« La compagnie qui prend les vacances au sérieux »
| IATA | OACI | Indicatif d'appel |
|---|---|---|
| SF | ACF | Air Charter |
| Création | 1966 |
|---|---|
| Disparition | 1998 |
| Basée à | Aéroport de Paris-Orly |
|---|---|
| Taille de la flotte | 6 (en octobre 1998) |
| Nombre de destinations | Internationales |
| Siège social |
Paris, |
| Société mère | Air France (80%) et Air Inter (20%) |
Air Charter était une compagnie aérienne charter française, filiale d'Air France et d'Air Inter, créée en 1966 sous le nom de Société aérienne française d'affrètements (SAFA), devenue en 1969 Air Charter International puis Air Charter en 1982.
À la suite de problèmes structurels et financiers, elle a disparu en 1998 lors de la fusion d'Air France et d'Air Inter.
La compagnie est créée le sous le nom de Société aérienne française d'affrètements (SAFA),,, filiale d'Air France pour commercialiser les vols à la demande, et ainsi contrer l'émergence des compagnies privées dans les années 1960. SAFA est destiné à remplacer la compagnie Air Nautic dans le domaine des vols à la demande.
Les premiers vols ont lieu le avec deux Caravelle et deux Lockheed Super Constellation. Ces avions étaient configurés pour offrir le maximum de sièges : une Caravelle passait ainsi de 64 à 80 (ou 94) sièges pour maximiser la rentabilité des charters.
La compagnie exploite des vols charters au départ de Paris vers le bassin Méditerranéen.
Air Inter a joué un rôle clé en fournissant une partie du personnel navigant et en utilisant la SAFA pour optimiser l'utilisation de ses avions durant les périodes de faible activité sur le réseau domestique (notamment les week-ends).
Les pilotes viennent majoritairement de la compagnie mère Air France, mais les hôtesses et stewards (PNC) étaient souvent recrutés spécifiquement pour la filiale, avec des uniformes légèrement différents pour souligner l'aspect vacances de la compagnie.
En 1966 et 1968, quatre Caravelle Sud-Aviation SE-210 ont été utilisées par la SAFA : F-BHRU (nommée "Provence"), F-BHRV (nommée "Comtat-Venaissin"), F-BHRY (nommée "Berry"), F-BHRA (nommée "Alsace", l'une des toutes premières Caravelle III de série). Ces avions représentaient la modernité absolue pour les vacanciers de l'époque. Elles étaient soit louées ou transférées de la compagnie nationale Air France,.
Encore entre 1966 et 1968, quatre Lockheed L-1049 Super Constellation ont été utilisés pour les vols à plus longue distance ou les gros groupes, ces appareils étaient déjà en fin de carrière,.
La SAFA a également loué des Douglas DC-3 et DC-4 pour de vols de courte distance et logistique.
Les résultats 1969 de la SAFA ont été encore bénéficiaires et ont triplé par rapport à 1968 (le nombre des heures de vol, des passagers transportés et son chiffre d'affaires). La compagnie dispose de six caravelle et transporte 160 000 passagers (4 200 heures de vols en 1969 contre 1 500 heures en 1968, 20,6 millions de francs de chiffre d'affaires en 1969 contre 9,6 millions en 1968).
Pierre Sautet est le président-directeur général de la compagnie,,.
Le , la compagnie change de nom et devient Air Charter International (ACI),,.
En 1970, la compagnie dispose de six Caravelle et transporte 160 000 passagers.
En 1971, la compagnie dispose d'une flotte de sept Caravelle et transporte environ 420 000 passagers. Elle a transporté 315 000 passagers en 1970 et 431 187 passagers à 1972.
Les deux premiers Boeing 727-200 ont été introduits dans la flotte en 1972. Le premier sera le F-BPYF venant de la flotte d'Air France.
En 1974, ACI augmente ses tarifs de « vols vacances » à cause de l'explosion des prix du pétrole obligeant le remplacement progressif des Caravelle, trop gourmandes en kérosène par les Boeing 727-200. Le Boeing 727, avec ses trois réacteurs plus puissants, permet alors d'ouvrir des routes plus lointaines comme Dakar ou Israël avec un plein complet de touristes.
Tel Aviv est desservi par les Boeing 727 d'ACI, vols affrétés par Jet Tours (filiale d'Air France).
Pierre Labadie est le président de la compagnie depuis 1975.
Des vols charters transatlantique à destination des États-Unis et du Canada ont été proposés à la vente à partir de 1982 avec des Boeing 747-200 opérés par Air France.
Six SE-210 (Super Caravelle 10B3) ont été louées à Europe Aero Service jusqu'en 1990,,.
Air Charter International est la filiale charter d'Air France et d'Air Inter depuis 1978 et utilisatrice de certains appareils d'Air Inter pour les vols charters.
Pour l'exercice 1980, Air charter International dépasse le million de passagers annuel transportés (1 050 000 passagers).
En 1982, ACI est déjà l'un des plus gros transporteurs charters d'Europe traitant avec plus de 150 voyagistes différents.
En 1982, le nom de la compagnie est raccourci à Air Charter, filiale d'Air France (80% du capital) qui a cédé en 1978, 20% de ses parts à Air Inter ,,,.
Son président est Jean-Didier Blanchet.
Elle assure les vols charters pour les tours-opérateurs comme Nouvelles Frontières ou Jet tours, une filiale d'Air France via la SOTAIR,, la FRAM, Gestair, Aeroviaggi, et le fameux Club Méditerranée.
Dans les années 1980-1990, Air charter dessert Israël, Tel Aviv et Eilat, pour Jet Tours, le Club Med, Fram ou Look Voyages en Airbus A300, A320 ou Boeing 737. L'Airbus A300-B4 permet alors de transporter plus de 300 passagers d'un coup, optimisant les coûts pour les agences de voyages.
En 1985, Air Charter dessert de façon saisonnière la Corse dont Ajaccio et Bastia.
Les premiers avions multi-couloirs ont commencé à être introduits dans la flotte en 1988, avec par exemple l'Airbus A300B4 et deux Boeing 737-200 de Europe Aéro Service en 1988 (F-GEXI et F-GEXJ).
Pour la même année, Air charter disposait pour la semaine ou le week-end uniquement, d'une flotte 24 avions : un Boeing 747, quatre Airbus A300 (314 et 292 sièges), sept Boeing 727, cinq Boeing 737, cinq Caravelle et deux Fokker F-28.
À l'été 1989, Air Charter positionne sa flotte à Orly mais aussi en province avec différents appareils dont un Boeing 727 et deux Caravelle à Lyon, un Boeing 727 à Nantes, un Boeing 737 à Mulhouse, un Boeing 737 à Lourdes pour les pèlerinages et un Boeing 737 à Lille. Au départ de Nantes, Air Charter programme des vols vers Ténérife, Malaga, Palma, Athènes, Héraklion, Agadir, Marrakech, Dakar, Catane, Palerme, Monastir et Izmir. Pour Toulouse, le programme est identique sans Agadir et Catane mais remplacé par Banjul (Gambie) et Djerba. Palma est desservie au départ de Limoges et Montpellier. Montpellier est relié également à Athènes. Au départ de Bordeaux, Air charter dessert Ténérife, Palma, Athènes, Héraklion, Marrakech, Dakar, Palerme, Monastir et Izmir.
Air Charter prend possession de 20 % des parts d'InterCargo Services (ICS) en 1990, la filiale fret de nuit d'Air Inter (qui est intègre le Groupe Air France suite au rachat d'UTA par Air France) qui utilise des avions pour Air Inter la nuit et pour Air Charter le jour. Aux travers des années, le but de l'absorption d'ICS par le Groupe Air France est de rentabiliser les soutes des vols vacances. Quand Air Charter envoyait un Boeing 727 ou un Airbus A300 vers Israël ou les Antilles, ICS s'occupait de remplir le ventre de l'appareil avec du fret pour maximiser les revenus du vol.
Par exemple:
Le , la Caravelle 10 B3 immatriculée F-GELP d'Air Charter/EAS se pose à Bordeaux en provenance de Tenerife au Canaries. Le vol SF 5018 transporte 114 touristes de la FRAM. Il s'agit du dernier vol d'une Caravelle chez Air Charter.
Au milieu des années 1990, les Boeing 727 ont été remplacés par des Airbus A320.
Les compagnies françaises Euralair et EAS (Europe Aero Service) ont passé des contrats d'affrêtements avec Air charter.
Etienne Rachou devient le président directeur-général d'Air Charter à l'été 1995, ancien directeur commercial (1989) puis ancien directeur général (1994).
Après avoir frôlé la catastrophe au début des années 1990, la compagnie affiche un résultat net positif pour l'exercice 1995. Ce redressement est spectaculaire car, quelques années plus tôt, la direction d'Air France envisageait sérieusement de fermer ou de vendre sa branche charter et c'est précisément parce qu'Air Charter se concentrait alors sur le court et moyen-courrier (liaisons entre la France, l'Europe et le Maghreb) qu'elle a réussi à se redresser . Air Charter a abandonné les lignes trop risquées pour se concentrer sur les destinations "vacances" rentables (Bassin méditerranéen voir Antilles) et en changeant sa flotte de Boeing 727 par des Airbus A320. Après des pertes de 42 millions de francs en 1993-1994, la compagnie affichait un bénéfice de 11 millions de francs pour l'exercice clos en 1995 pour un chiffre d'affaires qui tourne autour de 2,1 milliards de francs, avec environ 2,2 millions de passagers transportés, un record jamais réalisé. La flotte est de 14 avions (mélange de Boeing 737 et d'Airbus A320).
Christian Blanc, PDG d'Air France, nomme Jean-Eudes Rabut, ancien chef de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, Président directeur général en 1996(alors qu'il en était le Directeur général depuis ).
Le , la cessation de l'activité d'Air Charter est officiellement annoncée par Jean-Eudes Rabut à partir de , Air France met alors un point final à son activité tourisme. Son PDG déclare qu'il s'agit « d'un véritable gâchis, alors que l'entreprise avait tout pour réussir ». Il dénonce, à demi-mot, le corporatisme du SNPL (syndicat de pilotes majoritaire). Les pilotes d'Air Charter qui sont des pilotes d'Air France, gagnent en moyenne 30 % à 40 % de plus que des pilotes d'autres compagnies aériennes de charters. Les pilotes demandent en outre un planning avec quarante jours d'avance, alors que les tours opérateurs (TO) planifient leurs demandes d'avions avec seulement vingt et un jours d'avance.
Le , Air Charter a cessé ses opérations à la suite de la fusion d'Air France et d'Air Inter. La presse parle à l'époque d'un sabordage d'Air Charter par Air France,.
Christian Blanc puis par Jean-Cyril Spinetta avaient essayé de reformer Air Charter pour limiter les pertes. Christian Blanc avait même envisagé un changement de nom d'Air Charter en Air Bleu, voire un hypothétique rapprochement avec une autre compagnie, en l'occurence AOM,.
Air Charter avait stoppé ses contrats d'affrètements de longue durée précipitant les difficultés de ses partenaires Europe Aéro Service (EAS) et Euralair.
Air Charter possédait alors 9 avions en location principalement des Airbus A320 et des Boeing 737 et embauchait 275 personnes dont 175 hôtesses qui ont basculé chez Air France. Seul 4 600 créneaux restait pour Air France à Roissy,. Les Airbus A320 sont reversés dans la flotte moyen-courrier d'Air France. Le PDG Jean-Eudes Rabut devient directeur général de la compagnie Middle Est Airlines-Air Liban, ancienne compagnie appartenant à Air France jusqu'en 1996, alors de son ami Christian Blanc siège au conseil d'administration de MEA.
Si Air Charter était le bras armé d'Air France pour le loisir dans les années 70-90, c'est Transavia France qui remplit ce rôle aujourd'hui.
| 1966 | 1968 | 1970 | 1971 | 1972 | 1975 | 1978 | 1981 | 1983 | 1984 | 1985 | 1987 | 1990 | 1991 | 1993 | 1995 | 1997 | 1998 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 25 000 | 160 000 | 315 000 | 420 000 | 431 187 | 347 047 | 643 199 | 700 231 | 900 000 | 1 268 351 | 1 350 000 | 1 827 000 | 1 832 000 | 1 420 000 | 1 516 000 | 2 165 000 | 1 950 000 | 820 000* |
(*): chiffre 1998 jusqu'à octobre.
Avions arborant la livrée Air Charter,:
Autre appareils utilisés par Air Charter :
Le , le vol Air Charter 296 Q, vol circulaire au départ de Bâle-Mulhouse sur un Airbus A320 d'Air France, affrété par Air Charter au bénéfice de l'aéroclub de Mulhouse, s'écrase dans une forêt en bout de piste de l'aérodrome de Mulhouse-Habsheim.
Après un passage à basse altitude (à 100 pieds soit 30 mètres du sol au lieu des 170 pieds réglementaires) et basse vitesse pour un meeting aérien dans le sud de l'Alsace l'avion s'écrase et prend feu, faisant 3 morts et 36 blessés parmi les 136 personnes à bord.
Près de neuf ans après le crash, le tribunal correctionnel de Colmar a condamné le pilote Michel Asseline pour son « imprudence majeure » et ses « multiples fautes » à 18 mois de prison dont six mois ferme. Le copilote, Pierre Mazières a été condamné à 12 mois avec sursis pour ses « fautes personnelles » dans la préparation du vol quasi inexistante. Des cadres d'Air France ont également été condamné à de la prison avec sursis.
Suite à une erreur procédurale de la part du Procureur de l'époque concernant la remise, sans placement sous scellé judiciaire, des boites noires à la DGAC pour expertise urgente, Michel Asseline soutient, mais sans preuve, que les boîtes noires ont été falsifiées pour effacer la responsabilité d'Airbus et lui faire porter le chapeau.
Alors que les vols charters d'expulsion d'étrangers en situation irrégulière vivant sur le sol français se multiplient depuis la loi Pasqua de 1986, une mutinerie dans un avion d'Air Charter en direction du Mali, le 27 février 1997, offre une bien mauvaise publicité à la compagnie.
Le Boeing 727 d'Air Charter (vol SF 480) qui ramène un groupe de 77 Maliens expulsés du sol français, se fait complètement dépouiller à son arrivée à Bamako, la capitale alors que 47 fonctionnaires escorteurs de la Diccilec (Direction centrale du contrôle de l'immigration et de la lutte contre l'emploi des clandestins) devenu Police aux frontières (PAF) s'y trouvaient.
Trente expulsés essayent de casser des hublots, de défoncer la porte de la cabine de pilotage, arrachent des sièges et agressent les policiers faisant vingt blessés, dont deux sérieux parmi les policiers.
Il s'agissait du 36ème charter affrété par Jean-Louis Debré, le ministre de l'Intérieur, depuis mai 1995.