Simon Musaeus

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Simon Musaeus
Description de cette image, également commentée ci-après
Simon Musaeus vers 1560, galerie des portraits de l'Université d'Iéna
Nom de naissance Simon Muslick, Meussel
Naissance
Vetschau/Spreewald (Brandebourg, Saint-Empire romain germanique)
Décès (à 55 ans)
Mansfeld (Comté de Mansfeld, Saint-Empire romain germanique)
Diplôme
Docteur en théologie
Activité principale
Pasteur, professeur
Formation
Auteur
Langue d’écriture Allemand, Latin
Mouvement Réforme protestante, Luthéranisme
Genres

Simon Musaeus, aussi orthographié Meusel ou encore Musslick, né le à Vetschau (Brandebourg) et mort le à Mansfeld (Saxe), est un pasteur, théologien et professeur d'université allemand gnésio-luthérien.

Biographie

Origines familiales et formation universitaire

Sa date de naissance est sujet à controverses: l'une des dates avancées est le mais plus probable est celle du (le Jeudi Saint), indiquée dans deux biographies lui étant consacrées parues respectivement en 1780 et 1858. Il nait à Vetschau, près de Cottbus, fils de Simon Musslick, un cultivateur d'ascendance sorabe, et de Hedwig Neumann. Ses biographes décrivent ses parents comme des paysans pieux et travailleurs, son père se distinguant par l'invention de diverses petites machines agricoles.

Rapidement conscient des capacités intellectuelles de Simon, son père l'envoie à l'école latine de Cottbus qu'il fréquente jusqu'en 1543, puis, à l'âge de 14 ans, à l'université de Francfort-sur-l'Oder où il suit un enseignement dans les sept arts libéraux. Il y suit notamment les cours de politique de Georg Sabinus, gendre de Philippe Mélanchthon. En 1545, il débute des études de théologie à l'université de Wittemberg, où il suit les cours de Martin Luther, Philippe Mélanchton et Johannes Bugenhagen.

Ministère pastoral

En 1547, il obtient, par l'entremise de Mélanchton avec lequel il s'est d'amitié, bien que lui étant déjà opposé sur le plan théologique, un poste de professeur de grec à Nuremberg. Là-bas, il est également précepteur des enfants de la famille Tucher, des patriciens de la ville. Il y fait également ses débuts en prédication, avec un grand succès.

En 1549, il est ordonné à Berlin et reçoit pour premier poste la paroisse de Fürstenwalde/Spree. C'est également à cette époque qu'il choisit de se marier avec Margaretha Adelhäuser, fille d'un bourgeois de Cottbus. Cette union lui attire les foudres de l'évêque catholique de Lebus, qui mène une véritable offensive contre les clercs mariés, qui parvient à obtenir son éviction en 1551.

Dès l'année suivante, il prend en mains la paroisse de Crossen an der Oder (aujourd'hui Krosno Odrzańskie en Pologne). Mais là-bas, il prêche avec véhémence contre la pratique des nobles locaux d'acheter et revendre sans cesse à bas prix des villages entiers avec leurs habitants et il est alors brouillé avec les autorités communales, et doit à nouveau partir en exil au début de l'année 1554.

Le , il est nommé pasteur de l'église Sainte-Elisabeth de Breslau (aujourd'hui Wroclaw) en Silésie. Il y exerce son ministère avec rigueur et entretient d'excellentes relations avec le patriciat de la ville. Cependant, faisant des difficultés à accepter l'Intérim religieux d'Augsbourg et ayant fait chanter lors de l'un de ses offices "le meurtre du pape et des Turcs" (des Pabst und Türken Mord), il est dénoncé à la cour de Ferdinand Ier comme dangereux par le clergé catholique de la ville. Afin d'éviter la disgrâce royale, Musaeus présente sa démission et quitte Breslau le . Entre temps, il est rapidement retourné à Wittenberg où il obtient son doctorat en théologie le , sous la présidence de Johannes Bugenhagen.

En , il part pour Gotha en Thuringe où on lui confie la surintendance de l'Eglise luthérienne de la région. Mais dès l'année suivante, les princes de Saxe, desquels il s'est fait apprécier, lui offrent la paroisse et la prévôté d'Eisfeld en Franconie. Là-bas encore il ne reste que peu de temps, se voyant proposer le pastorat et la surintendance d'Iéna, le . A l'université de cette ville, il obtient également, à la suite d'Erhard Schnepf, une chaire de théologie puis le rectorat. Mais il est dès lors pris dans la controverse synergétique et affirme son caractère gnésio-luthérien intransigeant: il rejette l'idée que l'homme puisse d'une manière ou d'une autre participer à son salut puisque toutes ses œuvres, même les bonnes, sont tâchées par le péché originel. Il s'oppose en cela à Mélanchton et il prend part au colloque de Weimar, un débat opposant les gnésio-luthériens orthodoxes aux philippistes. Parmi ces derniers se trouve le duc Jean-Frédéric de Saxe, qui décide de renvoyer tous les professeurs et théologiens se réclamant de l'orthodoxie luthérienne d'Iéna. C'est ainsi que Musaeus reçoit, le , l'ordre de quitter son poste et les terres saxonnes,.

Il est alors appelé par le magistrat de Brême, qui lui propose le poste de surintendant et de pasteur de la cathédrale. Son séjour à Brême ne dure qu'un an, ses prédications défendant la présence réelle faisant scandale dans cette ville hanséatique influencée par le calvinisme. Il doit s'enfuir, au péril de sa vie, fin 1562. Musaeus trouve alors refuge à Lunebourg où il reste une année sans affectation, vivant de ses rentes.

En 1563, il devient surintendant et prédicateur à la Cour du duc de Mecklembourg à Schwerin. Le de cette même année il obtient également une chaire de théologie à l'université de Rostock. Mais un conflit administratif avec le frère du duc régnant le contraint une nouvelle fois à abandonner sa charge et à plier bagage. En 1566, il retourne en Thuringe et prend la surintendance de Gera, mais ses écrits virulents contre les adiaphoristes créent une fois de plus la polémique et il doit s'exiler pour Thorn (aujourd'hui Torun) en Prusse occidentale. Mais le clergé catholique local se sent menacé par sa prédication et son explication du Catéchisme, et il parvient à obtenir du roi Sigismond II Auguste de Pologne, suzerain de la région, qu'il ordonne aux autorités municipales de renvoyer Musaeus.

Après s'être vu proposé le pastorat d'une église de Königsberg (actuel Kaliningrad) en Prusse orientale, Musaeus retourne en Saxe où il venait d'être nommé surintendant général de Cobourg, en 1570. Il y vit sous la protection du duc Jean-Ernest mais doit à nouveau s'exiler après la mort de celui-ci et le début de la régence par l'Electeur Auguste de Saxe, adversaire de l'orthodoxie luthérienne. Il séjourne alors brièvement à Erfurt puis à Brunswick, puis dans un château près de Magdebourg où il a été invité par un de ses partisans, un chevalier d'Ummendorf,.

En 1576, il obtient le pastorat de l'une des églises de Soest, en Westphalie. Dans ses sermons, il dénonce les vices qui sévissent alors parmi les élites de la ville, ce qui lui attire sans surprise la haine des autorités communales, et aboutit à son renvoi en 1579.

L'année suivante, il prend son douzième et dernier poste, après dix exils et n'être jamais resté à un même poste plus de trois ans, à savoir la petite ville de Mansfeld, dans la Harz. Il s'y efforce de remettre les choses en ordre, les disputes théologique entre gnésio-luthériens et philippistes y ayant provoqué de graves troubles dans les années précédentes. Il meurt le , à l'âge de 53 ans, ayant passé ses derniers instants en prière (in wahrer Anrufung des eingebornen Sohnes Jesu Christi). Ses funérailles sont célébrées par Hieronymus Mencel et il est inhumé dans l'église paroissiale de Mansfeld.

Famille

De son mariage, vers 1549, avec Margaretha Adelhäuser, de Cottbus, sont issus onze enfants:

Parmi les descendants de Musaeus se trouvent le pasteur Johannes Musaeus (1613-1681), recteur de l'université d'Iéna à de nombreuses reprises à la fin du XVIIe siècle, ou encore l'écrivain et collecteur de contes, mais également membre des Illuminés de Bavière, Johann Karl August Musäus (1735-1787).

Johannes Musaeus (1613-1681), arrière-petit-fils de Simon
Johann Karl August Musäus (1735-1787) descendant à la sixième génération de Simon

Oeuvres

Commentaire biblique de Musaeus sur la Genèse

Notes et références

  1. 1 2 3 4 (de) Siegismund Justus Ehrhart, Presbyterologie des Evangelischen Schlesiens, Legnica, (lire en ligne), p. 182
  2. 1 2 3 4 5 (de) Wilhelm Beste, Die bedeutendsten nachreformatorischen Kanzelredner der lutherschen Kirche des XVI. Jahrhunderts in Biographieen und einer Auswahl ihrer Predigten, Leipzig, (lire en ligne), p. 192
  3. 1 2 3 4 5 (de) « Simon Muslick », sur Stadt Vetschau (consulté le )
  4. 1 2 Fabien FISCHER et Xavier MAILLARD, « M. Jean Musaeus, pasteur et alchimiste », sur D-Voile Généalogie, (consulté le )

Liens externes