| Kajeke | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Bassin collecteur | Congo |
| Cours | |
| Source | est de Muramba |
| · Localisation | Province de Bubanza |
| Embouchure | Rusizi |
| · Localisation | commune de Gihanga |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Province | Province de Bubanza |
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La Kajeke est un cours d'eau de la province de Bubanza, dans le nord-ouest du Burundi. Elle est un affluent de la Rusizi, dans le bassin hydrographique du Congo.
La Kajeke prend sa source à l'est de Muramba, dans la province de Bubanza. Elle s'écoule d'abord vers le sud jusqu'aux environs de Bubanza, puis longe le nord de la ville avant de s'orienter vers le sud-ouest et de traverser la plaine de l'Imbo. Elle passe ensuite dans la commune de Gihanga et rejoint la Rusizi.
Le bassin de la Kajeke se situe dans une région de transition entre les contreforts de la province de Bubanza et la plaine de l'Imbo. Les environs du cours d'eau forment une mosaïque de terres agricoles et de végétation naturelle.
La région est densément peuplée, avec environ 266 habitants/km2 en 2016. Le climat local est de type savane tropicale. La température annuelle moyenne est d'environ 24 °C, avec un maximum moyen en octobre, autour de 28 °C, et un minimum moyen en mars, autour de 21 °C. Les précipitations annuelles moyennes sont estimées à 1 086 mm, avec un maximum en décembre et un minimum marqué en juillet.
La Kajeke connaît des débordements récurrents dans la commune de Gihanga. Après une crue en 1982, des travaux de curage du lit sont entrepris, mais l'entretien ne se poursuit pas durablement et le lit se comble progressivement. En , des pluies torrentielles provoquent une nouvelle crue importante. Les inondations touchent particulièrement Gihanga, font plusieurs morts, déplacent des habitants et atteignent le cimetière de Mpanda, où de nombreuses tombes sont détruites.
En , de nouvelles crues des rivières Rusizi, Kajeke et Mpanda affectent plusieurs zones de la plaine de l'Imbo. À Gihanga, la Kajeke, déviée de son lit majeur par des riziculteurs, envahit des habitations. Un bilan local fait état de 118 maisons inondées, dont cinq entièrement détruites, de perturbations sur la route Bujumbura-Cibitoke, de vastes rizières submergées et d'une partie du cimetière de Mpanda endommagée.
En , le président de la Plateforme nationale de prévention des risques et de gestion des catastrophes supervise les travaux de réaménagement du lit de la Kajeke en commune de Gihanga. Le chantier, mis en œuvre par Oxfam avec un financement de l'Union européenne, vise à rétablir le cours d'eau dans son lit sur environ 5 km. Il prévoit aussi la plantation d'herbes fixatrices et d'arbres sur les berges afin de limiter l'érosion et les débordements ultérieurs,.
Un projet de barrage hydro-agricole est lancé sur la Kajeke à partir de 2009, entre les collines de Kagirigiri, dans la zone de Mitakataka, et de Caraba, dans la zone de Buvyuko. Le projet comprend un barrage, un canal d'adduction d'eau et un périmètre irrigué destiné principalement aux rizières de la plaine de Gihanga et de Mpanda. Il devait irriguer 1 013 ha en première phase, puis atteindre 2 813 ha à terme selon certaines sources. D'autres annonces publiques évoquent un périmètre d'environ 3 000 ha.
Le chantier est financé par l'État burundais. Le lancement officiel des travaux a lieu le sous la présidence de Pierre Nkurunziza. Les entreprises ETAMCO, BTCE et BETUCO-PACIFIC sont chargées de l'exécution des travaux.
Le , le deuxième vice-président du Burundi, Joseph Butore, visite le chantier du barrage avec plusieurs membres du gouvernement. La visite vise à constater l'état d'avancement des travaux et à identifier les causes du ralentissement du projet. L'Office burundais des recettes indique alors que le coût du projet est estimé à plus de 11 milliards de francs burundais et qu'une commission est mise en place pour proposer des solutions au blocage.
Le projet connaît ensuite d'importantes difficultés. En 2018, le barrage est décrit comme étant en ruine : fissures, déformations, trous, lézardes dans le canal principal et effondrement de certaines parties de l'ouvrage sont signalés. Le ministre de l'Agriculture reconnaît alors l'existence d'irrégularités depuis les études de faisabilité jusqu'à l'exécution et la surveillance des travaux. L'État envisage de détruire l'ouvrage et d'en construire un nouveau.
En 2019, le gouvernement annonce la relance du projet, mais les travaux tardent à reprendre. En 2021, des sources sectorielles indiquent que le marché de reconstruction a été attribué à SOGEA-SATOM et GETRA, tandis que les dossiers liés à l'échec du premier projet sont transmis à la justice. Le , le président Évariste Ndayishimiye visite le barrage et annonce la mise en place d'une commission d'experts chargée d'évaluer les activités réalisées et les responsabilités éventuelles. La présidence indique que le projet devait comprendre trois phases : la digue d'irrigation, les canaux d'irrigation et la distribution d'eau dans les champs,.