Hotepsekhemouy

Hotepsekhemouy
Image illustrative de l’article Hotepsekhemouy
Vase en pierre d'Hotepsekhemouy.
Période Période thinite
Dynastie IIe dynastie
Fonction principale Souverain d'Égypte
Prédécesseur Qâ
Dates de fonction XXIXe siècle / XXVIIIe siècle AEC
Successeur Nebrê
Famille
Enfant(s) ♂ Perneb
Sépulture
Nom Tombe A
Type Tombeau
Emplacement Saqqarah
Objets Empreintes de sceaux

Hotepsekhemouy est le nom d'Horus du premier roi de la IIe dynastie pendant la période thinite. Il succède au roi Qâ, peut-être après une période troubles, et précède Nebrê. Le Canon royal de Turin lui attribue 95 ans de règne tandis que Manéthon lui attribue trente-huit ans de règne. Les égyptologues considèrent ces deux déclarations comme des interprétations erronées ou des exagérations et attribuent à Hotepsekhemouy un règne de vingt-cinq ou vingt-neuf ans.

Attestations

Attestations contemporaines

Hotepsekhemouy est attesté par plusieurs documents contemporains :

Attestations ultérieures

Concernant l'Ancien Empire, une seule source concerne Hotepsekhemouy : dans la tombe G1011 de Mesdjérou à Gizeh datée de la Ve dynastie, une liste de six rois est inscrite quatre fois et présente dans l'ordre Bedjataou (identifié dans les listes royales ramessides à Hotepsekhemouy, Téti (identifié au roi de la IIIe dynastie ayant pour nom de Nebty Djeseret-Ânkh), Djédefrê, Khâfrê, Sahourê et Néferirkarê.

Le premier roi de la IIe dynastie est présent sur les listes royales ramessides sous un nom différent, le nom écrit étant corrompu par le temps :

Bedjataou signifie le fondeur et est considéré comme une mauvaise interprétation du nom Hotepsekhemouy, puisque les signes hiéroglyphiques utilisés pour écrire Hotep dans sa forme complète sont très similaires aux signes d'un four à poterie et d'un poussin dans les écrits hiératiques. Les signes des deux sceptres-sekhem ont été mal interprétés comme une jambe et un foret. Un phénomène similaire aurait pu se produire dans le cas du roi Khâsekhemouy, où les deux sceptres-sekhem du nom d'Horus ont été mal interprétés comme deux symboles de jambes. La liste d'Abydos imite cette forme de Bedjaou du nom de l'Ancien Empire. Le nom Baounetjer, présent dans la table de Saqqarah et sur le Canon royal de Turin, est problématique, car les égyptologues ne trouvent aucune source de noms de l'époque d'Hotepsekhemouy qui aurait pu être utilisée pour le former,,.

Concernant les listes manéthoniennes, le troisième roi de la dynastie selon Africanus est nommé Boêthos et aurait régné trente-huit ans.

Signification du nom d'Horus

Le nom d'Horus d'Hotepsekhemouy est le sujet d'un intérêt particulier pour les égyptologues et les historiens, car il peut faire allusion à la politique turbulente de l'époque. Le mot égyptien Hotep signifie paisible et être heureux, mais il peut aussi signifier conciliation ou se réconcilier. Le nom complet de Hotepsekhemouy peut donc être lu comme les deux pouvoirs sont réconciliés, ce qui suggère une signification politique significative. En ce sens, les deux puissances pourraient être une référence à la Haute et à la Basse-Égypte ainsi qu'aux divinités majeures Horus et Seth,,.

Depuis le règne d'Hotepsekhemouy, il est devenu une tradition d'écrire le nom d'Horus et le nom de Nebty de la même manière. On pense qu'une sorte d'arrière-plan philosophique a influencé ce choix, puisque le nom d'Horus révèle une signification symbolique clairement définie dans sa traduction. Les noms Horus et Nebty étant les mêmes, cela pourrait aussi indiquer que le nom Horus a été adopté après avoir gravi le trône.

Famille

Le nom de la femme d'Hotepsekhemouy est inconnu. Des empreintes de sceaux d'un fils du roi et prêtre de Sopdou nommé Perneb ont été trouvées dans la tombe A de Saqqarah. Si cette tombe est considérée par la plupart des chercheurs comme étant celle d'Hotepsekhemouy (bien que certains chercheurs en font celle de Nebrê), Perneb serait alors le fils d'Hotepsekhemouy selon cette hypothèse,,.

Règne

On sait peu de choses sur le règne de Hotepsekhemouy. Des sources contemporaines montrent qu'il a peut-être accédé au trône après une période de conflit politique, y compris des dirigeants éphémères comme Horus Oiseau et Sneferka (ce dernier est également considéré par certains comme un nom alternatif utilisé par le roi Qâ pendant une courte période). Pour preuve, les égyptologues Wolfgang Helck, Dietrich Wildung et George Reisner désignent la tombe du roi Qâ, qui fut pillée à la fin de la Ire dynastie et restaurée sous le règne d'Hotepsekhemouy. Le pillage du cimetière et le sens exceptionnellement conciliant du nom Hotepsekhemouy peuvent être des indices d'une lutte dynastique. De plus, Helck suppose que les rois Horus Oiseau et Sneferka ont été omis des listes de rois ultérieures parce que leurs luttes pour le trône égyptien ont été des facteurs dans la chute de la Ire dynastie,,.

Les empreintes de sceaux témoignent d'une nouvelle résidence royale appelée Horus l'étoile brillante qui a été construite par Hotepsekhemouy. Il construisit également un temple près de Bouto pour la divinité peu connue Netjer-Achty et fonda la Chapelle de la Couronne blanche. La couronne blanche est un symbole de la Haute-Égypte. On pense qu'il s'agit là d'un autre indice de l'origine de la dynastie d'Hotepsekhemouy, indiquant une source probable de pouvoir politique,. Des égyptologues comme Nabil Swelim soulignent qu'il n'y a pas d'inscription du règne d'Hotepsekhemouy mentionnant une fête-Sed, indiquant que le souverain n'a pas régné plus de trente ans (la fête-Sed était célébrée comme l'anniversaire marquant un règne de trente ans).

L'ancien historien égyptien Manéthon a appelé Hotepsekhemouy Boêthos et a rapporté que pendant le règne de ce souverain, un gouffre s'est ouvert près de Bubastis et beaucoup ont péri. Bien que Manéthon ait écrit au IIIe siècle avant notre ère - plus de deux millénaires après le règne actuel du roi - certains égyptologues pensent qu'il est possible que cette anecdote ait été fondée sur des faits, puisque la région près de Bubastis est connue pour être sismiquement active.

Sépulture

Entrée de la tombe près de la chaussée de la pyramide du roi Ounas.

L'emplacement de la tombe de Hotepsekhemouy n'est pas certain. Un certain nombre d'empreintes de sceaux du roi Hotepsekhemouy et de Nebrê ont été trouvées dans les galeries souterraines de la Tombe A sous la chaussée de la pyramide du roi Ounas à Saqqarah. Ainsi, des égyptologues tels que Wolfgang Helck et Peter Munro pensent que la tombe pourrait être celle de Nebrê et non celle d'Hotepsekhemouy,. Mais la plupart des chercheurs (Flinders Petrie, Alexandre Barsanti, Toby Wilkinson et Aidan Dodson par exemple) pensent qu'il s'agit de la tombe d'Hotepsekhemouy, les sceaux de Nebrê étant ceux du roi ayant enterré son prédécesseur, comme cela a été souvent observé,,,.

Titulature

Notes et références

Notes

  1. ↑ En termes de chronologie absolue, la détermination de dates exactes de début et de fin de règne est un exercice périlleux du fait de l'ancienneté du règne ; on trouve par exemple :

Références

  1. 1 2 Waddell 2004, p. 37-41.
  2. 1 2 3 4 5 6 Wilkinson 1999, p. 83.
  3. ↑ Maspero 1902, p. 185–190.
  4. ↑ Brunton 1927, p. XIX.25.
  5. 1 2 Wilkinson 1999, p. 83-84.
  6. 1 2 Wilkinson 1999, p. 84.
  7. ↑ Lacau et Lauer 1959, p. 6, 12-15 & Planche V nos 5 à 7 & Planches 10-12 & 15 & 17.
  8. ↑ Lacau et Lauer 1961, p. 31-40.
  9. ↑ Lacau et Lauer 1959, p. 13 & Planche 11.
  10. ↑ Lacau et Lauer 1961, p. 31-32.
  11. ↑ Lacau et Lauer 1959, p. 15 & Planche 17.
  12. ↑ Lacau et Lauer 1961, p. 37.
  13. ↑ Lacau et Lauer 1959, p. 14 & Planche 15.
  14. ↑ Lacau et Lauer 1961, p. 36.
  15. ↑ Dodson 2021, p. 112 et 114.
  16. 1 2 3 Dodson 2021, p. 106.
  17. 1 2 3 4 5 Helck 1987.
  18. ↑ Brovarski 1987.
  19. ↑ Schneider 2002, p. 134.
  20. ↑ Dodson 2021, p. 173.
  21. 1 2 Kaplony 2006, p. 126-127.
  22. ↑ Clayton 2006, p. 26.
  23. ↑ Wilkinson 1999, p. 296.
  24. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 49.
  25. ↑ Kaplony 1963, p. 96 & obj. 367.
  26. ↑ Vernus et Yoyotte 1998, p. 177.
  27. ↑ Wildung 1969, p. 36–41.
  28. ↑ Wilkinson 1999, p. 285-286.
  29. ↑ Swelim 1983, p. 67-77.
  30. ↑ Helck 1975, p. 21-32.
  31. ↑ Munro 1993, p. 95.
  32. ↑ Engel 2006, p. 28-29.
  33. ↑ Barsanti 1902, p. 249–257.
  34. ↑ Dodson 2021, p. 43-45.

Bibliographie

Liens externes