Les Publicii sont les membres de la gens Publicia, aussi connue sous les formes archaïques de Poblicia, Pobulicia, Poplicia, Populicia. Ils formaient une famille plébéienne de la Rome antique. À l'exception de leur ancêtre légendaire, les membres de cette gens apparaissent pour la première fois dans la documentation historique au cours de la première guerre punique. C'est de cette époque et des décennies qui suivent que date le seul consulat attesté pour cette famille, celui de Marcus Publicius Malleolus en 232 av. J.-C.; par la suite, les Publicii s'illustrent principalement par des fonctions militaires subalternes (tribunat militaire, préture) et surtout des fonctions financières de magistrats monétaires et de questeurs hors d'Italie.
Origines
Denier d'argent de Caius Publicius, vers 80 av. J.-C.; le droit représente une tête casquée de Rome tournée vers la droite. Le revers dépeint Héraklès terrassant le lion de Némée, pouvant être une allusion au Temple d'Hercule de Cori construit à cette époque.
Le nomenPublicius fait partie des noms portant le suffixe -icus. Étymologiquement, il dérive de l'adjectif publicus, mot latin signifiant «du peuple» ou «au peuple». Bien que cette famille ne soit pas mentionnée dans l'histoire de Rome avant le IIIesiècleav. J.-C., les Publicii prétendaient être issus d'une figure légendaire de l'époque royale, Ancus Publicius, général de la ligue latine venant de Cori. Ce dernier aurait mené, conjointement avec Spurius Vecilius de Lavinium une guerre contre Rome au cours du règne de Tullus Hostilius, troisième roi de Rome. Ce dernier revendiquait la domination de Rome sur les cités du Latium à la suite de la destruction d'Albe la Longue.
Praenomina connus
À l'exception du fondateur légendaire de cette famille, Ancus, les principaux prénoms connus pour la gens Publicia sont Lucius, Gaius / Caius, Marcus, Quintus et Cnaeus, soit les plus courants du répertoire de l'onomastique latine dans l'Antiquité.
Branches et cognomina attestés
Les Publicii sont connus pour deux branches, ou stirpes, principales: Malleolus et Bibulus. Toutes deux sont contemporaines de l'époque médio-républicaine. Le surnom Malleolus est un diminutif du latin malleus, signifiant marteau, utilisé comme emblème sur les monnaies frappées par les magistrats de cette famille,. Les Publicii Malleoli connaissent leur apogée entre le milieu du IIIesiècleav. J.-C., au cours des deux premières guerres puniques, et le début du dernier siècle avant notre ère. Le surnom bibulus signifie quant à lui poivrot, ou soiffard et désignait quelqu'un qui avait coutume de boire de l'alcool. Les membres de cette branche sont connus à partir de la deuxième guerre punique. On retrouve d'autres surnoms plus ponctuels pour cette gens à l'époque impériale.
Membres
Sous la République
Denier de Gaius Publicius Malleolus, fin des années 190 av. J.-C.; le droit représente une tête casquée de Mars vers la droite, avec un marteau au-dessus de la tête. Le revers représente un guerrier nu, à droite d'un trophée d'armes et portant une lance. À droite du revers, un bulletin de vote portant le nom de C. Malleolus.
Publicii précoces ou légendaires
Ancus Publicius de Cori, général de la ligue latine.
Publicii Malleoli
Lucius Publicius, (v. -335 -?).
Lucius Publicius Malleolus, (v. -310 -?).
Lucius Publicius Malleolus , (v. -280 - ap. -241), édile plébéien avec son frère, Marcus, en 241 av. J.-C.; lui et son frère Marcus instaurèrent également la fête des Floralia,,,,.
Marcus Publicius Malleolus, (v. -250 -?), attesté par une inscription dédicatoire à Esculape, découverte à Rome, datée entre 225 et 200 av. J.-C.
? (Publicius Malleolus), (v. -225 -?);
? (Publilius Malleolus), (v. -200 -?);
Caius (Publilius Malleolus), (v. -175 -?);
Caius Publicius Malleolus, (v. -150 - ap. -118), magistrat monétaire chargé de la fondation de Narbo Martius en 118 av. J.-C.,.
Caius Publicius Malleolus, (v. -115 - -80), triumvir monetalis à la fin des années 90 av. J.-C. et questeur en 80 attaché au service du proconsul de Cilicie, Cnaeus Cornelius Dolabella. Il se rend coupable de prévarication et de concussion à l'encontre des locaux. Après s'être considérablement enrichi, il meurt douteusement sur place, et est remplacé par Verrès, que Cicéron accuse du meurtre (probablement par artifice rhétorique),,.
(Publicius) Malleolus, (v. -90 - ap. -80);
Publicius Malleolus, (v. -140 - -101), célèbre pour être le premier Romain accusé et jugé pour matricide en 101 av. J.-C., acte pour lequel il fut condamné à être cousu à un sac et jeté dans la mer,,.
Inscription latine de la fin du IIIesiècleav. J.-C., mentionnant une offrande faite par Marcus Populicius / Publicius, fils de Marcus, à la divinité Esculape, acquittée en remerciement pour un vœu effectué.
Publicii Bibuli
Lucius Publicius Bibulus, tribun militaire de la deuxième légion en 216 av. J.-C., au début de la deuxième guerre punique,.
Gaius Publicius Bibulus, tribun de la plèbe en 209 av. J.-C., opposant de Marcus Claudius Marcellus, à qui il réussit à faire retirer son imperium (il est cependant réélu consul l'année suivante). Il s'agit probablement du même Publicius qui fit passer la lex Publicia de cereis, libérant les pauvres de l'obligation de fournir à leur patron des bougies de cire lors de la fête des Saturnales,,.
Denier de Marcus Publicius, 46-45 av. J.-C.; le droit représente une tête de Rome casquée regardant vers la droite. Le revers montre l'Hispanie personnifiée donnant une branche de palmier - emblème de victoire - à un soldat debout sur un rostre de navire. Il s'agit d'une allégorie de l'arrivée des soldats de Pompée en Espagne après la défaite de Thapsus.
Autres
Gaius Publicius, mentionné par Caton l'Ancien et par Cicéron, il pourrait s'agir, selon Glandorp, du même Gaius Publicius que le tribun de 209.
Lucius Publicius, marchand d'esclave, ami de Sextus Naevius, que Cicéron mentionne en 81 av. J.-C..
Marcus Publicius M. f. Scaeva, sénateur en 73 av. J.-C.,.
Publicius, devin mentionné par Cicéron.
Publicius, chevalier reconnu coupable de brigue électorale illégale et d'ambition vers 70 av. J.-C..
Quintus Publicius Q. f., préteur vers 67 av. J.-C., préside le procès de Decimus Matrinius que Cicéron défend,.
Gaius Publicius Q. f., triumvir monetalis en 80 av. J.-C., probablement le frère du précédent.
Quintus Publicius Q. f. Q. n., sénateur inhumé à Vérone et dont la stèle funéraire inscrite a été retrouvée. Il fut légat avec rang de propréteur d'une province inconnue.
Publicius Gellius, juriste, élève de Servius Sulpicius Rufus, pouvant possiblement être identifié à Quintus Publicius, le préteur de 67,.
Marcus Publicius, légat avec rang de propréteur en Espagne sous Pompée le Jeune entre 46 et 45 av. J.-C., qui fit battre monnaie avant la bataille de Munda.
Gnaeus Publicius Menander, affranchi mentionné par Cicéron dans un de ses discours (Pro Balbo).
Sous le Principat
Publicii Certi
Publicius Certus, (v. 55 - v. 98), délateur sous Domitien, consul désigner en 97, exclu du sénat par la plaidoirie de Pline.;
Cnaeus Publicius Rusticus, (v. 90 - ap. v. 130), IIvir de Corinthe;
Marcus Publicius, (v. 115 - ap. v. 150);
Autres
Flavia Publicia, virgo vestalis maxima vers 247/57.
Notes et références
Notes
↑L'inscription, transcrite «C•PAPERIO•T•F• M•POPULICIO•L•F•Q•P» désigne «Caius Papirius fils de Tiberius et Marcus Publicius fils de Lucius alors questeurs ont financé ce rostre et le certifient conforme»
Références
Sources modernes:
123Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. III, p. 600 ("Publicia Gens").