| Djer | |
Sceau inscrit au serekh de Djer, trouvé en Abydos. | |
| Décès | v. 3040 avant notre ère |
|---|---|
| Période | Période thinite |
| Dynastie | Ire dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Hor-Aha |
| Dates de fonction | XXXIe siècle / XXXe siècle / XXIXe siècle AEC |
| Successeur | Ouadji |
| Famille | |
| Grand-père paternel | Narmer (?) |
| Père | Hor-Aha |
| Mère | Khenthap |
| Conjoint | Herneith Nakhtneith Penebouy bsou |
| Enfant(s) | ♂ Ouadji (?) ♀ Merneith (?) |
| Sépulture | |
| Nom | Tombe O |
| Type | Tombeau |
| Emplacement | Abydos, nécropole d'Oumm el-Qa'ab |
| Découvreur | William Matthew Flinders Petrie |
| Fouilles | 1901 |
| Objets | bijoux |
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Djer est un souverain de la Ire dynastie pendant la période thinite et aurait régné à la fin du IVe millénaire ou au début du IIIe millénaire avant notre ère.
La pierre de Palerme, plus spécifiquement le deuxième registre du fragment I du Caire, indique que le nom de sa mère était Khenthap, inconnue par ailleurs. Son prédécesseur, Âha, était probablement son père.
Parmi ses épouses, plusieurs propositions ont été faites :
Quant aux enfants de Djer, rien n'est connu avec certitude. Deux hypothèses ont été avancées :
| Khenthap | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nakhtneith | Herneith | Penebouy | Besou | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Merneith | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Djer est attesté par plusieurs documents :
Djer est attesté sur la pierre de Palerme, plus spécifiquement sur le deuxième registre du fragment de Palerme, où est inscrit le début de son règne, et ainsi que sur celui du fragment I du Caire, où est inscrit le milieu de son règne ainsi que sa titulature avec son serekh Djer, son nom d'or Ny-Nébou attesté nulle part ailleurs, un cartouche anachronique Itéti et le nom de mère Khenthap, attestée nulle part ailleurs non plus :
Le roi est également présent sur les listes royales ramessides sous un nom différent, le nom écrit étant corrompu par le temps :
Concernant les listes manéthoniennes, le troisième roi de la dynastie est nommé Kenkenês (Κενκενης) et aurait régné trente-neuf ans (selon la version d'Eusèbe de Césarée) ou trente-et-un ans (selon la version d'Africanus).
Des attestations contemporaines du roi, seul le serekh dans lequel est inscrit son nom d'Horus Djer a été découvert. Cependant, deux autres noms sont attestés sur la pierre de Palerme : le nom d'or (ancêtre du nom d'Horus d'or) « Ny-Nébou » (n(y)-nbw) et un nom en cartouche « Itéti/Itti » (Jttj). Ce nom en cartouche se retrouve également présent dans les listes ramessides.
Bien que le cartouche soit complètement anachronique, ce nom, par analogie avec ses successeurs, correspondrait au nom que ces derniers faisaient précéder par le titre Nesout-bity :
Deux reliefs, pour l'un découvert en 1910 mais ayant fait l'objet d'une nouvelle analyse en 2014 (celui du Gebel Sheikh Souleiman), l'autre découvert au début des années 2010 (celui du Ouadi Ameyra) portent tous deux des inscriptions qui font penser à un nom qui serait It/Itiou. Ce nom fait écho au nom Itéti que la tradition a conservé, et ce dès l'Ancien Empire, époque pendant laquelle la pierre de Palerme a été gravée, ce qui supporte l'analyse faisant de ces hiéroglyphes le nom du souverain,.
Le débat existe également pour le groupe de hiéroglyphes qui peut être transcrit par Nebty-Men, inscrit sur une étiquette en ivoire datant du règne d'Âha qui a été découverte dans la tombe de Neith-Hotep à Nagada ainsi que le groupe de hiéroglyphes qui peut être transcrit par Men et retrouvé sur un sceau fragmentaire à Abydos et datant du règne de Narmer.
Le nom d'or, qui sera plus tard transformé en un véritable nom d'Horus d'or, n'est pratiquement pas attesté de toute la période thinite, bien que la plus ancienne est probablement une attestation datée de Den et découverte à Abydos. Cependant, les fragments de la pierre de Palerme attestent pour trois rois, pour lesquels la titulature a pu être entièrement ou partiellement conservée : Djer et Sémerkhet (lecture illisible) de la Ire dynastie et Nynetjer (« Ren-Nebou », Rn-nbw) IIe dynastie. Or un récipient en pierre (le no 98 de Lacau et Lauer) daté du règne de Nynetjer et découvert dans les galeries orientales sous la pyramide de Djéser porte le même nom d'or que celui indiqué sur la pierre de Pelerme, supportant l'idée d'une authenticité des noms attribués à Djer et Sémerkhet.
On situe son règne à la fin du IVe millénaire ou au début du IIIe millénaire avant notre ère. La pierre de Palerme indique qu'il a régné pendant une longue période, voire plus exactement quarante-et-une année complète ou partielle, soit une durée supérieure à ce qui est indiqué dans les sources manéthoniennes. La première année de son règne dure quatre mois treize jours, tandis que la dernière année de son prédécesseur dure six mois et sept jours, il reste dont quarante-cinq jours entre les deux règne, qui pourrait correspondre à la durée entre la mort du roi et son enterrement et qui serait alors considérer comme une période d'interrègne, bien qu'une erreur de scribe pourrait également être la cause d'une telle période.
Sur plusieurs fragments de la pierre de Palerme, les informations concernant dix-huit années de son règne sont encore lisibles. Il est ainsi précisé que le roi organise plusieurs expéditions notamment une militaire au Sinaï dans le but d'assurer le contrôle sur cette région minière mais également commerciale avec le Liban afin d'importer du bois de cèdre. On y apprend également que Djer fait édifier un palais à Memphis, et qu'il organise les cultes de Bouto dans le delta du Nil. La réalité de cette expédition au Sinaï a récemment été démontrée par la découverte d'une inscription commémorative à son nom au Ouadi Ameyra,. Le nom de Neith-Hotep est également présent sur l'inscription, ce qui pourrait signifier que l'expédition a été entreprise au début du règne de Djer pendant une hypothétique régence de Neith-Hotep. Une inscription du roi a été découverte au Gebel Sheikh Suleiman, entre Bouhen et Mirgissa, ce qui indiquerait que les troupes égyptiennes avaient déjà pénétré en territoire nubien pendant son règne sans doute dans le but de contrôler le commerce et l'accès à la vallée jusqu'à la seconde cataracte.
De son règne datent une série de tombes découvertes à Abydos ainsi que de nombreux mastabas découverts sur le plateau de Saqqarah. Sous son règne, le pays connaît un grand essor économique, particulièrement dans la métallurgie comme le montrent les bracelets découverts dans la tombe du roi, l'herminette de cuivre incisée avec le serekh du roi découverte dans l'une des tombes subsidiaires située à proximité de la tombe royale, ainsi que les outils, armes et vaisselles découverts dans la tombe S3471 à Saqqarah et datés du règne du roi par les inscriptions retrouvées à l'intérieur. Une statuette bleu clair fragmentaire, la tête étant perdue, et retrouvée dans le temple de Satet à Éléphantine et inscrite au nom du roi montre également les compétences des artisans du règne ; il s'agit de la plus ancienne statuette royale retrouvée en Égypte. Un autre objet notable daté du règne est un magnifique couteau à silex au manche couvert d'or retrouvé dans la tombe du roi. Enfin, il semble que les relations commerciales entre l'Égypte et le Levant soient relativement importantes sous ce règne, comme le montrent les fragments d'une douzaine a minima de récipients levantins retrouvés dans la tombe du roi à Abydos.

Le tombeau de Djer (tombe O) a été identifié dans la nécropole royale d'Oumm el-Qa'ab à Abydos, où une grande stèle portant son nom d'Horus a été retrouvée brisée. Elle est actuellement conservée au Musée égyptien du Caire. 318 tombes subsidiaires ont été retrouvées autour du tombeau de Djer.
Un ensemble de bijoux y a été découvert par William Matthew Flinders Petrie en 1901, dont un bracelet constitué d'une série de serekh surmontés par une figurine de faucon, chacun des éléments étant alternativement en or (13) et en turquoise (14). Plusieurs plaquettes d'ivoire y ont été également découvertes, objets souvent précieux par les inscriptions qu'ils comportent.
Cette tombe a été identifiée au Nouvel Empire comme étant celle du dieu Osiris, faisant l'objet de restauration et d'un culte fervent par les milliers de pèlerins venus déposer des offrandes au dieu des morts.
Plusieurs objets ont été trouvés dans et autour de la tombe de Djer :
Dans les tombes subsidiaires, d'autres documents ont également été découverts :