Il est resté connu pour son ouvrage de référence La Technique de la peinture à l'huile, publié en 1959, et son implication dans le mouvememt des Seiz Breur.
Biographie
Enfance et formation
Il est le fils de Roger de Langlais et de Marguerite Joséphine Huchet du Guermeur.
Xavier de Langlais suit des études à l'École des beaux-arts de Nantes de 1922 à 1926. Il s'inscrit en tant qu'élève libre dans l’atelier d’Ernest Laurent, où il reste jusqu’en 1928.
Il cherche sa voie dans un art nouveau en phase avec son amour de la Bretagne. Langlais se spécialise dans la peinture et la décoration des églises, et dans la recherche de technique picturale nouvelle. C'est ainsi qu'il prend contact avec Spéranza Calo-Séailles et lui fournira des cartons qu'elle reproduira sur Lap.
Seconde Guerre mondiale
En 1941, lui et plusieurs artistes écrivent une chronique en breton publiée et signée sous le même pseudonyme de Lan hag Hervé pour le quotidien régionaliste à tendance pétainisteLa Bretagne de Yann Fouéré. Il y publie 136 chroniques traitant de culture, de littérature, d'actualité... 6 chroniques traitant des juifs apparaissent sur les 875 répertoriées dont certaines clairement antisémites mais elles n'ont pas été rédigées par Xavier de Langlais.
Après-guerre
La même année, il est vice-président du Bleun-Brug.
Il dessine avec Herry Caouissin des uniformes pour des «scouts bretons» présentés à l'occasion du 23e congrès annuel du Bleun-Brug.
Il publie en 1959 son ouvrage intitulé La Technique de la peinture à l'huile.
Xavier de Langlais consacre ses dernières années à l'écriture d'ouvrages en faveur de la culture bretonne.
Prises de positions au sein du militantisme breton
En 1936, puis en 1945, il peint un ensemble de cinq taolennoù, commandés par les missionnaires montfortains de Guipavas et très largement inspirées des images de Vincent Huby. En 1946, il peint une série de quatre taolennoù, commandés par le père Médard, un capucin de Guingamp. Ce sont les derniers historiquement à avoir été peints. «Dans ses taolennoù, Xavier de Langlais rompt avec la tradition: finis les cœurs surmontés d'une tête, les diables, les serpents, les crapauds et autres symboles des péchés capitaux; place aux sacrements, place au pardon, place à l'Église où le Christ accueille les bras ouverts tous ceux qui viennent à lui».
Écrivain bretonnant, il est l'ardent promoteur d'une réforme orthographique qui permettrait d'inclure les formes spécifiques du breton vannetais qu'il pratique. Les discussions entre écrivains qu'il organise à Vannes à partir de 1936 n'aboutissent qu'en 1941 à la réforme orthographique dite peurunvan. Son rôle dans l'unification de l'orthographe de la langue bretonne a été l'objet d'une thèse de Glenn Gouthe.
An diou zremm (les deux visages), pièce de théâtre illustrée par l'auteur, 1932.
An div zremm, in C'hoariva brezhonek, Skridoù Breizh, 1943 (avec d'autres pièces en breton de Perrot, J. Priel, R. Hemon, C. Marlowe, H. Ghéon).
Kanou en noz (poèmes), Rennes, Moulerez Kenwerzel Breiz, 1932, 67pp.
Koroll ar Marv hag ar Vuhez (Danse de la Mort et de la Vie), pièce de théâtre, éd. SAV, [1938], réédité par Hor Yezh, 2006, 79pp (avec ajout d'une partition musicale de George Arnoux et la traduction en français de l'auteur).
Ene al Linennoù (l'Âme des lignes); Brest, Skridoù Breizh, 1942, 84+8pp (avec résumé en français), réédité par Hor Yezh, 2011, 84pp.
Enez ar Rod (l'île sous cloche), Rennes, Ar Balb, 1949, 310pp, 27 pl. (bois), réédité par Hor Yezh, 2000 (roman de science-fiction écrit pendant les années 1940-1942).
traduction française: L'Ile sous cloche; Nantes, Aux Portes du Large, 1946.
Tristan hag Izold, éd. illustrée; Brest, Al Liamm, 1958, réédition en 1972 (traduction française en 1974).
La Technique de la peinture à l'huile. Histoire du procédé à l'huile, de Van Eyck à nos jours, Flammarion, 1959 détail de l'édition, réédité en 1963, 1966, 1968, 1973, 1988, 2002.
Nouvelle édition pochulaire en 2 volumes, Spézet, Coop Breizh, 2006, 511pp & 443pp.
Tristan et Yseult, traduit du breton par Andrev Roparz, Rennes, Terre de brume, 1994 (ISBN2908021374) (cf. 1958).
Romant ar Roue Arzhur. Marzhin (Merlin), version bretonne du premier livre du cycle arthurien, Brest, Al Liamm, 1975, 191 p.
Joseph Bédier (adaptation) et Xavier de Langlais (ill.Xavier de Langlais), Le roman de Tristan et Iseult, Fouesnant, Yoran Embanner, , 191p. (ISBN978-2-916579-13-9).
Peinture
Ses œuvres sont visibles notamment dans une vingtaine d'églises de Bretagne, surtout dans le Morbihan (Ploemeur, Lorient, Sarzeau, Étel et Surzur).
Entre 1953 et 1955, il a décoré 17 églises. Parmi les tableaux de Xavier de Langlais, onze sont protégés par classement par les monuments historiques:
Christ en Croix, fibrociment, Le Hézo, église paroissiale;
cinq Taolennoù, 1936, Guipavas, maison des Missionnaires montfortains au Rody:
La Persévérance;
La Rechute;
La Conversion de l’âme;
L’Âme en état de péché mortel;
Les deux chemins.
Fresque
La Vierge, et l'Enfant assis sur ses genoux donnant la main à Saint Joseph, entourés d'anges, 1936-1937, fresque du chœur, Lannion, chapelle Saint-Joseph.
Saint-Christophe et la mort, 1937, La Boissière, abside de la chapelle Saint-Christophe.
Vie de saint Malo et Vie de saint Lunaire, La Richardais, église Saint-Clément,.
Notre-Dame de la mer, 1958, offrande des marins, fresque sur mortier, Étel, église paroissiale.
Les Saints bretons et L'Arrivée du moine Brieuc et de ses compagnons au Légué, 1956-1958, fresques sur mortier de trois panneaux, Saint-Brieuc, chapelle de l'évêché. Ces deux œuvres ont été transférés dans la galerie du cloitre de la Maison Saint-Yves.
Formes géométriques, 1959, deux fresques au-dessus des autels des chapelles latérales, Lorient, église Saint-Louis.
↑Il signe ses œuvres sous la forme bretonnante «Langleiz», ou «Lanig» pour des illustrations de type bande dessinée.
12Glenn Gouthe, «Xavier de Langlais et la langue bretonne: création, sauvegarde, transmission: étude de la place du breton dans la vie d’une personnalité bretonne du XXe siècle», theses.hal.science, Université Rennes 2, (lire en ligne, consulté le )
↑Manuel Cornejo et Dimitra Diamantopoulou, «Spéranza Calo-Séailles, une Grceque à Paris et Antony. Une cantatrice et artiste oubliée», sur speranzacalo.blogspot.fr.
↑Georges Cadiou, L'hermine et la croix gammée: le mouvement breton et la collaboration, 2001, p.112.
↑Youenn Michel, «La défense de la culture bretonne : élément et enjeu du passage d’une laïcité de combat à une laïcité ouverte (années 1940-années 1960)», dans Les Bretons et la Séparation: 1795-2005, Presses universitaires de Rennes, coll.«Histoire», , 357–368p. (ISBN978-2-7535-2357-9, lire en ligne)
↑«Pendant les dernières années de sa vie, il a consacré plus de temps à son œuvre d'écrivain qu'à celle de peintre», Gaëtan de Langlais dans Xavier de Langlais et la Bretagne de Denise_Delouche, préface de Jean-Yves_Veillard, Spézet, éditions Coop_Breizh, 1999, p.159.
↑Fañch Roudaut et Ronan Calvez, «Les animaux dans les taolennou. Une image globalement négative», dans Les animaux dans les taolennou. Une image globalement négative, Association les Amis de Gaël Milin, , 27p. (lire en ligne)
↑La pose de cette fresque a fait l'objet d'un film de 1953 en ligne sur vimeo.com.
↑Cette fresque a été déposée et encadrée, les descendants de l'artiste souhaitant en faire don au futur musée des Phares et Balises de Brest[réf.nécessaire].
Marie Le Franc, Xavier de Langlais, revue Bretagne, no98 de Juillet- (avec quatre illustrations)
Patricia Plaud-Dihuit, Xavier de Langlais et L'île de Sein: à propos de dessins inédits, Rennes, Presses Universitaires, 1997.
Florence Collet, Les décorations dans les édifices religieux en Bretagne, maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Denise Delouche, éditeur?
Fabienne Tireau, Étude comparative de l'île sous cloche de Xavier de Langlais et de L'Île du docteur Moreau de Wells, mémoire de maîtrise de lettres modernes, éditeur?