| Domaine de Chamarande | ||||
La façade méridionale. | ||||
| Période ou style | Louis XIII | |||
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| Type | Château | |||
| Architecte | Nicolas de l'Espine | |||
| Début construction | 1654 | |||
| Propriétaire initial | Pierre Mérault | |||
| Destination initiale | Habitation | |||
| Propriétaire actuel | Conseil départemental de l'Essonne | |||
| Destination actuelle | Musée | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 48° 30′ 46″ nord, 2° 13′ 15″ est | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Hurepoix | |||
| Département | Essonne | |||
| Département | Île-de-France | |||
| Commune | Chamarande | |||
| Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : Essonne
Géolocalisation sur la carte : France
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| Site web | chamarande.essonne.fr | |||
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Le château de Chamarande est un château français situé dans la commune de Chamarande, dans le département de l'Essonne en région Île-de-France.
Il est la propriété du département de l'Essonne. Le parc de 98 hectares est ouvert au public toute l'année et accueille un centre d'art contemporain, le dépôt principal des archives départementales de l'Essonne, le FDAC91 et un centre d'hébergement pour les « classes vertes » des écoles.
Le château est situé à Chamarande, dans l'ancienne province de Hurepoix, aujourd'hui département de l'Essonne et la région Île-de-France, à trente-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris et 9 km au nord-est d'Étampes.
Un premier château aurait été établi à Bonnes (nom primitif de Chamarande) au IXe siècle (vers 811[réf. souhaitée] ?) par Arteld, missus dominicus et frère du biographe de Charlemagne, Éginhard. Toutefois, les fouilles effectuées à Chamarande établissent que le lieu n'a jamais été fortifié.[réf. nécessaire] Le premier seigneur de Bonnes connu est Ursio de Bonnis, homme-lige du roi Philippe Auguste (1180 – 1223). Ensuite plusieurs familles sont propriétaires des lieux, dont en 1358 Jean Coquatrix, échevin de Paris ; en 1388 Jean de Montagu, seigneur de Marcoussis qui étend le domaine de Bonnes ; et vers 1450 la famille de Châtillon. La guerre de Cent Ans (1338–1453) a amené son lot de misères, suivie d'une accalmie avec la fin de règne de Charles V (1380), puis du renouveau des malheurs avec les guerres de religion.
Un hôtel seigneurial y est bâti au XVIe siècle probablement pour François Miron (1560-1609), prévôt des marchands de Paris et ami personnel du roi Henri IV, qui acquiert en 1603 les deux seigneuries constituant l'actuel domaine et y établit sa résidence. Cette demeure correspondait vraisemblablement aux bâtiments de l'actuelle « cour des communs ».[réf. nécessaire]
Après le décès de François Miron en 1609, son fils Jean agrandit le domaine[réf. souhaitée], mais le château souffre durant la Fronde (pillage des environs d'Étampes par les assiégeants royalistes d'Étampes en 1652). La famille Miron ne peut assurer les réparations et le château est en mauvais état lorsqu'il est vendu en 1654 à Pierre Mérault, ancien fermier des gabelles, aussi acquéreur du château de Villeconin-la Grange, enrichi et anobli par l'acquisition d'une charge d'écuyer, et futur secrétaire du roi Louis XIV.


Mérault fait construire le château actuel dans le plus pur style Louis XIII, attribué à Nicolas de L'Espine architecte du roi. Le quadrilatère entouré de douves comprend alors le logis, flanqué latéralement par les communs. L'entrée de la cour d'honneur est cantonnée de deux pavillons, celui de gauche abritant la chapelle dotée d'une coupole de style baroque et dont la décoration en stuc est due au sculpteur Louis Lerambert ; elle conserve deux grands vitraux « qui évoquent le rang élevé de ses anciens seigneurs ».
Le domaine est alors « orné de canaux, bassins et fontaines » dans le goût des jardins à la française.
Endetté, Mérault vend le domaine de Bonnes en 1684 à Clair Gilbert d'Ornaison, premier valet de chambre de Louis XIV, dit « Chamarande »[réf. souhaitée] (c'est-à-dire « La frontière sur le chemin » en celte ; du nom de son fief dans le Forez, sur les rives du Fillerin, aujourd'hui sur la commune de Saint-Germain-Lespinasse dans la Loire). C'est pour lui qu'en 1685 des lettres patentes de Louis XIV érigent Bonnes en comté de Chamarande. Sur Pierre Mérault, les d'Ornaison acquièrent aussi Villeconin.

À la mort de son fils Louis en 1737, le château, avec Villeconin, passe par héritage à son gendre et cousin germain, Louis de Talaru, marquis de Chalmazel, maître d'hôtel de la reine Marie Leszczynska. Celui-ci y fait travailler l'architecte réputé Pierre Contant d'Ivry, qui construit de nouvelles dépendances au-delà du chemin vicinal près du village, fait poser un fronton sculpté d'un casque et de guirlandes avec la maxime latine Pax huic domui (« la paix soit dans cette maison »), agrémente le parc d'une orangerie, d'un belvédère, d'une glacière, d'une cascatelle, d'un bosquet ovale et d'un « jeu d'oye » avec un « temple d'amour » en son centre. Il supprime le mur de la cour d'honneur le long des douves, place en avant du pont une grille de ferronnerie encadrée de deux lampadaires et rénove les décors intérieurs du château.
Dans les années 1780, une pièce d'eau est créée avec en son centre une île bordée de cyprès chauves de Louisiane ; elle est traditionnellement attribuée au peintre paysagiste Hubert Robert[réf. souhaitée].
Le , le comté de Chamarande est aboli. En 1794 la séquestre est mise sur le château et les meubles sont vendus aux enchères sauf la bibliothèque, quelques meubles identifiés par la Commission des Arts, les objets métalliques, et la literie et le linge réquisitionnés pour l'armée et les hôpitaux.
Après la Révolution française, Louis-Justin-Marie, marquis de Talaru recouvre le domaine sous le Consulat. Il le fait remettre en état et fait redessiner le parc à l'anglaise. Maire de Chamarande, il réside au château jusqu'à sa mort en 1850[réf. souhaitée].
En 1852, le domaine est vendu à Pierre et René Robineau puis en 1857 à Jean-Gilbert Victor Fialin, comte puis duc de Persigny, ministre de l'Intérieur de Napoléon III[réf. souhaitée] (qui prit le pouvoir en partie grâce à lui et en récompense le fit sénateur et membre de son conseil privé), alors ambassadeur de France à Londres. Comme Gilbert d'Ornaison, il connaissait le fief de Chamarande en Forez, étant originaire de Saint-Germain-Lespinasse (Loire) où se trouve ce fief (c'est probablement par ce biais qu'il a eu connaissance du domaine de Bonnes et peut-être suivi son histoire foncière).[réf. nécessaire]
Persigny, qui reçut 500 000 francs de l'empereur lors de son mariage en 1852 avec la petite-fille de maréchal Ney et du banquier Jacques Laffitte,[réf. nécessaire] crée au rez-de-chaussée du château une galerie qu'il meuble avec luxe, construit le mur d'enceinte du domaine, achève la transformation du parc à l'anglaise grâce au comte de Paul de Choulot, spécialiste du genre,[réf. nécessaire] fait planter une grande allée d'arbres devant le château[réf. nécessaire] dont la perspective axiale était tronquée par la voie de chemin de fer (1865)[réf. nécessaire], et des essences exotiques. Près de la nouvelle grille d'honneur est placé un obélisque[réf. souhaitée] inspiré du Songe de Poliphile, qui se réfère probablement aux amours de Henri II et de Diane de Poitiers[réf. nécessaire].
Persigny meurt en 1872; en 1876, le domaine est vendu à Anthony Boucicaut, fils du fondateur du Bon Marché, qui fait aménager une « salle à manger des Chasses » dans le goût néo-Renaissance[réf. souhaitée], aux boiseries ornées de laiton, ainsi qu'une ferme et un chenil.[réf. nécessaire] Boucicaut meurt l'année suivante.
Le à Paris deux grandes aquarelles en pendant (vers 1880) encadrées représentant des relevés des façades du château, ornées au centre d'un monogramme AB inscrit dans un cercle, figurèrent à une vente aux enchères publiques par l'étude Libert et Castor à Drouot (numéro 24 du catalogue).
En 1881, la veuve Boucicaut se remaria avec le docteur Laurent Amodru, qui fut maire de Chamarande jusqu'en 1922 et député de Seine-et-Oise.
Après 1913, la cascade est ornée de copies des statues des fleuves du parc de Versailles[réf. souhaitée]..
En 1922 madame André Thome, veuve d’un député de Seine-et-Oise mort à la guerre, achète le domaine - le docteur Amodru continue cependant d'y habiter jusqu'à sa mort en 1930.
De 1922 à 1951, le château est un haut lieu de formation du scoutisme en France (la formation des cadres du mouvement des Scouts et Guides de France s'appelle toujours le Cham en référence à Chamarande). Autour du Manoir une partie du parc est réservée à cette activité qui a concerné des milliers de stagiaires. Une impulsion décisive a été ainsi donnée au développement du scoutisme en France mais aussi dans certains pays européens qui y envoient leurs futurs instructeurs.[réf. nécessaire] Pendant la guerre, dès , le château et le parc sont investis par les forces allemandes puis par les américains. Nombre de ses archives disparaissent.
Les Scouts de France ne retrouvent leur camp-école qu'en 1947 ; en 1950 a lieu à Chamarande le premier rassemblement des chorales À Cœur Joie, alors liées au scoutisme avant de devenir le festival des Choralies à Vaison-la-Romaine.[réf. nécessaire]

En 1957, le dernier propriétaire privé est Auguste Mione, directeur d'une grande entreprise de travaux publics La Construction moderne française. Mione fait restaurer le château et développe dans le domaine de nombreuses activités : il y fait aménager des bureaux et des logements dans les dépendances, une salle de cinéma, un centre social qui offre aux familles des employés et aux habitants une bibliothèque, un salon de coiffure, un sauna, une piscine un centre médico-social et de formation professionnelle.
En 1972, la construction moderne française est mise en liquidation judiciaire. Le site du domaine est classé en 1977, et le château en 1981. Entre-temps, le domaine a été racheté en 1978 par le conseil général de l'Essonne qui en fait un site culturel et le site de rassemblement des archives départementales.
Le , une partie du parc est inscrit au titre des monuments historiques et le , le château et les bâtiments annexes sont classés, entre autres spécimens, un platane du Moyen-Orient, un des 200 plus beaux de France.

Le parc de Chamarande couvre une superficie de 98 hectares. Le domaine départemental est labellisé Jardin remarquable. Le parc de 98 hectares a été réaménagé par l'architecte paysagiste Jacques Sgard dans les années 1990.
Trois arbres remarquables : un platane du Moyen-Orient dont les branches tombent en terre pour un marcottage remarquable, un hêtre pourpre à l'entrée de la chapelle et l'ensemble de cyprès chauves avec leurs pneumatophores mais aussi de nombreux buis et ifs plus anciens mais moins spectaculaires.
Le parc a été restitué en partie dans l'esprit du jardin du XVIIIe siècle. L'absence d'un mur d'enceinte (remplacé par un fossé appelé saut de loup) permet d'embrasser du regard un large paysage extérieur. Dans les années 1780, le parc avait été en partie transformé à l'anglaise par la création d'une île entourée d'une pièce d'eau, probablement sous la conduite du peintre paysagiste Hubert Robert. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les parties du parc inchangées depuis le milieu du XVIIIe siècle prirent également un aspect à l'anglaise.
La cour des communs abrite depuis 1999 le dépôt principal des Archives départementales de l'Essonne. Un silo creusé dans la cour du château, qui comprend huit étages en sous-sol, permet de stocker jusqu'à 32 kilomètres linéaires d'archives.
Chaque samedi, de la fin juillet à la fin août, le domaine départemental de Chamarande accueille une séance de cinéma en plein air dans le cadre du festival « cinéma Paradiso ». En 2018, la programmation était la suivante : « Annibal et ses éléphants », « Ave César ! », « Mune : le Gardien de la Lune », « Seul sur Mars » et « Le Petit prince ».
En 2001, un centre d'art contemporain est installé à Chamarande à l'instigation de Dominique Marchès, fondateur historique du centre d'art de Vassivière. En saison, de mai à octobre, des festivals sur le conte, la musique, la danse, le cinéma ainsi que des rendez-vous autour des jardins et du patrimoine sont organisés dans le parc du domaine.
Après Dominique Marchès de 2001 à 2005, Judith Quentel lui succède à la Direction artistique du domaine, de 2005 à 2011.Sous son impulsion, de 2005 à 2011, l'ensemble du projet artistique de Chamarande se développe et se construit sur l'actualité de l'art français et international, sur le contexte d'exposition atypique : un château au décor très présent, un parc paysager, une orangerie - et sur la prise en compte d'un public aux pratiques diverses : promeneurs, amateurs d'art, scolaires, etc. L'objectif du conseil général d'alors, était d'accompagner la création d'un centre d'art contemporain reconnu sur les plans national et européen. Le festival de danse acquiert une renommée nouvelle. En 2006, le domaine devient officiellement un centre d'art contemporain intégré aux réseaux professionnels TRAM (art contemporain en Île-de-France) et DCA (association nationale des centres d'art). Après les expositions de son prédécesseur qui ont fait date, dont Sportivement vôtre (2004) et A table ! (2005), ce sont près de trente expositions et une programmation de danse ambitieuse, qui font connaître le domaine de Chamarande en France et à l'étranger. Y participent alors Boris Charmatz, Olivier Dubois, Emmanuelle Huynh, Raimund Hoghe, Rachid Oumradane, Fanny de Chaillé, Yves-Noël Genod, Trisha Brown, et bien d'autres. La programmation s'étoffe et passe d'une seule à cinq expositions par an, l'enrichissement de la collection est considérable et la programmation de danse contemporaine attire un public nombreux.
Judith Quentel a constitué un programme intitulé L'Esprit des lieux dans le parc qui s'est appuyé sur le fonds départemental d'art contemporain (FDAC) initié par son prédécesseur Dominique Marchès. L'Esprit des lieux s'est nourri du contexte des lieux et de celui de l'art en train de se faire avec notamment des œuvres de Lilian Bourgeat, Erik Samakh, Miguel Egaña (achats 2001), Bert Theis (en 2007) ; Alain Declercq, Marie Denis (Psyché, 2008) ou Philippe Ramette (Echelle 1, 2008). Ce parc de sculptures, recomposé en permanence, joue avec les fabriques du parc : la glacière abrite ainsi une installation sonore de Céleste Boursier-Mougenot, Sans-titre pour la glacière, 2006. En 2009 la collection du parc s'enrichit d'une œuvre majeure de Pedro Cabrita Reis. Le FDAC de l'Essonne s'est par ailleurs enrichi de 180 numéros entre 2005 et 2011.
En 2011 à la faveur de nouvelles élections départementales et alors que Judith Quentel assure la direction artistique du domaine de Méréville, cette année-là, en plus de celle de Chamarande, avec Laurent Le Deunff, Yves Chaudouët, Jean-Pierre Ostende, etc. ; le conseil général décide de reformuler le projet du domaine départemental de Chamarande et l'informe le , après six ans de collaboration et 3 jours après le vernissage d'En Piste !, que son contrat qui s'achève le 1er septembre ne sera pas reconduit. Heurtés par la méthode et par cette décision, des artistes lancent alors une pétition de soutien à la directrice,, texte qui fédère le milieu de l'art contemporain et de ses réseaux (CIPAC, TRAM, DCA, SYNDEAC, PLATFORM), avec des artistes de renom (Daniel Buren, Sarkis, Orlan, Claude Lévêque, etc.) et des acteurs importants du spectacle vivant.
À l'issue du départ de Judith Quentel, l'organigramme est revu : le poste de "directeur-trice artistique" est transformé en "responsable des expositions et de la collection du FDAC", sous la responsabilité de Laurent Bourdereau, directeur du domaine depuis 2008. Le Domaine est alors exclu des réseaux professionnels TRAM et DCA, qui craignent une perte de liberté de programmation.
En , Judith Quentel est faite chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres au titre de « Directrice honoraire de Chamarande par le ministère de la Culture et de la Communication ».
Sous l'impulsion de Laurent Bourdereau, la programmation art contemporain prend alors une orientation plus environnementale. De 2011 à 2016, l'association COAL est mandatée par le Conseil Général de l'Essonne pour collaborer avec Julie Sicault-Maillé, responsable des expositions et du FDAC, ainsi que l'équipe du domaine de Chamarande à la programmation des expositions, aux résidences et aux orientations concernant l'animation de la vie locale. Le Domaine affirme ainsi sa dimension laboratoire, ouverte aux disciplines artistiques, scientifiques et écologiques. Avec COAL, il mobilise les acteurs culturels et les artistes sur les questions environnementales tout en proposant au grand public d'aborder la nature et la biodiversité sous un nouvel angle sociétal et culturel. L'association collabore à la programmation des expositions, aux résidences et aux orientations concernant l'animation de la vie locale. Elle conseille sur les choix relatifs à la politique de développement durable du Domaine, et assure l'interface avec les artistes et les acteurs culturels.
Le projet tend à resserrer les liens entre valorisation du patrimoine, la mise en place des chantiers écologiques d'un plan de gestion différenciée et la programmation d'art contemporain ou de spectacle vivant. À Chamarande, les projets présentés s'appuient non seulement sur l'art des jardins et le patrimoine historique mais aussi sur l'écosystème du parc, la spécificité écologique et sociale de l'Essonne, et plus largement de l'Île-de-France.
Les projets sont menés par des artistes en collaboration avec des acteurs de l'écologie, des associations locales et des particuliers. Ils impliquent des questionnements entre art et science, et provoquent les échanges au sein de l'espace public, levier de développement, de créativité, de sociabilité, d'intégration et d'éducation.
En 2016, à l'occasion du changement de majorité départementale et d'une refonte de la politique culturelle départementale, la programmation art contemporain se reconfigure pour privilégier des artistes essonniens d'une part ou des artistes français "reconnus".
Depuis 2021, le projet artistique s'inscrit dans la lignée tracée depuis 2001 au Domaine. Il se réoriente sous l'impulsion de Gilles Rion (responsable des expositions et du FDAC de 2020 à 2023) vers l'art du 21e siècle en prise avec la société et les questionnements de son époque, notamment autour de thèmes et de notions particulièrement mis en jeu dans l'identité du lieu (Nature/Culture, Patrimoine, Histoire, Paysage, Territoire...). La programmation alterne expositions collectives et personnelles dans le château, l'orangerie et le parc du Domaine, notamment dans le cadre de partenariats avec des institutions nationales (Centre Pompidou, LaM, Mahj, etc.) en suivant désormais une logique thématique, déclinée dans et hors-les-murs selon un rythme saisonnier. En 2022, le cycle d'expositions "Je suis un animal" était consacré aux glissements et aux passages entre mondes humains et mondes animaux, et réunissait des artistes comme Edi Dubien, Odonchimeg Davaadorj, Art Orienté Objet, Julien Salaud, Charles Fréger, Katia Bourdarel...
Dans le parc (98 ha) :
dans le château :
Dans l'Orangerie :
Le projet artistique d'alors a permis d'exposer des artistes dans un contexte plus "neutre" que le château et de monter des projets monographiques, des travaux issus de résidences, d'autres pratiques qui parfois accompagnaient les grands projets, à l'instar de celles de Marie Denis, de Bert Theis, ou de Laure Tixier. Parfois elles prolongeaient des expositions du château comme avec Accords excentriques ou En Piste !. La ligne de programmation et de recherche, à l'Orangerie, portait sur le paysage, l'architecture et l'espace public.
avec les œuvres de : Emmanuelle Becquemin & Stéphanie Sagot (courtoisie de H Gallery), Daniel Dewar & Grégory Gicquel (courtoisie de la Galerie Loevenbruck), Pierre-Marie Lejeune (courtoisie de la Galerie Messine), Denis Macrez, Alix Marie, Abraham Poincheval, Agnieszka Polska, Philippe Ramette, Dominik Ritszel, Sarah Roshem, Maryline Terrier (courtoisie de H Gallery).
La délibération de l'assemblée départementale du met en place un fonds départemental d’art contemporain alimenté d’une part par commandes publiques (une seule a été réalisée et trois œuvres ont été acquises dans ce cadre : deux tableaux d’Olivier Debré et une sculpture de Jean-Pierre Pincemin), d’autre part par des œuvres d’art acquises par les conseillers généraux du département.
En 2001, le fonctionnement et les missions du FDAC sont restructurés, sur le modèle des Fonds régionaux d'art contemporain, à l'occasion de la création du centre d'art, afin de devenir de sensibilisation et d’éducation artistique et culturelle à l’échelle du territoire essonnien, aux travers de prêts et de projets culturels, pédagogiques ou artistiques hors-les-murs, notamment dans les collèges, mais également national voire international, :
constituer et enrichir une collection d’œuvres d’art contemporain, ouverte et sensible à la diversité des inspirations contemporaines, à partir d’acquisition d’œuvres et de commandes à des artistes à l’occasion de manifestations initiées ou soutenues par le département : diffuser cette collection dans le département et au-delà sous forme d’expositions temporaires dans des lieux susceptibles de l’accueillir dans de bonnes conditions pour la faire connaître aux différents publics : établissements scolaires, universitaires, entreprises, salons ou lieux permanents dédiés à la création contemporaine ; mettre en œuvre tous les moyens (éditions, conférences, visites commentées) pour faire comprendre et apprécier les enjeux de l’art contemporain et créer une réelle participation des essonniens à ces débats.
Le FDAC se dote alors d'un mode de fonctionnement en accord avec les règles et les usages muséaux et met en place un comité technique.
La collection témoigne d’une époque et de ses interrogations en explorant notamment les rapports multiples que l’être humain entretient avec son environnement, son histoire ou encore son propre corps. Elle regroupe aujourd’hui près de 300 œuvres d’artistes français (Alain Declercq, Robert Combas, Valérie Jouve, Laurent Tixador, Agnès Varda…) ou internationaux (Marina Abramović, Mounir Fatmi, Carsten Höller, Hans Op de Beeck, Allan Sekula, Guillaume Bijl…). Elle représente une photographie de la création contemporaine des 20 dernières années, en regroupant un ensemble d’artistes qui marquèrent le paysage français voire international depuis 2000, et contient une diversité dans les pratiques et les médias collectionnés, sans dominance de l’un ou l’autre, correspondant à l’éventail des pratiques les plus actuelles.
L’histoire du FDAC et de sa collection est intimement liée à celle du Domaine. De nombreuses acquisitions du FDAC reflètent cette proximité, tant par les thèmes abordés (la relation au patrimoine historique ou naturel) que dans leur genèse : plusieurs œuvres ont en effet été produites in situ, à l’occasion de résidences et d’expositions, dont certaines sont désormais installées de manière pérenne dans le parc de 98 hectares, à l'instar du Sommet (2002) des artistes Art Orienté Objet, de Nature morte (2008) de Christian Robert-Tissot ou encore d'Echelle 1 (2007) de Philippe Ramette.
Aujourd’hui, l’enrichissement d’une collection tournée vers le XXIe siècle se poursuit en conservant les deux modalités définies en 2001 – la commande d’œuvres et l’acquisition d’œuvres existantes, dans le cadre de la programmation et de l’identité structurante du Domaine de Chamarande mais aussi en lien avec le territoire essonnien, tout en tenant compte de la vocation itinérante de la collection.