Helvella lacunosa
| Règne | Fungi |
|---|---|
| Division | Ascomycota |
| Classe | Pezizomycetes |
| Sous-classe | Pezizomycetetidae |
| Ordre | Pezizales |
| Famille | Helvellaceae |
| Genre | Helvella |

Helvella lacunosa, l'Helvelle lacuneuse, est une espèce de champignons ascomycètes de la famille des Helvellacées caractérisée par ses teintes sombres, son pied lacuneux et son chapeau lobé plus ou moins en forme de selle ou de mitre.
Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Helvella lacunosa Afzel..
Helvella lacunosa a pour synonymes :
Le naturaliste écossais John Lightfoot l'a décrite pour la première dans son ouvrage Flora Scotica, publié en 1777, en l'appelant Helvella mitra. Elle a ensuite été formellement décrite par le botaniste suédois Adam Afzelius en 1783.
Carl Von Linné (1737, 1753) a proposé le genre Elvela (= Helvella, orth. var.) pour Elvela mitra (= Helvella crispa ss. Fries (1822)). Fries (1822) a créé la famille des Elvellaceae, qui a ensuite été rebaptisée Helvellaceae (Corda 1842).
L'épithète spécifique lacunosa, qui vient du latin lăcūnā, qui signifie « cavité » ou « lacune », fait référence aux rainures profondes du pied ou bien de la structure creuse de cette espèce, bien que ces caractéristiques se retrouvent également chez d'autres Helvelles. Helvella est quant à lui un terme ancien qui désignait à l'origine une herbe aromatique.
Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé suivant : Helvelle lacuneuse,.
Elle est également parfois nommé plus familièrement "Bonnet de capelan" ou encore "Morille d'automne" (terme qui peut prêter à confusion car il est de même utilisé pour désigner le Sparassis crépu (Sparassis crispa)), bien qu'en général ces termes soient des noms assez vagues et inexacts s'appliquant à n'importe quelle espèce d'Helvelle, mais néanmoins répandus dans les zones où ces espèces sont connues des locaux et traditionellement consommées.
Son chapeau mesure 3 à 5,5 cm, il est lobé, formé de trois ou quatre lobes enroulés vers le haut ou vers le bas ressemblant plus ou moins à une selle ou une mitre. L'hyménium est situé sur la face supérieure du chapeau, il est lisse à ondulé et rugueux, surtout dans la partie supérieure, pruineux, de couleur gris, gris noirâtre, gris-brun sombre, brun noirâtre à noir. La face stérile inférieure du chapeau est lisse, gris blanchâtre, gris cendré à gris,.
Le stipe mesure 3 à 11 cm x 2 à 3 cm, il est cylindrique ou légèrement renflé à la base, couvert de lacunes, sillons profonds soudés entre eux à la manière de côtes, de couleur blanche, grisâtre ou gris foncé,.
Sa chair est blanche, résistante et élastique, surtout au niveau du pied, plus cassante au niveau du chapeau. Sa saveur est douce et son odeur est faible, peu perceptible, un peu de croûte de pain,.
Ses spores mesurent 17 à 19 x 9 à 11.5 (12.6) µm, elles sont elliptiques, lisses et incolores, hyalines, avec une grande guttule centrale. Les asques mesurent 280 à 320 µm x 10 à 16 µm, à 8 spores, unisériées, non amyloïdes, hyalines. Les paraphyses mesurent 3 à 6,5 µm, elles sont cylindriques, septées, avec l'apex renflé ou claviforme, hyalines ou avec un pigment brun grisâtre. L'excipulum ectal forme une palissade d'hyphes plus ou moins parallèles, avec des septa courts, avec des éléments terminaux claviformes pouvant atteindre 15 à 20 µm, avec des parois épaisses, pigmentées de gris ou de brunâtre.
C'est une espèce saprophyte très commune qu'on retrouve du printemps à l'automne, on la trouve sous feuillus et conifères, en forêt, souvent sur terre nue, sur les bords de chemins, le bois en décomposition et parmi les herbes. Elle prospère dans les environnements humides et frais, grâce à sa grande capacité d'adaptation. C'est une espèce synanthrope, capable de coloniser des environnements modifiés par l'homme, tels que les champs cultivés, les parcs urbains et les jardins domestiques. Cependant, elle est tout aussi commune dans les milieux naturels, notamment les clairières, les lisières des sentiers forestiers et les forêts de feuillus ou de conifères.

Elle préfère les sols sableux ou brûlés, riches en matière organique en décomposition et en débris ligneux. Elle pousse aussi bien en petits groupes qu'en spécimens isolés. La fructification a lieu principalement en automne et peut se poursuivre jusqu'aux premières froides journées d'hiver. Dans certaines régions, cependant, elle peut également apparaître au printemps, démontrant une capacité remarquable à fructifier lorsque les températures sont optimales, comprises entre +12 et +24 °C. Elle se développe particulièrement bien sur des sols bien drainés et légèrement ombragés, où les températures restent modérées. Elle est en revanche moins commune dans les environnements excessivement chauds ou secs, préférant des conditions de fraîcheur et d'humidité constantes, essentielles à son développement.
Elle est largement répandue dans les régions tempérées du monde entier. En Europe, elle est présente dans de nombreux pays, des régions nordiques comme la Scandinavie et le Royaume-Uni aux régions méridionales comme l'Italie, la Suisse, la France et l'Espagne. En Italie, on la trouve principalement dans les zones inondables et les plaines fluviales sablonneuses et humides, au sein d'écosystèmes hygrophiles. Elle est souvent associée au peuplier tremble (Populus tremula), au peuplier blanc (Populus alba), au saule blanc (Salix alba) et à l'orme (Ulmus spp.), partageant les habitats typiques des morilles (Morchella spp.), avec lesquelles elle présente des préférences écologiques similaires. En Amérique du Nord, l'espèce est répandue aux États-Unis et au Canada, principalement dans les forêts tempérées, avec un cycle de croissance automnal similaire à celui de l'Europe. En Asie, elle a été signalée dans plusieurs régions, dont le Japon, où le climat tempéré et humide favorise son développement.
La comestibilité officielle de l'Helvelle lacuneuse a fluctué au cours du temps tout comme avec l'Helvelle crépue (Helvella crispa), d'abord consommée traditionnellement dans nombre de pays et de régions, et connue comme toxique crue ou mal cuite, puis rangée par la suite comme toxique tout court ou suspecte et à éviter de par la suspicion de la présence de gyromitrine dans ses composés dans les années 80. Cette suspicion a été démontrée comme infondée par les dernières études mycotoxicologiques, ces deux Helvelles pouvant de nouveau être reconsidérées comestibles, sans pour autant manquer de rappeler qu'une cuisson complète est primordiale pour éliminer des toxines thermolabiles contenuesans ces espèces.


