| Gausson | |||||
La mairie | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Saint-Brieuc | ||||
| Intercommunalité | CC Loudéac Communauté − Bretagne Centre | ||||
| Maire Mandat |
Julien Keromest 2026-2032 |
||||
| Code postal | 22150 | ||||
| Code commune | 22060 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Gaussonnais, Gaussonnaise | ||||
| Population municipale |
648 hab. (2023 |
||||
| Densité | 39 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 18′ 00″ nord, 2° 45′ 12″ ouest | ||||
| Altitude | 300 m Min. 133 m Max. 254 m |
||||
| Superficie | 16,71 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Loudéac (commune de la couronne) |
||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Guerlédan | ||||
| Législatives | 3e circonscription des Côtes-d'Armor | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
| |||||
| Liens | |||||
| Site web | https://mairie-gausson.bzh/ | ||||
| modifier |
|||||
Gausson [gosɔ̃] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Gausson est une commune rurale des Côtes-d'Armor située à 12 km au nord de Loudéac, 83 km au nord-ouest de Rennes, 24 km au sud de Saint-Brieuc et du littoral et à 85 km au sud-est de Morlaix
La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Loudéac et dans son bassin de vie, ainsi que dans la zone d'emploi de Saint-Brieuc
Les communes limitrophes sont Grâce-Uzel, La Motte, Plouguenast-Langast, Plœuc-L'Hermitage, Plœuc-sur-Lié et Saint-Hervé.
La commune a une superficie de 16.71 km² Elle est bordée à l’ouest par la forêt de la Perche (forêt de Lorge), à l’est par le Lié. Son point culminant (254 m) se situe au sud, dans un champ près de la ferme des Clôtures, le point le plus bas (133 m), à l’est, près du village de Caupé. Les plus hauts villages sont le Frêne et le Haut Quétel. (228 m). La latitude de Gausson est de 48.299 degrés Nord et la longitude de Gausson est de 2.752 degrés Ouest. Peuplée de 2323 habitants en 1831, elle n’en comptait plus que 648 en 2023.

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne.
Elle est drainée par le Lié et le ruisseau de Duancre,,.
Le Lié, d'une longueur de 61 km, prend sa source dans la commune de Plœuc-L'Hermitage et se jette dans l'Oust à Forges de Lanouée, après avoir traversé 15 communes.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 1,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 900 mm, avec 13,7 jours de précipitations en janvier et 7,3 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Trémuson à 26 km à vol d'oiseau, est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 757,3 mm,. La température maximale relevée sur cette station est de 39,7 °C, atteinte le ; la température minimale est de −11,3 °C, atteinte le .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Au , Gausson est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022.
Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Loudéac, dont elle est une commune de la couronne,. Cette aire, qui regroupe 22 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants,.

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (95,8 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (54,1 %), prairies (32,1 %), zones agricoles hétérogènes (10 %), forêts (3,8 %).
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).
Gausson est une commune d'habitat dispersé.
Outre le bourg, on y dénombre 53 hameaux : Beauregard, Béchaie, Bézier, Bossiguel, Breil, Camelière, Cargo, Caupé, Champs Hervé, Chapelle, Chauchix, Chaussée, Clôtures, Cour, Croix rouge, Débrairie, Epine, Feutel, Frêne, Gaubichais, Glageolet, Grands chemins, Guimondais, Haut Quétel, Helnault, Jubinière, Kercarantel, Landelles, Launay Jall, Lohanière, Mare, Marseille, Mottais, Moulin de Bertrand, Moulin de Quatrevaux, Moulin Dolo, la Noë, Pavillon, Piry, Placieux, Point du Jour, Raisy, Riandière, Roselier, Tertre, Touche, Vaucorbin, Vaugarnier, Ville es Gicquiaux, Ville es Maitres, Ville es Rio, Ville es Roullé, Ville Houée,
Des hameaux ont totalement disparu. Dans les registres d’état civil, on y fait mention des villages de : les Boulonières, le Chemin neuf, le Cognet (près de la Lohanière), les Côtières (près de Kercarantel), le Gasset, la Georgette, le Pélican et la Tanière (près de Bossiguel), la Ville neuve.
Ces hameaux ne comptaient qu’une ou 2 maisons en terre, tombées en ruine et non reconstruites. On peut en situer certains sur le cadastre de 1848 D’autres hameaux sont apparus, comme le lotissement des Charmilles (2008) et la résidence des Chênes (2005). Certains, un peu plus anciens, les Chardonnerets, Bellevue, les Bruyères, la Belle étoile, le Rocher etc….portent plus le nom d’une maison que d’un hameau.
En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 376, alors qu'il était de 375 en 2016 et de 371 en 2011.
Parmi ces logements, 76,3 % étaient des résidences principales, 7,7 % des résidences secondaires et 16 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 95,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 4,3 % des appartements.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Gausson en 2022 en comparaison avec celle des Côtes-d'Armor et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (7,7 %) par rapport au département (16,2 %) et à la France entière (9,7 %).
| Typologie | Gausson | Côtes-d'Armor | France entière |
|---|---|---|---|
| Résidences principales (en %) | 76,3 | 75,8 | 82,3 |
| Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) | 7,7 | 16,2 | 9,7 |
| Logements vacants (en %) | 16 | 8 | 8 |
Gausson est aisément accessible depuis la route nationale 164 et la route départementale 700 (Loudéac - Saint-Brieuc).
Le nom de la localité est attesté sous les formes Gausson en 1371 et en 1438, Gauczon en 1427, Gauson en 1480, Gausson en 1493,.
Selon Bernard Tanguy, l'origine du toponyme est incertaine. Le nom Gausson se rencontre dans la microtoponymie locale (Le Gausson à Sévignac et à Saint-Étienne-du-Gué-de-l'Isle, le Pré-de-Gausson au Fœil). Bernard Tanguy mentionne également l'existence du patronyme Gausson que l'on retrouve dans La Porte-es-Gausson à Saint-Caradec. Une explication par un dérivé en -anum du nom d'homme latin Gallicius, comme cela semble être le cas pour Gaussan, n'est pas assurée, pas plus que l'hypothèse d'un toponyme fondé sur l'anthroponyme germanique Walzo.
En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, Bernard Tanguy transcrit la forme gallèse parlée sous la graphie Gaousson. L'association Chubri relève plusieurs attestations orales et écrites et restitue les prononciations [gaʊ̆sɔ̃] et [gosɑ̃ʊ̆] qu'elle transcrit respectivement sous les formes Gaosson et Gôssaun.
La forme bretonne normalisée recommandée par la Commission de Toponymie de l'Institut culturel de Bretagne en 1995 puis par l'Office public de la langue bretonne est Gwalc'hion,.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 16,1 % des toponymes de la commune sont bretons.
Ancienne trève de la paroisse de Plœuc, elle devient commune autonome administrativement le mais paroisse indépendante seulement le . Le , lors de la création du premier cadastre napoléonien, le territoire communal s’est agrandi de la ferme du Pavillon qui, auparavant, faisait partie de la commune d’Allineuc.
Dans un rapport de la société d’émulation des Côtes-du-Nord de 1876, M de Chenelière signale la découverte, dans un champ près de Cargo, d’un souterrain contenant 14 urnes funéraires contenant des ossements et des cendres. Ces urnes furent cassées par les frères Du Pré, cultivateurs, qui espéraient y trouver un trésor. M de Chenelière, qui se rendit sur place, ne retrouva qu’un objet qui « rappelle par sa forme la cuillère de bronze dont se servaient les Gallo-Romains dans leur sacrifice ». Il conclut son article en disant qu’il a reconnu dans cette grotte une sépulture de la Gaule Indépendante.
En 1956, P-R Giot (directeur des Antiquités Préhistoriques de Bretagne) apprend qu’en 1920, Jean Le Floch, cultivateur, avait découvert un petit dépôt de l’âge de bronze final en labourant un de ses champs au lieu-dit la Cour près de Cargo. L’inventeur, M. Carro dispersa les 23 objets en 4 lots. On y trouvait des haches, des pointes de lance, des anneaux, des fragments d’épées et de bracelets, un petit burin, etc. Jacques Briard (archéologue et préhistorien) se rendit sur place, il note que ce dépôt aurait été enfoui vers 800-700 avant J.-C. Selon lui, les dépôts de la même série ont une répartition généralement plus côtière. Gausson serait donc un témoin de la pénétration en Bretagne intérieure d’une population à vocation maritime.
Cette période se caractérise par le régime des fiefs. Ces domaines appartenaient à un noble, vassal d’un seigneur. Il pouvait rendre la justice, lever des impôts et avait le droit exclusif de chasse et de pêche. Il faisait cultiver ses terres par un fermier. Jean Ogée dans son dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne (1778-1780) (page 303) a cité sur le territoire plusieurs terres nobles, chacune avec haute, moyenne et basse justice : Kercarantel, l’Escran (le Cran en Plouguenast), la Villerio (Ville es Rio actuelle) et Tracoëts appartenant toutes à M. de Carné. La Glajolli, (Glageolet) moyenne et basse justice, appartenait à M.Bonnin, de la Ville -Bouquay
Benjamin Jollivet donne des précisions sur chacun de ces fiefs :
La Mare : lieu noble de la famille Le Veneur, écuyer du roi, seigneur de la Ville Chapron en Hénon / La Ville es Maîtres : manoir à tourelle ronde ayant appartenu à la famille du Bosc depuis 1690, dont Jean Dubos, curé de Langourla (1793) / Caupé : manoir relevant de Moncontour, trêve de Ploeuc appartenant à la famille des Déserts / Le Haut Quétel : manoir ayant appartenu à la famille Roullé (anobli), sieur du Questel puis à Louis François Marjot, commissaire exécutif du canton de Plémy pendant la Révolution / Le Pavillon : manoir acheté par Louis François Marjot en 1794 (vente de biens nationaux)
Le territoire était essentiellement rural jusqu’à la fin du XVIIe siècle. C’est alors qu'apparaît une nouvelle activité, le tissage des Toiles Bretagnes. En 1712, on dénombre 600 métiers à tisser à Quintin, une centaine à Uzel et environ 50 à Loudéac, mais il ne faut pas oublier les centaines d'ateliers domestiques dispersés dans les campagnes : environ 3500 recensés en 1763. Un historien a estimé que cet artisanat faisait vivre 35 000 personnes, hommes, femmes et enfants sur un territoire de 40 paroisses situées au sud de l'évêché de Saint-Brieuc. En l’an 1788, on a vendu 18 000 pièces de toiles à Uzel. L’industrie de la toile ira en déclinant à partir de 1830.
Les tisserands étaient nombreux à Gausson. On peut le constater à la lecture des actes des registres d’état civil de commune de cette époque. Ainsi, on peut voir sur l’acte de décès de Joseph Ilio, (12/01/1816), qu'il était tisserand ainsi que ses 2 témoins.
Au début, la Révolution semble être bien accueillie en Bretagne. La bourgeoisie locale est ouverte aux idées nouvelles et espère que ce mouvement va réduire les privilèges des tout-puissants nobles. A Gausson comme ailleurs, on rédige un cahier de doléance. Les notables demandent : que leur trêve soit érigée en paroisse, que le nombre de députés du Tiers Etat soit égal à celui des députés réunis de l’église et de la noblesse, que les habitants des campagnes soient représentés comme ceux des villes, que les impôts soient supportés d’une manière égale par les 3 ordres, que le tirage au sort soit aboli ou, au cas où il subsiste, que les fermiers et domestiques des nobles et du clergé y soient sujets ...
Mais peu à peu, l’enthousiasme révolutionnaire va retomber car l’État prend des mesures qui vont déplaire à la population. La première votée par l’Assemblée nationale constituante est la Constitution civile du clergé. Beaucoup de prêtres refusent, d’autant plus que le pape Pie VI condamne cette mesure. On les nomme « insermentés » ou « réfractaires ». Ils sont soutenus, hébergés, nourris par la population. Le recteur de la paroisse Ploeuc-Gausson, chevalier, ainsi que son curé, Bertrand, font partie de ces prêtres réfractaires. Ils refusent de prêter serment le . Le prêtre de Gausson, Julien Amette en fait autant le .
Divers biens ayant appartenu à la noblesse ou au clergé sont déclarés bien nationaux en 1793, suivant procès-verbal du 8 nivôse an II () de Louis François Marjot, notaire et cultivateur :
- « une maison au Bourg, dite curiale (presbytère), avec un petit cellier au bout, la cour devant, une retraite à cochons et un petit jardin (cette maison sert de maison commune) sur le chemin qui va du Bourg à la Chapelle Avenel, occupée auparavant par Julien Amette, vicaire de Gausson ;
- au Bourg, le Closset de l'église (exploité par Étienne Thomas époux Amice qui verse 40 livres/an aux trésoriers de la fabrique, (caisse de l'église) et qui a offert une barrique de cidre pour les libations à l'occasion de la plantation de l'arbre de la liberté) ;
- le pré de la Croix Rouge (légué par Mathurin Raoult en 1736, exploité par Julien Régnier) ;
- le Bézier (légué par Jean Rault en 1648, exploité par Joseph Raoult qui payait à Isidore Rault, prêtre, décédé en 1790) ;
- la Clôture de la Fondation (légué par Mathurin Raoult en 1736, exploité par Louis Rault qui payait à Julien Amette, prêtre) ;
- à la Chapelle, le Gréovicher (exploité par Isidore Rault) ;
- au Chauchix, le pré Guion (légué par Louis Morel en 1700, exploité par Mathurin Coeuret) ;
- au Piry, la grande Clôture et le pré du Hacher (légués par Yves Buchoux en 1653 et Jeanne Le Cocq en 1676, exploité par Joseph Loncle du Breil et Guillaume Le Normand) ;
- au Roselier, le clos Jouan (exploité par Françoise Flageul, veuve de Fr. Hamon).
Ces biens sont vendus comme biens nationaux le 24 pluviôse an II () ».
S’ajoutent les biens confisqués aux émigrés,. Sont vendus entre le 1er vendémiaire an III et le 14 thermidor an IV :
Pendant toute la période révolutionnaire, les acheteurs de ces biens nationaux ne vont pas vivre tranquillement. Ils sont attaqués et rançonnés à plusieurs reprises par les Chouans. Louis François Marjot (acheteur de plusieurs lots) est dit « réfugié à Plémy » sur l’acte de vente de la Ville es Roullé, puis « réfugié à Moncontour » …
La colère monte. Un autre évènement va mettre le feu aux poudres. En , la Convention nationale décide l’appel sous les drapeaux de 300 000 hommes, volontaires ou pris par tirage au sort, parmi les célibataires ou veufs de 18 à 40 ans. Le but était de faire face à la baisse subite des effectifs de l’Armée Républicaine due aux pertes, aux désertions et, plus largement, aux départs massifs des volontaires levés en 1792 pour la durée d'une campagne, qui estimaient pouvoir rentrer chez eux, l'ennemi ayant été repoussé hors des frontières. Dans les campagnes, on refuse de voir partir à l’armée tant d’hommes si nécessaires aux travaux des champs.
À Gausson, comme partout ailleurs, personne ne se porte volontaire. Il faudra donc tirer au sort… 27 hommes sont désignés
À Plémy, Langast, Plessala, c’est la révolte… A Gausson, certains essaient de résister dont Jean Carro qui interrompt la grand-messe pour insulter la municipalité le .
Une résistance va s’organiser qu’on va appeler la Chouannerie. Ses partisans se battent au nom de Dieu et au nom du Roi. Dans notre région, leur chef se nomme Boishardy, habitant de Bréhand et il fédère tous les opposants à la République.
Alors commence une terrible guerre civile, qui va opposer les Républicains et les Royalistes. Faite de coups de mains, de batailles rangées, d’exactions des 2 côtés, elle va faire de nombreux morts de part et d’autre. On s’accoutume aux tueries, on apprend sans grand émoi, sans étonnement, le massacre d’un voisin rencontré la veille : il paraît que c’était son tour… Un vieux dira plus tard : « on se tuait comme des mouches et on ne faisait pas plus cas de la mort d’un homme que de celle d’une bête ».
Les gardes républicains battent la campagne pour débusquer les Chouans et les réfractaires à la réquisition, qui se cachent dans la forêt de Lorge. Plusieurs sont arrêtés, quatre sont tués par la troupe cantonnée au Pontgamp (à Plouguenast) : Olivier Rault, Louis Amette, Jean Baptiste Fourchon, Pierre Raulic.
La troupe n’hésite pas à faire appel à la délation pour dénoncer les opposants à la République. Ils arrêtent ceux qui les hébergent. Jean Rault, fermier de la ferme du Pavillon est emprisonné à Loudéac pour avoir accueilli des Chouans... Les « Sans-Culotte s » composant le comité révolutionnaire déclarent à son sujet : « Nous vous adressons notre arrêté de ce jour concernant Jean Rault. D’après ce que nous avons appris que sa maison était le réceptacle des aristocrates et que c’était chez lui qu’on avait arrêté le domestique du scélérat Boishardy. » Il est libéré peu après.
Le , c’est ce même Boishardy qui demande à rencontrer le général républicain Humbert dans le but de tenter de pacifier la région. Le rendez-vous est fixé dans une chaumière, sur la lande de Gausson, proche de la forêt de Lorge. (sans doute non loin de la ferme du Pavillon).
On dit que cette entrevue allait sceller l’amitié entre les 2 hommes et mener à la signature des accords de paix de la Mabilais, le 20 avril 1795 (1 Floréal an 3). Plusieurs prisonniers, soupçonnés d’être sympathisants de la chouannerie, furent alors libérés dont 15 Gaussonnais qui déclarent se[pas clair]
Mais d’autres résistent. Les Chouans continuent de harceler les Révolutionnaires. Guillaume Duval est assassiné le dans sa maison, au Bourg. Son meurtrier, Duviquet, est arrêté et exécuté le 6 fructidor an VI (). Plusieurs sont arrêtés mais souvent relâchés quelques jours plus tard
Dans un rapport du 12 germinal an II () on dénombre cinq moulins sur la commune de Gausson (aucun n’est en état de marche aujourd’hui) :
Il n’y est pas fait mention du moulin du Pavillon, aujourd'hui disparu, qui, à cette époque, faisait encore partie de la commune d’Allineuc, ni du Moulin Dolo, sans doute déjà détruit, et qui ne figure pas sur le cadastre de 1825 ni sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle). Il a sans doute existé sinon pourquoi ce nom…
Après la Révolution, le calme revient dans nos villages mais le déclin (vers 1830) puis l’arrêt de l’activité du commerce de la toile ne va faire qu’accroître la misère dans notre région (le lin est concurrencé par le coton venu d’Amérique et les artisans rechignent à moderniser leur technique de travail). Dans les Côtes du Nord, la décadence des tissages locaux entraîne évidemment la réduction drastique des surfaces cultivées en lin qui passent de 10 000 hectares en 1838 à 3703 hectares en 1866. (livre « généalogie de la famille David » de Pascal David).
La terre ne nourrissant plus ses enfants, ils vont devoir chercher fortune en ville. Ils vont y être aidés par la modernisation du réseau de communication.
On crée des routes là où il n’y avait que des chemins boueux
1858 : construction de la route St Brieuc, Trégueux, Plédran, St Carreuc, Ploeuc, prolongée en 1862 vers Gausson, Plouguenast
1860 : Le Conseil demande le détournement de la route du Haut Quétel (ancienne voie romaine Erquy - Gouarec), jugée trop dangereuse.
1862 : route Gausson – Loudéac (mais jusqu’au début du 20ème siècle, la municipalité demandera son achèvement)
1868 : route Moncontour / Corlay (passant par Plémy, Gausson, L’Hermitage, Uzel, Merléac
Pendant plus d’un siècle, la commune consacrera l’essentiel de ses ressources à l’entretien de ces routes. Une partie du travail est effectuée par les Gaussonnais qui paient leurs impôts locaux sous forme de journées de prestations (il fallait casser une ligne de plusieurs mètres de grosses roches à la massette). La mise en œuvre est faite par les employés communaux.
Ces routes n’ont été goudronnées que dans les années 1950 /60
Le développement du chemin de fer va provoquer un vaste exode rural mais il permet aux Gaussonnais de sortir de la misère en trouvant du travail en ville. Le tronçon Saint-Brieuc / Pontivy par Loudéac est inauguré le 30 juin 1872. Il y avait un arrêt à Uzel et à Ploeuc/ l’Hermitage. La ligne est fermée depuis le 18/1/2017
En 1927, l’état projette de créer une ligne électrique entre Uzel et Gausson (CM du 19/6/1927). Fin 1929, un transformateur est installé au Bourg mais l’électricité n’arrive pas encore dans les hameaux, on s’éclaire toujours à la lampe à pétrole. Pendant la guerre de 39/45, suite à la pénurie de carburant, les habitants se plaignent de « devoir se coucher à la tombée de la nuit et de ne se lever qu’au lever du jour, ce qui entrave leurs travaux ». Ils ont hâte de voir arriver l’électricité dans leur village. (CM du 23/2/1941)
La décision d’alimenter toute la commune est prise le 27/7/1941 (aide de l’Etat d’au moins 50% des annuités et intérêts). Mais, la mise en travaux ne débute qu’en 1953 pour un coût total de 442 666 800 F, la Commune emprunte 260 millions de francs. Le premier poste installé est celui du Chauchix (T3), puis le T2 qui desservira les Grands chemins, la Métairie, le Mottais, les Champs Hervé, les Clôtures, Bossiguel, le Placis, la Petite Lande. Le Haut Quétel ne sera raccordé au transformateur du Vaucorbin qu’en 1954. En 1964, l’ensemble des Côtes du Nord est alimenté en électricité. (220/380 volts)


Le monument aux morts porte les noms de 91 soldats morts pour la Patrie :

La commune se trouve dans l'arrondissement de Saint-Brieuc du département des Côtes-d'Armor.
Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Plouguenast. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton de Guerlédan
Pour l'élection des députés, elle fait partie de la troisième circonscription des Côtes-d'Armor.
Gausson était membre de la communauté intercommunale pour le développement de la région et des agglomérations de Loudéac (CIDERAL), un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 1994 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté de communes dénommée Loudéac Communauté − Bretagne Centre dont est désormais membre la commune.
Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Gausson, commune de moins de 1 000 habitants, est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. Le nombre d'habitants au recensement de 2023 étant compris entre 500 et 1 499, le nombre de sièges de conseillers municipaux à pourvoir lors de l'élection de 2026 est de 15.
Une seule liste, menée par Julien Keromest, est déposée lors du premier tour qui a lieu le . Les 15 conseillers municipaux sont ainsi élus dès le premier tour. Le taux de participation est de 58,25 %,. Julien Keromest est élu maire le ,.
La commune dispose d'une école, qui scolarise une soixantaine d'enfants, et qui est née du regroupement de l'école publique et de l'école privée. Elle est dotée d'une cantine et d'un accueil périscolaire.
La bibliothèque municipale est intégrée au réseau des bibliothèques de Loudéac Communauté Bretagne Centre.
Une agence postale communale est implantée en mairie.
Les habitants sont les Gaussonnais et Gaussonnaises.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006.
En 2023, la commune comptait 648 habitants, en évolution de +5,19 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
La population de la commune est relativement jeune. En 2023, le taux de personnes d'un âge inférieur à 40 ans s'élève à 44,9 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (39,6 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 64 ans est de 20,7 % la même année, alors qu'il est de 27,6 % au niveau départemental,.
En 2023, la commune comptait 341 hommes pour 307 femmes, soit un taux de 47,38 % de femmes, inférieur au taux départemental (51,62 %),.
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :