Delta IV

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Cet article concerne la famille de lanceurs Delta IV et sa version moyenne, Delta IV Medium. Pour la version lourde, voir Delta IV Heavy.

Delta IV
Lanceur spatial
Lancement d'une Delta IV Medium depuis la base de Cap Canaveral en 2003.
Lancement d'une Delta IV Medium depuis la base de Cap Canaveral en .
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Boeing Integrated Defense Systems
Premier vol 20 novembre 2002
Dernier vol 9 avril 2024
Statut Retiré du service
Lancements (échecs) 45 (1 échec partiel)
Hauteur 63–72 m
Diamètre 5 m
Masse au décollage selon version de 249,5 t - 733,4 t
Étage(s) 2
Poussée au décollage selon version de 314 à 970 t.
Base(s) de lancement Cape Canaveral
Vandenberg
Famille de lanceurs Delta
Charge utile
Orbite basse 8,6 t à 22,5 t
Delta IV Heavy : 23 puis 28,8 t.
Transfert géostationnaire (GTO) 3,9 t à 12,9 t
Delta IV Heavy : 13,1 puis 14,2 t.
Motorisation
Ergols LOX/LH2
Propulseurs d'appoint 0, 2 ou 4 GEM 60 à propergol solide
Delta IV Heavy : 2 CBC
1er étage CBC : 1 x RS-68 (poussée 314 t.)
2e étage 1 RL-10B-2 (poussée 11 t.)
Missions
Satellite militaire en orbite basse, moyenne ou géostationnaire

Delta IV est une famille de lanceurs spatiaux moyens à lourds développée et opérée par la société américaine Boeing puis United Launch Alliance (ULA) de 2002 à 2024 avec une capacité de 8,8 à 13,5 tonnes en orbite basse ou de 4,5 à 7,4 tonnes en orbite de transfert géostationnaire dans sa version Medium. Conçu dans les années 1990 pour répondre au programme Evolved Expendable Launch Vehicle (EELV) de l'United States Air Force (USAF), et dernier représentant de la famille de lanceurs Delta remontant aux années 1960, Delta IV n'a effectué que 45 lancements du fait de son coût élevé, tous pour le gouvernement fédéral sauf un seul.

En 1994 l'USAF créé le programme EELV afin de mettre au point une nouvelle génération de lanceurs moyens à lourds pour remplacer la navette spatiale américaine, écartée après l'accident de Challenger en 1986, et le vieillissant et coûteux lanceur Titan IV. McDonnell Douglas propose de combiner l'étage Delta Cryogenic Second Stage (DCSS) dérivé d'une version initialement développée au Japon par la NASDA pour le lanceur H-II, le nouveau moteur RS-68 de Aerojet Rocketdyne, une version simplifié du RS-25 de la navette, et des propulseurs d'appoint à poudre GEM-60 fournis par Alliant Techsystems. La proposition concurrente de Boeing est écartée en 1996, mais l'entreprise rachète et absorbe McDonnell Douglas en 1997, dont le projet est retenu en 1998 avec l'Atlas V de Lockheed Martin.

Immédiatement Delta IV apparaît bien trop cher pour le marché des lancements de satellites commerciaux, alors en décrue et très concurrentiel. En 2003 un scandale d'espionnage industriel éclate et l'USAF sanctionne Boeing en réduisant ses commandes. Delta IV n'effectuera jamais plus de 4 lancements par an, mais elle est la première fusée à pouvoir décoller sous la seule poussée de moteurs à hydrogène, grâce à la puissance exceptionnelle du RS-68, et la version lourde Delta IV Heavy est un temps la plus puissante au monde.

Haute de 72 mètres pour 5 mètres de diamètre, la version Delta IV Medium utilise un seul étage central équipé d'un moteur RS-68 brûlant de l'oxygène et de l'hydrogène liquide, flanqué ou non de deux à quatre propulseurs d'appoint à poudre, et surmonté d'un deuxième étage DCSS utilisant un moteur RL-10 brûlant les mêmes ergols, avec au sommet une coiffe de 4 ou 5 mètres de diamètre, et au décollage une masse de 405 tonnes pour 598 tonnes de poussée dans sa version la plus puissante. Delta IV utilise deux pas de tir : le SLC-37 (en) de la base de Cap Canaveral en Floride, et le SLC-6 (en) de la base de Vandenberg en Californie.

En 2006 Lockheed Martin et Boeing rassemblent leurs activités de lancements sous la coentreprise ULA et créent ainsi un monopole contraire aux objectifs du programme EELV, mais il est ensuite rompu et concurrencé par les progrès du Falcon 9 de SpaceX. En 2015 ULA décide de développer le nouveau lanceur Vulcan, tandis que Delta IV Medium est retiré du service dès 2019, mais la version Delta IV Heavy est maintenue jusqu'en 2024 car elle est la seule assez puissante pour les plus lourds satellites espions du NRO. Une version modifiée de l'étage supérieur de Delta IV continue cependant d'être utilisée sur le lanceur Space Launch System (SLS) de la NASA.

Historique

Appel d'offres pour l'Evolved Expendable Launch Vehicle

Après plusieurs tentatives avortées, l'Armée de l'Air américaine décide de lancer un appel d'offres pour la réalisation d'un lanceur qui doit remplacer à la fois les lanceurs moyens et lourds - Delta, Atlas et Titan IV - utilisés par les différentes agences gouvernementales (dont l'Armée de l'Air et la NASA) pour lancer satellites et sondes spatiales. L'objectif est de disposer d'un lanceur moins coûteux, couvrant bien les besoins et offrant des interfaces standardisées pour l'intégration des satellites. La solution doit s'appuyer sur des solutions techniques à la fois avancées et éprouvées. Le futur lanceur désigné sous le sigle Evolved Expendable Launch Vehicle (EELV) et le dispositif de lancement (qui est inclus dans l'appel d'offres) doivent permettre d'abaisser les coûts en partie grâce à la reconquête du marché des satellites commerciaux. Mais le cahier des charges rend cet objectif difficilement tenable car les performances attendues ne permettent de toucher que 42 % du marché commercial.

Premier étage CBC de la Delta IV à Cap Canaveral (2004). En arrière-plan à droite le bâtiment d'assemblage horizontal (HIF) et au fond la tour de lancement mobile.

L'appel d'offres est lancé en 1995 et quatre sociétés y répondent : Alliant, Boeing, McDonnell Douglas constructeur des Delta ainsi que Lockheed Martin constructeur des Atlas et Titan. Une première sélection désigne en 1996 comme finalistes Lockheed Martin et McDonnell Douglas. Les deux concurrents disposent de 18 mois pour le deuxième tour. Boeing rachète McDonnell Douglas en 1997 et se retrouve donc finaliste. La société propose une version complètement refondue de son lanceur Delta, la Delta IV En 1997, l'Armée de l'Air décide finalement de retenir les deux finalistes pour ne pas se retrouver face à un fournisseur unique. En 1998, la première tranche de lanceurs est attribuée : 19 lancements sont accordés à Boeing et 9 lancements à Lockheed Martin pour une somme totale de 2 milliards de dollars. Mais en 2003, une enquête révèle que Boeing a dérobé des documents confidentiels de son concurrent susceptibles d'avoir faussé la compétition et le nombre de lanceurs commandé à Boeing est par mesure de rétorsion réduit à 12 (entre autres mesures), le solde devant être construit par son concurrent,.

Utilisation opérationnelle (2002-2024)

Les installations sur l'aire de lancement : tour de lancement mobile, mât ombilical fixe (à gauche) et mâts paratonnerre.

Le premier lancement a eu lieu en 2002 et en le lanceur comptait sept vols tous réussis. 35 lancements ont eu lieu au dont un échec partiel. Le premier lancement de la Delta IV Heavy en intervient après une très longue période de mise au point et est un demi succès du fait de l'arrêt prématuré des moteurs. Depuis huit lancements réussis ont été effectués (situation fin 2016).

En , ULA s'est vu attribuer 70 lancements (Delta et Atlas). La gamme Delta IV coûte entre 164 et 350 millions de dollars le modèle.

Retrait progressif du lanceur Delta IV

Au début des années 2010, deux événements remettent en cause la position d'ULA sur le marché des lanceurs :

À la suite de la certification de la Falcon 9 pour les lancements de satellites relevant de la sécurité nationale en 2015, les militaires américains renoncent à se fournir de manière exclusive auprès de ULA. ULA réagit à ces événements en lançant début 2015 le développement d'un nouveau lanceur baptisé Vulcan avec l'objectif de rétablir sa compétitivité vis-à-vis de ses concurrents et de mettre fin à sa dépendance vis-à-vis de son fournisseur russe. La Falcon 9 décroche peu après cinq des six lancements des satellites de navigation GPS (premier lancement en 2018) qui relevaient jusque là du monopole de ULA. En , plusieurs lancements pour la période 2019-2021 pour une valeur de 645 millions de dollars sont attribués aux lanceurs Falcon 9 et Atlas V. Désormais, le retrait de la version de moyenne puissance du lanceur Delta IV est programmé pour 2019 tandis que la version la plus puissante Delta IV Heavy continuera à être utilisée jusqu'au début des années 2020 pour lancer les satellites militaires les plus lourds en attendant son remplaçant par la fusée Vulcan.

Le dernier vol du lanceur Delta IV (version Delta Heavy), qui a lieu le , marque la fin des lanceurs Delta qui ont joué un rôle central dans le développement du programme spatial américain depuis 60 ans.

Caractéristiques techniques

Le lanceur Delta IV comporte deux étages propulsés tous deux par un moteur très performant brûlant une combinaison d'hydrogène et d'oxygène. C'est actuellement[Quand ?] la seule fusée au monde qui peut décoller avec des moteurs consommant de l'hydrogène et de l'oxygène sans avoir recours à des propulseurs d'appoint. Il comporte entre zéro et quatre propulseurs d'appoint à propergol solide. La version Delta Heavy comprend trois corps de premier étage juxtaposés.

Premier étage

Le premier étage baptisé CBC (Common Booster Core) est de conception entièrement nouvelle : la Delta IV est le premier lanceur de la famille des Delta à abandonner l'étage dérivé du missile Thor. Le CBC qui est commun à toutes les versions de la Delta IV, est haut de 40,96 mètres pour un diamètre de 4,88 mètres et a une masse à vide de 24,5 tonnes. Il est propulsé par un unique moteur-fusée à ergols liquides RS-68 brûlant un mélange d'oxygène liquide et d'hydrogène liquide. L'étage comprend de base en haut, le compartiment propulsif, le réservoir d'hydrogène liquide long de 26,3 mètres contenant 29,5 tonnes d'ergols dans un volume de 416 m3, une jupe inter-réservoir, le réservoir d'oxygène liquide long de 9,4 mètres contenant 172,5 tonnes d'ergols dans un volume de 151 m3 et enfin une section inter-étage qui constitue l'interface avec le deuxième étage. Les deux réservoirs sont constitués d'anneaux formés de cinq panneaux en aluminium isogrille soudés entre eux. Cette structure est renforcée par des longerons. Les deux réservoirs n'ont pas de fond commun : chaque extrémité de réservoir est constituée d'un dôme hémisphérique soudée au corps du réservoir. Le réservoir d'oxygène comporte un dispositif anti-ballotement. La surface extérieure de l'étage est recouverte d'une mousse de polyuréthane qui joue le rôle d'isolant thermique et limite la formation de glace au niveau des réservoirs contenant les ergols à très basse température (−253 °C pour l'hydrogène et −183 °C pour l'oxygène). La masse à vide est de 26,4 tonnes et celle au décollage est de 228,4 tonnes (dont 202 tonnes d'ergols).

Avant le décollage, la pressurisation des réservoirs est obtenue en injectant de l'hélium sous pression. Une fois le moteur mis à feu, la pression dans le réservoir d'oxygène est maintenue par injection d'oxygène gazéifié via son passage dans un échangeur de chaleur. Dans celui-ci, circulent les gaz du générateur de gaz après qu'ils ont actionné la turbine de la turbopompe à oxygène. La pression dans le réservoir d'hydrogène est maintenue en détournant une fraction de l'hydrogène gazéifié par son passage dans la paroi de la chambre de combustion.

Le contrôle d'attitude est obtenu pour les mouvements de lacet et de tangage en modifiant l'orientation de l'axe de poussée du moteur. Les mouvements de roulis sont contrôlés par l'orientation des propulseurs d'appoint lorsque ceux-ci sont présents ou quand ce n'est pas le cas en orientant une buse expulsant les gaz du générateur de gaz après qu'ils ont actionné la turbine de la turbopompe à hydrogène.

Caractéristiques du moteur-fusée RS-68

Un moteur RS-68 subit un test sur un banc d'essai de la Nasa durant sa phase de développement.

Le moteur-fusée RS-68 a été développé par la société Rocketdyne à partir du moteur de la navette spatiale américaine SSME. Le RS-68, n'est pas réutilisable comme le SSME. Il a été simplifié pour abaisser son coût de fabrication (celui-ci est passé de 50 à 14 millions de dollars) : le système d'alimentation est plus simple (cycle générateur de gaz), la pression dans la chambre de combustion est plus faible, il utilise beaucoup moins de pièces, des méthodes de fabrication moins coûteuses sont utilisées et la tuyère utilise un revêtement ablatif. La poussée est modulable entre 57,5 et 108 %. L'impulsion spécifique est plus faible (410 s dans le vide, 365 s au niveau de la mer) mais sa poussée de 3 312 kN en fait le moteur LO2/LH2 le plus puissant du monde et permet à la version de base de la Delta IV de décoller sans recourir à des propulseurs d'appoint.

Durant la vie opérationnelle du lanceur, une nouvelle version de ce moteur, baptisée RS-68A, a été développée pour augmenter sa poussée de 19 tonnes et son impulsion spécifique de 5 secondes. Les modifications portent sur la forme de la buse de la turbopompe et en augmentant le nombre d'injecteurs dans la chambre de combustion pour optimiser le brassage des ergols et augmenter l'efficacité de la combustion.

Propulseurs d'appoint

Moteurs GEM-60 sur une fusée Delta-4M+.

Pour augmenter la charge utile, le premier étage peut comporter deux ou quatre propulseurs d'appoint GEM-60 à propergol solide fournis par la société Orbital ATK (anciennement Alliant Techsystems). Le GEM-60 (GEM est l'acronyme de Graphite Epoxy Motors) est une version plus puissante du GEM-46 utilisé sur le lanceur Delta III. Haut de 13,2 mètre pour un diamètre de 1,52 mètre, sa masse au lancement est de 33,2 tonnes. La durée de fonctionnement est de 90,8 secondes. La poussée moyenne est de 880 kilonewtons (environ 88 tonnes). La poussée atteint son maximum 20 secondes après le décollage avec une valeur de 1 240 kN et chute 90 secondes après celui-ci alors que la pression dynamique sur le lanceur est à son maximum. Les propulseurs d'appoint sont largués 9 secondes après la fin de la combustion. L'axe de la tuyère fait un angle de 5 degrés par rapport à la verticale et est tourné vers l'extérieur. Pour contrôler l'attitude du lanceur, l'orientation de la tuyère est modifiable de plus ou moins 5 degrés. Sur la version du lanceur comportant quatre propulseurs d'appoint deux d'entre eux ont une tuyère non orientable. L'enveloppe de l'étage est réalisée en composite graphite avec un isolant de type EPDM. La tuyère est en réalisée en composite carbone/carbone.

Deuxième étage

Deuxième étage du lanceur Delta III.

La technique de construction de l'étage Centaur n'est pas reprise : contrairement à celui-ci, la rigidité de l'étage n'est pas assurée par le maintien sous pression des réservoirs mais par la structure. Le moteur, optimisé par rapport à celui de la Delta III est un RL-10B-2 de Pratt & Whitney avec une impulsion spécifique de 462 secondes. Il peut être rallumé jusqu'à 15 fois. La tuyère est en partie extensible (elle se déplie en vol), ce qui permet de réduire la longueur de l'étage et donc son poids à vide. La partie fixe de la tuyère, réalisée en composite carbone, est fabriquée par la Société européenne de propulsion en France. Le deuxième étage est proposé dans deux diamètres, 4 et 5 mètres, contenant respectivement 20 et 27 tonnes d'hydrogène et d'oxygène liquide et fonctionnant durant respectivement 825 et 1 125 secondes.

Assemblage et lancement

Avec la Delta IV, Boeing abandonne les sites de lancement utilisés depuis les débuts de la Thor Delta : à la base de Cap Canaveral en Floride, l'ancienne aire de lancement des Saturn I et Saturn IB (l'aire 37) est convertie pour le nouveau lanceur. À Vandenberg sur la côte ouest, le constructeur aménage l'aire SLC-6 édifiée pour le lancement du laboratoire spatial militaire MOL, projet avorté des années 1960.

L'assemblage du lanceur sur l'aire de lancement, de mise sur tous les lanceurs Delta, est abandonné : désormais le lanceur est en partie monté et testé dans un bâtiment d'assemblage à l'horizontale (Horizontal Integration Facility HIF) puis transféré sur l'aire de lancement et redressé à la verticale sur sa table de lancement. Une tour de lancement mobile (Mobile Service Tower MST), qui est éloignée avant le lancement, permet d'achever le travail en particulier en fixant la charge utile au sommet du lanceur et les boosters à propergol solide s'ils sont nécessaires. Boeing espère ainsi abaisser de deux ou trois fois le temps de stationnement sur l'aire de lancement permettant d'accélérer le rythme des tirs.

Différentes configurations

La famille des lanceurs Delta IV : de gauche à droite les versions Medium, Medium+ (4,2), Medium+ (4,2), Medium+ (5,4) et Heavy.

La fusée Delta IV est disponible dans cinq configurations : Medium, Medium+ (4,2), Medium+ (5,2), Medium+ (5,4) et Heavy. À mi-vie, différentes améliorations apportées au lanceur (version 2) ont été réalisées pour abaisser son coût de fabrication avec, selon le cas, une amélioration ou une diminution des performances.

Delta IV Medium

La sous-famille des Delta IV Medium peut comporter au choix un deuxième étage de 4 ou 5 mètres de diamètre et zéro, deux ou quatre propulseurs d'appoint à poudre. En fonction de sa configuration, cette version peut lancer de 3,96 à 6,57 tonnes sur orbite de transfert géostationnaire (GTO). La Delta IV Medium a des capacités similaires à celles de l'Ariane 5 mais Boeing a révisé son coût de fabrication à la hausse de 95 à 230 millions de dollars, un prix trop élevé pour que le lanceur puisse concurrencer la fusée européenne. Le , la toute dernière Delta IV Medium a été lancée.

Principales caractéristiques des configurations proposées
Configuration Version CBC Propulseurs
d'appoint
Diamètre
coiffe
Charge utile
orbite basse
Charge utile
orbite géostationnaire
Nbre
lancements
Medium (M)1104 m8,8 t4,54 t3
28,51 t4,44 t0
M+ (4,2)1124 m11,92 t6,27 t13
212 t6,39 t2
M+ (5,2)1125 m10,58 t5,43 t1
210,22 t5,49 t2
M+ (5,4)1145 m13,45 t7,43 t4
212,82 t7,3 t4
Heavy1305 m22,98 t13,4 t7
225,98 t14,22 t9

Delta IV Heavy

Lancement d'une Delta IV Heavy (2007)

La Delta IV Heavy (Delta 9250H) a été conçue pour reprendre le rôle du lanceur lourd Titan IV et peut placer une charge utile de 29 tonnes en orbite basse, de 13 tonnes en orbite de transfert géostationnaire ou de 8 tonnes à destination de la planète Mars. La partie centrale est similaire à une Delta IV Medium+ (5,2) mais les propulseurs d'appoint sont remplacés par deux CBC, ce qui porte sa masse à 733 tonnes. Au lancement, les trois moteurs sont poussés à leur puissance maximum (102 %) puis après 50 secondes, la puissance du moteur central est ramenée à 58 %. Au bout de 235 secondes, la puissance des propulseurs d'appoint est également ramenée à 58 % pour ne pas dépasser les 5 g d'accélération. Peu de temps après, les propulseurs d'appoint sont largués et le moteur du premier étage est de nouveau poussé à 102 %. Le Delta IV Heavy dispose également d'une coiffe en composite allongée de 5 mètres par rapport à la version Medium. .

La charge utile est la suivante :

Delta IV Heavy comparée aux lanceurs de la même catégorie,,,,,,...
Charge utile
Lanceur Masse Hauteur Orbite
basse
Orbite
GTO
Drapeau des États-Unis Falcon Heavy1 421 t70 m63,8 t26,7 t
Drapeau des États-Unis Delta IV Heavy733 t71 m29 t14,2 t
Drapeau de la République populaire de Chine Longue Marche 5867 t57 m23 t13 t
Drapeau de l’Union européenne Ariane 5 ECA777 t53 m21 t10,5 t
Drapeau des États-Unis Atlas V 551587 t62 m18,5 t8,7 t
Drapeau des États-Unis Falcon 9 B5549 t70 m22,8 t8,3 t
Drapeau de la Russie Proton-M/Briz-M713 t58,2 m22 t6 t
Drapeau du Japon H-IIB531 t56,6 m19 t8 t

Delta IV Lite

Une version moins puissante dite « Lite », utilisant les étages supérieurs de la Delta II et permettant de placer 2,2 tonnes sur orbite de transfert géostationnaire, a été étudiée mais son développement a été abandonné.

Installations de lancement

Le lanceur Delta IV pouvait être tiré depuis deux bases de lancement : Cape Canaveral sur la côte est des États-Unis et Vandenberg sur la côte ouest, :

Déroulement d'un vol

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Historique des lancements de Delta IV

Nature des charges utiles et concurrence

Le lanceur Delta IV est absent du marché des lancements commerciaux. Toutes les charges utiles placées en orbite par les lanceurs Delta IV sont fournies par des institutionnels américains (satellites d'agences civiles comme la NASA ou satellites militaires) et relèvent donc d'un marché captif réservé aux lanceurs de ce pays. L'Atlas V, qui est le principal concurrent de la Delta IV sur ce segment de marché, domine largement la Delta IV,.

Nombre de lancements de la Delta IV et de ses principaux concurrents dont les satellites commerciaux¹ entre 2006 et 2023,,,,,,
200620072008200920102011201220132014201520162017201820192020202120222023
Drapeau des États-Unis Atlas V242545689986525472
dont commerciaux¹111100001020000011
Drapeau des États-Unis Delta IV310333434241231111
dont commerciaux¹000000000000000000
Drapeau de l’Union européenne Ariane 5556765746676643332
dont commerciaux¹455564625665443130
Drapeau des États-Unis Falcon²202367918211326316196
dont commerciaux¹000234612147331719
dont Starlink³000000000214193463
Drapeau de la Russie Proton67101012911108834251212
dont commerciaux¹5488861076723021110
Drapeau de l'Ukraine Zenit526405321101000000
dont commerciaux¹516402321101000000
Drapeau du Japon H-II421323224436414202
dont commerciaux¹000000000100011000
¹Les satellites commerciaux par opposition aux satellites institutionnels (satellites militaires ou d'agences nationales comme la NASA)
Remarque : Les satellites institutionnels placés en orbite par un lanceur non national sont décomptés comme des lancements commerciaux
²Falcon 9 et Falcon Heavy
³Compte tenu du nombre de lancement élevé et du fait que le constructeur du satellite est également celui du lanceur, les satellites Starlink sont décomptés séparément.

Nombre de lancements par configuration et année

Nombre de lancements par année et version du lanceur
1
2
3
4
5
2002
2006
2010
2014
2018
2022
2024

 4M   4M+(4,2)   4M+(5,2)   4M+(5,4)   4H

Historique des lancements avec leurs principales caractéristiques

Notes et références

  1. 1 2 (en) « EELV Evolved Expendable Launch Vehicle », sur Globalsecurity.org (consulté le )
  2. ↑ (en) Decatur rocket plant expected to expand production this week, sur blog.al.com, 29 septembre 2009.
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  5. ↑ (en) Jonathan Amos, « ULA unveils Vulcan rocket concept », sur bbc.com, BBC News, .
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  11. ↑ (en) Patric Blau, « Proton-M/Briz-M – Launch Vehicle », sur spaceflight101.com via Internet Archive (consulté le ).
  12. ↑ (en) Patric Blau, « Falcon 9 FT (Falcon 9 v1.2) », sur spaceflight101.com via Internet Archive (consulté le ).
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Sources

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes