Felis margarita
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Cohorte | Placentalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Famille | Felidae |
| Sous-famille | Felinae |
| Genre | Felis |
Statut CITES
Répartition géographique
Le Chat de Marguerite (Felis margarita), plus communément désigné sous le nom de Chat des sables, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Félidés. Ce Chat proprement dit (genre Felis), vit dans les régions désertiques d'Algérie, de Tunisie, du Maroc, de Libye, d'Égypte, du Soudan, du Niger, du Tchad, d'Arabie saoudite, du Qatar, d'Oman, du Yémen, d'Iran, du Pakistan, du Turkménistan, d’Israël, de Syrie et d'Ouzbékistan.
Le chat de Margueritte est adapté aux déserts de sable et de roche très éloignés des points d'eau permanents. Grâce à son pelage couleur sable à gris clair, il bénéficie d'un camouflage efficace dans le milieu aride. La longueur tête-corps varie entre 39 et 52 cm, prolongée par une queue mesurant de 23 à 31 cm. Ses oreilles, courtes et longues de 5 à 7 cm, sont implantées bas sur les côtés de la tête, ce qui facilite la détection des proies se déplaçant sous le sol. L'épaisse couverture de poils isolant la plante de ses pattes protège ses coussinets contre les températures extrêmes du sable.
Le premier individu répertorié par les naturalistes a été découvert dans le Sahara algérien et décrit scientifiquement en 1858. Il a depuis été recensé dans plusieurs aires disjointes du Sahara occidental, du Maroc, d'Algérie, de Libye, du Niger, du Tchad, d'Égypte, de la péninsule Arabique et du Moyen-Orient. En Asie centrale, l'espèce a été signalée pour la première fois dans le désert du Karakoum en 1925. La vaste discontinuité observée entre les populations africaines et centrasiatiques a été en partie comblée en 1948 par la découverte d'une peau dans une oasis du Rub al-Khali, en Oman. Au début des années 1970, plusieurs individus capturés dans le Sud-Ouest du Pakistan ont été exportés vers des parcs zoologiques du monde entier. En raison de sa vaste répartition géographique et de l'importance globale de ses effectifs, l'espèce est répertoriée en « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l'UICN.
Le chat des sables passe la majeure partie de la journée au repos dans des terriers souterrains et s'active la nuit. Il parcourt en moyenne 5,4 km chaque nuit en quête de petits rongeurs et d'oiseaux, s'attaquant également à des serpents venimeux qu'il tue et consomme. Au printemps, la femelle met bas deux à trois chatons qui atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge d'un an. Ses caractéristiques écologiques précises demeurent encore mal comprises en raison du faible nombre d'études approfondies menées sur les populations sauvages in situ.
Le nom scientifique du chat des sables est composé d'un premier terme désignant le genre Felis et qui signifie « chat » en latin classique et d'un second terme margarita en l'honneur du capitaine Jean-Auguste Margueritte, officier des troupes en Algérie qui l'aurait observé en premier dans le Sahara lors de la mission d'exploration scientifique de l'Algérie organisée par le gouvernement français sous les ordres du commandant (et naturaliste) Victor Loche en 1858. Celui-ci, en référence à son découvreur, a proposé cette dénomination scientifique à l'animal,.

Felis margarita est le nom scientifique proposé en 1858 par le soldat et naturaliste français Victor Loche, qui a décrit pour la première fois un spécimen récolté dans la région de « Négonça », dans le nord du Sahara algérien. Cet holotype semble avoir été perdu,,.
Au XXe siècle, plusieurs spécimens de chats des sables sont décrits :
En 1974, Paul Schauenberg reconnaît provisoirement F. m. margarita, F. m. thinobia et F. m. scheffeli comme des taxons valides, tout en supposant que les populations d'Afghanistan et d'Iran pourraient constituer des sous-espèces distinctes. En 2005, W. Chris Wozencraft retient quatre sous-espèces (F. m. margarita, F. m. thinobia, F. m. scheffeli et F. m. harrisoni), considérant F. m. meinertzhageni et F. m. aïrensis comme des synonymes de la sous-espèce nominale.
En 2017, le groupe de travail sur la classification des félins de l'UICN Cat Specialist Group révise la taxonomie de la famille et ne retient plus que deux sous-espèces sur la base de différences morphologiques.
| Sous-espèce, nom, auteur et image | Description | Localisation | Synonymes |
|---|---|---|---|
| Felis margarita margarita Loche, 1858 Chat de Margerite (Stricto sensu) Chat des sables du Sahara (sous-espèce type) |
Plus petite que la forme asiatique. Son pelage est plus vif et jaunâtre, orné de marques bien nettes. Sa queue porte de deux à six anneaux sombres. Les mâles mesurent de 42 à 45 cm de long pour 2,2 à 2,85 kg, contre 39 à 42 cm et 1,6 kg pour les femelles. La tête est large et aplatie, flanquée de grands favoris, d'yeux jaunes et de grandes oreilles basses sans pinceaux teintées de noir à la pointe. Le pelage, doux et doté d'un sous-poil laineux, présente des rayures verticales foncées fragmentées en taches sur les flancs qui s'estompent avec l'âge, des barres sombres sur les membres, ainsi qu'une épaisse toison sous la plante des pieds masquant entièrement les coussinets. La queue, terminée par une pointe noire, peut compter jusqu'à 8 anneaux. | Afrique du Nord (Sahara). Présence indigène confirmée en Algérie, au Tchad, en Égypte, au Mali, en Mauritanie, au Maroc, au Niger, au Soudan et au Sahara occidental, tandis qu'aucune observation formelle n'existe pour la Tunisie, la Libye et les territoires à l'ouest du Nil en Égypte. | Liste
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| Felis margarita thinobia (Ognev, 1927) Chat des sables d'Arabie |
Plus grande. Son pelage est plus terne et grisâtre avec des marques estompées. Sa queue n'arbore que deux à trois anneaux sombres,. Les mâles mesurent de 44 à 57 cm pour un poids de 2 à 2,5 kg, contre 43 à 48 cm et 1,8 kg chez les femelles. La fourrure devient nettement plus longue en hiver avec un dessus plus sombre et des rayures moins définies qu'en été ; les chatons sont plus gris avec des motifs plus contrastés. Les oreilles sont larges et implantées bas, les coussinets plantaires sont intégralement recouverts d'une épaisse fourrure sombre, et la queue peut présenter jusqu'à 9 anneaux noirs précédant son extrémité noire. | Asie occidentale (Péninsule arabique, Moyen-Orient) et Asie centrale (Turkménistan, Ouzbékistan, Pakistan). Retrouvée à l'état indigène en Iran, en Irak, en Jordanie, au Kazakhstan, au Koweït, en Oman, en Arabie saoudite, en Syrie, aux Émirats arabes unis, au Turkménistan et en Ouzbékistan ; présence incertaine en Palestine et au Qatar, et potentiellement éteinte en Israël, au Pakistan et au Yémen. | Liste
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L'analyse de l'ADN mitochondrial de 47 individus répartis sur l'ensemble de l'aire de distribution a révélé que leurs haplotypes ne diffèrent que de une à trois mutations de paires de bases. Cette très faible différenciation génétique entre les populations africaines et asiatiques suggère que la péninsule du Sinaï a agi comme une barrière limitant le flux génique sans scinder profondément l'espèce .
L'analyse phylogénétique de l'ADN nucléaire des différentes espèces de félins montre que leur radiation évolutive a débuté en Asie au Miocène, il y a entre 14,45 et 8,38 millions d'années (Ma),. Les analyses fondées sur l'ADN mitochondrial indiquent quant à elles une radiation comprise entre 16,76 et 6,46 Ma.
Le chat des sables appartient à une lignée ayant divergé de l'ancêtre commun du genre Felis il y a environ 4,44 à 2,16 Ma selon l'ADN nucléaire, ou entre 6,52 et 1,03 Ma selon l'ADN mitochondrial. Les deux modèles s'accordent sur le fait que le chat des marais (F. chaus) a été le premier à diverger au sein du genre, suivi par le Chat à pieds noirs (F. nigripes), puis par le chat des sables,. L'espèce a colonisé l'Afrique vraisemblablement lors des épisodes glaciaires du Pléistocène, facilités par des périodes prolongées de baisse du niveau de la mer,.
Une mandibule fossile et plusieurs ossements attribués au chat des sables ont notamment été mis au jour dans une grotte du Pléistocène supérieur à El Harhoura, près de Témara, au Maroc.
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| Relations phylogénétiques du Chat des sables au sein du genre Felis (d'après Johnson et al., 2006 et Li et al., 2016) |
Le chat des sables est un petit félin caractérisé par une tête plate et large, des pattes relativement courtes et une longue queue mesurant entre 23 et 31 cm. Il mesure de 24 à 36 cm de hauteur au garrot et pèse entre 1,5 et 3,4 kg. La longueur de la tête et du corps varie de 39 à 52 cm.
Les griffes des membres antérieurs sont courtes et particulièrement acérées, tandis que celles des membres postérieurs sont plus petites et émoussées. Il possède une force de morsure à l'extrémité de la canine mesurée à 155,4 N et un quotient de force de morsure (BFQ) de 136,7 à la canine.
La robe est généralement d'une couleur sable pâle ou isabelle, nettement plus claire sur la partie inférieure de la face, autour du nez, sur la gorge et le ventre. La tête est brun sable, avec de grands yeux jaune-verdâtre cerclés de blanc et une truffe noirâtre. Les lèvres supérieures et inférieures ainsi que le menton sont blancs, bien que la gorge présente parfois une légère nuance chamois chez certains individus. Une discrète ligne rougeâtre s'étend du coin externe de chaque œil en travers des joues,. Ses moustaches blanches mesurent jusqu'à 8 cm de longueur.
Des barres transversales brun foncé à noirâtres ornent les membres. L'extrémité de la queue est noire, précédée de deux ou trois anneaux sombres qui alternent avec des bandes chamois. Les motifs et marques varient grandement selon les individus : certains ne présentent ni taches ni rayures sur le corps, d'autres sont mouchetés de façon estompée, tandis que d'autres arborent à la fois des taches et des rayures distinctes.
En Asie centrale, le pelage d’hiver est particulièrement dense et long, les poils pouvant atteindre 5 cm de long.
Le chat des sables est le félin le plus adapté aux habitats désertiques très arides : le dessous des pattes est entièrement isolé des températures extrêmes du substrat désertique par une épaisse garniture de poils. Les longs poils qui poussent entre les orteils forment un coussin protecteur sur les coussinets qui empêche les brûlures sur le sable surchauffé en journée tout en isolant du froid nocturne. Cette abondance de fourrure sous les pattes a pour effet de rendre ses empreintes très diffuses et presque impossibles à distinguer ou à pister sur le sable,.
Le crâne présente un profil supérieur voûté et des arcades zygomatiques larges. Les oreilles mesurent de 5 à 7 cm et sont implantées bas sur le crâne, ce qui accentue l'apparence aplatie de la tête. Triangulaires, fauves à leur base et terminées de noir à leur pointe, elles sont plus pointues que celles du Manul. L'oreille externe ressemble à celle du chat domestique, mais le conduit auditif est environ deux fois plus large. L'admittance acoustique d'entrée est environ cinq fois plus élevée que celle de ce dernier, et la sensibilité auditive globale du félin est supérieure d'environ 8 dB. Les bulles auditives et les conduits reliant l'oreille externe aux tympans sont bien développés par rapport à ceux d'autres petits félidés. La cavité interne des oreilles est protégée des particules de poussière et de sable par une barrière dense de longs poils blancs serrés.

Le chat des sables habite les déserts. Son aire de répartition est très vaste mais discontinue et fragmentée à travers les déserts d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d'Asie centrale. Il privilégie les terrains plats ou ondulés parsemés d'une végétation clairsemée de graminées ou de petits buissons, évitant les grandes dunes de sable nues et mouvantes où les proies sont rares.
Au Sahara occidental, plusieurs spécimens ont été observés et photographiés dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab entre 2005 et 2016,,,. Des chatons abrités sous une touffe de graminées Panicum turgidum y ont également été photographiés en avril 2017. En Algérie, un individu a été repéré en 2008 près d'un monticule de tamaris dans le massif du Hoggar. Au Mali, un individu a été brièvement aperçu de nuit près du lac Faguibine en 2011. Dans le Sud-Ouest de la Libye, l'espèce a été observée et photographiée sur plusieurs sites entre 2017 et 2025. Dans le désert du Ténéré, des chats des sables ont été signalés dans les années 1980 puis entre 2008 et 2015,. En Égypte, les observations dans les déserts rocheux oriental et occidental remontent au milieu des années 1980, tandis que des occurrences ont été signalés dans la péninsule du Sinaï au milieu des années 1990.
Dans la péninsule Arabique, une dépouille a été découverte par Wilfred Thesiger en 1948 dans une oasis du désert du Rub al-Khali. En Arabie saoudite, le félin a été capturé ou retrouvé pris au piège dans les clôtures grillagées des zones protégées de Mahazat as-Sayd et de Saja Umm Ar-Rimth dans le Nedjd,,. Dans la réserve d''Uruq Bani Ma'arid, en bordure occidentale du Rub al-Khali, l'espèce est présente à de faibles densités de population et fréquente les dunes durant la saison chaude avant de s'étendre aux vallées rocheuse en saison fraîche,. Il s'y déplace dans les corridors de dunes où croissent des arbrisseaux nains et des graminées vivaces telles que Fagonia indica et Tribulus arabicus. Dans la province de Tabuk, deux spécimens ont été tués par des chasseurs en 2013 et 2016 et un individu a été capturé en 2014. L'espèce a également été recensée dans trois localités de la région de Turaif entre 2014 et 2015, dans les dunes de la réserve royale du roi Salmane ben Abdelaziz entre décembre 2022 et mars 2023, ainsi que dans cinq zones protégées d'Al-Ula entre juin 2024 et juillet 2025.
Aux Émirats arabes unis, un chat des sables a été aperçu dans une plaine rocheuses près d'Al-Aïn en 2003, avant que plusieurs individus ne soient confirmés à Al Dhafra en 2015 par pièges photographiques après dix ans sans observation documentée. En Oman, des données ont été obtenues dans le gouvernorat du Dhofar entre 2021 et 2022, tandis qu'au Qatar sa présence a été validée pour la première fois dans la réserve d'Al-Ureiq en 2023,.
Dans le Sud d'Israël, quatre individus munis d'émetteurs radio ont été suivis à la fin des années 1980 dans la vallée de la Région d'Arabah, s'approchant couramment des camps militaires et franchissant la frontière jordanienne ; l'espèce y est néanmoins considérée comme localement éteinte, aucune mention n'ayant été rapportée depuis le tournant du XXIe siècle. En Jordanie, le premier contact officiel a eu lieu en 1997 dans l'Est désertique du pays. En Syrie, des photographies automatiques ont immortalisé l'espèce près de Palmyre en 2000 et 2001. Dans l'Ouest de l'Irak, les observations proviennent des déserts des gouvernorats de Najaf, de Muthanna et d'Al-Anbar,.
En Iran, l'espèce fréquente les plaines arides et les étendues sablonneuses de la réserve faunique d'Abbasabad, du parc national de Kavir et du district rural de Petergan. Entre 2014 et 2016, elle a été documentée entre 900 et 1 100 m d'altitude dans la province de Sistan-et-Baloutchistan, principalement au sein d'habitats dominés par le saxaol noir, tout en exploitant le plus souvent les massifs dunaires du centre de l'Iran face à la concurrence spatiale d'autres prédateurs.
Au Pakistan, la découverte de l'espèce remonte à 1966 près de la rivière Lora au Baloutchistan. À la fin des années 1960, plusieurs individus ont été observés dans les collines de Chagai, une zone hyperaride associant dunes mouvantes et regs pierreux culminant à environ 1 200 m d'altitude.
En Asie centrale, le chat des sables occupait historiquement jusqu'à la fin des années 1960 le désert du Karakoum, depuis le plateau d'Oust-Ourt au nord-ouest jusqu'aux monts Kopet-Dag au sud, ainsi que le désert du Kyzylkoum jusqu'au fleuve Syr-Daria et aux confins nord de l'Afghanistan. Des individus reproducteurs accompagnés de chatons ont de nouveau été confirmés dans le Sud du Kyzylkoum en Ouzbékistan au printemps 2013 et 2014.
Le chat des sables est un animal solitaire, en dehors de la période de reproduction et de l'élevage des jeunes par la femelle. Il émet des sons rauques, aigus et brefs, en particulier lors de la recherche d'un partenaire sexuel, ses vocalisations générales restant très proches de celles du chat domestique. La communication repose principalement sur des jets d'urine, des dépôts d'odeurs et des griffades. Contrairement à certains autres félins, il enterre systématiquement ses excréments en les recouvrant soigneusement de sable.
Sa locomotion est caractéristique : le ventre plaqué très près du sol, il progresse par une course rapide entrecoupée de bonds occasionnels et peut atteindre des pointes de vitesse de 30 à 40 km/h. En Israël, le suivi de quatre individus équipés de colliers émetteurs a montré qu'ils peuvent parcourir de 5 à 10 km en une seule nuit, avec une distance moyenne de déplacement de 5,4 km pour chasser. Ils regagnent leur terrier à l'aube pour y passer la journée et changent régulièrement d'abri au sein de leur domaine vital. Les terriers mesurent environ 1,5 m de profondeur, sont creusés dans un sol légèrement en pente et comportent le plus souvent une entrée unique, bien que des terriers pourvus de deux ou trois ouvertures aient été observés. Ces abris sont généralement d'anciens terriers abandonnés par des renards ou des porcs-épics, ou creusés par des gerbilles et d'autres rongeurs. Durant l'hiver, le félin s'expose au soleil durant la journée, mais pendant la saison chaude, ses mœurs deviennent strictement crépusculaires et nocturnes.
La taille du domaine vital varie considérablement selon les régions et les ressources disponibles. En Israël, le domaine vital d'un mâle a été estimé à 16 km2. Au Sahara marocain, un mâle a été suivi sur une distance de 14,1 km en 30 heures ; sur six jours, le domaine d'une femelle couvrait 13,4 km2, tandis que ceux de deux mâles atteignaient respectivement 21,8 km2 et 35,3 km2. En 2018, plusieurs chats des sables ont été surpris en train de se reposer dans des nids de corbeaux bruns aménagés dans des acacias faux-gommiers (Vachellia tortilis) dans le Sahara marocain.
Le chat des sables est principalement un prédateur nocturne dont les oreilles surdéveloppées captent les moindres vibrations pour localiser les proies sous terre ou dans l'obscurité. Son régime est opportuniste et se compose essentiellement de petits rongeurs, de reptiles, d'oiseaux et d'invertébrés. En Iran et au Pakistan, il utilise une technique particulière pour capturer la grande gerbille, pourtant diurne : en abaissant ses oreilles contre le sol pour écouter ses déplacements souterrains, il creuse ensuite vigoureusement pour déloger la proie de son terrier.
Dans le désert du Ténéré, il se nourrit en priorité de petits rongeurs et de jeunes lièvres du Cap, mais capture également la sirli du désert, le varan du désert, le poisson de sable ainsi que des vipères du genre Cerastes. Face aux serpents, dont la vipère à cornes, il assène de violents coups de patte pour étourdir le reptile avant de lui porter une morsure fatale à la nuque. Lorsqu'une prise dépasse ses besoins immédiats, il enfouit le surplus dans le sable pour le consommer ultérieurement. Il comble l'intégralité de ses besoins hydriques par les fluides corporels de ses proies, bien qu'il boive de l'eau s'il en trouve ; les populations Toubous ont notamment rapporté des observations de chats des sables s'approchant de leurs campements la nuit pour s'abreuver de lait de chamelle frais.
En Arabie saoudite, ses proies comptent notamment la gerbille de Cheesman, la petite gerboise, le scinque Scincus mitranus, des geckos comme Stenodactylus arabicus ou du genre Cyrtodactylus, la vipère Cerastes gasperettii, ainsi que les lézards Acanthodactylus gongrorhynchatus et Phrynocephalus arabicus. En Israël, des restes de fouettes-queue d'Égypte, de mériones du genre Meriones, d'épineux du Caire, d'ammomanes isabellines, de lézards du genre Acanthodactylus et de geckos du genre Stenodactylus ont été identifiés aux abords de ses abris,. Dans le centre de l'Iran, ses proies principales sont la gerboise de Blanford et la gerbille naine. Dans l'Est du désert du Karakoum, l'analyse d'estomacs et de fèces a révélé la consommation de lièvres de Tolai, d'écureuils terrestres, de plusieurs espèces de gerboises et de gerbilles, d'oiseaux variés comme le pic épeiche, la tourterelle, le podoce de Pander, la huppe fasciée, le cochevis huppé ou le moineau du désert, de serpents et de geckos, ainsi que de coléoptères de la famille des Tenebrionidae, de scorpions et d'araignées. Enfin, un individu a été photographié en 2018 consommant une outarde de Macqueen dans le désert du Kyzylkoum en Ouzbékistan.

L'œstrus chez la femelle dure entre cinq et six jours, période durant laquelle les miaulements s'intensifient et le marquage olfactif devient très fréquent. Après une gestation de 59 à 66 jours, la femelle met bas une portée de deux à quatre chatons, le plus souvent en avril ou mai. Dans certaines régions, les femelles sont capables de mener à terme deux portées par an. À la naissance, les petits pèsent entre 39 et 80 g et portent un pelage jaune pâle ou roussâtre ponctué de taches. Leur croissance est rapide, les jeunes atteignant les trois quarts de leur stature adulte vers l'âge de cinq mois. Ils deviennent complètement indépendants à la fin de leur première année et acquièrent leur maturité sexuelle peu de temps après.
Sur les 228 naissances enregistrées dans les parcs zoologiques dans le monde jusqu'en 2007, seuls 61 % des chatons ont survécu au-delà de leur trentième jour, la mortalité résultant principalement d'un manque de soins de la part des mères primipares. L'espérance de vie en captivité peut atteindre 13 ans, tandis que celle en milieu sauvage demeure inconnue,. La durée d'une génération pour cette espèce est estimée à environ 4 ans et 9 mois.

La dégradation et la perte de son habitat dunaire causées par les activités humaines constituent la principale menace pesant sur les populations de chats des sables en Asie occidentale, où la chasse non réglementée et la persécution des prédateurs par des appâts empoisonnés sont fréquentes,,. La base de proies du félin dépend directement d'un couvert végétal suffisant, lequel subit de fortes fluctuations dues aux sécheresses récurrentes ou décline sous l'effet de la désertification et de l'arrachage des broussailles. En Iran, les écosystèmes arides sont rapidement altérés par l'expansion des zones habitées et le surpâturage par le bétail domestique. En Ouzbékistan, les zones de sable mouvant s'étendent en raison du déracinement systématique des arbustes par les populations locales, qui s'en servent de bois de chauffe et de substrat pour l'élevage des cocons du ver à soie (Bombyx mori),.
L'artificialisation des paysages présente également des risques physiques directs. Les clôtures grillagées ceinturant les aires protégées représentent un danger notable en Arabie saoudite, où plusieurs individus ont été retrouvés pris au piège entre 2004 et 2007,. Au Sahara, des chats des sables sont parfois tués dans des pièges disposés par les habitants des oasis pour capturer les renards ou les chacals dorés (Canis aureus), ou par représailles lorsqu'ils s'attaquent à la volaille. Plusieurs cas de prédation exercée par des chiens domestiques (Canis familiaris) ont par ailleurs été documentés en Israël et en Iran,, tandis qu'en Israël, la concurrence et la prédation par le caracal (Caracal caracal) et le loup gris (Canis lupus) ont pu peser sur les effectifs restants.
Le commerce d'animaux de compagnie constitue un facteur supplémentaire de prélèvement. Dès le milieu des années 1960, de nombreux spécimens ont été capturés vivants au Pakistan pour être exportés vers l'Europe, jusqu'à ce que le gouvernement pakistanais cesse de délivrer des autorisations d'exportation en 1974. Des captures destinées au marché des nouveaux animaux de compagnie sont également rapportées aux Émirats arabes unis et en Irak,,,. À Bagdad, deux individus vendus sur un marché local en 2012 sont morts une semaine plus tard, et quatre autres spécimens capturés par des ramasseurs de truffes du désert ont été mis en vente en 2014 et 2015 sans que leur sort final ne soit connu,. Enfin, la transmission de pathogènes par les chats domestiques et harets errant dans les zones désertiques représente une menace sanitaire émergente : en Arabie saoudite, un spécimen sauvage sur dix-sept testés s'est révélé porteur du virus de la leucose féline.
Le chat des sables figure à l'Annexe II de la CITES. Sa chasse est strictement interdite en Algérie, en Iran, en Israël, au Kazakhstan, en Mauritanie, au Niger, au Pakistan et en Tunisie. En revanche, il ne bénéficie d'aucune protection légale spécifique en Arabie saoudite, en Égypte, aux Émirats arabes unis, au Mali, au Maroc et en Oman. Auparavant classé comme espèce quasi menacée, le félin a été reclassé en préoccupation mineure en 2016 par l'UICN, l'estimation de sa population globale dépassant les seuils d'alerte, bien que l'ampleur exacte du déclin général de ses effectifs demeure mal connue.
Des tentatives de renforcement des populations naturelles ont été menées par le passé. Le zoo biblique de Jérusalem a notamment conduit un programme de réintroduction dans la vallée de l'Arabah, en Israël : plusieurs individus nés en captivité ont été placés dans des enclos de pré-lâcher pour s'acclimater, mais aucun n'a survécu après sa libération définitive dans le milieu naturel.

En captivité, les chats des sables se révèlent extrêmement vulnérables aux affections respiratoires, en particulier à la rhinotrachéite virale féline, qui représente la première cause de mortalité chez les adultes. En raison de cette sensibilité pulmonaire, les animaux doivent impérativement être logés dans des enclos très secs, maintenus à des taux d'humidité constants et sans variations brusques de température.
La population hébergée dans le cadre du Programme européen pour les espèces menacées (EEP) descend de dix-huit individus fondateurs issus presque exclusivement de la péninsule Arabique, tandis que le plan de survie des espèces (SSP) nord-américain repose sur huit fondateurs,. À la fin de l'année 2009, la population captive mondiale s'élevait à 200 individus répartis dans 45 institutions zoologiques, dont 102 spécimens hébergés dans 23 parcs européens. Les techniques de reproduction assistée ont marqué une avancée importante en 2010 au zoo d'Al-Aïn, avec la naissance des deux premiers chatons issus d'une fécondation in vitro et du transfert d'embryons congelés puis décongelés. D'autres naissances en captivité ont été enregistrées au zoo de Ramat Gan en 2012 ainsi qu'au parc zoologique de Lyon en 2018.