
Lisbonne est la capitale du Portugal depuis 1260. Elle atteignit son apogée à l'époque de l'empire colonial portugais au XVIe siècle.
Fondée vers -1200, Lisbonne est l'une des villes les plus anciennes d'Europe (après Athènes, mais avant Rome), et du Portugal (avec Setúbal, Alcácer do Sal, et quelques villes de l'Algarve). Sa prospérité vint :
Lisbonne a pour autres noms :
Ulysse aurait fondé la ville, après avoir quitté Troie et rejoint l'Atlantique pour fuir la coalition grecque (voir guerre de Troie). L'étymologie populaire racontait que la cité aurait été fondée par Ulysse, ce qui expliquerait l'origine du nom de la ville, Olissipo.
Il en reste quelques mégalithes en périphérie de la ville.
Ce sont probablement des Tyriotes qui le fondèrent. Ils nommèrent ce comptoir Alis Ubbo (port sûr ou anse agréable). Il était situé au centre de la ville actuelle, sur la pente sud de la colline du château Saint-Georges, jusqu'aux rives du Tage. Il s'agissait d'un emplacement idéal, qui possédait toutes les caractéristiques des emplacements habituels des Phéniciens pour fonder un comptoir :
Progressivement, d'un simple entrepôt pour le commerce avec la mer du Nord, Alis Ubbo devint un centre commercial de première importance : il s'y échangeait métaux précieux, produits manufacturés, sel, poisson salé, chevaux qui étaient les ancêtres des chevaux actuels lusitaniens, et déjà à l'époque réputés pour leur rapidité.
Même si elle devait un tribut à sa métropole, Alis Ubbo disposait d'une quasi-indépendance.
Carthage avait plutôt un gouvernement centralisateur, et réduisit généralement l'autonomie des colonies phéniciennes. Les Grecs tentèrent probablement d'installer un comptoir; il fut rapidement abandonné, face à l'omniprésence de Carthage dans la région.
La ville soutenait Rome et devint une base de ravitaillement militaire. Elle subit de nombreuses attaques.
Celui-ci fortifia la ville.
Ce statut était rare à l'époque pour les villes non italiennes. La cité faisait partie de la nouvelle province de Lusitanie. Elle demeurait très autonome vis-à-vis du gouvernement basé à Emerita Augusta (Mérida), contrairement aux autres localités.
Olissipo prospéra comme centre de commerce de l'Empire :
Elle exportait le garum, très prisé, du vin, du sel.
Elle était le point de départ de la romanisation des tribus du Tage à l'intérieur de l'Hispanie. Elle était reliée par route à deux autres villes de l'Hispanie occidentale : Bracara Augusta (Braga) et Emerita Augusta (Merida).
Deux familles, les Julii et les Cassiae, gouvernaient la cité à l'aide d'une assemblée oligarchique. Des traces ont été gardées de pétitions adressées au gouverneur de la province à Emerita Augusta et à l'empereur Tibère, notamment d'une demande d'aide pour combattre les monstres marins, soi-disant responsables des naufrages. Parmi la majorité de latinophones, vivait une importante minorité de commerçants grecs et d'esclaves.
L'arrivée des Romains entraîna la conversion du panthéon local vers le panthéon de Rome. Furent notamment vénérés Esculape, Cybèle, ainsi qu'une divinité locale, mi-serpent, mi-lézard. La ville fut un des centres de propagation du christianisme dans le pays. Un de ses premiers évêques fut São Gens. À l'époque de l'Empereur Dioclétien furent martyrisés les trois frères et sœurs São Veríssimo, Santa Máxima et Santa Júlia ().
Au cours du IVe siècle, Potamius fut évêque de la ville.
Les Wisigoths appelaient la ville Ulishbona. Malgré cette époque perturbée, et même si elle possédait une population moindre, elle garda des liens commerciaux avec Constantinople. Des communautés grecques, syriennes et juives existaient et échangeaient produits locaux contre produits d'Asie.
La ville intégra alors l'empire du Califat omeyyade de Damas.
La ville, opulente, devient l'objet des raids chrétiens, menés par le roi Alphonse II des Asturies.
Les Vikings finissent par s'en aller, face à la résistance des habitants.
Les notables de al-Ushbuna oscillèrent entre obéissance à la taïfa de Bajadoz ou celle de Séville. Ils parvinrent ainsi à obtenir une considérable autonomie.
Les Almoravides, menés par `Alî ibn Yûsuf, envahirent la péninsule. Ils furent arrêtés dans la région de Tomar par Gualdim Pais.
Le royaume de León était à l'époque en pleine reconquête de la péninsule ibérique. Le centre administratif du comté était Guimarães. Pourtant, c'est la force économique de la ville de Porto qui permit son autonomie. Porto jouissait d'une position (sur un fleuve d'importance, le Douro) et d'une importance similaire à Lisbonne. La conquête de la ville, célèbre et opulente, donnerait le prestige nécessaire pour fonder un royaume.
Afonso obtint l'aide d'une nombreuse flotte de Croisés, environ 164 bateaux remplis de soldats (majoritairement anglais, normands, français et flamands), alléchés par les promesses de pillage libre. Les forces portugaises attaquaient sur terre, tandis que les Croisés montaient leurs machines de siège (catapultes et tours) et attaquaient par la mer. Elles empêchèrent des renforts venus du Sud de rejoindre la ville.
Lors des premiers affrontements entre chrétiens et musulmans, les seconds étaient vainqueurs et parvinrent à tuer de nombreux chrétiens. Le moral des croisés en fut affecté. Des conflits sanglants surgirent entre les divers groupes chrétiens.
Selon la légende, une des portes céda et le Portugais Martim Moniz réussit à la maintenir ouverte aux envahisseurs à l'aide de son propre corps. Il mourut aplati par elle. Plus probablement, une brèche dans les murailles fut ouverte à l'aide des machines.
Suivirent 5 jours de pillages, assassinats et viols par et les Croisés et les Portugais envers la population, sans aucune distinction de religion. La légende raconte que même l'évêque fut tué par des pillards intéressés par le vol des trésors de son église. Selon les chroniques, 30 000 personnes furent mis en esclavage. Beaucoup moururent ou s'enfuirent. Les musulmans restant furent cloisonnés dans un quartier spécifique, la Mouraria.
Eut lieu une cérémonie religieuse, transformant la grande mosquée en la cathédrale Sé. Un nouvel évêque est nommé : Gilbert de Hastings, un croisé anglais. De nombreux croisés obtinrent des terres et des titres dans la région. Une légende raconte que c'est aussi à cette époque que la dépouille de saint Vincent accosta le rivage de Lisbonne sur une embarcation vide, uniquement guidée par deux corbeaux. Saint Vincent devint donc le saint de la ville et depuis figure sur son blason une barque flanquée de deux corbeaux.
Alphonse III transféra la Cour, les Archives et le Trésor de Coimbra à Lisbonne.






L'industrie était soutenue de façon dirigiste, mais aussi vigoureuse. Un certain nombre de manufactures royales furent établies à Lisbonne et dans d'autres villes. Ces manufactures prospérèrent. À la fin du gouvernement pombalin, et par rapport au début de celui-ci, le nombre des manufactures était multiplié par 20. Enfin, les divers impôts et droits douaniers à l'intérieur du pays, préjudiciables au commerce furent pour la plupart abolis. Grâce à ces réformes, Pombal put s'appuyer sur des donations et des prêts accordés par les marchands et les industriels de Lisbonne.
À Lisbonne, Pombal rejeta les conseils de certains qui préconisaient de déplacer la capitale dans une autre ville. Il ordonna la reconstruction en accord avec les nouvelles théories d'organisation urbaine. Il ordonna même une évaluation de la situation concrète au moyen d'une enquête d'un type inédit auprès de la population. La reconstruction, d'un coût de plus de 20 millions de cruzados, fut financée en grande partie par le Brésil. D'autre part, l'Angleterre, l'Espagne et la Hanse allemande apportèrent leur soutien en envoyant des matériaux de construction. Dans l'attente de l'érection de nouveaux palais en pierre, le Roi et la Cour vécurent dans des palais de bois. Il fut envisagé de déplacer le centre-ville à Belém. Mais Eugénio dos Santos élabora un autre projet pour la Baixa, le quartier le plus endommagé. Ce fut cette dernière solution qui fut choisie par Pombal. À la place de rues étroites et d'édifices instables de par la construction désordonnée par les habitants, c'était l'État lui-même qui se chargeait de construire des rues larges, pour réduire les risques d'accidents en cas de chutes de débris lors des séismes et pour faciliter la circulation, et des bâtiments à plusieurs étages. Ceux-ci furent construits avec des techniques plus modernes, en poulailler, c'est-à-dire sur un squelette solide de bois qui leur confère de la souplesse en cas de séismes. Les façades furent de style néo-classique et les fenêtres en guillotines. Le centre-ville fut déplacé dans des rues plus à l’est : la nouvelle Rua Augusta, Rua do Rei, Rua do Príncipe, Rua do Ouro… Le Terreiro do Paço fut aussi reconstruit en arches, avec la célèbre Arco ouvrant sur la Rua Augusta. De nouveaux bâtiments y furent édifiés : ministères, tribunaux, l'Arsenal, les Douanes Alfândega, la Bourse, une statue du roi José Ier. Fut aussi créé le Passage public, mélange de trottoirs et jardins, où se trouve aujourd'hui l’avenue de la Liberté.
Malgré la volonté du gouvernement, les classes moyennes éduquées ne s'installèrent pas dans ce centre-ville. Ce furent les artisans et les marchands de boutique qui créèrent le véritable centre commercial qui continua de se transformer jusqu'à aujourd'hui. Le Rossio fut réagencé selon le second projet de Carlos Mardel. Le vieux Palácio da Inquisição fut remplacé par le théâtre national Dona Maria II. À l'endroit où se tenait l'Hospital de Todos-os-Santos fut construite une nouvelle place pour un marché : initialement appelée Praça Nova ou Praça das Ervas, aujourd'hui elle est appelée Praça da Figueira.
À la fin du XVIIIe siècle, à la suite de la guerre d'indépendance américaine, les idées libérales commencèrent à prendre un poids important à travers toute l'Europe. Au début de la Révolution française, les libéraux lisboètes jubilèrent de la défaite des aristocrates français. Mais très vite, la révolution se radicalisa. Alliée à l'Angleterre, le Portugal refusa de participer au blocus continental décrété par Napoléon. Ce dernier envoya alors une armée commandée par Junot pour conquérir le pays.

