Située dans le district homonyme, au confluent de la Birse et de la Sorne, elle constitue le principal centre administratif, politique et économique du canton.
La commune compte 12 813 habitants au , ce qui en fait la ville la plus peuplée du Jura. Elle s’inscrit dans un espace urbain à dominante francophone et joue un rôle structurant dans l’organisation territoriale de la Suisse du Nord-Ouest.
Mentionnée dès le VIIIesiècle, Delémont se développe au Moyen Âge sous l’autorité des princes-évêques de Bâle, dont elle constitue l’un des centres administratifs. La ville est ensuite intégrée à la France entre 1793 et 1815, avant d’être rattachée au canton de Berne à la suite du Congrès de Vienne. Elle devient en 1979 la capitale de la République et Canton du Jura nouvellement créée, à l’issue du processus politique lié à la Question jurassienne,.
Le tissu urbain de Delémont se caractérise par la coexistence d’un centre historique bien conservé, comprenant notamment des éléments d’architecture médiévale et baroque, et d’extensions contemporaines développées à partir du XXesiècle. La ville bénéficie d’une situation géographique stratégique à proximité des axes de communication reliant Bâle, le Plateau suisse et la France, renforçant son attractivité résidentielle et économique.
Delémont constitue un rôle central à l'échelle cantonale, tant dans les domaines institutionnels que culturels et des services. Elle abrite notamment le siège du Parlement et du Gouvernement. La ville s’inscrit par ailleurs dans un environnement naturel caractérisé par les reliefs du massif du Jura.
Géographie
Situation
La commune de Delémont s'étend sur 21,99 km2. Lors du relevé de 2013-2018, les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient 21,6% de sa superficie, les surfaces agricoles 35,2%, les surfaces boisées 42,6% et les surfaces improductives 0,8%. Delémont se situe à 40 kilomètres de Bâle et à 50 kilomètres de Bienne.
Le réseau de transports publics routiers de la ville, intégré au réseau de transports publics jurassiens et exploité par CarPostal depuis 2021 sous la marque MOBIJU, complète la desserte ferroviaire.
Sur le plan routier, Delémont est reliée au réseau autoroutier par l’autoroute A16, dite Transjurane, qui traverse le canton du Jura et facilite les liaisons vers Bienne ainsi que vers la frontière française.
La ville dispose par ailleurs d'un réseau de bornes de recharge publiques, nommé Smotion et exploité par les Services industriels de Delémont.
La localité serait citée pour la première fois (in figo Delomonte) dans un acte de 736; on trouve Laimunt en 1181 et Deleymunt en 1225; le nom allemand - Telsperg - apparaît dès le XIIesiècle, comme patronyme de la famille noble qui tiendra le château du Vorbourg au nord-est de la ville.
Dans la région de Delémont, les premières traces de peuplement remontent à l'âge du bronze (Roc de Courroux). La région a été peuplée durant la période gallo-romaine (trace d'un habitat gallo-romain important à la Communance). Dès les VIeetVIIesiècles des forgerons auraient travaillé le minerai de fer dans la vallée de Delémont, comme l'attestent les bas fourneaux de Boécourt.
Le noyau urbain primitif, situé dans la partie sud de la vieille ville actuelle, s'est implanté, probablement vers 1200, sur un contrefort, proche du confluent de la Sorne et de la Birse et d'un croisement de routes.
En 1875, la construction de la gare donne une impulsion décisive au développement économique et démographique de la cité, qui déborde de l'enceinte médiévale et devient la plus grande ville du Jura. Le vote d'autodétermination du peuple jurassien en 1974 crée la République et Canton du Jura, dont Delémont devient le chef-lieu dès le .
Politique
Les autorités municipales sont constituées de deux pouvoirs: le législatif et l’exécutif.
Le législatif, nommé Conseil de Ville, se compose de 41 membres élus tous les quatre ans selon le système proportionnel. Le Conseil de ville exerce la surveillance de l'ensemble de l'administration communale et prend les mesures nécessaires à cet effet.
Le législatif a été créé en 1972 en remplacement de l'assemblée communale de moins en moins fréquentée. Le législatif comptait 51 membres, jusqu'à l'élection de où le législatif a été réduit à 41 membres.
L'exécutif, appelé Conseil communal, est composé de quatre conseillers et du Maire, qui en est le président. Le vice-maire (adjoint) est élu par le Conseil communal pour une durée d'une année, par rotation. Les membres du Conseil communal et le Maire sont élus pour quatre ans selon le système majoritaire à deux tours pour le maire et selon le système proportionnel pour les conseillers communaux. La fonction de maire représente un taux d'occupation évalué à quatre-vingts pour-cent, celle de conseiller à quarante pour-cent. L'exécutif exerce dans l'administration tous les pouvoirs qui ne sont pas attribués à un autre organe par des prescriptions de droit fédéral, cantonal ou communal. Il représente la Commune municipale envers les tiers.
La commune compte 12 991 habitants au 31 décembre 2025 pour une densité de population de 591 hab/km2. Sur la période 2010-2023, sa population a augmenté de 9,5 % (canton: 6,4 %; Suisse: 9,4 %). Au , l’agglomération de Delémont compte 30 792 habitants.
Évolution de la population de Delémont entre 1850 et 2020,
Pyramide des âges
En 2023, le taux de personnes de moins de 30 ans s'élève à 31,9%, similaire à la valeur cantonale (32,1%). Le taux de personnes de plus de 60 ans est quant à lui de 28,8%, alors qu'il est de 29,4% au niveau cantonal.
La même année, la commune compte 6 232 hommes pour 6 507 femmes, soit un taux de 48,9% d'hommes, inférieur à celui du canton (49,5%).
École supérieure d'informatique de gestion (ESIG).
Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) qui dispose de plusieurs sites à Delémont, parmi lesquels la Haute école de santé Arc partagé avec Neuchâtel et la Haute école d'économie Arc, offrant des cours décentralisés de l'école de Neuchâtel.
Haute École Pédagogique "Berne-Jura-Neuchâtel" (HEP-BEJUNE), qui forme les étudiants aux métiers de l'enseignement primaire, secondaire et spécialisé.
Delémont compte un grand nombre de monuments intéressants.
Le château. Imposante construction de style baroque au croisement des influences architecturales d'Allemagne du Sud et de France. Sur le site de l'ancien château épiscopal médiéval, le prince-évêque Jean-Conrad de Reinach-Hirzbach a fait élever en 1716-1721 une résidence d'été construite sous la direction de l'architecte Pierre Racine de Tramelan. Propriété communale depuis 1821, aujourd'hui école primaire. Rénové en 1937-1940, puis en 2000-2004 par les architectes Gerster, Kury et Stählin.
Église Saint-Marcel. Ce lieu de culte a été collégiale du Chapitre de Moutier-Grandval de 1534 à 1792. Le bâtiment actuel est marqué par le style baroque tardif et début du néoclassique. Il a remplacé une église gothique médiévale et a été élevé en 1761-1767 selon les projets du géomètre français Pierre-François Pâris (père du célèbre Pierre-Adrien Pâris), plans retouchés par les architectes et entrepreneurs Gaetano Matteo Pisoni, Samuel Werenfels, Henri Schler et Louis Beuque. Restauration 1972-1975.
Hôtel de ville (place de la Liberté), construit en 1742-1745 par l'architecte Johann Caspar Bagnato. Ajout d'un étage en 1868-1869.
Porte de Porrentruy ou Porte de Monsieur le Prince, 1756-1759.
Fontaine du Sauvage (1576) par le sculpteur Laurent Perroud, de Cressier. Le «Sauvage» tient les armoiries de la ville.
Fontaine Saint-Maurice, dite aussi du Guerrier romain (1576-1577), par le sculpteur Hans Michel, de Bâle.
Fontaine de la Vierge, dite aussi de Notre Dame (1576), fût et statue de la Vierge à l'Enfant par le sculpteur Hans Michel, de Bâle.
Rue de la Préfecture 12 (1700), ancienne maison de la famille de Granvillers, fut propriété d'Albert Gobat, prix Nobel de la Paix en 1902.
Hôtel du Parlement et du gouvernement (rue de l'Hôpital 2), ancienne châtellenie, préfecture, puis palais de justice. Bâtiment de style gothique tardif, transformé en 1717 pour abriter le châtelain. Puis modifié encore en 1831 et 1843-1846. Rénovation et adjonction de prisons au nord par Jeanne Bueche en 1969-1971.
Tour des archives, ou de la Franche Courtine, vestige de l'ancienne enceinte urbaine, diverses phases de construction, remontant au XIIIesiècle.
Porte au Loup (1775), par Henri Parrat, avec cadran solaire de 1776.
Ancien couvent des Ursulines. Construit comme hôpital de la ville (1696-1700) par Jean-Jacques Cuenin et Nicolas Schelhorn, ce bâtiment abrite en fait le couvent des Ursulines jusqu'en 1786, puis devient une caserne française, puis collège et hôpital de district et home communal. Transformé en 1960-1962, puis 1972-1973.
Aux environs de la vieille ville
Cimetière et chapelle Saint-Michel (1613-1614), par Gérie Monnin. Bâtiment de style gothique tardif, restauré en 1966-1967.
Le Musée jurassien d'art et d'histoire est le gardien de la mémoire des régions du Jura qui formèrent la Principauté épiscopale de Bâle. Depuis sa fondation en 1909, le Musée jurassien se trouve au cœur de la vieille ville de Delémont. Le musée se propose de présenter l'histoire jurassienne, en priorité sous ses aspects culturels, mais également sociaux, politiques et économiques.
Évènements
Depuis 2015, la ville abrite le festival de bande dessinéeDelémont'BD organisé chaque année mi-juin avec le soutien de la municipalité et d'autres partenaires, médias et entreprises.
Personnalités
Georges-Joachim Bajol (1726- 1791), major dans le régiment d'Eptingue. Une rue de la ville lui est dédiée.
Roland Béguelin (1921-1993), journaliste et homme politique, Il est l’un des pères du canton du Jura et leader du Rassemblement jurassien. Une place de la ville lui est dédiée.
Florence Bethold (1980-), artiste peintre et dessinatrice.
Emile Boéchat (1850- 1902), journaliste, homme politique (maire, préfet, député, conseiller national). Une rue de la ville lui est dédiée.
Paul Bovée (1931-1961), peintre, maître de dessin à l'école secondaire de Delémont, dès 1952.
André Bréchet (1921-1993), peintre et sculpteur, on lui doit les vitraux de nombreuses églises du Jura.
Jeanne Bueche (1912-2000), architecte. Une promenade de la ville lui est dédiée.
Robert Caze (1853-1886), écrivain, romancier, poète et journaliste. Une rue de la ville lui est dédiée.
Roger Caze de Berzieux, né le à Delémont, gentleman cambrioleur, à la tête de «la bande du Marquis» qui fit grand bruit à l'époque. Condamné à Paris à 15 années de travaux forcés en et déporté au bagne en Guyane.
Alfred Comte, (1895-1965), pionnier de l'aviation suisse, comme pilote d'abord puis comme constructeur. Une rue de la ville lui est dédiée.
Marius Corbat (1893-1965), Colonel Cdt de corps, premier Jurassien devenu divisionnaire. Une rue de la ville lui est dédiée.
Arthur Daucourt (1849-1926), prêtre et historien jurassien, fondateur du Musée jurassien d'art et d'histoire. Une rue de la ville lui est dédiée.
Eugène Daumas, (1803-1871), militaire et homme politique français.
Valentine Friedli, (1929-2016), personnalité politique, membre du Parti socialiste suisse. Une place de la ville lui est dédiée.
Léon Froidevaux, musicien et journaliste. Membre fondateur de l'Association de la presse jurassienne et de l'Association des maîtres-imprimeurs du Jura. Une rue de la ville lui est dédiée.
Eric Hänni (1938-), médaillé d'argent JO de Tokyo, judo, 1964.
Victor Helg (1835-1927), percepteur d'impôt et gérant de banque puis entrepreneur. Maire de Delémont. Une rue de la ville lui est dédiée.
Georges Hugué de Raymontpierre (décès 1608), châtelain de Delémont dès 1593. Il construisit vers 1594/1596 un petit château fort, le Château de Raymontpierre sur ses terres de Raimeux. Il existe à Delémont la Rue de Raymontpierre.
Joseph Constantin Kaiser, (1886-1955), sculpteur, on lui doit la création et les rénovations de nombreuses œuvres à Delémont et dans le Jura.
Joseph Robert Kaiser, (1920-2009), sculpteur, on lui doit la création et les rénovations de plusieurs œuvres dans le Jura.
Pierre Kohler, (1964-), Conseiller national, Ministre, Député, Maire.
Meret Oppenheim (1913-1985), peintre surréaliste, petite-fille de Lise et Théo Wenger, fondateur de la coutellerie éponyme. Elle a séjourné à Delémont de 1914 à 1918. Une rue de la ville lui est dédiée.
Henri Parrat (1909-1980), maire et préfet de Delémont. Un chemin de la ville lui est dédié.
Jean-Paul Pellaton (1920-2000), écrivain.
Jean Prévôt (1585-1631), médecin des princes-évêques de Bâle. Une rue de la ville lui est dédiée.
Auguste Quiquerez (1801-1882), historien, archéologue et homme politique. Une rue de la ville lui est dédiée.
Gustave Riat (1883-1954), pharmacien et maire de Delémont. Il fut le promoteur de la création du drapeau jurassien. Une rue de la ville lui est dédiée.
Albert Schnyder (1898-1989), peintre et artiste jurassien. Une rue de la ville lui est dédiée.
Roger Schaffter (1917-1998), enseignant. Il est l’un des pères du canton du Jura, l’un des chefs historiques du Rassemblement jurassien (RJ). Une place de la ville lui est dédiée.
Armand Schwarz (1881-1958), enseignant, peintre et artiste jurassien. Une rue de la ville lui est dédiée.
Jean-Jacques de Staal (le Jeune) (1589-1657), homme politique soleurois. Proche conseiller des princes-évêques de Bâle, il possédait divers domaines à Delémont ou dans les environs. Une rue de la ville lui est dédiée.
Louis Vautrey (1829-1886), curé doyen de Delémont, surtout connu comme historien. Une rue de la ville lui est dédiée.
De gueules à la crosse de Bâle d'argent sur six coupeaux du même.
Voir aussi
Bibliographie
André Rais, Delémont ma ville, Genève, 1956.
Jean-Louis Rais, Delémont, de rue en rue, de siècle en siècle, Société jurassienne d'Émulation, 2001.
SHAS, Guide artistique de la Suisse: Jura, Jura bernois, Neuchâtel, Vaud, Genève, vol.4a, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse, , 642p. (ISBN978-3-906131-98-6).
↑Vincent Bourquin, «Le duel des villes: Porrentruy-Delémont, la capitale des princes-évêques face à celle du Jura», Le Temps, , p.18-19 (ISSN1423-3967, lire en ligne, consulté le )
12Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages: en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274p. (ISBN2-88412-000-9), p.42
↑Louis Mühlemann, Armoiries et drapeaux de la Suisse: recueil officiel des armoiries et drapeaux pour les 700 ans de la Confédération, Lengnau, Bühler, , 159p., p.158