Le prix Jean-Reynaud, créé par legs de la veuve du philosophe Jean Reynaud, Léonie Félicité Quenouille, est un prix annuel de l'Institut de France dont la particularité est d'être décerné à tour de rôle par chacune des cinq Académies. À l'origine doté d'une rente annuelle de 10 000 francs, selon les termes de sa fondation, le prix doit être décerné «au travail le plus méritant qui se sera produit pendant une période de cinq ans». Il doit revenir «à une œuvre originale, élevée, et ayant un caractère d’invention et de nouveauté», et est également le seul prix de l’Institut à ne pas exclure les membres des cinq Académies des lauréats éventuels.
Le prix Jean-Reynaud est considéré à l’époque de sa création comme «le plus important» de tous les prix de l’Institut «par sa valeur, par son importance», selon le secrétaire perpétuel de l’Académie française Camille Doucet, ou encore, quelques années plus tard, comme «le plus considérable de tous», d’après Gaston Boissier, et «une des fondations les plus considérables dont dispose l’Institut» pour Edmond Pottier.
Il n'est plus attribué par l'Académie française après 1979, avant d'être abandonné par les autres académies, à l'exception de l'Académie des inscriptions et belles-lettres qui continue à le décerner de façon quinquennale et sous le nom de médaille Jean Reynaud depuis 2020.
Liste des lauréats
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1883 (Académie des sciences morales et politiques): François-Tommy Perrens pour Histoire de Florence depuis ses origines jusqu’à la domination des Médicis (6 vol., Paris, Hachette, 1877-1883).
1885 (Académie des inscriptions et belles-lettres): Étienne Aymonier, «pour sa découverte des inscriptions sanscrites du Cambodge et la traduction de la partie kmer de ces inscriptions».
Pour sa découverte du principe de la vaccination contre la rage, Louis Pasteur reçoit le prix Reynaud décerné par l'Académie des sciences en 1886.
1886 (Académie des sciences): Louis Pasteur pour ses recherches sur la rage (1881-1885).
1894 (Académie française): Paul Déroulède pour Chants du soldat (1872) et Chants du paysan (1894).
1895 (Académie des inscriptions et belles lettres): Émile Chatelain pour Paléographie des classiques latins (2 vol. en 14 fasc., Paris, Hachette, 1884-1900) et l’ensemble de ses publications.
1896 (Académie des sciences): Henri Poincaré, pour l'ensemble de ses travaux.
1900 (Académie des inscriptions et belles lettres): Adolphe Hatzfeld, Arsène Darmesteter (à titre posthume) et Antoine Thomas pour Dictionnaire général de la langue française du commencement du XVIIe siècle jusqu’à nos jours (Paris, Delagrave, 1890-1900).
1903 (Académie des sciences morales et politiques): Paul Tannery et Charles Adam pour l'édition des Œuvres complètes de Descartes (6 vol. parus sur 12, Paris, L. Cerf, 1897-1913).
1923 (Académie des sciences morales et politiques): Jacques Flach, à titre posthume, pour Les Origines de l’ancienne France (vol. 4, Paris, Tenin, 1918).
1924 (Académie française): Pierre Villey pour Les Grands Écrivains du XVIesiècle.
1925 (Académie des inscriptions et belles lettres): Henri Cordier, à titre posthume, pour l’ensemble de son œuvre.
1927 (Académie des Beaux-Arts): François-Léon Sicard, sculpteur, pour le monument À la convention nationale, au Panthéon.
1928 (Académie des sciences morales et politiques): Frédéric Paulhan, pour Analystes et esprits synthétiques, et pour l’ensemble de son œuvre.
1929 (Académie française): Stéphane Gsell pour Histoire ancienne de l’Afrique du nord (8 vol., Paris, Hachette, 1913-1928).
1930 (Académie des inscriptions et belles lettres): Henri Hauvette pour L’Arioste et la poésie chevaleresque à Ferrare au XVIesiècle (Paris, Champion, 1927) et La Provence et la France dans l’œuvre de Dante (Paris, Boivin, 1929), et pour l’ensemble de ses travaux.
1931 (Académie des sciences): Paul Appell, à titre posthume, pour l’ensemble de son œuvre.
1932 (Académie des Beaux-Arts): Jean Dampt pour l’ensemble de son œuvre
1933 (Académie des sciences morales et politiques): Édouard Le Roy pour La Pensée intuitive (2 vol., Paris, Boivin, 1929-1930).
1938 (Académie des sciences morales et politiques): Marcel Marion pour Histoire du Berry et du Bourbonnais (Paris, Boivin, 1933) et Le Brigandage pendant la révolution (Paris, Plon, 1934).
1943 (Académie des sciences morales et politiques): Maurice Blondel pour sa Trilogie philosophique: La Pensée (2 vol., Paris, Alcan, 1934); L'Être et les êtres (Paris, Alcan, 1935); L'Action (2 vol., Paris, Alcan, 1936-1937).
1957 (Académie des Beaux-Arts): Gabriel Rouchès (1879-1958) pour La Peinture espagnole, des origines au XXesiècle (t. 2, Paris, Albin Michel, 1958).
1958 (Académie des sciences morales et politiques): Henri Terrasse pour Islam d’Espagne. Une rencontre de l’Orient et de l’Occident (Paris, Plon, 1957).
1973 (Académie des sciences morales et politiques):
1974 (Académie française): André Corbeau (1898-1971) et Nando de Toni (1902-1982) pour l'édition du manuscrit A de Léonard de Vinci.
1975 (Académie des inscriptions et belles lettres): Emmanuèle Baumgartner pour Le Tristan en prose. Essai d’interprétation d’un roman médiéval (Genève, Droz, 1975).
1978 (Académie des sciences morales et politiques):
1979 (Académie française): Daniel Roche pour Le Siècle des Lumières en province (Académies et Académiciens provinciaux, 1680-1789).
Note: Dernière remise du prix Jean Reynaud par l'Académie française.
1980 (Académie des inscriptions et belles lettres): Françoise Bader (1932-....) pour Suffixes grecs en -m-, recherches comparatives sur l’hétéroclisie nominale (Genève, Droz, 1974).
1981 (Académie des sciences): Bernard Teissier, pour ses travaux sur les singularités des variétés algébriques et analytiques.
1983 (Académie des sciences morales et politiques): Jean Starobinski pour Montaigne en mouvement (Paris, Gallimard, 1982).
1985 (Académie des inscriptions et belles lettres, attribué en 1984): Itsuji Yoshikawa (1908-2002) pour l’ensemble de son œuvre et ses travaux sur l’église de Saint-Savin-sur-Gartempe.
1986 (Académie des sciences): Claude Benezra, «pour ses travaux de chimie appliquée à la dermatologie».
1988 (Académie des sciences morales et politiques): Nicole Commerçon pour La Dynamique du changement en ville moyenne. Châlon, Mâcon, Bourg (Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1988).
1990 (Académie des inscriptions et belles lettres): Laurent Dubois (1950-....), pour Inscriptions grecques dialectales de Sicile (Rome, École française de Rome, 1989).
1991: Laurent Clozel, «pour ses travaux sur les groupes réductifs et les formes automorphes».
1993 (Académie des sciences morales et politiques):
1995 (Académie des inscriptions et belles lettres): Marianne Cornevin, Archéologie africaine, à la lumière des découvertes récentes (Paris, Maisonneuve et Larose, 1993).
1996: Gérard Jaouen (1944-....), «pour ses travaux fondamentaux et prometteurs d’application dans le nouveau domaine de la bioorganométallique».
Note: Dernière remise du prix Jean Reynaud par l’Académie des sciences.
1998 (Académie des sciences morales et politiques): Pascal Jan pour La Saisine du Conseil constitutionnel.
2000 (Académie des inscriptions et belles lettres): Mirko Grmek et Danielle Gourevitch pour Les Maladies dans l’art antique (Paris, Fayard, 1998).
2003 (Académie des sciences morales et politiques): Bernard Pacteau (1946-2023) pour Le Conseil d’État et la fondation de la justice administrative française au XIXesiècle (Paris, Puf, 2003).
2005 (Académie des inscriptions et belles lettres): Sophie Petit-Renaud (1965-....) pour Faire Loy au royaume de France de Philippe VI à Charles V (1328-1380) (Paris, De Boccard, 2003).
2008 (Académie des sciences morales et politiques): Béatrice Delaurenti (1972-....) pour La Puissance des mots. Virtus verborum. Débats doctrinaux sur le pouvoir des incantations au Moyen Âge (Paris, Cerf, 2007).
Note: Dernière remise du prix Jean Reynaud par l’Académie des sciences morales et politiques.
2010 (Académie des inscriptions et belles lettres): Claire-Akiko Brisse pour À la croisée du texte et de l’image. Paysages cryptiques et poèmes cachés (ashide) dans le Japon classique et médiéval (Paris, Collège de France-IHÉJ, 2009).
2015 (Académie des inscriptions et belles lettres): Irina Tunkina (1960-....), pour l’ensemble de son œuvre.
2020: Christiane Tortel (1946-....), pour son ouvrage intitulé: Sacralisé, diabolisé. Le paon dans les religions, de l’Asie à la Méditerranée (Paris, Geuthner, 2019).