| Chimay | |||||
La Grand'Place avec la colonne des Princes et l'église collégiale Saints-Pierre-et-Paul. | |||||
Héraldique |
Drapeau |
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| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | |||||
| Communauté | |||||
| Province | |||||
| Arrondissement | Thuin | ||||
| Bourgmestre | Tanguy Dardenne (MR) (Bouge !) |
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| Majorité | Bouge ! | ||||
| Sièges A.C. Bouge ! CLE |
21 2 13 6 |
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| Section | Code postal | ||||
| Chimay Baileux Bailièvre Bourlers Forges L'Escaillère Lompret Rièzes Robechies Saint-Remy Salles Vaulx Villers-la-Tour Virelles |
6460 6464 6460 6464 6464 6464 6463 6464 6460 6460 6460 6462 6460 6461 | ||||
| Code INS | 56016 | ||||
| Zone téléphonique | 060 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Chimacien(ne) | ||||
| Population – Hommes – Femmes Densité |
9 606 (2026) 50,04 % 49,96 % 48,37 hab./km2 |
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| Pyramide des âges – 0–17 ans – 18–64 ans – 65 ans et + |
() 18,63 % 56,67 % 24,69 % | ||||
| Étrangers | 4,65 % () | ||||
| Taux de chômage | 19,02 % (2026) | ||||
| Revenu annuel moyen | 17 048 €/hab. (2021) | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 02′ 53″ nord, 4° 19′ 02″ est | ||||
| Superficie – Terr. non-bâtis – Terrains bâtis – Divers |
198,6 km2 (2023) 93,54 % 1,82 % 4,64 % |
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| Localisation | |||||
Situation de la ville dans l'arrondissement de Thuin et la province de Hainaut | |||||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
Géolocalisation sur la carte : Hainaut
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| Liens | |||||
| Site officiel | ville-de-chimay.be | ||||
| modifier |
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Chimay (en wallon Chimai) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Elle se situe dans le Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse créé en 2022.
Située dans l'arrondissement administratif de Thuin, elle est née de la fusion de 14 anciennes communes, le 1er janvier 1977.
La ville abrite le château des princes de Chimay où demeurait la Princesse Élisabeth de Chimay, et la collégiale Saints-Pierre-et-Paul. Non loin de là se trouve le lac de Virelles, d'un grand intérêt ornithologique. Mais Chimay est principalement connue grâce à l'abbaye Notre-Dame de Scourmont, toute proche (à Forges), où des moines cisterciens trappistes fabriquent de la bière et des fromages.
La bière de Chimay, dorée, rouge, bleue, verte, jaune ou triple est obtenue par un procédé de fermentation haute (à plus de 20 °C) et subit une seconde fermentation en bouteille. Elle n'est pas pasteurisée.
Le nom de la localité est attesté sous les formes Cimacum en 887, Cimai, Cymay depuis 1065. À partir du XIIIe siècle, la graphie Chimai tend à remplacer Cimay dans des actes de 1248, 1258 et 1276. La forme actuelle Chimay s'est imposée lentement dans les premières décennies du XXe siècle.
L'un des premiers spécialistes à s'être exprimé à ce sujet est Hermann Gröhler, pour qui le nom de Chimay repose sur l'étymon gallo-romain *Cimacum formé sur un anthroponyme hypothétique d'origine gauloise *Cimus et du suffixe -acum, soit « (le domaine) de *Cimus ». L'auteur cite plusieurs autres noms gaulois formellement attestés, tels que Cimu, Cimo, Cimiao[…], ainsi que l'épithète gallo-romain Cimiacinus « du domaine de *Cimios / *Cimiacos » appliqué à Mercure; ces derniers noms semblent tous se rattacher à ce même radical, de sens incertain.
Cette analyse est en grande partie adoptée par Jules Herbillon, pour qui *Cimacum est aussi la « propriété de *Cimus ou *Cimos », puis par Jean-Jacques Jespers, qui ne fait que reprendre telle quelle la formulation de ce dernier. Xavier Delamarre va un peu plus loin en posant un étymon entièrement gaulois (et non gallo-romain) *cimācon « domaine de Cimos », avec la forme gauloise primitive -ācon du suffixe.
Une vision quelque peu divergente des choses est celle d'Albert Carnoy. Raisonnant sur la forme un peu plus tardive Cymacum, et le fait que les graphies y et oe sont souvent interchangeables en bas-latin, il avance l'hypothèse d'un étymon *Coemacum, toponyme gallo-romain formé sur l'anthroponyme celtique non attesté *Coimos et du suffixe -acum, soit « (le domaine) de *Coimos ». L'auteur fait état pour expliquer ce dernier nom d'un mot celtique coimos « joli, aimable », de statut douteux : en effet, il ne figure pas dans les dictionnaires de spécialistes actuels tels que de Pierre-Henri Billy et Xavier Delamarre.
Quelle que soit l'hypothèse envisagée, l'initiale Chi- de Chimay révèle dans les deux cas un traitement dialectal picard du toponyme.
Il est à noter que Marie-Thérèse Morlet ne fait pas figurer Chimay dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieux, ce qui semble représenter de sa part un rejet implicite de ces explications (plutôt qu'un oubli, peu probable).
Chimay est située sur la bande calcaire de la Calestienne. Ce sont des terres propices à la culture, défrichées tôt, bien avant l'époque monastique. Chimay est en effet située dans une grande clairière, ouverte dans la forêt ardennaise.
Plus au sud, la clairière a été agrandie à l'époque monastique, vers les terres plus pauvres de la retombée nord du plateau de Rocroi ; ces terres étaient surtout dévolues à l'élevage et à des cultures pauvres, comme le seigle. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des fermes créées par des entrepreneurs individuels ont poursuivi ces défrichements, encouragées par l'État.
Chimay occupe une altitude comprise entre 220 et 275 m, avec une moyenne d’environ 240 m. Le territoire s’étend sur 198,6 km², ce qui en fait l’une des communes les plus vastes de Wallonie. Il se situe entre les massifs forestiers de la Fagne et de la Thiérache, dans la partie méridionale de la « botte du Hainaut ».
Le sous-sol chimacien appartient à la Calestienne, une bande calcaire du Dévonien moyen. Cette structure géologique explique:
Après la dernière période glaciaire, la région aurait constitué une clairière dans la grande Forêt ardennaise, ce qui a favorisé l’implantation humaine précoce. Aujourd’hui, le paysage alterne:
| # | Nom | Superf. (km2) | Habitants (2025) | Habitants par km2 | Code INS |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Chimay | 44,92 | 3 305 | 74 | 56016A |
| 2 | Virelles | 18,62 | 723 | 39 | 56016B |
| 3 | Vaulx | 5,38 | 162 | 30 | 56016C |
| 4 | Lompret | 7,50 | 134 | 18 | 56016D |
| 5 | Baileux | 24,31 | 1 192 | 49 | 56016E |
| 6 | L'Escaillère | 14,34 | 204 | 14 | 56016F |
| 7 | Rièzes | 7,85 | 323 | 41 | 56016G |
| 8 | Bourlers | 19,33 | 710 | 37 | 56016H |
| 9 | Forges | 15,03 | 1 288 | 86 | 56016J |
| 10 | Saint-Remy | 9,30 | 399 | 43 | 56016K |
| 11 | Villers-la-Tour | 8,02 | 494 | 62 | 56016L |
| 12 | Salles | 11,76 | 240 | 20 | 56016M |
| 13 | Bailièvre | 6,85 | 226 | 33 | 56016N |
| 14 | Robechies | 5,41 | 273 | 50 | 56016P |
Les communes limitrophes sont Baives, Couvin, Eppe-Sauvage, Froidchapelle, Momignies, Moustier-en-Fagne, Neuville-lez-Beaulieu, Regniowez, Signy-le-Petit et Sivry-Rance.
Le réseau hydrographique est dominé par l’Eau Blanche, qui prend sa source dans un étang situé à cheval entre Chimay et Momignies,.

La commune a été commune-pilote en matière d'efficience énergétique dans le cadre du programme Palme, avec dans les années 2000 un cadastre énergétique, un projet de parc éolien sur un terrain appartenant à la Bière de Chimay, la construction de bâtiments à énergie solaire et une centrale de biométhanisation et un projet de réseau de chaleur alimenté en bois énergie.
Le centre de développement agroforestier de Chimay ou CDAF sensibilise et forme sur le thème de l'agroforesterie.
Une amélioration notable de la biodiversité en Belgique et Wallonie et particulièrement en Thiérache belge, au nord de l’Avesnois français, est liée au récent retour du castor européen, qui a aussi été l'occasion d'un nouveau tourisme vert, Chimay étant située dans la « vallée du castor ». Plusieurs associations et une vingtaine d'animateurs (ou « guide castor » sont en Belgique en 2009 actifs pour faire découvrir le castor et son intérêt au public qui s'y intéresse, Animations touristiques au « Pays des castors », avec notamment des excursions, projections de films et animations à la demande Animation « Castor Live ».
L'association Natagora est particulièrement active avec le centre de l'Aquascope Virelles sur le site du lac de Virelles, tout proche. Depuis 2007 s'y trouve un centre de revalidation (CREAVES) qui accueille des animaux (vivant à l'état sauvage), blessés ou malades, dans le but de pouvoir les rendre à la nature après guérison.

La Ville de Chimay, située dans le sud de la province de Hainaut, se caractérise par un environnement rural dominé par les forêts, les zones humides et les paysages bocagers. La commune dispose d’un service environnement chargé de la coordination du Plan Communal de Développement de la Nature, du suivi du patrimoine naturel et de l’accueil des citoyens pour toute question environnementale. Ce service assure également la participation de la ville au Contrat de rivière Haute Meuse, ce qui implique une gestion concertée des cours d’eau et de leurs abords.
Le territoire communal comprend de vastes espaces boisés, notamment la Forêt du Pays de Chimay, ainsi que des zones humides d’intérêt écologique. Ces milieux accueillent une biodiversité typique de l’Entre-Sambre-et-Meuse, avec une mosaïque d’habitats favorables à la faune sauvage. La ville relaie régulièrement des mesures de protection, comme celles concernant la faune sauvage nocturne, en lien avec les réglementations régionales.
Chimay est également un territoire impliqué dans le développement des énergies renouvelables, notamment via des projets éoliens. Une réunion publique tenue en 2019 a présenté un projet d’implantation de cinq éoliennes porté par l’entreprise Elicio. Cette procédure s’inscrit dans un cadre légal strict comprenant une étude d’incidences environnementales, une enquête publique et une instruction technique.
L’environnement chimacien est marqué par la présence de l’Abbaye de Scourmont, dont les activités agricoles et brassicoles s’inscrivent dans une logique de gestion durable. La Fondation Chimay-Wartoise, issue de l’abbaye, se donne explicitement pour mission d’être un accélérateur de transition économique, sociale et environnementale dans la région. Elle soutient des initiatives locales visant à renforcer la durabilité et la valorisation du terroir.
Le service urbanisme de Chimay gère l’aménagement du territoire en concertation avec un conseiller en environnement. Ses missions incluent la gestion des permis d’urbanisme, des permis d’environnement et des permis uniques, ce qui contribue à encadrer l’évolution du cadre bâti tout en préservant les équilibres naturels.
La Forêt du Pays de Chimay est un ensemble forestier majeur aux confins du Hainaut et de Namur, structuré en massifs et corridors boisés qui s’étendent sur plusieurs communes et s’inscrivent dans le réseau régional des Forêts d’Ardenne. Elle est valorisée pour la randonnée longue distance via la Grande Traversée de la Forêt du Pays de Chimay, un itinéraire de trekking de l’ordre de 170–235 km selon les sources, jalonné d’aires de bivouac et de refuges,.
Le territoire boisé alterne plateaux calcaires, vallées fluviales et zones de calestienne, ce qui crée des contrastes de relief et de sols. On y trouve des secteurs karstiques remarquables (gouffres et dolines) comme le Fondry des Chiens, ainsi que des étangs et zones humides associés aux bassins de la Sambre et de la Meuse. Ces variations géologiques expliquent la mosaïque d’habitats observée,.
La végétation est variée et lumineuse, mêlant hêtraies, chênaies et peuplements résineux plantés, avec des clairières, prairies et mares favorables aux amphibiens et aux oiseaux d’eau. Des sites comme l’Aquascope de Virelles témoignent de la richesse ornithologique locale (zones d’observation, suivis de populations d’oiseaux migrateurs et nicheurs). La présence d’espaces humides et de vieux bois favorise une biodiversité locale notable,.
La forêt est aménagée pour la randonnée, le VTT, le trail et le bivouac en itinérance : la Grande Traversée propose des étapes et aires de bivouac (réservation parfois requise) et des topo-guides et traces GPX sont disponibles pour les randonneurs. Des associations locales organisent sorties nature, animations et séjours « trappeur-survie ». La gestion intègre tourisme durable et protection des milieux,.
La Forêt du Pays de Chimay est portée par des partenariats locaux (Parc Naturel Viroin‑Hermeton, Maisons du Tourisme, associations) qui visent la préservation des habitats, la sensibilisation et le développement d’un tourisme respectueux. Des calendriers de chasse et des règles d’usage (zones protégées, interdiction de feu sur bivouacs) encadrent les activités humaines pour limiter les impacts,.

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.
| Année | Population | Évolution 1992=index 100 |
|---|---|---|
| 1992 | 8 664 | 100,0 |
| 1993 | 9 690 | 100,3 |
| 1994 | 9 762 | 101,0 |
| 1995 | 9 704 | 100,4 |
| 1996 | 9 744 | 100,8 |
| 1997 | 9 732 | 100,7 |
| 1998 | 9 697 | 100,3 |
| 1999 | 9 755 | 100,9 |
| 2000 | 9 759 | 101,0 |
| 2001 | 9 812 | 101,5 |
| 2002 | 9 867 | 102,1 |
| 2003 | 9 819 | 101,6 |
| 2004 | 9 742 | 100,8 |
| 2005 | 9 715 | 100,5 |
| 2006 | 9 774 | 101,1 |
| 2007 | 9 852 | 101,9 |
| 2008 | 9 950 | 103,0 |
| 2009 | 9 870 | 102,1 |
| 2010 | 9 854 | 102,0 |
| 2011 | 9 826 | 101,7 |
| 2012 | 9 847 | 101,9 |
| 2013 | 9 836 | 101,8 |
| 2014 | 9 804 | 101,4 |
| 2015 | 9 856 | 102,0 |
| 2016 | 9 850 | 101,9 |
| 2017 | 9 879 | 102,2 |
| 2018 | 9 841 | 101,8 |
| 2019 | 9 805 | 101,5 |
| 2020 | 9 726 | 100,6 |
| 2021 | 9 647 | 99,8 |
| 2022 | 9 769 | 101,1 |
| 2023 | 9 716 | 100,5 |
| 2024 | 9 691 | 100,3 |
| 2025 | 9 673 | 100,1 |
| 2026 | 9 606 | 99,4 |
Le territoire de l'Entre-Sambre-et-Meuse a été occupé dès la préhistoire et avant l’arrivée des Romains. Une présence celtique y est attestée pendant environ quatre cents ans, suivie par l’occupation romaine. Des vestiges archéologiques couvrant ces deux périodes ont été mis au jour sur l’ensemble du territoire chimacien. Parmi les découvertes figurent un mégalithe près de Baileux, dit la Pierre qui tourne, marquant la limite entre les provinces de Hainaut et de Namur ; des poteries romaines et des vestiges néolithiques au hameau de Boutonville, au lieu-dit Trou des Fées ; ainsi que, à Lompret, des cavités remarquables et un camp romain fouillé en 1890, où ont été retrouvées des pointes de flèche et un trésor de médailles romaines. Des fouilles à Robechies et Dalles ont également livré des résultats significatifs.
Dans le sud du Hainaut, les Celtes pratiquaient le travail du fer. Des traces de cette activité subsistent sous la forme de scories, localement appelées crayats ou crasses. Certains auteurs ont avancé que les massifs forestiers de la Fagne et de la Thiérache, qui entourent Chimay, auraient constitué un foyer ancien de la sidérurgie en Belgique.
Les Romains ont repris l’exploitation des ressources minières de la région et ont cherché à relier Chimay aux grandes voies antiques reliant Bavay à Trèves et Bavay à Cologne. Ces liaisons se faisaient par un réseau de diverticula, le long desquels ont été identifiés des habitats gallo-romains.
Les domaines gallo-romains, abandonnés lors des invasions, furent réoccupés et morcelés par des propriétaires mérovingiens. Les sources font apparaître l’existence d’un domaine de Chimay dès le IXe siècle. À cette époque, il appartenait à un comte de Castres, Erlebold, qui possédait également un domaine à Salles.
Le domaine de Chimay comprenait notamment Forges et Saint-Remy, tandis que le domaine de Salles englobait Bailièvre, Monceau, Imbrechies, Seloignes, Villers, Sarts et Robechies. Certaines études suggèrent toutefois que ces deux entités formaient à l’origine un seul domaine, avec Chimay situé à l’intérieur du domaine de Salles.
Selon la tradition, le comte Erlebold est considéré comme le fondateur du chapitre de Chimay. L’histoire primitive de cette institution repose toutefois sur des bases fragiles : elle s’appuie principalement sur un acte attribué à Erlebold et daté de 887, connu uniquement par une copie du XIVe siècle, défectueuse et encore dépourvue de lecture définitive.
D’après ce document, Erlebold aurait fondé en 887, à Salles, un monastère destiné à conserver les reliques de sainte Monégonde, qu’il aurait rapportées de France. Le comte aurait soumis à cet établissement ses domaines de Salles et de Chimay. Le monastère aurait disparu en 938, lors des incursions hongroises. Les moines se seraient alors réfugiés à Chimay avec les reliques, s’y fixant définitivement et se transformant, avant la fin du Xe siècle, en un chapitre régulier : le chapitre de Sainte‑Monégonde.
Une thèse formulée dans les années 1940 propose une autre interprétation : Chimay, intégrée au domaine de Salles, aurait reçu directement les reliques de sainte Monégonde peu avant la fondation de l’abbaye en 887.
Au fil des siècles, le chapitre de Chimay fut progressivement dépouillé de ses biens au profit de seigneurs laïcs. Ce processus, achevé au XIIIe siècle, serait lié à l’action des premiers avoués, qui auraient cherché à transformer leur charge en véritable possession seigneuriale. Le premier seigneur connu est Alard 1er de Chimay, mentionné comme témoin dans une charte de 1029 émise par l’évêque de Liège.
Au XIIe siècle, Chimay devient l’une des douze pairies du comté de Hainaut, c’est‑à‑dire l’un des fiefs relevant directement du comte.
Les premiers seigneurs entreprennent alors de développer leur domaine:
Chimay est attestée comme ville dès 1147, et ses habitants sont qualifiés de bourgeois.
Au XIIIe siècle, la seigneurie de Chimay passe à la famille de Soissons (1222‑1314). Elle revient ensuite, pour une courte période, au comte Jean de Hainaut, époux de Marguerite de Soissons (1315‑1335), qui y adjoint la seigneurie de Beaumont. Par mariage, Chimay échoit ensuite à la famille de Blois (1336‑1412). À la mort de Marie de Namur, comtesse de Blois, décédée sans héritier, le domaine est revendiqué à la fois par le comte de Hainaut et par Thibaut de Moreuil, descendant des Soissons.
La seigneurie est alors démembrée:
La réunification de la terre de Chimay intervient au XVe siècle, lorsque la famille maison de Croÿ, l’une des plus influentes des Pays-Bas bourguignons, acquiert successivement les deux parties du domaine (1434 et 1445) sous l’impulsion de Jean de Croÿ. Les Croÿ, acteurs majeurs de la vie politique européenne aux XVe et XVIe siècles, jouent alors un rôle déterminant dans l’histoire de la région.
Étroitement liés à la cour de Bourgogne, les Croÿ bénéficient d’une faveur particulière. Antoine de Croÿ, élevé auprès de Philippe le Bon, devient le parrain du futur Charles le Téméraire. Antoine et son frère Jean sont tous deux admis dans l’Ordre de la Toison d’or, distinction réservée aux plus hauts dignitaires de l’État bourguignon.
La montée en puissance de la famille suscite toutefois l’hostilité de Charles le Téméraire, qui les accuse de trahison après la rétrocession à la France de plusieurs villes de la Somme. Le duc confisque leurs biens et administre personnellement la terre de Chimay de 1465 à 1473.
Rentrés en grâce en 1469, les Croÿ retrouvent leurs possessions. En 1473, Charles le Téméraire érige solennellement la terre de Chimay en comté, acte symbolisant la réconciliation.
Les Croÿ consolident leur influence au cours des décennies suivantes. Plusieurs membres de la famille sont chargés de l’éducation d’enfants royaux ou de missions diplomatiques. En 1486, Maximilien d’Autriche crée pour Charles Ier de Croÿ (1483‑1527) et ses descendants le titre de prince de Chimay.
Le château de Chimay accueille en 1549 l’empereur Charles Quint et son fils, le futur Philippe II, invités par Philippe II de Croÿ (1527‑1549). Son successeur, Philippe III de Croÿ (1551‑1580), entreprend la restauration du château, endommagé lors des guerres menées par Henri II.
Le règne de Charles III de Croÿ (1580‑1612) marque l’apogée de la principauté. Collectionneur et mécène, il fait réaliser un relevé détaillé de ses domaines, consigné en 1606 dans l’ouvrage Descriptions et plans de la terre, château, ville, principauté et pairie de Chimay. Des albums de dessins, redécouverts entre 1956 et 1967, constituent aujourd’hui une source majeure pour la topographie régionale du XVIe siècle.
Charles III transforme profondément le château et agrandit le parc. Toutefois, les troupes françaises s’emparent du site en 1637‑1638, causant des destructions importantes. En 1750, il n’en subsiste presque plus rien.
Les Croÿ mènent à Chimay une vie fastueuse tout en entretenant des liens réguliers avec les bourgeois, notamment lors de fêtes ou de concours d’arbalétriers. Chaque nouveau prince effectue une entrée solennelle dans la ville, accueillie par les autorités locales et les confréries.
À la mort de Charles III, la principauté passe à la branche Croÿ d’Arenberg (1613‑1686). Contrairement à leurs prédécesseurs, ceux‑ci résident peu à Chimay et administrent leurs terres par l’intermédiaire de gouverneurs. Un long procès faillit transférer la principauté à la maison d’Orléans, mais l’opposition du Conseil du Hainaut empêche ce transfert.
En 1686, la principauté passe par mariage à la famille Henin‑Liétard de Boussu (1686‑1804). Elle reste toutefois sous séquestre à partir de 1654, en raison des dettes contractées par les d’Arenberg. Le séquestre n’est levé qu’en 1783.
En 1804, faute de descendance directe, la principauté revient à François‑Joseph‑Philippe de Riquet, comte de Caraman, neveu du dernier seigneur Henin-Liétard. Sous son autorité, Chimay traverse trois régimes politiques successifs. Après l’indépendance belge, il se retire de la vie publique pour se consacrer à l’amélioration du canal du Midi, œuvre de son ancêtre Pierre-Paul Riquet.
Son fils Joseph de Riquet (1843‑1886), bourgmestre de Chimay, fonde l’abbaye de Scourmont, où il est inhumé. Son successeur Marie‑Joseph de Riquet (1886‑1892), également bourgmestre, devient ministre des Affaires étrangères.
La famille Caraman‑Chimay demeure propriétaire du château. L’actuel prince Élie de Chimay est le petit‑fils de Marie‑Joseph.
La cité de Chimay, établie autour de sa collégiale, apparaît dès la fin du XIe siècle comme un noyau urbain doté d’un hôpital. Elle est attestée comme ville au moins depuis 1147, époque où le chapitre y fonde des écoles. Au XIIIe siècle, ce chapitre connaît une transformation majeure : supprimé à la suite de conflits, il est rétabli quelques années plus tard par le seigneur local, qui en devient dès lors le fondateur et l’autorité supérieure. En 1258, le seigneur fixe, en accord avec les bourgeois, les règles de fonctionnement du magistrat et les modalités de nomination des échevins, auxquels un pouvoir considérable est conféré. La ville possède très tôt sa propre coutume, d’abord identique à celle de Liège, puis progressivement influencée par celle du Hainaut avant d’être codifiée en 1610.
L’organisation communale s’accompagne de la mise en place d’un système défensif destiné à protéger la cité contre « l’ennemi franchois ». Un rempart d’environ mille mètres, percé de quatre portes et flanqué d’une vingtaine de tours dont subsiste la Grosse Tour entoure alors une ville encore modeste, longue d’environ 420 mètres. La défense est assurée par des archers et des arbalétriers. Les finances communales reposent sur les droits de marché et de tonlieu, mais ces revenus s’avèrent insuffisants, entraînant un recours fréquent à l’emprunt. Les associations de métiers se développent parallèlement, notamment celles du fer et du bois, placées sous les patronages de saint Éloi et de saint Joseph, ainsi que celles des merciers et des brasseurs, ouvertes à tout bourgeois indépendamment de son métier.
À partir du XIIIe siècle, la ville adopte progressivement le nom de Chimay, qui coexiste longtemps avec l’ancienne forme Cimai, issue de Cimacum ou Cymacum, attesté dès 887. La racine Cim, non latine, remonterait à l’époque celtique, bien que sa signification demeure inconnue. Le XIVe siècle marque une période de prospérité notable pour la terre de Chimay. La ville bénéficie probablement déjà du droit d’étape sur les vins français. Le chroniqueur Jean Froissart rapporte que l’on y tisse des étoffes appelées « flageolets de Chimay ». L’activité métallurgique connaît également un essor : si la continuité depuis l’époque romaine reste incertaine, une mention écrite de 1276 atteste l’existence d’une industrie sidérurgique dans le sud du Hainaut, lorsque Jean de Soissons supprime au profit de l’abbaye de Clairefontaine le droit de pesage sur les fers achetés dans la châtellenie de Chimay. Au XIVe siècle, les sources évoquent des minières, fourneaux et forges installés le long des ruisseaux. Cette prospérité se reflète dans les libéralités accordées par les bourgeois au chapitre, signe du maintien de son prestige.
La figure la plus illustre associée à cette période est celle du chroniqueur Jean Froissart, chanoine trésorier de Chimay à partir de 1383. Il ne s’installe durablement dans la ville qu’autour de 1396, profitant des loisirs que lui laisse sa charge pour poursuivre la rédaction de ses Chroniques, où il consigne plusieurs détails relatifs à Chimay. Selon la tradition, il aurait été inhumé dans la collégiale.
Au début du XVe siècle, le comté de Hainaut devient un théâtre d’affrontements opposant les forces des ducs de Gloucester, de Brabant et de Bourgogne. La cité de Chimay subit directement ces conflits, qui freinent durablement son développement. En 1478, Louis XI, qui avait occupé la ville, en ordonne l’évacuation. Une période de stabilité relative s’ouvre alors, durant laquelle Maximilien d’Autriche érige le territoire de Chimay en principauté. Cette accalmie prend fin en 1513, lorsque de nouvelles opérations militaires entraînent pillages et destructions.
Malgré les destructions, Chimay connaît une reprise économique fondée sur l’agriculture, l’élevage et le commerce. En 1546, l’ancien droit d’étape sur les vins est rétabli. Parallèlement, l’industrie du fer se développe rapidement : plusieurs forges sont attestées dès la première moitié du XVIe siècle, notamment à Lompret, Rance (1534), Macquenoise (1545) ou Montbliart (1550).
L’activité sidérurgique est encadrée par les Chartes et privilèges des forges, marteaux et minières de la principauté de Chimay, promulguées en 1509 par Charles Ier de Croÿ. Une tradition locale attribue à Charles Quint la dénomination de la forge de Philippe, mais celle-ci proviendrait plus vraisemblablement d’un exploitant nommé Philippe de la Lys.
Malgré les invasions d’Henri II entre 1552 et 1559, la sidérurgie poursuit son expansion. À la fin du XVIe siècle, on dénombre 16 fourneaux et 22 forges. Cette prospérité favorise l’émergence de familles de maîtres de forges influentes, telles que les Ghobert, Poschet ou Licot. Contrairement à leurs homologues de Liège ou de Namur, ceux de Chimay n’accèdent toutefois pas à la noblesse.
L’essor industriel entraîne une pression croissante sur les ressources forestières. L’épuisement du bois conduit plusieurs maîtres de forges à quitter la région, parfois jusqu’en Suède, où ils participent aux débuts de l’industrie sidérurgique locale.
Les princes de Chimay possèdent environ 17 000 hectares de forêts dans lesquelles les habitants disposent depuis longtemps de droits d’usage (bois de chauffage, pâturage, pêche, chasse). Les tensions entre seigneurs et communautés rurales sont anciennes, mais s’aggravent au XVIIe siècle en raison des coupes intensives destinées à alimenter les forges.
En 1607, Charles de Croÿ tente de réglementer l’exploitation forestière, sans succès. Son successeur, Albert d’Arenberg, demande alors le partage des bois afin d’enrayer leur dégradation. Malgré l’opposition des bourgeois, la Cour de Mons statue en 1622 en faveur du partage, attribuant à chaque village un cantonnement destiné à ses usages. Ce jugement ne met toutefois pas un terme définitif aux litiges forestiers.
À partir de 1635, la guerre entre la France et l’Espagne place à nouveau la région dans un climat d’insécurité. Malgré la paix des Pyrénées (1659), les tensions persistent. C’est dans ce contexte que se déroulent plusieurs procès de sorcellerie (1671–1673).
Entre 1674 et 1748, Chimay passe à plusieurs reprises sous domination française:
Les autorités françaises, soucieuses de contrôler la vallée stratégique de l’Oise, s’efforcent de pacifier la région. Ces périodes d’occupation sont globalement calmes.
Un événement notable concerne la découverte du talent littéraire d’Alexandre Laisnez (1653–?), originaire de Chimay. Suspecté d’être l’auteur de pamphlets contre le roi de France, il est finalement reconnu pour ses écrits littéraires. Encouragé à se rendre à Paris, il y fréquente notamment La Fontaine et Boileau.
Le XVIIIe siècle se caractérise, dans les provinces concernées, par une activité industrielle soutenue, dont le sud du Hainaut constitue un exemple significatif. La région de Chimay présente une évolution contrastée au sein du secteur métallurgique : si le nombre de fourneaux décline sous l’effet des droits de sortie frappant la fonte, les forges conservent une activité stable et demeurent une source majeure de revenus pour la principauté. Vers 1760, une douzaine de forges emploient en moyenne une trentaine d’ouvriers chacune ; leurs produits sont principalement exportés vers les Pays‑Bas et la France, et ce niveau d’activité se maintient jusqu’à la Révolution française.
Parallèlement, d’autres branches industrielles se développent ou déclinent selon les localités. L’industrie verrière de la Thiérache, active au XVIIe siècle, disparaît au début du XVIIIe siècle. En revanche, le textile et la faïencerie apparaissent et se structurent : une dentellerie produisant de la dentelle de Bruxelles s’établit autour de 1700 avec des débouchés majoritairement français ; dès 1728, la fabrication d’étoffes dites « Bajomées de Chimay » est attestée. On relève également des ateliers de peignage de la laine, de tissage et des fabriques de bas. Des faïenceries, ouvertes vers le milieu du siècle, produisent des pièces proches des modèles de Rouen.
Les habitants de Chimay pratiquent en outre des activités artisanales et industrielles secondaires : tannerie, chapellerie, production de potasse, poterie, brasserie et exploitation de carrières de pierre bleue. Des rumeurs d’exploitation minière se manifestent dans les années 1750 : des recherches entreprises en 1757 pour des gisements d’argent aboutissent à la découverte d’ardoises, et l’année suivante est évoquée la possible création d’une société pour l’exploitation de mines de cuivre, sans que la localisation précise des travaux soit clairement documentée.
Pour faciliter l’écoulement des produits régionaux, une amélioration des communications routières est entreprise : à la demande de la ville, les États du Hainaut autorisent la construction d’une chaussée reliant Chimay à Mons, dont une partie des frais est prise en charge par la ville. Les travaux, commencés en 1753, sont achevés en 1765, contribuant à l’intégration économique du sud du Hainaut au reste de la province.
Au lendemain des conflits du XVIIe siècle, la ville, fortement endommagée, entreprend un vaste programme de reconstruction. Les autorités urbaines procèdent à la restauration de l’hôtel de ville et des halles, au tracé de nouvelles voiries, au pavage des rues existantes ainsi qu’à l’aménagement de promenades publiques. Ces initiatives témoignent d’une volonté affirmée d’embellir l’espace urbain et de moderniser les infrastructures.
Dans les faubourgs, plusieurs demeures remarquables sont édifiées au profit des maîtres de forges, parmi lesquelles l’hôtel Savary, la maison Licot ou encore l’hôtel Brunet. Ces constructions illustrent la prospérité d’une partie de la bourgeoisie locale.
Malgré ces efforts architecturaux, l’hygiène urbaine demeure insuffisante. En 1756, une épidémie sévère frappe la ville, que les médecins attribuent au manque de discipline sanitaire. En réaction, le magistrat publie une série d’ordonnances visant à améliorer la salubrité:
Ces mesures visent à instaurer des pratiques d’hygiène élémentaires dans l’espace public.
L’administration communale s’implique également dans l’éducation et l’aide aux plus démunis. Des écoles primaires fonctionnent régulièrement, leurs maîtres étant rémunérés par la ville. L’enseignement supérieur est assuré gratuitement jusqu’en 1783 par les Récollets au collège Saint-Bernardin.
Plusieurs institutions caritatives œuvrent conjointement:
Ces établissements constituent le socle de l’assistance publique locale.
La vie civique est cependant marquée par une forte propension des bourgeois à la contestation juridique, phénomène caractéristique du XVIIIe siècle. La question récurrente de la gestion des bois communaux en est l’exemple le plus emblématique.
Depuis 1622, la ville dispose de la libre administration d’une partie de la forêt, mais les modalités d’exploitation restent longtemps sources de désaccord. Une ordonnance de 1719 confie l’autorité complète sur les bois au magistrat, suscitant l’opposition des grands bourgeois, qui multiplient les plaintes auprès de la Cour de Mons.
Chimay était à l'époque moderne une principauté. Des descendants de la famille princière existent toujours aujourd'hui.
Sous l'Ancien Régime, l'histoire de la ville de Chimay se confond avec celle de la principauté de Chimay.
Ville du comté de Hainaut, Chimay est envahie par les troupes révolutionnaires françaises dès le début novembre 1792. Elle était alors enclavée entre la France à l'ouest et la principauté de Liège à l'est au fond d'un long boyau de près de 25 km. Début mars 1793, sa population vote en faveur du rattachement à la France. Elle ne sera que fictivement rattachée au District de Binche dans le département 86 de Jemappes constitué car le processus ne peut être mené à son terme à cause de la défaite de la France du 18 mars 1793 à Neerwinden laquelle entraîne le retrait des troupes républicaines.
Chimay est réoccupée par la France en mai 1794, le département de Jemappes définitivement créé le 31 août 1795 et les neuf départements 'belges' annexés en bloc le 1er octobre 1795.
Le premier Traité de Paris laisse une grosse partie la région d'Entre-Sambre-et-Meuse à la France et Chimay rejoint le département des Ardennes (n°7) pour quelques mois.
Moins conciliant, le second Traité de Paris de novembre 1815, recule les frontières de la France à leurs positions de 1790 et le Canton de Chimay repasse donc au Royaume des Pays-Bas, Province du Hainaut, à dater du 1er janvier 1816.
Le château de Chimay appartenait à la famille de Croÿ, puis, en 1804, à un Riquet de Caraman, descendant de Pierre-Paul Riquet, constructeur du canal du Midi, et parent du fameux Mirabeau. Incendié partiellement en 1935, il a été construit sur des plans anciens dans le style de la Renaissance finissante.
En 1855, un chenil fut installé au château. L'équipage malgré tout chimay chassait uniquement le sanglier à courre. Il fut vendu en 1868 et remonté pour quelques années en 1882. Les chiens étaient des harriers et les piqueux se nommaient Rary Isidore, Jeumont Henri et Bouillon Antoine. Les rendez-vous étaient à Pleurmont, bois de Holling, à Salles et aux hauts-marais. Portaient le bouton : MM. le prince de Chimay, le comte de Mercy-Argenteau, le comte A. de Villermont, M. de Thomas de Stave, MM. le baron d'Anethan, le comte de Greffhulhe, le comte de Lagrange, le comte L. de Villermont, le comte B. de Vallon, Pierre Barachin, le vicomte Obert de Ticusies. On chassait trois fois la semaine. Les couleurs étaient rouge avec revers et collets bleus.
L’entrée des troupes françaises commandées par le général Dumouriez dans les Pays-Bas autrichiens en 1792 marque le début d’une période de profondes transformations pour la région de Chimay. En 1793, le Hainaut est officiellement rattaché à la France. Les autorités françaises s’intéressent rapidement aux activités industrielles locales : en 1794, une fabrique de salpêtre est installée et une enquête est menée sur l’état de la sidérurgie régionale.
Grâce notamment à l’action de l’homme d’affaires Frédéric d’Hartemberg, les forges et fourneaux connaissent un regain d’activité jusqu’au début du XIXe siècle. Personnage complexe, d’Hartemberg est à la fois industriel influent et espion au service de l’Angleterre ; arrêté en 1811, il voit ses affaires liquidées durant son emprisonnement et se retrouve ruiné à sa libération.
Parallèlement, la population subit des réquisitions croissantes et une politique antireligieuse marquée : l’église est transformée en magasin à fourrages en 1795, le couvent des Récollets est fermé en 1796 et le chapitre Sainte‑Monégonde supprimé en 1797. Cette période prend fin avec le Concordat de 1801.
En 1814, les troupes françaises se retirent, mais la France conserve temporairement plusieurs cantons, dont celui de Chimay, en vertu du traité de Paris (). Ces territoires ne sont rétrocédés aux Pays‑Bas qu’après la période des Cent‑Jours, en 1815.
La domination hollandaise est globalement bien accueillie par la population chimacienne, notamment en raison de la fin des réquisitions et du retour à une relative stabilité. L’administration locale se heurte toutefois à l’obligation d’utiliser un sceau officiel à devise hollandaise, ce que le secrétaire communal contourne en recourant à un ancien sceau de 1595.
Sur le plan économique, plusieurs industries traditionnelles déclinent, telles que la dentellerie et la faïencerie, tandis que la production métallurgique continue de s’affaiblir. En revanche, l’agriculture et l’élevage se redéveloppent, les bois procurent des revenus importants et la population augmente (2 083 habitants en 1814, 2 196 en 1822).
La vie culturelle se renforce : la ville se dote en 1823 d’une Philharmonie, héritière de la Société des concerts fondée en 1801. Le château de Chimay devient un centre artistique notable grâce à Thérésa de Cabarrus, princesse de Chimay, qui y fait aménager une salle de spectacles où se produisent des artistes renommés tels que Cherubini, Fétis ou La Malibran. Le prince et la princesse participent eux-mêmes à certaines représentations, notamment dans l’opéra Jean de Couvin d’Auber.

À la fin du régime hollandais, la Chambre de commerce de Charleroi adresse au roi des Pays-Bas une requête concernant la situation de la forgerie, réclamant une forte taxation sur l'importation de fers étrangers afin de protéger cette industrie.
En 1831, le projet est revu : on abandonne l’idée de nouveaux droits de douane et on met l’accent sur des transports à bas prix. Dans le cadre des « Projets de canaux pour le bassin de la Meuse », un ingénieur suggère de créer un canal suivant le cours de l’Eau d’Heure pour relier la région de Couvin et de Chimay au Pays Noir, afin de désenclaver ce territoire.
De manière assez surprenante, le titre donné à sa proposition est « Le canal de Chimay ». Était-ce pour rendre hommage au prince de Chimay, qui aurait pu être l’un des instigateurs de la requête adressée au roi Guillaume 1er, ou peut-être parce que ce prince, figure marquante de son époque, pouvait user de son influence pour mener à bien ce projet ? Nul ne le sait.
En réalité, le projet envisageait plutôt de canaliser l’Eau d’Heure avec un embranchement, ou « rigole de prise d’eau », depuis l’Eau Blanche, à Chimay, pour rejoindre un bief de partage vers Aublain. Cette captation, située en aval de l’étang de Virelles, était estimée à 17 800 mètres cubes sur 24 heures. Finalement, le canal ne verra jamais le jour et sera remplacé par la ligne de chemin de fer de l’Entre-Sambre-et-Meuse, dont la première section, de Marchienne-au-Pont à Walcourt, ouvrira le 1er décembre 1848.

Après l’indépendance belge, la commune de Chimay se voit attribuer un vaste territoire d’environ 5 000 hectares. Plusieurs modifications administratives suivent : le hameau de Rièzes devient une commune distincte en 1851, tandis que le Vieux‑Gaucher est rattaché à Forge‑Philippe en 1903. Chimay devient le chef‑lieu d’un canton rural correspondant approximativement à l’ancienne principauté.
La sidérurgie locale décline rapidement : la généralisation du coke au détriment du charbon de bois déplace l’activité vers les bassins houillers, notamment celui de Charleroi. Dès 1870, il ne subsiste plus aucune forge ni aucun fourneau dans le sud du Hainaut.
Face à cette disparition, l’économie se réoriente vers l’agriculture. En 1850, le prince de Chimay cède aux moines trappistes de Saint‑Sixte une ferme située à Scourmont, ainsi que des bois à défricher. Leur installation marque le début d’un vaste mouvement de mise en valeur agricole : deux sociétés de défrichement, fondées en 1854 et 1860, transforment environ 500 hectares de terres en moins de vingt ans.
Le cheptel connaît une croissance notable, passant de 11 875 têtes en 1830 à 21 637 en 1867 pour l’ensemble du canton.
Quelques industries subsistent ou apparaissent:
À partir du milieu du XIXe siècle, la ville de Chimay connaît une sortie progressive de son isolement grâce à l’amélioration de ses infrastructures de communication. Une première route vers Trélon est ouverte en 1836, suivie d’un axe vers Rocroi en 1854. Dès 1846, un réseau de chemins secondaires est également tracé autour de la ville.
L’essor décisif provient toutefois du chemin de fer. Sous l’impulsion du prince de Chimay, alors bourgmestre, la Société des Chemins de fer de Chimay entreprend dans les années 1850 la construction d’une ligne reliant Momignies à Hastière, destinée à connecter la ville à l’est de la France, à Charleroi via Mariembourg, ainsi qu’aux provinces de Namur et de Liège. Le tronçon Chimay–Mariembourg est inauguré en 1858. Une seconde ligne, Chimay–Frameries, est mise en service en 1872.
L’amélioration générale de la situation économique du pays se reflète dans de nombreux travaux d’embellissement entrepris à Chimay au XIXe siècle. La vieille halle, devenue vétuste, est démolie et remplacée par un édifice moderne. De nouvelles rues sont tracées et plusieurs monuments sont érigés, dont la statue de Jean Froissart, œuvre du sculpteur J. Jacquet, inaugurée en 1850.
En 1852, l’ancienne fontaine est remplacée par la Fontaine des Princes, offerte par le prince de Chimay. L’alimentation en eau potable est assurée à partir de 1865 grâce au captage d’une source de l’Eau Blanche. L’éclairage public au gaz est installé en 1869. En 1888, l’architecte Louis Cloquet établit un plan général de restauration de l’église, classée l’année suivante.
La physionomie de la ville est profondément modifiée par plusieurs incendies survenus dans les années 1880–1890, notamment ceux de 1888 et 1891. La reconstruction d’un bâtiment détruit sur la Grand-Place en 1888 conduit à l’ouverture du premier « grand magasin » de Chimay.
Le XIXe siècle voit également un développement notable de l’enseignement à Chimay. La ville compte alors quatre écoles primaires, dont deux fondées sous le régime hollandais, ainsi qu’un athénée inauguré en 1881 en remplacement d’un ancien collège. S’y ajoutent un collège épiscopal (1877), un pensionnat des Sœurs de Notre-Dame (1839) et, peu avant 1914, un pensionnat français des Sœurs de Sainte-Chrétienne, destiné aux jeunes filles françaises résidant à Chimay. Une école industrielle ouvre en 1912.
En matière de bienfaisance, la Table des Pauvres, la « Maladrie » et l’ancien hôpital, fusionnés sous le régime français, sont administrés par un bureau de bienfaisance qui poursuit sa mission après l’indépendance. Celui-ci supervise également l’hospice Saint-Joseph, fondé en 1843 par le prince de Chimay.
Un conflit majeur oppose au XIXe siècle les communes du canton au prince de Chimay au sujet des droits sur les bois. L’arrêt de la Cour d’appel de Mons (1622) avait attribué à chaque village un droit d’usage perpétuel sur une partie de la forêt. Au fil des générations, ce droit d’usage est progressivement interprété comme un droit de propriété, renforcé par les idées issues de la Révolution française.
Vers 1840, à l’occasion d’un litige avec les habitants de Seloignes, le prince réaffirme ses droits de propriétaire, entraînant un long procès opposant l’ensemble des communes au seigneur local. En 1881, la Cour de Bruxelles donne raison au prince, reconnaissant les communes comme simples usagères. Les tensions persistent néanmoins, et la plupart des communes concluent des accords directs avec le prince. Chimay poursuit la procédure et obtient finalement en 1892 la propriété de 1 158 hectares de forêt.
Hormis le conflit forestier, la ville ne connaît que peu de troubles au XIXe siècle, à l’exception d’une affaire criminelle marquante : l’assassinat, le , du commis voyageur Chalmagne, retrouvé mort dans les bois entre Froid-Chapelle et Virelles. L’affaire suscite une forte émotion dans la région, où les crimes de sang sont rares. Le suspect condamné, Leurquin, n’a jamais cessé de clamer son innocence. Il est défendu par Alfred Defuisseaux, figure du socialisme naissant. L’affaire demeure non élucidée.
La ville de Chimay fut, du Moyen Âge au début du XXe siècle, régulièrement touchée par des incendies liés aux conflits et au passage de troupes. Parmi les sinistres les plus marquants figurent celui de 1888, qui détruisit six maisons de la Grand-Place, et celui du , qui ravagea tout l’îlot compris entre la Grand‑Rue, la rue du Château et la Grand‑Place. Les pompiers volontaires, organisés localement depuis longtemps, sont attestés dès 1809, date à laquelle la ville rémunère un groupe de trente hommes dirigés par trois responsables. Au début du XXe siècle, le corps dispose d’un équipement moderne pour l’époque, comprenant notamment pompes aspirantes‑foulantes, échelles et dévidoirs. Plusieurs pompiers se distinguèrent lors des grands incendies, notamment Gustave Rary, Joseph Eglem, Joseph Boudru, Ernest Farnir et Valentin Defrère’,.
Au cours de la Première Guerre mondiale, la ville de Chimay, comme une grande partie de la Belgique, fut occupée par les troupes du Deuxième Reich. Dès les premières semaines du conflit, l’armée allemande réquisitionna plusieurs bâtiments civils afin d’y installer des infrastructures militaires temporaires, notamment des hôpitaux de campagne destinés à soigner les soldats blessés sur le front ou lors d’escarmouches locales. Parmi les édifices ainsi transformés se trouvaient les écoles Notre‑Dame, situées place du Chapitre. Les salles de classe furent vidées, réaménagées et converties en salles de soins, en dortoirs pour les blessés et en espaces de triage. Ce type de réquisition était courant dans les zones occupées, l’armée allemande cherchant à disposer rapidement de structures médicales proches des lignes de communication.
L’hôpital improvisé accueillait des soldats allemands blessés lors des combats menés dans la région de Chimay ou dans les zones frontalières proches. Les conditions sanitaires y étaient rudimentaires, malgré la présence de personnel médical militaire. Les décès y étaient fréquents, conséquence des blessures graves, des infections ou du manque de matériel. Lorsque l’un de ces soldats succombait, son corps était transféré vers le cimetière communal de Chimay, où les autorités d’occupation avaient fait aménager un secteur funéraire réservé exclusivement aux militaires allemands.
Les cortèges funèbres, organisés avec une certaine solennité, traversaient la ville. Les habitants pouvaient y voir défiler des soldats en uniforme, souvent coiffés du Pickelhaube, le célèbre casque à pointe emblématique de l’armée impériale allemande. Ces processions constituaient un rappel visible et quotidien de la présence de l’occupant. Dans ce secteur réservé, les autorités allemandes firent ériger un monument commémoratif dans le cimetière destiné à honorer les soldats morts au combat ou décédés de leurs blessures dans l’hôpital installé aux écoles Notre‑Dame. Ce type de monument, souvent sobre mais imposant, répondait à la volonté allemande de marquer durablement les lieux où leurs troupes avaient combattu ou stationné.
Le monument servait à la fois de point de rassemblement pour les cérémonies militaires et de repère central dans l’espace funéraire. Il symbolisait la présence allemande et l’importance accordée au culte des morts dans l’armée impériale. Après la fin de la guerre et le retrait des troupes allemandes, les familles des soldats tombés purent, dans de nombreux cas, rapatrier les corps vers l’Allemagne. Ce mouvement de récupération des dépouilles, encouragé par les autorités allemandes et accepté par les autorités belges, entraîna progressivement la disparition des tombes individuelles. Une fois les corps exhumés et transférés, le monument allemand du cimetière de Chimay perdit sa fonction. Il fut finalement démoli, conformément à la volonté des autorités locales et dans un contexte où l’on cherchait à effacer les traces les plus visibles de l’occupation.
À partir de juillet 1918, l’ensemble des puissances engagées dans la Première Guerre mondiale est informé de la préparation d’une offensive générale des forces alliées, destinée à repousser définitivement l’armée allemande hors du territoire belge. Le , dans le contexte de l’effondrement militaire et politique de l’Empire allemand, une mutinerie éclate parmi les soldats allemands stationnés à Chimay. Ceux‑ci menacent leurs officiers en poste à la gare et procèdent au pillage de deux trains de ravitaillement. Le lendemain, plusieurs trains de munitions explosent, tandis que la région est survolée et bombardée par de nombreux avions alliés, témoignant de l’intensification des opérations militaires dans les derniers jours du conflit. Le , à 7 heures, les derniers détachements allemands quittent précipitamment Chimay. À 9 heures, des éclaireurs du 401e régiment d’infanterie français entrent dans la localité. C’est à ce moment que la population apprend que l’Armistice mettant fin aux hostilités doit être signé à 11 heures.
Le , la ville de Chimay procéda à l’inauguration officielle de son Monument aux Morts dédié aux victimes de la Première Guerre mondiale. Cette œuvre commémorative fut érigée en face de la gare, à l’intérieur d’un angle formé par les murs qui entouraient alors les bâtiments de l’Athénée Royal. Le choix de cet emplacement, à proximité immédiate d’un lieu de passage majeur, visait à inscrire durablement la mémoire des disparus dans le quotidien de la population chimacienne.
À l’occasion de l’inauguration, un important cortège civique et associatif parcourut les rues de la ville. Il rassemblait les principales sociétés locales, les délégations patriotiques, les associations d’anciens combattants ainsi que de nombreux habitants. Le début du cortège fut immortalisé devant l’ancienne conciergerie de l’Athénée, où deux jeunes filles, choisies pour leur rôle symbolique, représentaient respectivement la Belgique et la France, unies dans un même combat durant le conflit de 1914‑1918.
La cérémonie attira un public particulièrement nombreux, composé notamment: des anciens combattants, des enfants des écoles, des autorités communales, de représentants civils et militaires belges et français.
Tous se rassemblèrent face au monument, devant la gare du chemin de fer, pour assister aux discours et aux hommages rendus aux soldats tombés au champ d’honneur.
Sur le kiosque de la Grand-Place, plusieurs personnalités officielles assistèrent au passage du cortège. Parmi elles figuraient: M. Turlot, bourgmestre de Chimay, le général Biebuyck, représentant du roi, le commandant Lenoble, président des Combattants, M. Pasqual, député représentant la France, le colonel Tourney, délégué du ministre de la Défense, le doyen de la ville de Chimay. Leur présence soulignait l’importance nationale et internationale de la cérémonie, dans une région profondément marquée par les événements de la Grande Guerre. Un peu plus d’une décennie après cette inauguration, un événement marquant frappa à nouveau la mémoire locale. Le 6 mai 1935, un incendie ravagea le château de Chimay, résidence historique de la famille princière. Ce sinistre détruisit une partie importante du patrimoine architectural et artistique du site, provoquant une vive émotion dans toute la région.
En mai 1940, pendant l’offensive allemande en Belgique et en France, la ville de Chimay est occupée par la Wehrmacht. Des photos clandestines qui en témoignent montrent un groupe de soldats français prisonniers dans la partie haute de la rue Saint‑Nicolas. Prendre ces clichés représentait un risque énorme pour le photographe, car l’occupation allemande réprimait durement ce genre d’initiative. Deux autres photographies de la même période documentent la descente des cloches de la collégiale de Chimay par les forces allemandes. Comme dans de nombreuses localités belges, ces cloches furent réquisitionnées pour être fondues et transformées en matériel de guerre, notamment en obus.
Le château de Beauchamp fut construit en 1845 dans un style néo‑Tudor par le prince Alphonse de Chimay, sur l’emplacement d’une ancienne ferme. Il fut incendié par les troupes allemandes en 1914, puis reconstruit après la Première Guerre mondiale, bien qu’il ne fût que rarement meublé ou habité. En mai 1940, un état‑major français s’installa dans le château. Après la capitulation, il fut occupé par un poste de commandement allemand, repéré puis bombardé par l’aviation britannique. Après 1945, l’entretien du bâtiment devint trop coûteux. Le château fut finalement abandonné et démoli.
Durant l’offensive de 1940, Adolf Hitler établit son quartier général à Brûly‑de‑Pesche, localité située à une quinzaine de kilomètres de Chimay. Il y séjourna plusieurs semaines. Un déplacement ferroviaire d’Hitler aurait eu lieu au départ de la gare de Chimay. Un photographe, dissimulé dans les combles de l’hôtel Emmaüs, parvint à saisir une image du train. Toutefois, aucune preuve formelle n’a jamais confirmé la présence d’Hitler à bord du convoi.
Chimay ne subit que des destructions limitées durant la Seconde Guerre mondiale. Un exemple notable est la ruine d’une maison de la rue de l’Athénée, détruite lors d’un bombardement.
L’arrivée des troupes américaines sur la place Froissart fut accueillie avec enthousiasme par la population. Les enfants montaient sur les camions et les chars des libérateurs, scène typique de l’euphorie de la Libération. Jean Lecomte, commerçant de la rue Rogier et connu pour sa collaboration durant l’occupation, vit son magasin de quincaillerie vidé par les habitants lors de l’arrivée des forces alliées. Les marchandises jetées dans la rue furent rapidement écrasées par un char américain.
La ville de Chimay, constitue depuis la fusion des communes de 1977 l’une des plus vastes entités territoriales du pays. Son territoire couvre 197,11 km², ce qui en fait l’une des communes les plus étendues de Wallonie. Une part importante de cette superficie est occupée par des massifs forestiers, répartis entre propriétés publiques et privées.
Le Grand-Chimay regroupe quatorze anciennes communes : Baileux, Bailièvre, Bourlers, Chimay, Forges, Lompret, Robechies, Saint-Remy, Salles, Vaulx, Villers-la-Tour, Virelles, Rièzes et l’Escaillère. Ces localités partagent une histoire commune remontant à l’Ancien Régime, lorsqu’elles formaient la principauté de Chimay.

La population de l’entité reste faiblement dense par rapport à la moyenne belge, reflet d’un territoire rural et boisé. Chimay se distingue également par un tissu local marqué par l’artisanat, les petites industries, le tourisme (notamment le lac de Virelles et le circuit de Chimay) et un patrimoine historique important. Depuis la fusion, la gouvernance locale s’appuie sur des mécanismes de participation citoyenne et de concertation territoriale, destinés à représenter équitablement les anciennes communes et à maintenir une cohésion sur un territoire particulièrement étendu.
Le constitue une date marquante pour la population chimacienne : le roi Baudouin et la reine Fabiola effectuent une visite officielle à Chimay. Une réception est organisée à l’hôtel de ville, où le souverain respecte la tradition locale en dégustant une Trappiste de Chimay, bière emblématique de la région.
À la fin des années 1970, la ville de Chimay et ses villages environnants, encore faiblement urbanisés, entreprennent une modernisation progressive de leur habitat tout en préservant leur caractère rural. Plusieurs quartiers présentent alors un bâti vieillissant, ce qui motive un vaste programme de logements publics. Avec le développement du logement, deux sociétés jouent un rôle central : La Société nationale terrienne construit 50 logements à Chimay-ville (30 supplémentaires prévus fin 1979), ainsi que 18 à Forges et 21 à Baileux. La Cité Verte développe un programme équivalent : 25 maisons construites et 25 en chantier à Chimay, Baileux et Forges.

En 1978, la ville crée également une Régie foncière, chargée de deux lotissements majeurs : 84 parcelles à la sortie de Chimay vers Couvin. 137 parcelles à Baileux, à l’entrée de la vallée de l’Eau Noire. Un projet de rénovation urbaine concerne aussi le quartier de la Chienneterie.
Chimay est choisie comme zone-pilote wallonne, en collaboration avec la Fondation rurale de Wallonie. Un contrat-programme prévoit des actions accélérées en matière de voirie, habitat, agriculture, emploi et équipements. La région, au cœur de la Botte du Hainaut, se distingue par : ses paysages forestiers, vallées (Eau Blanche, Eau Noire, Oise, Wartoise) et plateaux frontaliers ; son patrimoine historique (collégiale, château princier, villages traditionnels) ; le lac de Virelles, l’un des plus grands plans d’eau du pays. La gastronomie locale escavèche, produits trappistes de Scourmont, pâtisseries traditionnelles contribue déjà à la réputation de la région.
La ville est connue pour : le Circuit de Chimay, qui attire alors plus de 50 000 spectateurs aux courses moto internationales ; un tissu sportif local très dense (football, judo, tir à l’arc, pétanque, etc.) ; l’inauguration en 1977 d’un centre sportif couvert comprenant une grande salle polyvalente et des espaces dédiés aux arts martiaux, à la danse et au yoga. Un projet d’envergure est également étudié : une plaine sportive de 11 ha incluant piscine couverte, terrains extérieurs et équipements ADEPS, ainsi qu’un ensemble résidentiel pour personnes âgées.
En 1986, la ville de Chimay commémore le 500e anniversaire de sa principauté, entité historique située en Wallonie. À cette occasion, le , est instituée La Jurade Princière, confrérie cérémonielle chargée de promouvoir les traditions locales et le patrimoine princier. Parmi les premiers membres figurent Philippe Macq, Jean Dercq, Eric Van Eerzele, Michel Hubert, la princesse de Chimay, Marc Servais, Gérard Collet, Emile Goux et Brigitte Detiffe.
Le , Chimay accueille le prince Albert de Belgique, alors président d’honneur de la Croix-Rouge. Sa venue marque l’ouverture officielle de la quinzaine annuelle de l’organisation humanitaire. Parmi les personnalités invitées figure également la jeune chanteuse belge Sandra Kim, récemment lauréate du Concours Eurovision de la chanson 1986, événement qui lui confère une notoriété internationale.
Blason de Chimay, accordé en 1838 et confirmé après la fusion des communes. Les armoiries montrent une épée dérivée d'une légende locale. En 57 AC, les habitants, les Pleumosiens, ont recueilli l'épée de Jules César lors d'une bataille contre l'Armée romaine. Depuis lors, cette épée est censée être le symbole de Chimay. Très probablement, les armoiries ont été créées à la fin du Moyen-Âge sur la base de cette légende. L'épée est apparue pour la première fois sur un sceau datant de 1552. Les précédents sceaux montraient les armes de la famille de Croÿ, les seigneurs de Chimay.
Blasonnement : De gueules à l'épée d'argent emmanchée d'or et posée en bande, la pointe vers le haut.
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Blason accordé lors de la période hollandaise.
Blasonnement : De sable à l'épée d'argent, posée en pal, la pointe en haut. L'écu sommé d'une couronne à cinq fleurons d'or.
- Arrêté royal (Pays-Bas) : 31 juillet 1823 | |
Armes de la famille de Caraman Chimay
Blasonnement : Écartelé : aux 1 et 4, d'azur, à la bande d'or, acc. en chef d'une demi-fleur-de-lis du même, défaillante à dextre, florencée d'argent et en pointe de trois roses aussi d'argent rangées en demi-orle (Riquetti) ; aux 2 et 3, de gueules, à une épée d'argent garnie d'or, posée en bande (ville de Chimay).
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Armes de la famille de Caraman Chimay (comme ci-dessus).
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Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024.
| Parti | Voix (2024) | Voix (2018) | % (2024) | % (2018) | +/- | Sièges | +/- | Collège | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| A.C. | 918 | - | 14,70% | - | Non | ||||
| Bouge ! | 3.546 | 3.088 | 56,79% | 46,13% | Oui | ||||
| CLE | 1.688 | 3.320 | 27,03% | 49,60% | Non | ||||
| CC | 92 | - | 1,47% | - | Non | ||||
| PP | - | 222 | - | 3,32% | Non | ||||
| +FE | - | 64 | - | 0,96% | Non | ||||
| Total | 6 244 | 6 694 | 100 % | 100 % | 21 | ||||
| Collège communal | ||
|---|---|---|
| Bourgmestre | Tanguy Dardenne | MR - BOUGE ! |
| 1er Échevin | Florent Thonet | MR - BOUGE ! |
| 2e Échevin | Jolan Vereecke | MR - BOUGE ! |
| 3e Échevin | Guillaume Colson | MR - BOUGE ! |
| 4e Échevine | Clémentine Magniette | MR - BOUGE ! |
| Présidente du CPAS | Martine Genova | PS - BOUGE ! |
Chimay est jumelée avec
Conflans-Sainte-Honorine (France) qui se situe au confluent de la Seine et de l'Oise, rivière dont la source se trouve à Chimay. Elle est également jumelée avec
Ramsgate (Royaume-Uni).








XVIIIe siècle, présente de nouvelles fenêtres à linteau échancré et traces d’un arc de décharge d’origine à l’étage. Frise dentée et annexe tardive adossée au pignon avec petite fenêtre à linteau de bois. Les dépendances, en moellons, datent du XVIIe siècle ; la partie droite conserve la bâtière d’origine très aiguë. Toitures en ardoise, tôle ondulée ou tuiles selon les parties. Porte centrale en plein cintre appareillée, baies de fenil à linteau droit, corniche en cavet et percements remaniés. Une dépendance en vis‑à‑vis a été entièrement transformée en logement.


Parmi les curiosités que l’on trouve à Chimay et dans les environs, on peut notamment citer : le lac de Virelles, la source de l'Oise, le Franc Bois à Lompret repris sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie, le circuit automobile de Chimay, le petit train touristique (en service pendant l'été), le RAVeL (Ligne 156) et les lieux du tournage du film Rien à déclarer.
Parmi la gastronomie et les spécialités que l’on trouve à Chimay ont note notamment : la bière de Chimay ou les bières de Chimay, également appelées Trappistes de Chimay, les fromages de Chimay, le gâteau local Chimacien, les Bernardins de Chimay (friandise pâtissière) et l'escavèche de Chimay.
La légende des sept sauts (ou des sept sots) qui donna naissance à la danse du même nom. Cette légende est liée au lavoir situé près de la fontaine de Sainte-Prisce et la procession de Notre-Dame del Pilar qui a lieu tous les sept ans à Salles, non loin de Chimay.
Parmi les confréries que l’on trouve à Chimay, on note notamment : la Jurade Princière, les Archers, les Arbalétriers de Saint-Georges, les Loupards, les Longues Pipes et l'Ordre de l'Escavèche.

La ville de Chimay dispose de plusieurs écoles.

Enseignement fondamental, cycle maternel, primaire et secondaire. Également cours techniques et professionnels.
Également appelé Collège Saint-Joseph. Enseignement du cycle secondaire. Également enseignement de cours techniques et professionnels.

Enseignement fondamental du cycle maternel au primaire inclus.
Enseignement spécialisé des cycles fondamental et secondaire.
Le commerce local est structuré autour du centre-ville de Chimay, avec:
L’économie agricole reste importante :
Chimay fait partie du Bassin Enseignement–Formation–Emploi du Hainaut Sud, ce qui structure l’offre de formation et d’insertion professionnelle.
En 2025, la Ville de Chimay fait face à un risque de déficit de 1,6 million d’euros, ce qui a conduit à: 7 licenciements pour raisons économiques, non-remplacement de 6 départs à la pension, réduction des dépenses de fonctionnement, diminution de certains subsides. Ces mesures témoignent d’une pression financière sur les services publics locaux, avec un impact indirect sur l’économie locale (emplois, investissements).
Chimay, située en Région wallonne, attire principalement pour l’abbaye de Scourmont et les produits trappistes (bières et fromages), le Château des Princes de Chimay et un centre-ville historique de type « ville princière »,.
La ville propose petits hôtels, chambres d’hôtes et campings adaptés aux visiteurs d’un week‑end ; la Maison du Tourisme et le Syndicat d’Initiative fournissent brochures, circuits et informations pratiques pour organiser visites et hébergements,.
Centre de Santé des Fagnes, boulevard Louise qui fait partie du Réseau hospitalier HUmani (CHU Charleroi Chimay).
Home Le Chalon, Maison de repos, avenue du Châlon
Chaque année, le club des Dragons Audax Mons organise une randonnée cyclo-touriste Mons-Chimay-Mons.
Chaque deuxième samedi d'avril, le Jogging Athlétique Club de l'Oise ( JACO) organise le Jogging de la Principauté de Chimay, magnifique parcours avec passage dans la cour du château, dans le parc du Prince de Chimay et dans la réserve naturelle du Lac de Virelles.
Chaque année , pendant quinze jours, la ville de Chimay résonne du bruit des motos et des sidecars de course lors de l'open trophy et des classic bikes, deux meetings à ne manquer sous aucun prétexte.