Narmer

Narmer
Image illustrative de l’article Narmer
Gros plan de la palette de Narmer.
Nom en hiéroglyphe
Transcription Nˁr-mr
Période Période thinite
Dynastie Ire dynastie
Fonction principale Souverain d'Égypte
Prédécesseur Ka (probablement)
Scorpion II (à Nekhen ?)
Dates de fonction XXXIIe siècle / XXXIe siècle / XXXe siècle AEC
Successeur Âha
Famille
Père Ka ?
Enfant(s) ♂ Âha (probablement)
Sépulture
Nom Tombe B17/B18
Type Tombeau
Emplacement Abydos, nécropole d'Oumm el-Qa'ab
Date de découverte 1894
Découvreur Émile Amélineau
Fouilles William Matthew Flinders Petrie entre 1899 et 1901

Narmer est l'un des tout premiers rois de l'Égypte antique. Il a régné pendant la période thinite, vers la fin du IVe millénaire au début du IIIe millénaire avant notre ère. Il est considéré par beaucoup de chercheurs comme le premier roi de la Ire dynastie et semble avoir été reconnu comme tel par ses successeurs immédiats comme le montrent des scellements découverts dans les tombes de Den et Qâ, respectivement cinquième et huitième roi de la Ire dynastie.

Si, en tant que fondateur de la Ire dynastie, Narmer a pu être identifié à la figure légendaire de Ménès, à la fois premier unificateur de l'Égypte et fondateur de la capitale Memphis, les différentes découvertes faites dans la vallée du Nil et dans les marges de l'Égypte, notamment au Sinaï, ont montré que ce processus d'unification a commencé bien avant Narmer. En tant que roi peut-être originaire de l'antique cité de Thinis (ou This), il est probablement le successeur de Ka, bien que la position chronologique et l'identité du roi Scorpion II est encore l'objet de débats. Son successeur est Âha, qui est peut-être son fils : ceci est démontré par les scellements découverts dans les tombes de Den et Qâ cités précédemment.

Attestations

Attestations contemporaines

Hor Narmer

Narmer est attesté en de nombreux endroits de l'Égypte, ainsi que dans le sud du pays de Canaan et au Sinaï, avec près de quatre-vingt-dix-neuf inscriptions trouvées sur vingt-sept sites ; pour les attestations d'Abydos et de Nekhen, son nom d'Horus apparait soit seul, soit à l'intérieur d'un serekh, alors que pour les autres sites à l'exception de Coptos, son nom d'Horus apparait systématiquement à l'intérieur d'un serekh :

  • pour la Haute-Égypte :
    • à Nekhen (dont la très célèbre palette de Narmer et la célèbre massue de Narmer),
    • à Nagada (une simple étiquette dans la tombe de Neith-Hotep),,
    • à Abydos (dont trois vases, l'un découvert dans le puits B13 de la nécropole d'Âha, un autre dans la tombe Z d'Ouadji ; des étiquettes, objets en ivoire et sceaux dans les nécropole de Narmer et Aha),,
    • et à Coptos,,
  • pour la Moyenne-Égypte : à Tarkhan (deux vases complets),,
  • pour la région memphite :
    • à Helwan (pièce de faïence rectangulaire),,
    • à Zaouiet el-Aryan,
    • à Saqqarah (un vase complet en porphyre dans les galeries orientales sous la pyramide de Djéser),
    • et peut-être à Tourah (deux serekh rudimentaire pourraient correspondre à un hiéroglyphe du poisson-chat simplifié),,,
  • pour la Basse-Égypte :
    • à Tell Ibrahim Awad (tesson),
    • à Ezbet el-Tell (tesson),
    • à Minshat Abou Omar (un vase complet dans une tombe),,,
    • à Bouto (tesson),
    • à Tell el-Farkha,,
    • et à Kafr Hassan Dawood,
  • pour le désert d'Arabie : une inscription rupestre au Ouadi el-Qaash,
  • pour le désert de Libye :
    • une inscription rupestre à Nag-el-Hamdoulab (attribution incertaine),
    • une autre au Gebel Tjaouti,,
    • et une troisième attestation dans l'oasis de Kharga,,
  • pour le Sinaï : une inscription rupestre au Ouadi 'Ameyra, dans le sud du Sinaï, avec d'autres inscriptions respectivement de ses prédécesseurs Iry-Hor et Ka et des rois ultérieurs Djer (inscription dans laquelle est mentionnée la reine Neith-Hotep) et Nebrê, ; ces inscriptions commémorent les expéditions minières égyptiennes vers cette région,
  • pour Canaan, plusieurs (près de treize) serekhs de Narmer, principalement sur des tessons, ont été découverts, parmi lesquels certains sont incertains :
    • à Tel Arad (un serekh sur quatre tesson d'une même jarre brisée),,,
    • à En Besor,,
    • à Tell Es-Sakan,,
    • à Nahal Tillah, sur le site des silos de la zone nommée Halif Terrace (un tesson avec le serekh de Narmer et peut-être un autre avec le même serekh),,,,
    • à Tel Erani (Tel Gat) (un fragment de jarre est inscrit au nom de Narmer, un autre tesson porte une marque qui a pu être assimilé au serekh de Narmer),,,,,
    • à Tel Malhata (trois tessons dont l'un porte les traces du serekh de Narmer tandis que les deux autres portent chacun les traces d'un serekh et pour les deux cas, ils sont attribués soit à Narmer, soit à Âha),,,
    • Tel Ma'ahaz (un tesson portant les traces d'un serekh attribué à Narmer ou à Scorpion II),,
    • à Tel Lod (où un serekh de Ka a également été découvert),
  • trois vases sans provenance connue.
Nag-el-Hamdoulab

Une collection de gravures rupestres fut mentionnée pour la première fois à la fin du XIXe siècle à Nag-el-Hamdulab, près d'Assouan. Elle a été retrouvée en 2009, et c’est alors que les archéologues ont pris conscience de son intérêt historique. Parmi ses nombreuses inscriptions, le tableau 7a montre un homme portant une coiffure similaire à la couronne blanche de Haute-Égypte et tenant un sceptre. Il est suivi d'un homme portant un éventail, et il est également précédé de deux hommes portant des étendards et accompagnés d'un chien. Outre le motif du chien, cette scène est similaire aux scènes de la tête de massue du roi Scorpion et sur le recto de la palette de Narmer. L'homme équipé d'ornements pharaoniques (la couronne et le sceptre) est clairement un roi. Aucun nom n'apparaît sur ce tableau, mais John Darnell l'a identifié à Narmer, suggérant que cette scène représentait une visite de Narmer dans la région pour le rituel du « cortège d’Horus ». Lors d’un entretien accordé en 2012, M. Gatto a également identifié à Narmer le roi de cette inscription. Toutefois, S. Hendrickx date cette scène de peu de temps avant le règne de Narmer, à cause de l'absence de son nom.

Men

Deux documents du début de la Ire dynastie mentionnent ce qui s'apparente au nom Men :

  • trois fragments d'une même empreinte de sceau découverte à Abydos, plus spécifiquement dans le puits B18 (tombe de Narmer), sur laquelle le serekh de Narmer alterne avec le hiéroglyphe du plateau de jeu, se lisant men, et le complément phonétique n symbolisé par le hiéroglyphe de l'eau,
  • une étiquette en ivoire découverte dans le caveau de la tombe de Neith-Hotep à Nagada et sur laquelle sont inscrits le serekh d'Aha et, à l'intérieur de ce qu'il semble être un sanctuaire, les signes se lisant Nebty Men, la mention de Nebty pourrait en faire la plus ancienne attestation de ce titre, bien que cela ne soit pas certain,.

Attestations ultérieures

Narmer est attesté sur trois sceaux découverts à Abydos :

Méni est le nom sous lequel les documents égyptiens le désignent à partir de la XVIIIe dynastie (scarabée d'Hatchepsout et de Thoutmôsis III).

Le roi est également présent sur les listes royales ramessides :

Enfin chez les auteurs du premier millénaire avant l'ère commune, le roi est cité par divers noms qui sont des formes héllénisées du nom égyptien Méni :

Identité

Lecture du nom d'Horus

L’orthographe complète du nom d'Horus de Narmer se compose des hiéroglyphes du poisson-chat (nˁr) et du ciseau (mr)), d’où provient la lecture « Narmer » fondée sur le principe du rébus. Ce nom a parfois été traduit par le poisson-chat qui frappe , une lecture qui n’a pas fait consensus . D’autres traductions proposées incluent le poisson-chat en colère, combattant, féroce, douloureux, furieux, mauvais, malfaisant, mordant, menacant ,,... Certains chercheurs n'incluent pas le mot poisson-chat dans son nom,,, approches qui ne sont pas unanimement acceptées.

Le nom de Narmer est souvent écrit sous une forme abrégée, sans les deux hiéroglyphes mais simplement avec le symbole du poisson-chat, et parfois stylisé. Il est même dans certains cas représenté par une seule ligne horizontale. Cette orthographe simplifiée semble due à la formalité du contexte. Mais chaque fois qu'un serekh est inscrit sur des objets de pierre ou sur un sceau officiel, les deux symboles sont présents. Sur les tessons de poterie et sur la pierre, seul le poisson-chat ou une version simplifiée apparaît.

Deux autres orthographes du nom de Narmer sont encore connues. Sur un sceau venant de Tarkhan, le symbole de l’oiseau Tjay (le signe G47 dans la liste de Gardiner, un oisillon battant des ailes) a été ajouté dans le serekh aux deux autres symboles utilisés pour Narmer. Cette écriture a été traduite par « Narmer le masculin » ; cependant, selon Ilona Regulski, « le troisième signe (l'oiseau Tjay) ne fait pas partie du nom royal car il se rencontre rarement ». Gérard Godron pense que le signe supplémentaire ne fait pas partie du nom, mais qu'il est là pour accommoder la composition.

En outre, deux sceaux funéraires venant d'Abydos montrent son nom d'une manière unique : le ciseau figure à la place du poisson-chat, et un autre symbole est ajouté, interprété comme une peau d'animal. Selon Dreyer, c'est probablement un poisson-chat paré d’une queue de taureau, comme sur l'image de la palette de Narmer où il porte une queue de taureau, symbole du pouvoir.

Lecture du nom Meni

Ce nom pourrait signifier « quelqu'un », « personnage », « le Fondateur » ou « Celui qui établit ». Il est possible que les prêtres, ne connaissant pas le nom du premier pharaon, aient utilisé cette expression à la place.

Dans un article paru en juillet 2002, Bernadette Menu suggéra que Méni pouvait être un titre, « celui qui établit », porté par les deux premiers souverains de la première dynastie, Narmer et Hor-Aha.

Identification à Méni/Ménès et unification de l'Égypte

Palette de Narmer

Cependant, les questions de l'identité de Ménès et de l'unificateur de l’Égypte sont liées mais distinctes. Le problème est que le nom principal de la période est le nom d'Horus, c'est-à-dire ici Narmer, tandis que Méni/Ménès est un nom qui, par analogie avec les autres noms des rois de la période, devait être précédé du titre Nesout-bity ou Nebty, ce dernier étant le seul attesté avec le nom Men, bien que la réalité de sa signification en tant que titre n'est pas certaine,,.

Identification à Méni/Ménès

Concernant les deux documents mentionnant le nom Men et cités auparavant, plusieurs interprétations ont été données : pour le premier document, une première interprétation a simplement associé le nom Men au roi Narmer, tandis qu'une autre, loin de faire l'unanimité, faisant de cette empreinte de sceau celle d'un roi et de son fils aîné, faisant ainsi de Aha et Men une seule personne ; pour le second document, une première interprétation a simplement associé le nom Men au roi Aha, tandis qu'une autre hypothèse, faisant remarquer que l'inscription Nebty Men était située à l'intérieur d'une sorte de sanctuaire, a proposé comme interprétation que l'étiquette serait une figuration de l'enterrement de Narmer par Aha. Ces différentes interprétations ne font cependant pas consensus,. Toujours est-il que, selon trois scellements découverts à Abydos, les deux premiers dans la nécropole de Den, le troisième dans la nécropole de Qâ, Narmer était une figure fondatrice pour ses successeurs de la dynastie, ces trois sceaux montrant l'ordre de succession des rois, respectivement de Narmer à Ouadji/Djet et incluant Merneith (la mère de Den) pour le premier, de Narmer à Den et incluant Merneith à nouveau pour le deuxième, et de Narmer à Qâ (sans Merneith cette fois) pour le troisième,,.

Bien que vivement débattue,, (Hor-Aha, le successeur de Narmer, est la principale alternative identifiée comme étant Ménès par plusieurs spécialistes), l'opinion prédominante est que Narmer était Ménès, avec comme appui les documents mentionnant Men et les trois sceaux découverts dans les tombes de Den et Qâ et listant les rois de la Ire dynastie.

Unification de l'Égypte

Il semble que l'unification de l'Égypte a été un processus long et complexe et a dû s'étaler sur plusieurs générations. On peut noter tout d'abord qu'Iry-Hor et Ka, deux des derniers rois prédynastiques de Haute-Égypte et probables prédécesseurs immédiats de Narmer, sont attestés au Ouadi ‘Ameyra, dans le Sinaï, avec en plus la plus ancienne mention de Memphis dans l'inscription d'Iry-Hor, prouvant l'antériorité de la fondation de la capitale par rapport à la Ire dynastie. Par ailleurs, la situation géographique des inscriptions montre que ces deux rois du Sud devaient contrôler une partie du Nord du pays, leur permettant ainsi d'accéder à la péninsule du Sinaï. D'autres documents montrent un certain contrôle direct de la part de ces deux rois sur la Basse-Égypte : en effet, la collecte d’impôts est probablement documentée pour Iry-Hor et Ka. Il est même possible que dès Scorpion Ier, soit bien avant Iry-Hor, le roi de Thinis contrôlait une partie de la Basse-Égypte : la preuve d'un rôle joué par ce roi cette région vient de sa tombe Uj à Abydos (Haute Égypte), où ont été trouvées des étiquettes identifiant des produits de Basse Égypte. Bien qu’il ne s’agisse pas de documents fiscaux, ces étiquettes sont probablement des indices d'échanges plutôt que de conquêtes.

Toujours est-il que si l'identité de l'unificateur de l'Égypte est débattue (le roi prédynastique Scorpion II, dont le nom est inscrit sur une tête de massue découverte à Nekhen, est parfois présenté comme le réel unificateur), Narmer est le plus souvent crédité par les chercheurs comme l'unificateur de l'Égypte. Plusieurs documents viennent appuyer une telle théorie. La fameuse palette de Narmer, découverte par James Edward Quibell en 1898 à Hiérakonpolis,, représente Narmer portant les insignes des Haute et Basse-Égypte, ce qui implique qu'il aurait unifié les deux royaumes. Il y a débat depuis sa découverte pour savoir si elle commémore un événement historique, ou si elle est purement symbolique,,.

Toutefois, en 1993, Günter Dreyer découvrit à Abydos une étiquette datant de Narmer et décrivant le même événement que la palette de Narmer, attestant qu'il s'agit bien d'un événement historique. L'interprétation est acceptée par la majorité des égyptologues, tandis que J. Baines et D. Wengrow émettent encore des doutes.

Une différence considérable existe dans la quantité et la répartition des inscriptions avec les noms de ces précédents rois en Basse-Égypte et en Canaan (qui était atteint en passant par la Basse-Égypte), par rapport aux inscriptions datant du règne de Narmer. Des inscriptions d'Iry-Hor ont également été trouvées dans deux sites de Basse-Égypte, une au Sinaï et une en terre de Canaan,. Les inscriptions de Ka ont été trouvées sur trois sites de Basse-Égypte, une au Sinaï et une autre en Canaan. Le rôle de Narmer en Basse-Égypte serait donc plus conséquent que ceux de ses deux prédécesseurs. Jusqu’à maintenant, les règnes de souverains de Haute-Égypte ne sont pas attestés en Basse-Égypte avant Iry-Hor. Les données archéologiques suggèrent donc que l'unification des deux terres a commencé sous Narmer et s'est terminée avec sa conquête d’une province dans le Nord-Ouest du Delta (ce qui sera retenu dans le reste de l'histoire égyptienne par la place qu'a Bouto (à l'origine deux cités nommées Pé and Dep et séparées par le bras du Nil au bord duquel elles étaient situées) en tant que capitale de la Basse-Égypte, en opposition à Nekhen capitale de la Haute-Égypte, qu'on peut retrouver par exemple dans les Âmes de Pé et de Nekhen), comme le suggère la palette de Narmer.

L'importance que Narmer attacha à son « unification » de l'Égypte serait démontrée par le fait qu'elle est commémorée non seulement sur la palette de Narmer, mais également sur un sceau-cylindre, sur l'étiquette-année de Narmer, et sur les coffres de Narmer. De plus, les conséquences de l'événement sont évoquées sur la tête de massue de Narmer. Narmer est décrit comme le premier roi sur les deux sceaux funéraires mentionnés auparavant et est également listé sous le nom de Ménès, le premier roi, dans les listes royales ultérieures. Bien que l’existence de quelques rois soit attestée avant Narmer, aucun d'entre eux n'est mentionné dans ces documents. Pour les anciens Égyptiens, l'histoire devait donc commencer avec Narmer et l'unification de l'Égypte, et tous les évènements l’ayant précédé furent relégués au domaine du mythe.

Biographie

Origine

Manéthon donne pour origine aux deux premières dynasties la ville de Thinis. À proximité se trouve Abydos, la nécropole des rois de la période prédynastique. La présence de cette importante nécropole royale qui existait déjà bien avant Narmer signifierait donc que la tradition était exacte. Narmer pourrait toutefois être originaire de Nekhen, la capitale légendaire du royaume du Sud : c'est en ce lieu qu'ont été trouvées la palette et la massue de Narmer, même si ces objets y ont probablement été déposés près de mille ans après son règne. Cette dernière hypothèse n'est cependant pas majoritaire.

Généalogie

Les noms de Narmer et d'Âha ont été trouvés dans la tombe probable de Neith-Hotep, une découverte qui a conduit à la conclusion que cette reine était l’épouse de Narmer et la mère d'Âha,,. L'emplacement du tombeau de cette reine à Nagada, en Haute-Égypte, a convaincu certains égyptologues qu'elle descendait des dirigeants prédynastiques de Nagada qui ont régné sur cette ville avant la formation d’une Haute-Égypte unie. On a également suggéré que la tête de massue de Narmer commémorait ce mariage.

Cependant, le nom de Neith-Hotep a également été trouvé dans la tombe de Djer (successeur immédiat d'Âha) et surtout sur une inscription rupestre de ce roi dans le Sinaï,. Cette dernière inscription suggère que la reine était régente au début du règne de Djer, ce qui ferait d'elle une reine d'Âha.

Le successeur de Narmer, Âha, est peut-être son fils,. Il a été émis comme hypothèse que l'épouse d'Âha nommée Beneryb est probablement sa fille, mais cela n'est corroboré par aucun élément, les chercheurs ne mentionnent pas une telle hypothèse,.

 
 
 
 
Ka
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avant ce pointillé : Dynastie zéro
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nârmer
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Benerib
 
Âha
 
 
 
Khenthap
 
Neith-Hotep
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Règne

Dates et durée de règne

La date traditionnellement acceptée pour le début du règne de Narmer est de 3100 environ avant notre ère,. D’autres estimations, fondées sur les sources historiques et sur la datation par le carbone 14, placent ce règne entre 3273 et 2987 environ avant notre ère.

Représentation

Tête en calcaire d'un roi (Petrie pensait qu'il s'agissait de Narmer). Musée Petrie d'archéologie égyptienne, Londres.

Le Musée Petrie d'archéologie égyptienne de Londres possède la tête en calcaire d'un ancien roi d'Égypte, que Petrie identifia à Narmer sur la base d'une ressemblance avec le visage du roi de la palette de Narmer. Cette identification n’est pas généralement acceptée : Teasley-Trope, Quirke & Lacovara y voient plutôt le roi Khéphren de la IVe dynastie, et Stevenson également. Charron l'identifie à un roi de la période thinite, sans l'assigner à un roi particulier. Wilkinson propose d’y voir un roi de la IIe dynastie.

Narmer au pays de Canaan

Les relations entre l'Égypte et Canaan « ont commencé vers la fin du cinquième millénaire et ont pris fin pendant la deuxième dynastie, où elles ont cessé tout à fait ». Si la présence égyptienne était bien attestée au début de la période Nagada II, la présence égyptienne était réduite dans le sud de la Palestine du milieu de Nagada II à la fin de la période prédynastique, mais certains sites comme Tel Erani attestent bien d'une présence continue. En parallèle de la réduction de la présence égyptienne, les échanges commerciaux semblent augmenter. Cependant, à partir de la fin de la période prédynastique, la présence directe de l'Égypte dans le sud de Canaan augmente sensiblement (présence égyptienne attestée sur plus de vingt sites), ce qui est peut-être lié au processus d'établissement d'une royauté unique et forte en Égypte. Vingt serekhs égyptiens datant de la Dynastie 0 ont en effet été découverts en Canaan : près de vingt serekhs égyptiens datant de la Dynastie 0 ont été découverts en Canaan, dont un pour Ka et un autre pour Iry-Hor, les autres sont des serekhs génériques soit ne faisant pas référence à un roi spécifique, soit nommant des rois qui ne sont pas attestés à Abydos,.

À l'avènement de Narmer, la présence égyptienne dans le sud de la Palestine est donc ancienne (les durées proposées par les chercheurs vont de 150 ans à plus de 300 ans) et en pleine ascension. Si pendant le règne de Narmer, la présence égyptienne est bien attestée en continuité de celle de la fin de la période prédynastique, atteignant même un pic sous son règne avec près de treize attestations, elle diminue après lui : son successeur Âha n'étant potentiellement attesté qu'une seule fois tandis que les rois suivants sont tout aussi peu attestés, très peu de serekhs associés aux autres rois des deux premières dynasties ont été découverts en Canaan,,. Narmer organisa peut-être une expédition militaire en Canaan, comme l'attesterait une étiquette d'ivoire trouvée dans la tombe du roi à Oumm el-Qa'ab (puits B17) et montrant un Levantin positionné de telle manière qu'il semble rendre hommage au roi ; cet évènement aurait subsisté au sein de la tradition égyptienne car Eusèbe de Césarée, citant Manéthon, indique « Ménès mena une campagne à l'étranger et devint célèbre par la suite » (Fr. 7(a)).

La présence égyptienne en Canaan se manifeste davantage par la découverte dans cette région du Proche-Orient de poteries égyptiennes fabriquées à partir d'argile du Nil, ainsi que de poteries fabriquées à partir d'argile locale mais dans le style égyptien. Ces dernières trouvailles suggèrent l’existence d'une colonie égyptienne dans la région plutôt que de simples échanges. Le rôle de l'Égypte dans le pays de Canaan a été vivement discuté. Certains chercheurs y voient une invasion militaire, et d’autres de simples relations commerciales et coloniales. Cette dernière théorie gagne de plus en plus d’adhérents dans la communauté égyptologique,,. Toutefois, la présence de fortifications à Tell Es-Sakan, datant de la dynastie 0 ou du début de la Ire dynastie, et bâties dans un style de construction égyptien, démontrent qu’un contingent militaire égyptien était présent dans la région,.

Quelle que soit la nature de la présence égyptienne en Canaan, le contrôle du commerce avec Canaan était vital pour l'Égypte ancienne. Si Narmer n'a pas envahi durablement cette région, il a dû lancer un raid militaire pour y affirmer l'autorité égyptienne. En plus du texte de Manéthon et du grand nombre de serekhs de Narmer trouvés en Canaan, une reconstruction récente effectuée par Günter Dreyer d'un coffre attribué à Narmer en fait la commémoration d’une campagne militaire en Canaan. Alternativement, il pourrait simplement s'agir d'une offrande de biens faite à Narmer par les Cananéens.

Sépulture

Chambres B17 et B18 à Oumm el-Qa'ab, qui forment la tombe de Narmer.

La tombe de Narmer se trouve à Oumm el-Qa'ab, près d'Abydos en Haute-Égypte. Elle se compose de deux chambres mitoyennes (B17 et B18), tapissées de briques de terre crue. Ces deux chambres, qui mesurent chacune 10 × 3 m et qui sont séparées par un mur, furent découvertes par Émile Amélineau en 1894 et fouillées par William Matthew Flinders Petrie entre 1899 et 1901. Ce n’est qu’en 1964, avec Werner Kaiser, qu’elles furent attribuées à Narmer. Kaiser identifia sa tombe dans le cimetière B grâce à un sceau représentant Narmer,. Depuis 1973, le site a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles, conduites par l'Institut archéologique allemand. Elles ont permis de comprendre l'architecture et le mode de construction des tombes. La tombe de Narmer est située à proximité des tombeaux de Ka, qui a probablement régné sur la Haute-Égypte juste avant Narmer, et de Hor-Aha, qui fut son successeur immédiat.

Cette tombe bâtie il y a plus de 5 000 ans a été pillée maintes fois depuis l'Antiquité. Il est même surprenant que les archéologues y aient fait des découvertes notables. Les pillages répétés de Oumm el-Qa'ab ont brouillé les pistes : de nombreux artefacts provenant de la tombe de Narmer ont été trouvés dans d'autres sépultures, et vice-versa. Malgré cela, les découvertes faites par Flinders Petrie, et par l'Institut archéologique allemand (DAI) sont capitales pour la compréhension du début de l'histoire égyptienne.

Le mauvais état de la nécropole n'a pas empêché la découverte d'inscriptions sur bois et os, d'empreintes de sceaux et de dizaines de pointes de flèches en silex. Des couteaux en silex et un fragment de chaise en ébène ont également été découverts dans la tombe de Narmer, ces objets ayant a priori fait partie du trésor funéraire d'origine. Ces objets, qui ne sont pas répertoriés par Petrie, se trouvent maintenant au Musée Petrie d'archéologie égyptienne sous les numéros UC35679, UC52786 et UC35682. Selon Dreyer, ces pointes de flèches proviennent probablement du tombeau de Djer, où des pointes de flèches semblables ont été trouvées.

Il est probable que tous les rois d'Égypte enterrés à Oumm el-Qa'ab possédaient des enclos funéraires dans le secteur nord du cimetière d’Abydos, près des terrains agricoles. Ils étaient délimités par d'épais murs de briques crues qui clôturaient l'espace, dans lequel les cérémonies funéraires devaient avoir lieu. Huit de ces enclos ont été fouillés, dont deux restent à identifier,. L’un d'eux était peut-être celui de Narmer, mais cette hypothèse n’est pas encore confirmée.

Titulature

Dans la culture populaire

Galerie

Notes et références

Notes

  1. ↑ En termes de chronologie absolue, la détermination de dates exactes de début et de fin de règne est un exercice périlleux du fait de l'ancienneté du règne ; on trouve par exemple (la plupart des chercheurs ne donnent que les dates du successeur de Narmer, le roi Âha, qu'ils considèrent comme le premier roi de la dynastie ; la date de fin du règne de Narmer est donc déduite) :
  2. ↑ De ces inscriptions, vingt-neuf sont controversées ou incertaines. Elles comprennent les exemples uniques de Coptos, En Besor, Tell el-Farkhan, Gebel Tjaouti, Lahav, Nag-el-Hamdoulab et l'Oasis Kharga, ainsi que les deux inscriptions de Buto et Tel Ma'ahaz. Toutes les inscriptions sont incluses dans le Narmer Catalog (qui peut être consulté sur www.narmer.org), qui comprend une bibliographie complète pour chaque inscription. Plusieurs sources traitent d'un nombre important d'inscriptions. Ce sont : la base de données de Early Dynastic Inscriptions, Kaplony 1963, Kaplony 1964, Kaiser & Dreyer 1982, Kahl 1994, van den Brink 1996, van den Brink 2001, Jiménez-Serrano 2007, p. 372-373 Table 9 et Pätznick 2009. Anđelković 1995 traite des inscriptions de Narmer retrouvées en terre de Canaan dans le contexte spécifique des relations entre Canaan et l'Égypte et fournit les descriptions des sites dans lesquels elles ont été trouvées.
  3. ↑ Au cours de l'été 1994, les archéologues de l'expédition de Nahal Tillah, dans le sud d'Israël, ont découvert un tesson de poterie incisé avec le signe du serekh de Narmer. Le tesson a été trouvé sur une grande plate-forme circulaire, peut-être les fondations d'un silo de stockage sur la terrasse d'Halif. Fabriqué env. 3000 ans avant notre ère, les études minéralogiques effectuées sur ce tesson concluent qu’il s’agit d’un fragment d'une jarre à vin qui avait été importé de la vallée du Nil en terre de Canaan (Levy et al. 1995, p. 26-35).
  4. ↑ Dans le coin supérieur droit de l'étiquette de Naqada se trouve un serekh de Hor-Aha. À droite, un triple enclos en forme de colline avec le signe mn est surmonté des signes des deux dames, c’est-à-dire des déesses de la Haute-Égypte (Nekhbet) et de la Basse-Égypte (Ouadjet). Pendant les périodes ultérieures, la représentation des « deux dames » sera indicative du nom nbty (l'un des cinq noms du roi). Par conséquent, l'inscription a été interprétée comme montrant que le nom nbty de Hor-Aha était Mn, un diminutif de Ménès. Une autre théorie est que l'enceinte est en fait un sanctuaire funéraire et représente Hor-Aha enterrant son prédécesseur, Ménès. Par conséquent, Ménès aurait été dans ce cas Narmer. Bien que l'étiquette ait généré beaucoup de discussions, il est maintenant généralement convenu que l'inscription dans le sanctuaire ne doit pas être associée au nom d'un roi, mais plutôt d’un sanctuaire, Les deux dames endurent, et ne fournit donc aucune preuve de qui était Ménès. Le deuxième document, l'impression du sceau d'Abydos, montre le serekh de Narmer en alternance avec le signe du panneau de jeu (mn), ainsi que son complément phonétique, le signe n, qui est toujours présent lorsque le nom complet de Ménès est écrit. À première vue, ce document semble apporter une preuve supplémentaire que Narmer était Ménès. Cependant, l’analyse des impressions de sceaux datées de la Ire dynastie, contenant le nom d'un ou plusieurs princes, a amené certains chercheurs à proposer que le sceau d’Abydos comporte le nom d'un fils de Narmer nommé Ménès. Par conséquent, Ménès serait le successeur de Narmer, Hor-Aha et donc, Hor-Aha serait Ménès. Cette proposition a été réfutée par Cervelló-Autuori (Cervelló-Autuori 2005, p. 42-45). Les opinions continuent toutefois de varier, et il reste difficile de déterminer si le nom sur ce sceau permet de soutenir définitivement l'une ou l'autre théorie.
  5. ↑ La question de savoir qui était Ménès, ou en d’autres termes, qui fut le premier roi de la Ire dynastie, a été vivement débattue. Depuis 1926, soixante-dix auteurs différents ont pris position et proposent soit Narmer soit Hor-Aha. Quoique pour la plupart seulement mentionné brièvement dans des livres et des articles, ce sujet a fait l’objet de plusieurs études approfondies. Les discussions récentes en faveur de Narmer incluent Kinnaer 2001, Cervelló-Autuori 2005 et Heagy 2014. Les discussions en détail en faveur d'Aha comprennent Helck 1953, Emery 1961, p. 31-37 et Dreyer 2007. Pour la plupart, les auteurs anglophones préfèrent Narmer, alors que les auteurs germanophones préfèrent Hor-Aha. Les preuves les plus importantes en faveur de Narmer sont les empreintes des sceaux funéraires découverts à Abydos, qui listent Narmer comme étant le premier roi. Depuis la publication du premier de ces sceaux funéraires en 1987, vingt-huit auteurs ont publié des articles identifiant Narmer avec Ménès, contre quatorze articles qui identifient Narmer avec Hor-Aha.
  6. ↑ D’après Schulman, la palette de Narmer commémore la conquête de Libyens qui s'est produite avant le règne de Narmer, probablement pendant la dynastie 0. Dans ce contexte, les Libyens ne doivent pas être identifiés avec les habitants de la Libye moderne, mais plutôt avec les populations qui vivaient dans le nord-ouest du Delta du Nil, une région qui sera incorporée par la suite à la Basse-Égypte. Schulman décrit des scènes datant des Ve (deux scènes), VIe, et XXVe dynasties. Dans chacune de ces représentations, le roi est représenté comme venant à bout des Libyens et tuant personnellement leur chef dans la pose classique de « frapper l’ennemi ». Dans trois de ces exemples, les noms de l’épouse et des deux fils du chef sont indiqués et demeurent les mêmes dans les trois scènes bien que celles-ci datent de périodes très différentes. Les égyptologues en ont donc déduit que ces représentations, y compris celle de la palette de Narmer, ne correspondent pas à des événements réels, mais doivent être considérés comme des commémorations rituelles d'un événement antérieur. Il en va de même pour le premier exemple de la Ve dynastie. La scène sur la palette Narmer est similaire, bien qu'elle ne nomme pas l’épouse ou les fils du chef Libyen. La palette de Narmer pourrait en fait représenter l'événement sur lequel les autres représentations sont basées. Cependant, Schulman (à la suite de Breasted 1931) s'oppose à cette hypothèse en se basant sur le fait que la pierre de Palerme montre des rois prédynastiques portant la double couronne de Haute et Basse Égypte, ce qui suggère qu'ils ont régné sur une Égypte unifiée. Par conséquent, la palette de Narmer, plutôt que de montrer un événement historique pendant le règne de ce roi, commémore la défaite des Libyens et l'unification de l'Égypte qui s'est produite plus tôt. Köhler (2002, p. 505) suggère que la palette de Narmer n'a rien à voir avec l'unification de l'Égypte. Elle préfère y voir un exemple du motif « soumettre l'ennemi » qui est attesté dès Naqada Ic (environ 400 ans avant Narmer) et qui représente la défaite rituelle du chaos, un rôle fondamental du roi. O'Connor (2011) soutient également que cet objet n’a rien à voir avec l'unification, mais est au contraire imbu d’un sens religieux très complexe.
  7. ↑ Pendant la Ire dynastie, chaque année est identifiée par le nom du roi et un événement important s’étant produit cette même année. Une « étiquette-année », généralement attachée aux récipients transportant les marchandises, comprenait le nom du roi, une description ou une représentation de l'événement majeur pour cette année et une description des biens dans le récipient.
  8. ↑ Wilkinson 1999, p. 68) et Davies et Friedman 1998, p. 35) en particulier partagent cette opinion proposée par G. Dreyer.
  9. ↑ En 2012, Pierre Tallet a découvert une nouvelle série importante de gravures rupestres dans le Ouadi Ameyra. Cette découverte a été signalée dans Tallet 2015 et dans deux articles sur internet d'Owen Jarus en 2016 (livescience.com). Ces inscriptions suggèrent fortement que Neith-Hotep était la régente de Djer pendant un certain temps, ce qui ne résout pas toutefois la question de savoir si elle était l’épouse de Narmer. Dans son premier article, Jarus cite Tallet en disant que Neith-Hotep « n'était pas la femme de Narmer ». Cependant Tallet, dans une communication personnelle avec Thomas C. Heagy, a expliqué que ses propos n’avaient pas été rapportés de façon exacte. Selon Tallet, Neith-Hotep aurait pu être l’épouse de Narmer (c’est-à-dire la grand-mère de Djer), mais il est plus probable qu’il faille la placer dans la génération suivante, à cause des longs règnes de Narmer et Hor-Aha. Elle peut, par exemple, avoir été la mère ou la tante de Djer. Ceci est conforme à la discussion dans Tallet 2015, p. 28-29.
  10. ↑ L'établissement d'une datation absolue pour l'Égypte ancienne repose sur deux méthodes différentes, chacune ayant sa part de problèmes. Comme point de départ, la méthode historique utilise des événements astronomiques enregistrés dans les textes égyptiens anciens, ce qui permet d’établir une date absolue sans ambiguïté à ces évènements précis de l’histoire égyptienne. L'utilisation du « dead reckoning », qui consiste à ajouter ou soustraire la durée du règne de chaque roi en se basant principalement sur Manéthon, la liste royale de Turin et la pierre de Palerme, permet ensuite d’arriver au règne du roi en question. Toutefois, il est important de prendre en compte l’incertitude qui existe pour la durée de la majorité des règnes, en particulier pendant la période archaïque et les périodes intermédiaires. Deux événements astrologiques sont disponibles pour ancrer ces estimations. L'un date du Moyen Empire et l'autre du Nouvel Empire (pour une discussion des problèmes rencontrés pour établir des dates absolues pour l'histoire de l’Égypte ancienne, voir Shaw 2000a, p. 1-16). Deux estimations basées sur cette méthode sont les suivantes : Hayes 1970, p. 174, qui donne le début du règne de Narmer/Ménès à 3114 avant notre ère, qu'il arrondit à 3100 ; et Krauss et Warburton 2006, p. 487 qui placent l'ascension de Narmer sur le trône d'Égypte aux alentours de 2950 avant notre ère. Pour plusieurs estimations proposées pour le début de la Ire dynastie, Hor-Aha est cité comme étant le premier roi de cette dynastie. Si l’on ignore de façon provisoire la question de savoir si la Ire dynastie a commencé avec Narmer ou Hor-Aha, le début du règne de Narmer ne peut être calculé à partir de ces estimations que si l’on prend en compte la durée du règne de Narmer. Malheureusement, aucune estimation fiable quant à la longueur du règne de Narmer n’existe. En l’absence d'autres preuves, les égyptologues utilisent l'estimation que Manéthon fournit pour la durée du règne de Ménès, c’est-à-dire 62 ans. Si l'on suppose que Narmer et Ménès sont la même personne, le règne de Narmer a donc débuté 62 ans avant le début de la Ire dynastie donnée par les auteurs qui associent le début de la Ire dynastie au début du règne d'Hor-Aha. Les estimations du début du règne de Narmer calculées ainsi sont les suivantes : von Beckerath 1997, p. 179 (vers 3094-3044); Helck 1986, p. 28 (vers 2987); Kitchen 2000, p. 48 (vers 3092) et Shaw 2000b, p. 480 (vers 3062). Mellaart 1979, p. 9-10, quant à lui, place le début de la Ire dynastie à vers 3400 avant notre ère. Cette date est rarement prise en compte par la communauté égyptologique, puisqu'elle a été obtenue en ignorant les dates astronomiques écrites dans les textes datant du Moyen Empire. La datation par le carbone 14 pose également des problèmes. Selon Hendrickx 2006, p. 90, les courbes d'étalonnage pour la (deuxième moitié) du IVe millénaire avant notre ère montrent des fluctuations importantes avec, par conséquent, de long intervalles de données possibles. C'est en général considéré comme une « mauvaise période » pour la datation par le carbone 14. Utiliser une approche statistique qui prend en compte toutes les dates obtenues par le carbone 14 pour la période archaïque réduit, mais n'élimine pas, ces problèmes inhérents. Dee et al. utilisent cette approche et en dérivent une estimation pour le début de la Ire dynastie entre 3211 et 3045, avec un intervalle de confiance de 65 %. Cependant, ils associent le début de la Ire dynastie avec le début du règne de Hor-Aha. Aucune datation par le carbone 14 n’a été proposée pour le règne de Narmer. Pour utiliser les résultats obtenus par l’équipe de Dee, il faut donc ajouter la longueur du règne de Narmer de 62 ans, ce qui nous permet d’aboutir à l’intervalle suivant pour le début du règne de Narmer : env. 3273-3107. Ce résultat est de façon rassurante proche de l’estimation proposée par la grande majorité des égyptologues et obtenue en utilisant la méthode historique, c’est-a-dire env. 3114 - 2987. Ainsi, en combinant les résultats de ces deux méthodologies, il devient possible de placer la montée de Narmer sur le trône d’Égypte à env. 3273 - 2987.
  11. ↑ La présence d'Âha serait attestée en Canaan selon certains chercheurs (Anđelković 2011, p. 31), mais pas selon d'autres (Wilkinson 1999, p. 71).
  12. ↑ Pour une discussion du Cimetière B, voir Dreyer 1999, p. 110-111, fig. 7 et Wilkinson 2000, p. 29-32, fig. 2.
  13. ↑ La tombe de Narmer à Oumm el-Qa'ab a beaucoup plus en commun avec les tombeaux de ses prédécesseurs immédiats, Ka et Iry-Hor, et d'autres tombeaux prédynastiques tardifs qu'avec les tombes de la Ire dynastie. La tombe de Narmer mesure 31 m2, alors que celle de Hor-Aha est trois fois plus grande, sans compter les trente-six chambres subsidiaires. Selon Dreyer (dans Kaiser et Dreyer 1982), la tombe de Narmer est encore plus petite que le tombeau de Scorpion Ier (tombe Uj), bati plusieurs générations auparavant (Dreyer 1988, p. 19). En outre, les tombes précédant celle de Narmer et appartenant à Ka et Iry-Hor ne comprennent que deux chambres, tandis que les tombes tardives de la Ire dynastie ont toutes des structures plus complexes, y compris des chambres subsidiaires pour les tombes des serviteurs qui étaient probablement sacrifiés pour accompagner le roi dans l'au-delà. Pour éviter toute confusion, il est important de comprendre que David O'Connor (2009, p. 148-150) classifie Narmer comme étant le dernier roi de la dynastie 0 et non comme le premier roi de la Ire dynastie, en partie parce que la tombe de Narmer a plus en commun avec les tombes de la dynastie 0 que celles de la Ire dynastie. G. Dreyer (2003, p. 64) suggère également que le changement drastique dans la construction funéraire qui a commencé avec Hor-Aha est preuve que Hor-Aha, et non Narmer, était le premier roi de la Ire dynastie.
  14. ↑ Nombreuses publications avec Werner Kaiser ou son successeur, Günter Dreyer, en tant qu'auteur principal, la plupart d'entre elles publiés dans MDAIK à partir de 1977.
  15. ↑ Petrie 1901, p. 22 rapporta avec consternation que des « centaines de pointes de flèche avaient été découvertes par le Français », vraisemblablement Émile Amélineau. La destination finale de ces pointes est incertaine, mais aucune n’est parvenue au musée du Caire.
  16. ↑ À côté de l'enceinte de Hor-Aha se trouve une large enceinte appelée « l’enceinte des ânes » en raison de la présence de dix ânes enterrés à côté de l'enceinte. Aucun objet portant le nom d’un roi n'a été trouvé à l’intérieur, mais des centaines d'impressions de sceaux ont été découverts dans la chambre de passage de l'enceinte, qui datent des règnes de Narmer, Hor-Aha ou Djer. De tels enclos ont déjà été identifiés pour Hor-Aha et Djer, « faisant de Narmer le candidat le plus attrayant pour le bâtisseur de ce monument » (Bestock 2009, p. 102). Attribuer cette enceinte à Narmer n’est pas sans soulever des objections. Tout d’abord, l'enceinte est trop grande, sa superficie étant en effet plus large que l’ensemble des trois enceintes attribuées a Hor-Aha, alors que la tombe d'Hor-Aha est beaucoup plus grande que la tombe de Narmer. Pour toutes les enceintes de la Ire dynastie clairement identifiées, il existe une corrélation approximative entre la taille de la tombe et la taille de l'enceinte. Associer « l’enceinte des ânes » avec Narmer violerait cette corrélation. Hor-Aha et Djer restent donc les seules propriétaires possibles. Étant donné que le complexe funéraire de Hor-Aha a déjà été bien identifié, L. Bestock a donc proposé que « l’enceinte des ânes » devrait peut-être être intégré dans le complexe construit par Djer. Toutefois, cette identification pose des problèmes (Bestock 2009, p. 102-104). Bestock 2009, p. 104 conclut que « l'interprétation et l'attribution de « l’enceinte aux ânes » restent spéculatives ». Cependant, il existe deux arguments supplémentaires pour attribuer cette enceinte à Narmer : tout d'abord, elle se situe là où l'on s'attendrait à trouver l'enceinte funéraire de Narmer - immédiatement à côté de celle attribuée à Hor-Aha. Deuxièmement, toutes les tombes de la Ire dynastie ont des tombes secondaires pour des humains, à l'exception de celles de Narmer, et toutes les enceintes attribuées à la Ire dynastie, à l'exception de « l’enceinte aux ânes », ont des tombes secondaires pour humains. Mais ni la tombe de Narmer ni « l’enceinte aux ânes » ne sont associées à de tombes secondaires pour humains. Le manque de chambres subsidiaires humaines sur les deux sites semble important. Il est également possible que Narmer ait eu une grande enceinte funéraire précisément parce que sa tombe était de petites dimensions (Dreyer 1998, p. 19 ; Bestock 2009, p. 103 n.1). En attendant de trouver un objet portant le nom de Narmer dans cette enceinte, toute conclusion doit rester provisoire. Toutefois, d’après les arguments proposés précédemment, il semble logique d’associer « l’enceinte aux ânes » avec le complexe funéraire de Narmer.

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Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

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