Douglas A-4 Skyhawk

Douglas A-4 Skyhawk
Vue de l'avion.
A-4E Skyhawk en 1967 armé de 6 bombes Mk 82 de 227 kg et deux AGM-12 Bullpup

Constructeur Douglas Aircraft Company
Rôle Avion d'attaque au sol
Premier vol
Mise en service
Coût unitaire 860 000 $ pour chacun des 500 premiers exemplaires
Nombre construits 2 960
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney J52-P-8A
Nombre 1
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 40,5 kN
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 8,38 m
Longueur 12,27 m
Hauteur 4,57 m
Masses
À vide 4 750 kg
Maximale 11 113 kg
Performances
Vitesse maximale 1 086 km/h
Plafond 14 500 m
Vitesse ascensionnelle 2 600 m/min
Rayon d'action 1 600 km
Charge alaire 344,40 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,51
Armement
Interne 2 canons de 20 mm
Externe 6 000 kg de bombes, roquettes et missiles ou 1 arme nucléaire

Le Douglas A-4 Skyhawk est un avion d'attaque (surnommé « scooter ») léger construit par les États-Unis, initialement destiné à être embarqué à bord de porte-avions.

Robuste, efficace et peu coûteux, cet avion rencontre un important succès commercial avec près de 3 000 exemplaires construits pour une dizaine de pays utilisateurs. Mis en service en 1956 dans la marine américaine et resté en production pendant 27 ans, le dernier étant livré le , il est toujours utilisé en 2018 par le Brésil et l'Argentine, Israël l'ayant retiré du service en 2015.

Entre 1974 et 1986, le Skyhawk équipe la patrouille acrobatique des Blue Angels de la marine américaine.

Des sociétés privées, la canadienne Top Aces Inc. et l'américaine Draken International utilisent des A-4N Skyhawk modernisés pour leurs services de formation de pilotes,.

Historique

Conception

Le XA4D-1, prototype du Skyhawk en 1954.

En 1951, constatant l'augmentation rapide de la masse des avions militaires, Edward Henry Heinemann, ingénieur en chef de Douglas, demande à son équipe de concevoir un avion de chasse léger. Le résultat de cette étude, menée sur les fonds propres de la société, est soumis à la marine américaine en , alors que celle-ci cherche plutôt un avion d'attaque au sol destiné à remplacer le Douglas AD Skyraider. Elle demande donc à Douglas de revoir sa copie et de répondre aux exigences suivantes : vitesse de 800 km/h, rayon d'action de 550 km, emport d'une charge de 908 kg (potentiellement une bombe atomique) et masse inférieure à 13 600 kg.

Quelques semaines plus tard, Douglas propose un avion deux fois plus léger, volant 160 km/h plus vite que demandé avec un rayon d'action supérieur de 185 km, et n'a donc aucun mal à décrocher un contrat de développement. L'idée de base était d'utiliser une aile delta qui permettait de stocker une bien plus grande quantité de carburant qu'une aile en flèche classique. De plus, l'envergure réduite supprimait le besoin d'un système de repliage des ailes pour le stockage sur porte-avions, permettant ainsi de gagner de la place.

Douglas A4D-1 Skyhawk vers 1954

Le premier prototype, désigné XA4D-1, fait son vol inaugural le . Il est suivi deux mois plus tard par le premier avion de série, équipé d'une tuyère et d'un pare-brise modifiés, de deux canons de calibre 20 mm, et capable d'emporter 2 270 kg de charge sur trois pylônes. Les livraisons de A4D-1 (ou A-4A en 1962) à l'US Navy commencent en , l'US Marine Corps recevant ses premiers avions en .

Le , un A4D-1 établit un nouveau record de vitesse sur circuit de 100 km, avec une moyenne de 1 118 km/h.

A-4B du VA-163 armé d'un missile Bullpup en 1963
Un A4D-2 (A-4B) ravitaille en vol un F8U-1P (RF-8A) au début des années 1960.

Quelques mois plus tard, une version modifiée apparaît, le A4D-2 (ou A-4B en 1962) selon la nouvelle appellation, avec une dérive renforcée, une perche de ravitaillement en vol fixe et quelques autres améliorations, notamment la capacité de tirer le missile air-sol AGM-12 Bullpup. Cette version est aussi capable de transporter un réservoir de ravitaillement en vol en position centrale. L'A4D-2 a été le premier appareil à introduire le ravitaillement en vol entre appareils. Ce système permet à un A4D-2 de ravitailler d'autres appareils du même type, réduisant ainsi le besoin d'avions ravitailleurs dédiés – un avantage considérable pour les forces aériennes légères ou lors d'opérations en zones isolées. Il en résulte une flexibilité opérationnelle grandement accrue et une meilleure protection contre la perte ou le dysfonctionnement d'un avion ravitailleur, même si cette procédure réduit la force de combat effective embarquée sur le porte-avions.

Versions pour les États-Unis

Deux A-4C du VA-146 « Blue Diamonds » embarqués sur le USS Constellation (CVA-64) au-dessus du golfe du Tonkin en aout 1964; l'USS Kearsarge (CV-33) est visible en arrière-plan.

La première version capable de voler de nuit ou par mauvais temps, l'A4D-2N ou A-4C selon sa nouvelle appellation, apparaît mi-1958. Elle est équipée d'un radar d'évitement de terrain, d'un système de bombardement à basse altitude, d'un pilote automatique, d'un réacteur offrant 10 % de puissance supplémentaire, et de diverses autres modifications.

Il faudra ensuite attendre pour assister au premier vol de la version suivante, l'A4D-5, ou A-4E nettement améliorée : son nouveau réacteur moins gourmand en carburant lui offre une autonomie bien supérieure, les deux pylônes ajoutés sous les ailes font passer la capacité d'emport de charge à 3 720 kg, et de nombreuses modifications sont apportées à l'électronique de bord.

Un A-4F de la patrouille acrobatique des Blue Angels en 1983 (sont présents sur la photo les acteurs John Travolta et Olivia Newton-John).

Mi-1965 vole le premier exemplaire de la version biplace d'entraînement TA-4E/TA-4F, qui conserve toutes les capacités opérationnelles des versions monoplaces. Le fuselage est allongé de 71 cm pour loger le second poste de pilotage et un réacteur plus puissant est installé.

A-4F du VA-127 en 1975

Parallèlement, une version A-4F est commandée pour fournir de nouveaux avions destinés à compenser les pertes dues à la guerre du Viêt Nam. Elle fait son premier vol fin et dispose entre autres du réacteur de la version biplace, ainsi que d'un train d'atterrissage avant modifié. Alors que les livraisons ont commencé, il s'avère nécessaire d'intégrer de nouveaux équipements électroniques. Comme plus aucune place n'est disponible dans le fuselage, un conteneur spécial est ajouté sur le dos, formant une bosse entre le poste de pilotage et la dérive. Cette modification est apportée aux A-4F déjà livrés ainsi qu'aux A-4E encore en service, dont la plupart reçoivent également le nouveau réacteur.

Deux TA-4J biplaces de l'US Navy

En 1968 apparaît une nouvelle version biplace TA-4J, sur laquelle le système de ravitaillement en vol et la plupart de l'armement sont retirés. L'année suivante, 100 vieux A-4C des unités de réserves sont modifiés par remplacement du réacteur et ajout du conteneur électronique dorsal, devenant ainsi des A-4L.

Le dernier Skyhawk A-4M livré à l'United States Marine Corps Aviation le 27 février 1979 arbore les drapeaux des pays clients de cet avion.

En vole le premier exemplaire de la version A-4M, spécifiquement développée pour l'US Marine Corps. Elle dispose en particulier d'un réacteur avec 20 % de puissance supplémentaire, d'un poste de pilotage offrant une meilleure visibilité au pilote, et d'un parachute de freinage. Cette version recevra d'autres améliorations au fil du temps, concernant principalement l'électronique embarquée, avec par exemple un système de visée laser installé dans le nez

Enfin, en 1978, l'US Marine Corps fait modifier des biplaces TA-4F pour s'en servir d'avions de contrôle aérien avancé. Ces avions sont alors désignés OA-4M et reçoivent la plupart des systèmes électroniques installés sur le A-4M.

Le VMA-131 de l'US Marine Aircraft Group 49 (Les « Diamondbacks ») retira ses quatre derniers OA-4M le . Les versions d'entrainement des Skyhawk furent utilisées par l'US Navy, comme "agresseurs", "imitant" le Mikoyan-Gurevich MiG-17. Ils servirent dans ce rôle à l'United States Navy Fighter Weapons School ou "Top Gun" jusqu'en 1999.

À la fin de la saison 1973 de ses démonstrations en vols, la patrouille acrobatique de l'US Navy, (les Blue Angels), mit ses McDonnell Douglas F-4J Phantom II à la retraite, et commença à s'entraîner pour la saison 1974 sur l'A-4F Skyhawk. Huit exemplaires furent initialement modifiés pour cette utilisation, voyant leur « bosse de chameau » — la soute à avionique — retirée et recevant un parachute de freinage, un système d'alimentation en carburant pour le vol inversé (accumulateurs de vol inversé), ainsi qu'un système de production de fumée. Ils reçurent également une échelle rétractable intégrée, leurs stabilisateurs horizontaux reçurent un réglage d'angle d'incidence différent, et leurs becs de bord d'attaque furent définitivement scellés en position rétractée. Dix-huit exemplaires modifiés de l'A-4F furent utilisés au cours de leurs treize années de service au sein des Blue Angels. La patrouille acrobatique reçut également quatre TA-4J pendant cette période. Les Skyhawk furent eux-mêmes remplacés par les McDonnell Douglas F/A-18 Hornet en . Les derniers Skyhawk de l'US Navy, des TA-4J utilisés comme « adversaires » au cours des entraînements au sein du composite squadron VC-8 à la Station Navale Roosevelt Roads, furent officiellement retirés du service le .

Marché civil

Outre les A-4 acquis par divers musées, quelques dizaines d'appareils d'occasion démilitarisés ont été reprises par des particuliers, collectionneurs privés, associations et entreprises. La Federal Aviation Administration en compte, en , 49 enregistrés aux États-Unis. Entre autres, Draken International fondé en 2012 en Floride possède dans sa flotte 11 A-4 anciennement néo-zélandais. En 2019, la société française Secapem en utilise deux. Airborne Tactical Advantage Company en avait acquis 10 en 2008 qui ont été retirés en 2012.

Engagements

A-4C argentin de la IVe Brigade durant la guerre des Malouines sur la base de Mendoza-El Plumerillo, le 24 mai 1982

Le Skyhawk a été utilisé au combat :

Combats air-air

Le Skyhawk n’a jamais été conçu pour le combat air-air, de ce fait, quand deux Skyhawk abattent des MiG-17, c’est une performance, d’autant plus que deux des trois MiG-17 abattus le sont par des roquettes air-sol. Pendant la guerre du Viêt-Nam, le , un A-4C Skyhawk piloté par Lieutenant Commander Theodore Swartz abat un Mig-17 avec une roquette Zuni, c'est le seul Mig-17 abattu par un Skyhawk durant la guerre du Viet-Nam.

Durant la guerre d'usure dans le conflit israélo-arabe, le le colonel Ezra Dota abat lui aussi un MiG-17 avec une roquette air-sol. Quelques instants plus tard, il a aussi abattu un second MiG-17, mais cette fois avec ses canons de calibre 30 mm.

La Marine Australienne mit en service la version A-4G. Cette version a été spécialement conçue pour la Marine Australienne qui cherchait à équiper le porte-avions HMAS Melbourne pour des missions de défense de la flotte. Cette version fut équipée d’un radar AN/APG-53A à capacité air-air et avec la possibilité d’emporter 4 missiles Sidewinder.

Pertes

Versions

Utilisateurs

  • Utilisateurs actuels
  • Anciens utilisateurs
Un A-4KU à bord du NAeL São Paulo. Ils sont désignés AF1 depuis leur rachat la marine brésilienne en 1997.
TA-4SU Super Skyhawk Singapourien

Dans la culture populaire

Notes et références

  1. ↑ (en) « Douglas A-4 Skyhawk », sur Top Aces (consulté le ).
  2. ↑ (en) « Ready Everywhere - Our History », sur Draken (consulté le ).
  3. ↑ Kilduff 1983, pp. 14–15.
  4. 1 2 3 4 5 (en) Wynn Foster, « Douglas A-4 SkyhawkProduction History – Blue Angel Skyhawks », sur skyhawk.org via Internet Archive, Skyhawk Association (consulté le ).
  5. ↑ Miguel Vasconcelos, Civil Airworthiness Certification : Former Military High-Performance Aircraft, Stickshaker Pubs, , XIII (lire en ligne), p. 2397.
  6. ↑ (en) « Draken International acquires ex Kiwi Skyhawks », australianaviation.com.au (consulté le ).
  7. ↑ Philippe Chapleau, « Secapem Defense and Training Solutions achète 9 MB-339 à l'ESSD américaine Draken », sur Ouest-France, (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Airborne Tactical Advantage Company », sur aeroflight.co.uk via Internet Archive, (consulté le ).
  9. ↑ (en) « Douglas A-4 Skyhawk : That Little Attack Jet That Could...and Did », sur Avgeekery.com, (consulté le ).
  10. ↑ « U.S. Air-to-Air Victories during the Vietnam War, Part 1 », sur acig.org (consulté le ).
  11. ↑ « iaf.org.il/2540-30115-en/IAF.a… »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  12. ↑ « Accident douglas a4d-1 skyhawk 137815, thursday 13 january 1955 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  13. ↑ Frédéric Lert et Salvatore Pezon, Emergency : Les histoires authentiques de l'aéronautique, vol. 3, Paris, Zéphyr Éditions, , 90 p. (ISBN 978-2-36118-048-5), USS Forrestal en péril, p. 15-23.
  14. ↑ « Incident douglas a-4e skyhawk 149996, saturday 29 july 1967 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  15. ↑ « Incident douglas a-4e skyhawk 150041, friday 21 march 1969 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  16. ↑ « Accident douglas a-4h skyhawk 764, saturday 6 october 1973 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  17. ↑ « Syrian Air-to-Air Victories since 1948 », sur acig.org (consulté le ).
  18. ↑ « Accident douglas a-4p skyhawk c-204, tuesday 8 june 1982 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  19. ↑ (en) Santiago Rivas, « Argentina seeks to recover its A-4AR Fightinghawk fleet », sur Jane's Information Group, (consulté le ).
  20. ↑ Embraer To Modernize Brazilian Skyhawks
  21. ↑ (pt) Alexandre Galante, « Embraer Defesa & Segurança entrega primeiro caça AF-1B modernizado para a Marinha do Brasil », sur Poder Naval, (consulté le ).
  22. ↑ « 400 Bad request », sur 24 heures via Wikiwix.
  23. ↑ Guerric Poncet, « Le Brésil abandonne l'ancien porte-avions "Foch" », (consulté le ).
  24. ↑ Philippe Chapleau, « Les derniers Skyhawk israéliens retirés du service », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  25. ↑ (en) David Cenciotti, « Watch An F-22 Spot And Engage An A-4 Skyhawk In A Low Dogfight In A Valley », sur theaviationist.com, .
  26. ↑ RTL Newmedia, « Tran, l'homme qui a retenu McCain prisonnier pendant 5 ans au Nord-Vietnam, se souvient: "Il était si têtu, si déterminé" », RTL Info,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi (trad. de l'italien), Les avions, t. 5 : L'ère des engins à réaction, Paris/Bruxelles, Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », , 316 p. (ISBN 2-8003-0344-1), p. 73-75.
  • Shlomo Aloni, « Les Skyhawk israéliens. Des pilotes racontent (1re partie) », Le Fana de l'Aviation, no 581,‎ , p. 14-22.
  • Shlomo Aloni, « Les Skyhawk israéliens. Des pilotes racontent (2e partie) », Le Fana de l'Aviation, no 582,‎ , p. 58-66.
  • Shlomo Aloni, « Les Skyhawk israéliens. Des pilotes racontent (3e partie) », Le Fana de l'Aviation, no 583,‎ , p. 60-68.

Sur les autres projets Wikimedia :

Développement lié

Aéronefs comparables

Articles connexes

Liens externes