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Laurent Chabosy |
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Grand prix de la ville d'Angoulême () Liste détaillée Prix Révélation () Prix Inkpot () Prix de la série () Grand prix de la ville d'Angoulême () Grand Prix des lecteurs du Journal de Mickey - catégorie bande dessinée (d) () |
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Laurent Chabosy, dit Lewis Trondheim, né le à Fontainebleau, est un dessinateur, scénariste et éditeur français de bande dessinée.
Il est un des membres fondateurs de L'Association, de l'OuBaPo, de la collection « Shampooing » de Delcourt, du Syndicat des auteurs de bande dessinée » (SNAC-BD) et de la revue Papier.
Il est notamment connu pour être un auteur très prolifique et pour son style zoomorphique.
Né à Fontainebleau de parents libraires, après un CAP de dessin industriel et un reclassement en terminale A4 et une année d'armée en Allemagne, il entre dans une école de graphisme publicitaire. Il rencontre Jean-Christophe Menu dans un colloque de Cerisy en 1987, ce qui lui permet de comprendre qu'il est possible de faire de la bande dessinée sans connaître le dessin académique.
Harry Morgan, auteur du fanzine The Adamantine, décide Trondheim à lancer son propre fanzine, Approximate Continuum Comics Institute H3319 (ACCI H3319). Les Cahiers de la bande dessinée y voient en la « naissance d'un nouvel humoriste ». Il produit « douze numéros et demi ». Certaines des histoires comportaient des visages humains, ce qu'il abandonne presque définitivement par la suite. Le premier livre de Trondheim, Psychanalyse, est un recueil d'histoires courtes publiées dans ACCI H3319.
En 1990, il fonde L'Association, en collaboration avec Jean-Christophe Menu, David B., Stanislas, Mattt Konture, Patrice Killoffer et Mokeït. Dans le cadre des expérimentations de cette nouvelle maison d'édition, Trondheim se lance dans un exercice de style : créer une bande dessinée de 500 pages exactement, sans crayonné, sans scénario écrit au préalable et en respectant un format gaufrier de trois cases sur quatre. Contrainte supplémentaire : avant d'entamer cet exercice, il ne sait pas dessiner (c'est du moins ce qu'il affirme). C'est ainsi que naît Lapinot et les carottes de Patagonie.
En 1992, il s'installe à l'Atelier Nawak avec Jean-Christophe Menu, Jean-Pierre Duffour, Emile Bravo, Christophe Blain, David B., suivi de Joann Sfar, et Fabrice Tarrin.
Début 1993, il participe à la création de l'OuBaPo (Ouvroir de bande dessinée potentielle) et en reste membre pendant plusieurs années. Trondheim en est un des précurseurs, avec la bande dessinée Moins d'un quart de seconde pour vivre, créée avec Jean-Christophe Menu au dessin en 1991, donc avant le lancement de l'OuBaPo.
En 2000, il réalise une série d'animation, Les Aventures d'une mouche, inspirée de sa bande dessinée La Mouche, avec l'aide de Samuel Kaminka et d'un coproducteur canadien. Les 65 épisodes sont notamment diffusés sur la chaîne de télévision française France 3 dans MNK, TO3 et France Truc et sur Télétoon.
En 2004, Lewis Trondheim annonce qu'il compte cesser d'être un auteur de bandes dessinées et se consacrer uniquement à la version animée du Roi Catastrophe[réf. nécessaire]. Il travaille depuis à cette dernière et à Donjon. Mais la version animée est finalement annulée et il a, depuis lors, écrit et dessiné d'autres albums.
En 2005, il lance la collection « Shampooing », chez Delcourt.
Début 2005, apparait la bande dessinée en ligne d'un auteur inconnu dénommé Frantico. Une rumeur persistante (malgré plusieurs démentis) veut que Lewis Trondheim soit l'auteur énigmatique de ce blog. Le doute sur son identité persistera jusqu'en 2020, quand les dessins originaux sont présentés à l'exposition Lewis Trondheim fait des histoires.
En 2006, il crée également sa bande dessinée en ligne officielle, Les Petits Riens.
Fin 2006, il annonce son départ de L'Association en raison de « divergences éditoriales » avec Jean-Christophe Menu,.
En 2007, il participe à la fondation du « syndicat des auteurs de bande dessinée » (SNAC-BD). Il crée la mascotte-trophée du Festival d'Angoulême, le Fauve.
En 2013, il fonde avec Yannick Lejeune la revue de bande dessinée Papier, publiée par Delcourt dans la collection « Shampooing ».
En 2015, il scénarise avec Davy Mourier une série télévisée intitulée Reboot, qui est diffusée par France 4.
En 2020, son œuvre fait l'objet d'une exposition rétrospective à la Cité Internationale de la Bande Dessinée, inaugurée par le Président de République à l'occasion du festival d'Angoulême.
Il joue, comme Joann Sfar, du ukulélé. Il accompagne de cet instrument Judith Holofernes, la chanteuse et guitariste allemande du groupe Wir sind Helden qui lui a demandé de faire des illustrations pour ses concerts. On le voit aussi apprendre et progresser à la guitare le long de sa série des Petits Riens.
Membre du Réseau éducation sans frontières, Trondheim est le parrain d'un jeune Marocain, Abderrahmane.
Il est marié à la coloriste Brigitte Findakly.
Lewis Trondheim refuse d'accorder des interviews aux journalistes, arguant que tout est dit dans ses œuvres. Il n'aime pas les journalistes et ne s'en cache pas, les appelant même ses « ennemis ».
« Les journalistes savent que je ne les aime pas. Surtout Yves-Marie Labé du Monde. Il y en a quelques autres aussi. J’aimerais bien nettoyer l’univers de la bande dessinée des pseudo-journalistes qui n’y connaissent rien. Je crois que le temps des consensus mous est fini, pour la BD et pour le reste. Il faut nommer nos ennemis, aussi puissants soient-ils. Par exemple Le Monde, c’est caca. Ce groupe a racheté Télérama pour en tirer le plus d’argent possible. Usuellement, ça ne se dit jamais, sinon on perd des articles et des ventes hypothétiques. Je me permets donc de chier dans la bouche de qui il me plaira afin d’être enfin un maillon qui permettra d’échapper à cette période sombre du pré-sarkozysme annoncée, du politiquement correct UMPien. C’est la somme des individus de bonne volonté qui fait changer le monde à long terme, pas les mini-Napoléon à vision étroite. Merde ! J’espère que je n’en suis pas un ! »
— Lewis Trondheim, en réponse à la question : « Craignez-vous la surexposition médiatique à venir ? », 20 minutes, le 02/02/2006.
Il a pris l'habitude de répondre aux interviews de manière humoristique. Par exemple, à la question « Pourquoi avoir décidé d'en faire un album ? » à propos de l'album Boule de neige, il répond « Parce qu'il va y avoir une gigantesque éruption solaire qui va péter tous les satellites. Il n'y aura plus Internet et on sera content d'en avoir une trace sur papier », ou encore, à la question : « Comment expliquez-vous cette productivité ? », il répond : « Si je ne faisais pas de BD, je ne gagnerais pas d’argent et j’aurais faim. Ce serait embêtant et je mourrais ».
En vieillissant, il est plus diplomate, comme il l'explique à Stéphane Jarno, journaliste à Télérama, en réponse à la remarque : « Vous passez pourtant pour avoir un sale caractère, certaines de vos sorties ont blessé… ».
« Oui, c’est même inscrit sur ma fiche Wikipédia ! Il paraît que je déteste les journalistes, que je ne leur accorde jamais d’interviews… Pourtant, j’ai travaillé avec près de quatre-vingts auteurs différents et je ne me suis fâché qu’avec très peu d’entre eux ! Je suis capable de réflexions à l’emporte-pièce quand je ne comprends pas ce que l’on me dit ou que mon interlocuteur me prend pour un con. Ça me fatigue très vite parce que je n’aime pas perdre mon temps, là, ça part… Parfois c’est mérité, parfois ça tombe mal. Je fais de plus en plus attention, ce qui est dur, mais souvent je ne regrette pas de m’être tu. »
— Lewis Trondheim, telerama.fr, 27/01/2020.
Pour ses autographes, il a pris pour habitude d'accompagner sa signature et ses dessins personnalisés de la mention « Approximativement »[réf. nécessaire].
Il accepte finalement de répondre aux questions de l'écrivain spécialiste de bande dessinée Thierry Groensteen pour un livre d'entretiens paru en 2020 à L'Association.
Les premières histoires de Trondheim, publiées dans ACCI H3319, consistent souvent en une suite de cases photocopiées autant de fois que nécessaire, formant ainsi des strips où seuls les dialogues changent d'une case à l'autre. Cette technique, que l'OuBaPo appelle par la suite itération iconique et le graphisme peu appliqué de Trondheim, semblent démontrer un certain radicalisme, une volonté de désacralisation du dessin. Ceci impose à l'auteur une lisibilité qui fait penser à la ligne claire.
L'exercice de Moins d'un quart de seconde pour vivre impose de nouvelles contraintes. Il s'agit toujours d'itération iconique, mais avec des cases en nombre limité (huit), dessinées par un autre (Jean-Christophe Menu). Trondheim doit donc recourir à certains artifices pour garder un maximum de liberté dans le dialogue, notamment en multipliant les personnages hors-champ.
Cependant, la narration de Trondheim reste classique. Il ne révolutionne pas les grands principes et les outils du comic strip tels que la mise en page, mais utilise des thèmes et des personnages bizarres, qui suffisent parfois à eux seuls à justifier un gag. C'est dans le décalage que Trondheim trouve sa marque de fabrique.
C'est en entamant Lapinot et les carottes de Patagonie que Trondheim va rompre avec l'itération iconique et passer à la bande dessinée zoomorphique.
En se lançant à lui-même le défi de Lapinot et les carottes de Patagonie - 500 planches de 3 cases sur 4 improvisées au fur et à mesure - Trondheim cherche avant tout à trouver une efficacité, à acquérir une technique qui lui permette de raconter une histoire complexe avec un minimum de moyens. C'est pourquoi il se force à abandonner le crayonné et à dessiner directement à l'encre. Cette technique de dessin direct, caractéristique fondamentale de Trondheim, peut être vue comme une forme de transparence, tandis que le crayonné, invisible sur la planche terminée, « cache » une partie du procédé. Pour se faciliter la tâche, il utilise volontairement un trait gras et, lors des premières planches, dessine chaque case séparément afin de les couper/coller l'une derrière l'autre (reproduisant ainsi la technique qu'il utilisait pour Psychanalyse et Le Dormeur).
Comme pour les Carottes et dans l'esprit de l'OuBaPo, Trondheim travaille systématiquement sous une forme ou l'autre de contrainte. Il se lance, telle une boutade, une contrainte formelle ou technique et il s'y tient. Plus la contrainte est forte, plus son travail serait stimulant. Une partie de son art dépend directement de l'intérêt du lecteur pour les procédés, les « clés de compréhension » utilisées par Lewis Trondheim dans ces histoires.
Selon Trondheim lui-même, les principales personnes qui lui ont donné l'envie de se lancer dans la bande dessinée animalière sont Carl Barks, Floyd Gottfredson et Walt Disney connus respectivement pour les bandes dessinées de Picsou et de Mickey Mouse. Les BD de Trondheim sont zoomorphiques dans la mesure où ses personnages sont humains, avec des caractéristiques (physiques notamment) animales. Une des particularités de ce zoomorphisme trondheimien est qu'on y retrouve des « acteurs ». En effet, le Lapinot des Carottes n'est pas celui de Blacktown, qui n'est pas le même que celui de Vacances de printemps. En somme, il s'agit d'un même personnage qui joue des personnalités et des époques différentes. Il en va de même pour le chien (Titi de La vie comme elle vient, Pichenettes, Slaloms / Mac Terry de Vacances de printemps L'inspecteur de Walter), le chat (Richard / Mildiou / Richardson), le canard (Félix de sans Lapinot / Herbert de Donjon / Ralph Azham), etc.
« Pourquoi créer de nouveaux personnages alors que certains peuvent servir de matrice et s'en enrichir ? Il faut qu'un album isolément soit intéressant, mais il faut aussi que l'ensemble des albums ait une richesse supplémentaire, et que ce ne soit pas une simple répétition d'actions et de scénarios. »
— Lewis Trondheim, cité par Laurent Gerbier et Didier Ottaviani
Mais l'animalier n'est pas le seul univers exploité par Trondheim, certaines de ses créations mettent en scène des extra-terrestres (A.L.I.E.E.N, Kaput et Zösky) ou des monstres (Psychanalyse, Monstrueux...). Ce qui importe est surtout la notion de masque, qui rend l'identité la plus explicite possible. David Turgeon qualifie cette approche de schématiste : le but n'est pas d'atteindre un réalisme de la représentation, mais de mettre en évidence les rôles des personnages et d'exacerber leurs relations.
Dans ses bandes dessinées autobiographiques (Approximativement, la série des Petits riens...) Lewis Trodheim se représente lui-même sous la forme d'une perruche.
Une des principales caractéristiques de l’œuvre de Trondheim est la contrainte. Trondheim, en fondateur de l'OuBapo — et donc héritier de l'OuLiPo — est « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir ». Chez Trondheim, les contraintes sont peu visibles et donnent même l'impression de permettre à l'auteur une grande liberté.
Lewis Trondheim est scénariste et dessinateur, sauf indication contraire.