Jean Rouch

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Jean Rouch
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Jean Pierre Clément RouchVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Père
Conjoint
Jane Rouch (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Mouvement
Distinctions
Films notables
Œuvres principales

Jean Rouch, né le à Paris (France) et mort le à Birni N'Konni (Niger), est un réalisateur et un ethnologue français.

Il est particulièrement connu pour sa pratique du cinéma direct et pour ses films ethnographiques sur des peuples africains tels que les Dogons et leurs coutumes. Considéré comme le créateur de l'ethnofiction, un sous-genre de la docufiction, il est l'un des théoriciens et fondateurs de l'anthropologie visuelle.

Biographie

Famille

Jean Rouch est le fils de Jules Rouch, officier de marine, météorologue, explorateur et de Luce Gain. Ils ont eu deux enfants : Geneviève et Jean. C'est lors de l’expédition polaire française en Antarctique, commandée par Jean-Baptiste Charcot de 1908 à 1910 avec le Pourquoi pas ?, que Jules Rouch rencontre Louis Gain, le naturaliste de l'expédition. Au retour de l'expédition, Jules Rouch fait la connaissance de Luce, venue accueillir son frère. Il l'épouse en 1913. Pendant la première guerre mondiale, Jules Rouch est nommé chef du service météorologique aux armées, fin 1916. Après la guerre, en tant qu'officier de marine, il occupe plusieurs postes à l'étranger, notamment en Allemagne, en Algérie, au Maroc et en Grèce. Il termine sa carrière en tant que directeur du musée océanographique de Monaco.

Jean Rouch a pour compagne Yannick Bellon au début de la guerre, et s'est marié deux fois : en 1952 avec Jane Margareth George (1922-1987), puis en 2002 avec Jocelyne Rouch-Lamothe. Jane a partagé la passion de son mari pour l'Afrique et a publié en 1984 un essai, Nous n'irons plus aux bals nègres. Jocelyne Rouch-Lamothe a tenu son propre rôle dans le court-métrage réalisé par Bernd Mosblech en 2007 : Je suis un Africain blanc - L'adieu à Jean Rouch. Elle a créé en 2006 la Fondation Jean Rouch, placée sous l'égide de la Fondation de France.

Ingénieur

Après une formation d’ingénieur à l'École nationale des ponts et chaussées, Jean Rouch se fait engager avec deux camarades de promotion, Jean Sauvy et Pierre Ponty, comme ingénieur des travaux publics en Afrique. Rouch est affecté au Niger où il construit des routes et des ponts. Après la mort d’ouvriers foudroyés sur un chantier, il découvre les mystères de la religion et de la magie songhaï. Il se consacre alors à l'ethnographie.

Après avoir été expulsé de la colonie du Niger, il prépare à Dakar les campagnes militaires de libération, puis rejoint la 2e division blindée du général Leclerc et entre avec les armées alliées dans Berlin en 1945,.

Ethnologue

De retour en France, il suit les cours d'ethnologie de Marcel Mauss et de Marcel Griaule, puis repart, en 1946, en Afrique avec Jean Sauvy et Pierre Ponty pour descendre en pirogue les 4 200 km du fleuve Niger, de sa source jusqu’à l’océan Atlantique,. Après cet exploit, il effectue d’autres missions, tourne des films et soutient sa thèse avec son maître Marcel Griaule, lui-même pionnier du cinéma ethnographique. En 1953, chargé de recherches au CNRS, il crée (avec Henri Langlois, Enrico Fulchignoni, Marcel Griaule, André Leroi-Gourhan et Claude Lévi-Strauss) le Comité du film ethnographique, qui siège au musée de l'Homme à Paris. Il est l'un des fondateurs du "cinéma-vérité" avec Edgar Morin, un mouvement qu'il a contribué à théoriser et dont il a proposé le film-manifeste avec Chronique d'un été en 1961.

En 1969, il crée avec Pierre Braunberger et Anatole Dauman le Groupe de recherches et d'essais cinématographiques (Grec), destiné à produire de premiers courts métrages, avec le soutien du CNC. La même année, il cofonde avec Enrico Fulchignoni, Claudine de France et Colette Piault, la Section de Cinéma, devenue depuis Section Cinéma anthropologique, au sein de l’UER de Sciences Sociales de l’université de Nanterre.

Toujours à l'université de Nanterre, il fonde en 1971 le laboratoire de recherche Formation de Recherches Cinématographiques (FRC).

En 1978, Jean Rouch s'intéresse avec Jean-Michel Arnold, au festival "L'homme regarde l'homme", créé par Jacques Willemont en 1975 à Créteil, puis déplacé en 1978 à Beaubourg. Ils se l'approprient en juin et le rebaptisent Cinéma du réel ; le festival existe toujours,. Avec humour, il est possible d'affirmer que Jacques Willemont est également à l'origine du Festival Jean Rouch, décliné de Cinéma du réel et donc de "L'Homme regarde l'Homme". Cette triste histoire est souvent désignée comme l'"Affaire Rouch" [références en cours]

En 1978, les autorités de la jeune république du Mozambique demandent à des cinéastes connus, parmi lesquels Jean-Luc Godard et le brésilo-mozambicain Ruy Guerra, de concevoir une politique cinématographique et télévisuelle innovante. Jean Rouch propose pour sa part une approche fondée sur la formation de futurs cinéastes sur place. Avec Jacques d'Arthuys, attaché culturel de l’ambassade de France, il constitue alors un atelier de formation au cinéma documentaire sur pellicule en super 8, à la pédagogie simple, fondée sur la pratique : « on tourne le matin, on développe à midi, on monte l’après-midi et on projette le soir. » Après cette expérience, les Ateliers Varan sont créés en 1981 à Paris.

Au cours de sa longue carrière, Jean Rouch, réputé pour son agilité intellectuelle et son don de la parole, enseigne inlassablement le cinéma en France, en Afrique, aux États-Unis et réalise près de cent vingt films. Il suscite de multiples vocations de cinéastes à travers le monde. Il anime pendant des années le séminaire « Cinéma et Sciences Humaines » à la Cinémathèque française en collaboration pédagogique avec l'université de Paris X-Nanterre, où il crée le premier DEA en études cinématographiques de France,.

En il fait une visite exceptionnelle en Afrique du Sud, après installation de Nelson Mandela, pour filmer dans les townships et il donne deux cours publics sur sa vision du film ethnographique au Centre for Rhetoric Studies de l'Université du Cap.

Influencé par Dziga Vertov et Robert Flaherty, Jean Rouch est l’un des pères fondateurs du cinéma-vérité. Il est une source d’inspiration et une constante référence pour les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Président de la Cinémathèque française pendant cinq ans (entre 1986 et 1991), il est en 1993, à Berlin, lauréat du prix international de la paix, pour son film Madame l'eau. Son œuvre, couronnée par de nombreuses récompenses prestigieuses, s’inscrit dans l’histoire du cinéma,,. Un admirateur de Rouch, Jean-Luc Godard, pose cette question : « Jean Rouch n'a pas volé son titre de carte de visite : chargé de recherche au Musée de l'homme. Existe-t-il une plus belle définition du cinéaste ? ».

Décès

Au cours d’une ultime mission au Niger, le , à la tombée de la nuit, à 16 kilomètres de la ville de Birni N'Konni sur la route de Tahoua dans l’est du pays, Jean Rouch est victime d'un accident de voiture mortel. Il désirait être incinéré, mais le Niger interdit les crémations. Il repose dans une tombe dans l'ancien cimetière chrétien de Niamey.

Filmographie

Article détaillé : Filmographie de Jean Rouch.

Principaux longs métrages

Courts et moyens métrages

Liste non exhaustive

Films sur les rituels des Dogons au Mali

En coréalisation avec Germaine Dieterlen, la série concerne les cérémonies du Sigui.

Autres activités

Photographe

Documentariste

Acteur

Publications

Bibliographie exhaustive sur le site du Comité du film ethnographique

Préfaces

Radio et télévision

Films sur DVD

Annexes

Bibliographie

En français

Ouvrages
  • Collectif, « Jean Rouch, un griot gaulois », Cinémaction, 1982
  • Jean-Paul Colleyn, Catherine de Clippel, « Demain, le cinéma ethnographique ? », Cinémaction, 1992
  • L'Autre et le sacré - Surréalisme, cinéma, ethnologie, textes recueillis par C.W. Thompson, Éditions L’Harmattan, Paris, 1995, p. 407-431
  • R. Predal, Jean Rouch ou le cinéma plaisir, Charles Corlet, 1996
  • Jean Sauvy, Jean Rouch tel que je l'ai connu, L'Harmattan, 2006
  • Maxime Scheinfeigel, Jean Rouch, Paris, CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-07790-5, lire en ligne)
  • Jean-Paul Colleyn, Jean Rouch. Cinéma et anthropologie, Cahiers du Cinéma, 2009
  • Collectif, Découvrir les films de Jean Rouch, Scope Eds, 2010
  • Dans le sillage de Jean Rouch, 2e éd. révisée (à paraître) Rina Sherman Ed, k éditeur, 2018
  • Jean Rouch, "Saluts d'irrémédiables !" & autres saluts et portraits, anthologie de textes réunis et présentés par Andrea Paganini, Éditions de l'œil, 2021
Articles

En anglais

Filmographie sur Jean Rouch

Articles connexes

Notes et références

  1. ↑ Archives en ligne de Paris, 14e arrondissement, année 1917, acte de naissance no 4451, cote 14N 545, vue 6/31, avec mentions marginales de décès
  2. ↑ Jean Rouch, titi africain du 14e arrondissement de Paris – article de Maroussia Dubreuil sur Le Monde, 01/06/2017
  3. 1 2 Merle des Isles, Marie-Isabelle, 19.-, Destins d'explorateurs : de l'Antarctique à l'Asie centrale : 1908-1950, Paris, La Martinière, , 183 p. (ISBN 2-7324-3259-8, OCLC 420358172, lire en ligne)
  4. ↑ Dans son documentaire autobiographique, D'où vient cet air lointain ? (2019) Yannick Bellon relate cette relation avec des images d'époque, inédites à ce jour.
  5. ↑ comite du film ethnographique, « Jean Rouch Biographie version longue », sur www.comite-film-ethno.net (consulté le )
  6. ↑ Jalim Say, « Quand Jane Rouch écrivait «Nous n'irons plus aux bals nègres» », Maghress,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ lefigaro.fr, « Programme TV - Je suis un Africain blanc - L'adieu à Jean Rouch », TVMag,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « Portrait de fondation : Jean Rouch », sur www.fondationdefrance.org (consulté le )
  9. ↑ « Notice biographique sur le site de la photothèque de l'École des Ponts ».
  10. ↑ Carmen Diop, « Jean Rouch : l’anthropologie autrement », Journal des anthropologues. Association française des anthropologues, nos 110-111,‎ , p. 185–205 (ISSN 1156-0428, lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 « Hommage unanime en France au cinéaste Jean Rouch décédé au Niger », sur panapress.com (consulté le )
  12. ↑ « Couleur du temps : Berlin, août 1945 », sur telerama.fr (consulté le )
  13. ↑ Annabelle Gugnon, « Le fleuve Niger par Jean Rouch en DVD », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ « Voyage avec Jean Rouch au Niger », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Voir la notice du film Paroles.
  16. ↑ Alain Fleischer, Sade, scénario, Paris, Le Cherche midi, , 229 p. (ISBN 978-2-7491-3222-8, lire en ligne)
  17. ↑ « Jean Rouch - L’ethnologue-cinéaste », sur sagascience.com (consulté le )
  18. ↑ « Années 70 | Biographie », sur Comité du Film Ethnographique - Festival Jean Rouch (consulté le )
  19. ↑ « Que dit Beaubourg », sur Willemont pro
  20. ↑ Antoine Scalogna, « Les Inrocks - Le festival Cinéma du réel célèbre l'insurrection par le cinéma documentaire », sur Les Inrocks, (consulté le )
  21. ↑ Les ateliers Varan
  22. ↑ « Jean Rouch, cinéaste », sur arkepix.com (consulté le ).
  23. 1 2 3 « Jean Rouch - Cinémathèque française », sur cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr (consulté le )
  24. ↑ « DEA « Cinéma, Audiovisuel, Culture et Société » », sur anglais.u-paris10.fr,
  25. ↑ Jacques Morice, « Jean Rouch, le maître du cinéma ethnographique qui a séduit la nouvelle vague », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ « Madame l'eau | Documentaire sur grand écran », sur docsurgrandecran.fr (consulté le )
  27. ↑ Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Jean Rouch », sur larousse.fr (consulté le )
  28. ↑ Jean Rouch : restaurations, raretés et inachevés (« Jean Rouch, c'est le moteur de tout le cinéma depuis 1955, bien que peu de gens le sachent... C'est le premier en France à avoir fait coïncider la vérité brute, la vie quotidienne prise, captée à vif, et l'invention cinématographique. », Jacques Rivette, Cahiers du cinéma, septembre 1968) – nouvelles dans le journal de la Cinémathèque française sur un cycle de Films dédié à Rouch
  29. ↑ Jean Rouch, sorcier blanc de l'Afrique et du cinéma – article sur Le Monde, le 20 février 2004
  30. ↑ « Éditions - Jean Rouch, films et photogrammes - », sur jeanrouch2017.fr, (consulté le ).
  31. ↑ Voir sur le site de l'INA.
  32. ↑ Chapitre 2. Le contexte cinématographique, p. 39-78, du livre Jean Rouch, de Maxime Sheinfeigel, in Cinéma et audiovisuel, CNRS Éditions, 2008, ISBN (Édition imprimée) : 9782271066435 (Ebook)
  33. ↑ Fiche de diplomatie.gouv.fr.
  34. ↑ Voir sur imdb.com.
  35. ↑ « Le Goumbé des jeunes noceurs (Jean Rouch, 1965) - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  36. ↑ « Les Films du Jeudi | Catalogue : "Goumbé des jeunes noceurs (La)" réalisé par Jean ROUCH », sur www.filmsdujeudi.com (consulté le )
  37. ↑ Voir sur imdb.com.
  38. ↑ Voir sur Afrik.com.
  39. ↑ Voir L'Œuf sans coquille sur rinasherman.com.
  40. ↑ Voir MM. les locataires sur rinasherman.com.
  41. ↑ Voir sur comite-film-ethno.net.
  42. ↑ Voir sur cnrs éditions.fr.
  43. ↑ Voir sur le site de l'éditeur.
  44. ↑ Thomas Sotinel, « TV : « Jean Rouch, cinéaste aventurier » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  45. ↑ « JEAN ROUCH, « Saluts d’irrémédiable ! » & autres saluts, hommages & portraits », sur editions-de-loeil (consulté le )
  46. ↑ Brice Ahounou
  47. ↑ Brice Ahounou, passeur d’images nécessaire à la mémoire des mondes – article de Stéphane Aubouard sur le journal Libération, 20 JuilletL, 2017
  48. ↑ Jean Rouch, le « sorcier blanc » qui filmait l’Afrique – film de 3 minutes de la RFI sur Orange

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