Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep

Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep Ier
Image illustrative de l’article Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep
Tête d'une statue osiriaque attribuée à Sobekhotep Ier (Louvre E 12924)
Nom en hiéroglyphe
<
M17Y5
N35
G17F4
X1
I4R4
X1 Q3
>
Transcription Jmn-m-ḥȝ.t-Śbk-ḥtp(w)
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIIIe dynastie
Fonction principale 1er roi de la dynastie
Prédécesseur Néférousobek
(XIIe dynastie)
Dates de fonction 1803 à 1800 AEC,
Successeur Sekhemkarê Amenemhat-Senbef
Famille
Père Amenemhat IV ? (selon Ryholt)
Fratrie Sekhemkarê Amenemhat-Senbef ? (selon Ryholt)
Mérestékhi ?

Sekhemrê-Khoutaouy Amenhotep-Sobekhotep (aujourd'hui classé comme Sobekhotep Ier, avant en tant que Sobekhotep II) est le premier roi de la XIIIe dynastie et a régné à la fin du XIXe siècle av. J.-C. ou au début du XVIIIe siècle av. J.-C.. Son classement chronologique a longtemps été débattu, mais l'opinion majoritaire fait de lui le premier roi de la dynastie.

Position chronologique

Les noms de Nesout-bity et de Sa-Rê du roi sont Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep tandis qu'un autre roi de la dynastie porte les noms de Nesout-bity et de Sa-Rê Khoutaouyrê Ougaf. Or le Canon royal de Turin indique en tant que premier roi de la dynastie un certain Khoutaouyrê et en tant que quinzième roi un certain Sekhemrê-Khoutaouy Sobekhotep. Ainsi, pendant longtemps Amenemhat-Sobekhotep a été placé à cette position, faisant de lui Sobekhotep II, mais à la suite de diverses études — notamment stylistiques — la majorité des égyptologues pensent aujourd'hui que les noms ont simplement été inversés et qu'Amenemhat-Sobekhotep est le premier roi de la XIIIe dynastie, faisant de lui Sobekhotep Ier,.

Attestations

Titulature d'Amenemhat-Sobekhotep sur un relief du temple mortuaire de Montouhotep II à Deir el-Bahari.

Attestations contemporaines

Amenemhat-Sobekhotep est bien attesté par des sources contemporaines. Ces attestations sont les suivantes :

Plusieurs attestations de petite taille et inscrites uniquement avec le cartouche Sekhemrê-Khoutaouy existent mais la présence de ce seul cartouche ne permet pas de savoir s'il s'agit d'Amenemhat-Sobekhotep ou de Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou (dans l'hypothèse qu'il s'agit de deux rois distincts), :

Attestations postérieures

Le roi est attesté sur deux listes royales du Nouvel Empire :

Identification au roi Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou

Julien Siesse,, Wolfgang Helck et Stephen Quirke ont assimilé Sekhemrê-Khoutaouy Khâbaou à Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep. Cette hypothèse est considérée comme incorrecte par la plupart des égyptologues, dont von Beckerath, Detlef Franke, Kim Ryholt et Anthony Spalinger. Von Beckerath et Franke soulignent que bien que les deux rois aient le même nom de Nesout-bity, leurs autres noms sont complètement différents. Spalinger soutient que les archives du niveau du Nil de la Nubie associées à Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep ne peuvent être attribuées à Khâbaou.

En réponse à ces arguments, Stephen Quirke fait remarquer que les noms d'Horus et d'Horus d'or de Sekhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep sont connus à partir d'un seul bloc du temple de Montou à Médamoud, dont l'attribution demeure incertaine.

Julien Siesse réfute quant à lui l'hypothèse de deux rois chronologiquement proches et ayant partagés le même nom de Nesout-bity. En effet, depuis au moins le début du Moyen Empire, le nom le plus important de la titulature royale est ce nom de Nesout-bity. Ainsi, il est clair pour lui qu'il n'y a eu qu'un seul Sekhemrê-Khoutaouy : Amenemhat-Sobekhotep. Siesse réfute également l'hypothèse de Quirke, selon laquelle Khâbaou serait le nom d'Horus d'Amenemhat-Sobekhotep, et considère que le nom Menkhibef, attesté sur le bloc de Médamoud, correspondant à un autre souverain. Pour Siesse, Amenemhat-Sobekhotep a changé de protocole au cours de son règne, à l’instar d’autres rois qui l'ont fait avant et après lui, dont Ouserkarê Khendjer pour la XIIIe dynastie.

Interprétation du nom de Sa-Rê

Sceau du roi indiquant son nom de Sa-Rê Amenemhat-Sobekhotep.

Ce roi possède un double nom de Sa-Rê. Ce type de noms a été interprété différemment selon les égyptologues :

Famille

L'interprétation des noms doubles a des conséquences sur la reconstruction de la famille royale du roi Amenemhat-Sobekhotep :

De plus, un certain Ânkhou, « scribe du temple » de Sésostris III, puis « Directeur des Champs », indique que sa mère Mérestékhi est devenue « sœur du roi » mais n'a jamais été fille de roi. Ainsi, l'un des successeurs de Sésostris III n'était pas d'origine royale. Or Ânkhou indique également qu'il a servi Amenemhat III alors qu'il n'était qu'un jeune prince,,, excluant de fait ce roi. Il reste donc qu'Amenemhat IV, Néférousobek et les premiers rois de la XIIIe dynastie. Si certains chercheurs prennent le parti de faire de cette Mérestékhi la sœur d'Amenemhat IV, d'autres sont plutôt enclin à faire de ce roi et de Néférousobek les enfants d'Amenemhat III,,, et donc de faire de Mérestékhi une sœur d'un roi du début de la XIIIe dynastie.

Sépulture

Lors de fouilles menées en 2013 à Abydos, une équipe d'archéologues dirigée par Josef W. Wegner de l'université de Pennsylvanie a découvert la tombe d'un roi du nom de Sobekhotep. Bien qu'Amenemhat-Sobekhotep ait été désigné comme propriétaire de la tombe dans plusieurs articles de presse depuis ,,,,,, des investigations supplémentaires ont rendu plus probable le fait que la tombe appartient plutôt au roi Khâneferrê Sobekhotep.

Sa sépulture est peut-être située dans une zone située entre le sud de Saqqarah et Mazghouna, où plusieurs pyramides du début de la dynastie sont situées (un certain nombre d'entre elles étant anonymes). Quant à Detlef Franke, il assigne à Sobekhotep une pyramide (AI I ?) au sud-est de la pyramide de Khendjer à Saqqarah.

Titulature

Notes et références

Notes

  1. ↑ 1752 à 1746 AEC, selon D. Franke
    1760 à 1756 AEC, selon D. B. Redford
    1737 à 1733 AEC, selon R. Krauss
  2. ↑ Les sceaux-cylindres sont les suivants (Ryholt 1997, p. 403-404, Siesse 2019, p. 372-373) :
    • provenance inconnue, 1 sceau au musée de Berlin (ÄM 14062),
    • provenance inconnue, 1 sceau au musée du Caire (JE 72664),
    • provenance inconnue, 4 sceaux au British Museum (EA 3663, EA 16752, EA 17029, EA 28867),
    • provenance inconnue, 1 sceau au musée Petrie (UC 11528),
    • provenance inconnue, 1 sceau au Metropolitan Museum of Art (MMA 26.7.24),
    • provenance inconnue, 1 sceau au Bibliothèque nationale de France,
    • provenance inconnue, 2 sceaux au musée de Zurich (ancienne collection Michaelides 567 et 2021),
    • provenance inconnue, 1 sceau au de l'ancienne collection Michaelides (localisation actuelle inconnue).
  3. ↑ Les scarabées sont les suivants (Ryholt 1997, p. 403-404, Siesse 2019, p. 372-373) :
    • provenance inconnue, 1 sceau scarabée au British Museum (EA 41865),
    • provenance inconnue, 1 amulette de l'ancienne collection Matouk (localisation actuelle inconnue).
  4. ↑ Les perles sont les suivantes (Ryholt 1997, p. 403, Siesse 2019, p. 372) :
    • provenance inconnue, 1 perle au musée du Caire (JE 67944),
    • provenance inconnue, 2 perles au musée Petrie (UC 11531, UC 13202).
  5. ↑ Certains chercheurs traduisent l'inscription comme le fait qu'Ânkhou a servi un fils d'Amenemhat III (Siesse 2019, p. 128) ; si les deux traductions sont grammaticalement correctes, Ryholt indique que, dans le cas où la seconde traduction est la bonne, il serait très étonnant que le nom du prince soit omis, ce qui fait pencher ce chercheur et d'autres vers la première traduction, c'est-à-dire Amenemhat III en tant que prince (Ryholt 1997, p. 211-212).

Références

  1. ↑ Ryholt 1997, p. 197.
  2. 1 2 Ryholt 1997, p. 315-321.
  3. ↑ Siesse 2019, p. 99.
  4. ↑ Naville 1907.
  5. ↑ Ryholt 1997, p. 315 et 336.
  6. 1 2 3 4 5 Siesse 2019, p. 371.
  7. ↑ Ryholt 1997, p. 315.
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 Ryholt 1997, p. 336.
  9. 1 2 Siesse 2019, p. 373.
  10. 1 2 3 4 5 Siesse 2019, p. 372.
  11. ↑ Ryholt 1997, p. 403-404.
  12. ↑ Siesse 2019, p. 372-373.
  13. ↑ Siesse 2019, p. 34.
  14. ↑ Ryholt 1997, p. 73.
  15. ↑ Siesse 2019, p. 27.
  16. ↑ Siesse 2015, p. 75-98.
  17. 1 2 3 Siesse 2019, p. 55-59.
  18. 1 2 Spalinger 1984.
  19. ↑ Quirke 2006, p. 263-274.
  20. 1 2 Ryholt 1997, p. 209.
  21. 1 2 Siesse 2019, p. 65-67.
  22. ↑ Baker 2008, p. 457–458.
  23. ↑ Siesse 2019, p. 150.
  24. ↑ Ryholt 1997, p. 211.
  25. ↑ Pignattari 2018, p. 16.
  26. ↑ Siesse 2019, p. 128 et 154.
  27. ↑ Ryholt 1997, p. 211-212.
  28. ↑ Tallet 2015, p. 21.
  29. ↑ Roth 2001, p. 240-241 & 581 (fig. 111).
  30. ↑ Grajetzki 2024, p. 67-69.
  31. ↑ (en) « Giant Sarcophagus Leads Penn Museum Team in Egypt To the Tomb of a Previously Unknown Pharaoh », Penn Museum (consulté le )
  32. ↑ (en) « King Sobekhotep I Tomb discovered in Sohag », State Information Services, (consulté le )
  33. ↑ (en) Stephen Adkins, « Pennsylvania Researchers Discover Tomb of Egypt's First King of 13th Dynasty », University Herald, (consulté le )
  34. ↑ (en) « US diggers identify tomb of Pharoah Sobekhotep I », sur Times Live, South Africa, (consulté le )
  35. ↑ (en) « Archaeologists discover tomb of Pharoah Sobekhotep I in Egypt », Voice of Russia, (consulté le )
  36. ↑ (de) Florian Stark, « Pharaonengrab aus apokalyptischen Zeiten entdeckt », sur Die Welt, (consulté le )
  37. ↑ Wegner 2015, p. 70.
  38. ↑ Grajetzki 2024, p. 138-139.

Bibliographie