La paronymie est la quasi-similitude de deux mots de sens différents. Comme l'indique son étymologie, le mot est composé de deux mots d'origine grecque : παρά / pará, « auprès de » et de ὄνομα / ónoma, « nom ». La première définition de ce concept, directement issue de son étymologie, est selon Le Petit Robert qu'il « se dit de mots presque homonymes (exemple : “conjecture”, “conjoncture”) ».
En règle générale, sauf exception et pour simplifier, deux mots paronymes entre eux diffèrent donc l'un de l'autre par très peu de sons et le plus souvent par un seul son voire une seule lettre comme « crime » et « crème », « douceur » et « douleur », « inique » et « unique », « lacune » et « lagune ».
La plupart des linguistes[Qui ?] distinguent cette similitude formelle, lexicale de l'identité de sens (la synonymie) et de l'identité de forme, l'homonymie, mais, comme cette dernière, elle peut être soit orale (jusqu'à l'homophonie), soit écrite (jusqu'à l'homographie), soit les deux, jusqu'à l'homonymie donc. La paronymie est parfois utilisée à des fins rhétoriques ou poétiques, ou pour jouer sur les mots et proposer une complicité humoristique grâce à l'homophonie approximative et à la contamination sémantique d'un mot par l'autre, comme une sorte de faux lapsus linguæ, une maladresse feinte.
Le mot paronyme a son propre paronyme : patronyme.
Certains toponymes peuvent présenter une paronymie :
Certains paronymes sont perçus comme homophones dans diverses régions de la francophonie. Exemples :
Les verbes conjugués peuvent donner des paronymies :
En rhétorique, la figure de style qui consiste à rapprocher des paronymes au sein du même énoncé est la paronomase (anciennement paronomasie). Du fait de son pouvoir fortement « accrocheur », ce jeu de mots reposant sur les ressemblances graphique et phonétique, est très souvent utilisé dans des énoncés qui ont vocation à être courts tout en étant efficaces : les proverbes, les aphorismes, les maximes, les publicités, les titres, les textes de rap, etc.
Le terme paronomase est issu d'un mot grec signifiant « transformer un mot », elle est connue chez Quintilien comme annominatio, figure qui attire l'attention de l'auditeur selon cet auteur. François Rabelais introduit le mot « paronomasie ». Le plus souvent amusante, divertissante, la paronomase peut remplir d'autres fonctions, comme dans « je vous envoie un bouquet » chez Pierre de Ronsard où fleuries et flétries, opposés, mettent en exergue la cruauté du temps qui passe.
Il existe un type particulier de paronomase, dans lequel le rapprochement n'est qu'implicite, car seul l'un des deux paronymes est cité. En fait, celui qui est cité prend la place de l'autre, dans une phrase où c'est l'autre que l'on attend.
Par exemple dans « pour respirer un peu d’air vrai » (de Gilbert Cesbron), ce n'est pas vrai qu'on attend, mais frais, bien qu'il ne soit pas cité.
De même, la citation de Victor Hugo « Sur le Racine mort le Campistron pullule » est une déformation implicite de la phrase : « Sur la racine morte le champignon pullule. »
« À qui qu'ce soit que je m'agresse » (et non m'adresse), dans la chanson Où C'est Que J'ai Mis Mon Flingue ? de Renaud.
« Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps » (et non du beau temps), dans la chanson L'Orage de Georges Brassens.
Le refrain de Je suis né au Chili de Boby Lapointe fait indirectement allusion à un vêtement féminin, la pêche à la ligne, et à de la nourriture :
Et je veux rendre à ma façon
Grâce à votre graisse à masser. [ ≈ amassée]
Votre saindoux pour le corps c'est [≈ sein doux pour le corset]
Ce que mes vers pour l'âme sont. [ ≈ mes vers (animaux) pour l'hameçon]
De tout ce qu'à ma peau me fîtes [ ≈ pommes-frites]
Combien fus-je épaté de fois ! [ ≈ pâté de foie]
Combien à vous qui m'épatâtes [ ≈ patates]
Mon bon petit cœur confus doit ! [ ≈ confit d'oie]
La série d'albums Prince de Motordu de Pef, aux Éditions Gallimard est fondée sur le remplacement de certains mots par leur paronyme.