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(en) For a New Liberty |
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For a New Liberty: The Libertarian Manifesto (1973 ; seconde édition en 1978 ; troisième édition en 1985) est un livre de l’économiste et historien américain Murray Rothbard, dans lequel l’auteur préconise l’anarcho-capitalisme. Cet essai est tenu pour avoir exercé une influence notable sur la pensée libertarienne contemporaine ainsi que sur une fraction de la Nouvelle Droite.
Rothbard défend l’anarcho-capitalisme, modalité du libertarianisme dépourvue d’appareil étatique. Il rattache les origines intellectuelles de ce courant aux philosophes libéraux classiques que sont John Locke et Adam Smith, ainsi qu’à la Révolution américaine. Il professe que le libéralisme moderne ne procède pas d’une réaction au socialisme ou à la gauche, mais au conservatisme. Rothbard tient le droit de propriété de soi et le droit d’appropriation foncière pour l’intégralité des principes du système libertarien.
Selon Rothbard, le libertarianisme trouve son fondement cardinal dans l’axiome de non-agression, en vertu duquel nul individu ni collectivité d’individus ne saurait porter atteinte à la personne ou aux biens d’autrui. L’auteur affirme que, quoique ce principe reçoive une application quasi générale à l’égard des particuliers et des institutions privées, l’État, quant à lui, se trouve réputé affranchi de la loi morale commune et n’est, par conséquent, nullement astreint à s’y conformer.
Rothbard s’emploie à récuser la notion selon laquelle le libertarianisme constituerait une chapelle ou un rameau du libéralisme ou du conservatisme, ou que ses positions, de droite en apparence pour ce qui touche à la politique économique et de gauche pour ce qui touche à la politique sociale et étrangère, seraient antinomiques.
L’essayiste objectiviste Peter Schwartz fustige, dans sa critique de l’ouvrage For a New Liberty, les thèses que Rothbard y développe, affirmant que ce dernier, à l’instar d’autres théoriciens libertariens, ne se préoccupe guère « ni de la quête de la liberté ni de l’exercice de la raison », mais ne prône que « l’éradication de l’appareil étatique et l’inculcation d’une hostilité anti-étatique ». Schwartz avance que Rothbard tient à tort l’État pour « criminel par essence ». L’essayiste libertarien Tom G. Palmer relève, en 1997, que For a New Liberty « offre un aperçu pertinent de la vision du monde libertarienne, quoique les chapitres consacrés aux questions de politique publique et au mouvement libertarien organisé paraissent désormais quelque peu surannés ». L’essayiste libertarien David Boaz estime que For a New Liberty, de même qu’Anarchie, État et utopie (1974) de Robert Nozick et les essais d’Ayn Rand consacrés à la philosophie politique, « ont défini la version intransigeante du libertarianisme contemporain, laquelle a pour l’essentiel réaffirmé le principe spencérien de l’égale liberté : chacun est fondé à agir à sa guise, pour peu qu’il respecte les droits égaux d’autrui ». Le philosophe britannique Ted Honderich observe que l’anarcho-libertarianisme rothbardien a exercé une influence sur « une fraction messianique de la Nouvelle Droite ».
Dans son ouvrage Radicals for Capitalism (2007), le journaliste Brian Doherty relève, au sujet de For a New Liberty, que cet ouvrage s’emploie à condenser, sous une forme succincte, les composantes économique, historique, philosophique et politique de la pensée rothbardienne. Le livre se présente à la fois comme une introduction et comme un manifeste, de sorte que Rothbard s’y attache à résumer, avec la plus grande concision possible, sa théorie générale de la liberté. [...] Rothbard y traite des thèses anarcho-capitalistes les plus radicales, mais les insère avec une telle dextérité que maints lecteurs pourraient ne point percevoir que ce « manifeste libertarien » prône, en réalité, l’anarchisme.
Le philosophe Edward Feser avance que l’argument central du livre est, pour l’essentiel, dénué de toute consistance philosophique. Le professeur Gerard Casey publie par la suite un article critique consacré à cette thèse, auquel répond Feser, engageant entre les deux auteurs une controverse suivie.
Matt Zwolinski soutient que le contenu principal du livre ne parvient pas à démontrer clairement la liberté.
En 2006, l’Institut Ludwig von Mises fait paraître une nouvelle édition reliée, assortie d’une préface inédite de Lew Rockwell. Des traductions en espagnol, en italien et en portugais existent par ailleurs.