous les organismes ne synthétisent pas nécessairement tous les acides gras saturés et insaturés existants. Ainsi, les humains ne peuvent synthétiser l'acide linoléique et l'acide α-linolénique : ces acides gras sont dits essentiels et doivent être apportés par l'alimentation.

Acides gras, nutrition et maladies cardiovasculaires

L'alimentation est une source importante d'acides gras. Cet apport est vital pour maintenir une lipidémie stable et pour fournir au corps les acides gras essentiels. Les acides gras qualifiés d'essentiels incluent les oméga-3 et oméga-6. Le corps humain ne sachant pas les synthétiser, ou les synthétisant en quantité insuffisante, un apport minimal et régulier par l'alimentation est nécessaire.

Actuellement, selon l'AFSSA, l'alimentation apporte assez d'oméga-6 et trop peu d'oméga-3, avec un rapport oméga-3 / oméga-6 insuffisant.

En revanche, de nombreuses études ont montré qu'un excès d'acides gras (en particulier les gras insaturés trans) pouvait avoir des conséquences sur la santé et notamment augmenter de façon très significative les risques de maladies cardiovasculaires. Certaines études portent sur la consommation excessive d'acides gras insaturés trans issus de procédés industriels comme l'hydrogénation partielle d'acides gras d'origine végétale (huiles).

Composition en acides gras de quelques matières grasses,,
Acides gras :saturésmono-
insaturés
poly-
insaturés
oméga-3oméga-6CholestérolVitamine E
  g / 100 g g / 100 g g / 100 g g / 100 g g / 100 g mg / 100 g mg / 100 g
  Graisses animales
  Lard   40,8   43,8   9,6       93   0,0  
  Beurre   54,0   19,8   2,6       230   2,0  
Graisse de canard 33.2   49.3   12.9   0.101  
  Graisses végétales
  Huile de coco   85,2   6,6   1,7       0   0,7  
  Huile de lin 11   10-20   52 - 80   45 - 70   12-24     17.5  
  Huile de palme   45,3   41,6   8,3       0   33,1  
  Huile de coton   25,5   21,3   48,1       0   42,8  
  Huile de germe de blé   18,8   15,9   60,7   8   53   0   136,7  
  Huile de soja   14,5   23,2   56,5   5   50   0   16,3  
  Huile d'olive   14,0   69,7   11,2   0   7,5   0   5,1  
  Huile de maïs   12,7   24,7   57,8       0   17,4  
  Huile de tournesol   11,9   20,2   63,0   0   62   0   49,0  
  Huile de carthame   10,2   12,6   72,1   0,1-6   63-72   0   40,7  
  Huile de colza   5,3   64,3   21-28   6-10   21-23   0   22,2  

Dans un avis publié en 1992, l'American Heart Association (AHA) a fait les recommandations suivantes :

Nb : Pour les analyses réalisées dans le cadre de la répression des fraudes, on détermine l'origine de la matière grasse en fonction du profil en acides gras, et en fonction des stérols (insaponifiables). Les acides gras à chaîne carbonée impaire sont très minoritaires et ne sont souvent pas quantifiés dans les analyses courantes.

Traceurs dans l'écosystème et la chaîne alimentaire

Certaines sortes de lipides (acides gras, alcools gras, hydrocarbures ou stérols) n'étant produits que par certaines plantes, leur suivi (et/ou celui de leurs descendants métaboliques) dans les réseaux trophiques peut permettre d'identifier des sources et puits de certaines matières organiques dans l'alimentation d'un individu, d'une espèce, d'une population et dans les apports de nutriments ou de carbone dans un compartiment d'un écosystème et d'en mieux comprendre certaines dynamiques(Pimm et al., 1991 cités par Napolitano), en complément d'autres moyens d'études par exemple basé sur l'inspection du contenu stomacal, intestinal ou des fèces, sur des marqueurs biochimiques, immunologiques (Grisley et Boyle, 1985, cités par Napolitano) ou des analyses isotopiques (d'isotopes stables naturels ou de marqueurs isotopiques artificiels (Peterson et Fry, 1987 cités par Napolitano). Quand le lipide (acide gras ici) est métaboliquement stable et/ou qu'il conserve sa structure de base après avoir été digéré ou intégré, il peut permettre de tracer les transferts de carbone et d'énergie dans un réseau trophique, et de par exemple affiner la connaissance des équilibres prédateurs-proies.

Historique

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Notes et références

  1. ↑ (en) G.P. MOSS, Glossary of class names of organic compounds and reactivity intermediates based on structure (IUPAC Recommendations 1995), (DOI 10.1351/pac199567081307, lire en ligne), p. 1335
  2. ↑ Une exception notable à ces assertions est l'acide heptatriacontylique, C37 qui est présent dans plusieurs plantes et animaux.
  3. ↑ (en) « What should my daily intake of calories be? », National Health Service, Royaume-Uni.
  4. ↑ (en) « FSA nutrient and food based guidelines for UK institutions », Food Standards Agency, Royaume-Uni.
  5. ↑ « Matières grasses », Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec : recommandation fixant la masse quotidienne de matières grasses consommées à ne pas dépasser par individu.
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  18. 1 2 Les chiffres des deux dernières colonnes proviennent d'une autre source (Huilerie Noël), citée dans le livre « Le cholestérol : un ennemi qui vous veut du bien » de Catherine Martinez. Ils peuvent être considérés comme cohérents avec les autres sources du tableau à l'exception de l'huile de colza ou la somme oméga-3 + oméga-6 (27-33 g/100g) est supérieure aux chiffres de la colonne des polyinsaturés (21-28 g/100g). Les chiffres figurant dans l'article sur l'huile de colza sont respectivement de 28, 6 et 21 g/100g pour les poly-insaturés, les oméga-3 et les oméga-6.
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Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

Liens externes