| Acide picrique | |||||||
| Structure de l'acide picrique. | |||||||
| Identification | |||||||
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| Nom UICPA | 2,4,6-trinitrophénol | ||||||
| Synonymes |
acide carbo-azotique |
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| No CAS | |||||||
| No ECHA | 100.001.696 | ||||||
| No CE | 201-865-9 | ||||||
| PubChem | 6954 | ||||||
| ChEBI | 46149 | ||||||
| SMILES | C1=C(C=C(C(=C1[N+](=O)[O-])O)[N+](=O)[O-])[N+](=O)[O-] , |
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| InChI | InChI : InChI=1S/C6H3N3O7/c10-6-4(8(13)14)1-3(7(11)12)2-5(6)9(15)16/h1-2,10H |
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| Apparence | cristaux jaunes, inodores | ||||||
| Propriétés chimiques | |||||||
| Formule | C6H3N3O7 [Isomères] |
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| Masse molaire | 229,103 9 ± 0,007 7 g/mol C 31,45 %, H 1,32 %, N 18,34 %, O 48,88 %, |
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| pKa | 0,38[réf. souhaitée] | ||||||
| Propriétés physiques | |||||||
| T° fusion | 121,85 °C | ||||||
| T° ébullition | 300 °C (explosion) | ||||||
| Solubilité | 14 g l−1 (eau, 20 °C) | ||||||
| Masse volumique | 1,76 g cm−3 à 20 °C | ||||||
| T° d'auto-inflammation | 300 °C | ||||||
| Point d’éclair | 150 °C | ||||||
| Thermochimie | |||||||
| ΔfH0solide | −217,9 kJ mol−1 | ||||||
| ΔfusH° | 17,1 kJ mol−1 à 120,95 °C | ||||||
| Cp | 239,7 J mol−1 K−1 (solide, 19,85 °C) | ||||||
| PCI | −2 570,0 kJ mol−1 | ||||||
| Cristallographie | |||||||
| Classe cristalline ou groupe d’espace | Pca21 | ||||||
| Paramètres de maille | a = 9,254 Å b = 19,127 Å |
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| Volume | 1 717,62 Å3 | ||||||
| Précautions | |||||||
| SGH | |||||||
| H201, H301, H311 et H331 H201 : Explosif : danger d'explosion en masse H301 : Toxique en cas d'ingestion H311 : Toxique par contact cutané H331 : Toxique par inhalation |
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| SIMDUT | |||||||
D1B, D2B, E, F, D1B : Matière toxique ayant des effets immédiats graves létalité aiguë : DL50 orale (rat, femelle) = 200 mg·kg-1 D2B : Matière toxique ayant d'autres effets toxiques sensibilisation de la peau chez l'animal E : Matière corrosive acide fort (pH d'une solution à 1,4 % = 1,21) F : Matière dangereusement réactive devient autoréactif sous l'effet d'un choc ; devient autoréactif sous l'effet d'une augmentation de la température Divulgation à 1,0 % selon la liste de divulgation des ingrédients |
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| NFPA 704 | |||||||
| Transport | |||||||
Numéro ONU : 0154 : ACIDE PICRIQUE sec ou humidifié avec moins de 30 pour cent (masse) d’eau ; ou TRINITROPHÉNOL sec ou humidifié avec moins de 30 pour cent (masse) d’eau Classe : 1 Code de classification : 1.1D : Matières et objets comportant un risque d'explosion en masse (une explosion en masse est une explosion qui affecte de façon pratiquement instantanée la quasi-totalité du chargement). Matière explosible secondaire détonante ou poudre noire ou objet contenant une matière explosible secondaire détonante, dans tous les cas sans moyens d'amorçage ni charge propulsive, ou objet contenant une matière explosible primaire et ayant au moins deux dispositifs de sécurité efficaces. Étiquette : 1 : Matières et objets explosibles Code Kemler : 40 : matière solide inflammable ou matière autoréactive ou matière autoéchauffante Numéro ONU : 1344 : TRINITROPHÉNOL HUMIDIFIÉ avec au moins 30 pour cent (masse) d’eau Classe : 4.1 Code de classification : D : Matières explosibles désensibilisées solides, sans danger subsidiaire ; Étiquette : 4.1 : Matières solides inflammables, matières autoréactives, matières solides explosibles désensibilisées et matières qui polymérisent Emballage : Groupe d'emballage I : matières très dangereuses ;
Numéro ONU : 3364 : TRINITROPHÉNOL (ACIDE PICRIQUE) HUMIDIFIÉ avec au moins 10 % (masse) d'eau Classe : 4.1 Code de classification : D : Matières explosibles désensibilisées solides, sans danger subsidiaire ; Étiquette : 4.1 : Matières solides inflammables, matières autoréactives, matières solides explosibles désensibilisées et matières qui polymérisent Emballage : Groupe d'emballage I : matières très dangereuses ; |
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| Écotoxicologie | |||||||
| DL50 | 200 mg kg−1 (rat, oral) 56,3 mg kg−1 (souris, i.p.) |
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| LogP | 1,64 | ||||||
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |||||||
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Acide picrique est l'expression commune pour l’acide organique 2,4,6‑trinitrophénol, également appelé acide carbo-azotique ou mélinite, de formule (NO2)3C6H2–OH.
Il a été découvert par Peter Woulfe en 1771 à la suite de l'action de l'acide nitrique sur l'indigo. En 1885, le chimiste Eugène Turpin l'a redécouvert et stabilisé dans du coton pressé, pour le rendre utilisable comme explosif sous le nom de mélinite.
En 1799, le chimiste français Jean-Joseph Welter l'obtint par action de l'acide nitrique sur de la soie. Le produit recueilli, jaune et amer, fut longtemps désigné sous le nom de « Jaune amer de Welter ». C'est un solide cristallin jaune fabriqué à partir du chlorobenzène. C'est un composé très réactif (explosif, comme tous les composés hautement nitrés, par exemple le trinitrotoluène ou la nitroglycérine), de puissance dépassant légèrement celle du TNT. Il attaque la plupart des métaux en produisant des picrates très instables et également explosifs (choc, friction, feu ou autre sources d'ignition).
C'est un produit irritant pour la peau,[Passage contradictoire] les yeux et les voies respiratoires et toxique par inhalation, par contact avec la peau et/ou par ingestion.
La vitesse de détonation de l'acide picrique est 7 650 m/s à sa densité maximale obtenue par compression. Sec, il est plus sensible aux chocs et aux frottements qu'additionné d'eau (on dit que l'eau le « flegmatise »), mais un peu moins que le TNT et beaucoup moins que l'hexogène ou la penthrite. C'est un des explosifs secondaires les plus stables. Il est encore plus stable s'il est recristallisé après fusion. Mais, pour des raisons de sécurité, son transport s'effectue sous forme humide (30 % ou plus d'eau), et les laboratoires qui l'utilisent le conservent également ainsi, toujours dans des contenants en verre (pas en cristal, qui contient du plomb, ni en métal, car cet acide peut former avec certains métaux, notamment le cuivre, des sels (picrates), explosifs et instables, particulièrement dangereux).
Au Canada, il est classé comme « dangereusement réactif » au titre du classement SIMDUT (Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail).
Les impacts globaux de l'acide picrique sur l'environnement (champignons, flore, faune, bactéries, etc.) ne semblent pas avoir été très étudiés. Cet acide est le principal explosif (mélinite) des millions d'obus non explosés de la Première Guerre mondiale, pour partie récupérés après guerre, mais souvent immergés. Il est susceptible de contaminer l'environnement, au XXIe siècle quand ces obus seront suffisamment corrodés. Outre le risque toxique et écotoxique, existe un risque d'explosion à la suite de la formation de picrates. Or de l'acide picrique peut être présent dans des armes chimiques non explosées ou dans des munitions stockées à proximité de ces dernières.