Solar Maximum Mission

Solar Maximum Mission
Observatoire spatial solaire
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste du satellite Solar Maximum Mission.
Données générales
Organisation Drapeau des États-Unis NASA
Domaine Éruptions solaires
Statut Mission terminée
Autres noms SolarMax
Lancement 14 février 1980 à 15 h 57 TU
Lanceur Delta 3910
Fin de mission 24 novembre 1989
Désorbitage 2 décembre 1989
Identifiant COSPAR 1980-014A
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 2 315 kg
Contrôle d'attitude Stabilisé par rotation
Source d'énergie Panneaux solaires
Puissance électrique 3 000 watts
Orbite
Orbite Terrestre basse
Périapside 508 km
Apoapside 512 km
Période de révolution 94,8 minutes
Inclinaison 28,5°
Principaux instruments
UVSP Spectromètre polarimètre imageur ultraviolet
ACRIM-I Radiomètre
GRS Spectromètre rayons gamma
HXRBS Spectromètre rayons X durs
XRP Spectromètre rayons X mous
HXIS Spectromètre imageur rayons X durs
C/P Coronographe polarimètre

Solar Maximum Mission ou SolarMax est une mission spatiale d'observation du Soleil développée par l'agence spatiale américaine, la NASA, dont le satellite est placé en orbite le . Lancé à une période coïncidant avec le pic d'activité du cycle solaire de 11 ans, l'observatoire spatial a pour objectif l'étude des éruptions solaires particulièrement nombreuses durant cette phase de la vie du Soleil et dont la genèse reste mystérieuse.

SolarMax est un engin spatial de plus de deux tonnes qui emporte une série de spectromètres lui permettant de recueillir des données sur l'ensemble du spectre électromagnétique (ultraviolet, rayons X et gamma). Victime d'une défaillance de son système de contrôle d'attitude il est le premier satellite réparé en orbite par un équipage de la navette spatiale américaine.

Contexte

SolarMax est une mission spatiale d'héliophysique (étude du Soleil). Elle est planifiée[Quand ?] à la demande de la communauté scientifique après que celle-ci ait eu plusieurs années pour exploiter les données scientifiques collectées par les observatoires solaires installés à bord de la station spatiale américaine Skylab. En essayant de comprendre ces informations ainsi que celles fournies par la série d'observatoires spatiaux OSO, les astronomes ont réalisé que celles-ci soulevaient de nouvelles questions qui nécessitaient de recueillir des données supplémentaires à l'aide d'une nouvelle génération d'instruments. Pour répondre à ce besoin, la NASA développe la mission SolarMax qui comme son nom l'indique devait observer le Soleil durant le pic de son activité. Il est prévu que le satellite soit ramené sur Terre par la navette spatiale américaine en fin de mission.

Objectifs

SolarMax a pour objectif d'étudier et de fournir des données sur les éruptions solaires et les phénomènes associés en collectant des données sur une large partie du spectre électromagnétique comprenant le rayonnement ultraviolet, le rayonnement X et le rayonnement gamma. Ces données doivent être collectées durant le pic d'activité du cycle de 11 ans. Il s'agit de mieux comprendre la nature des phénomènes violents du Soleil et leurs effets sur la Terre. SolarMax doit également mesurer de manière continue le flux du rayonnement solaire. Pour améliorer la compréhension de ces phénomènes la collecte des données est réalisée de manière coordonnée avec des mesures in situ des émissions de particules réalisées par le satellite ISEE 3,.

Déroulement de la mission

Le spécialiste de mission George Nelson effectue une première tentative, qui est infructueuse, pour attraper SolarMax lors de la mission de réparation par l'équipage de la navette spatiale Challenger.

Lancement ()

SolarMax est lancé le par une fusée Delta 3910 et placé sur une orbite terrestre basse de 508 × 512 km avec une inclinaison de 28,5°.

Opération de sauvetage par une mission de la navette spatiale américaine ()

Le satellite SolarMax dans la soute de la navette spatiale est entouré par les astronautes Nelson et von Hoften chargés d'effectuer les opérations de réparation du satellite.

En , quelques mois après le début des opérations scientifiques, la défaillance de fusibles entraîne la mise hors service du système normal de pointage des instruments. Le contrôle d'attitude repose désormais sur les magnéto-coupleurs mais il s'agit d'une solution dégradée (le pointage est moins précis) et seuls trois des sept instruments peuvent continuer à collecter des données. Heureusement le satellite SolarMax a été conçu dès le départ pour pouvoir être réparé en orbite et une mission de la navette spatiale américaine se voit assigner la tâche de remettre en état le satellite.

STS-41C, onzième mission de la navette spatiale et cinquième vol de Challenger, qui est lancée le , a dans ses objectifs la réparation du satellite. Deux des membres de l'équipage de la navette, George Nelson et James van Hoften, effectuent une sortie extravéhiculaire dans le but de capturer le satellite et d'effectuer les réparations. Ils doivent non seulement remettre en état le système de contrôle d'attitude mais également remplacer l'électronique défectueuse d'un des instruments et remplacer l'antenne parabolique, donnant ainsi la possibilité de communiquer avec la Terre en passant par les satellites relais TDRS. Il s'agit de la première opération de réparation d'un satellite en orbite.

La réalisation de la réparation allait s'avérer beaucoup plus difficile que prévu. Il était prévu que le satellite en rotation soit capturé à l'aide du bras Canadarm piloté depuis la navette par un astronaute puis que celui-ci annule le mouvement de rotation pour permettre son insertion dans la soute cargo de la navette spatiale où devaient s'effectuer les réparations. Mais les trois tentatives de capture échouent à cause de la présence d'une pièce faisant obstruction et qui n'était pas présente dans les plans du satellite. Un astronaute improvise alors une autre solution : il saisit à la main l'extrémité d'un panneau solaire et tente d'annuler le mouvement de rotation du satellite en utilisant les propulseurs de son MMU. Mais cette manœuvre aggrave le problème : le satellite se met à tourner encore plus rapidement et des oscillations se propagent sur les autres axes. Les panneaux solaires n'étant plus pointés vers le Soleil, les batteries s'épuisent rapidement. Pour se donner du temps, les contrôleurs au sol arrêtent tous les équipements non vitaux. Ils parviennent finalement à rétablir son orientation in extremis. Une fois stabilisé, le satellite est amené dans la soute, où les astronautes procèdent au remplacement du système de contrôle d'attitude et de l'électronique de l'instrument S/C. La réparation est une réussite et permet de prolonger la durée de vie du satellite de cinq ans.

Fin de mission

La collecte de données peut reprendre et elle se poursuit jusqu'au . A cette date, l'orbite qui avait lentement décru est devenue trop basse et le satellite commence à circuler dans une région de l'espace plus dense qui ne lui permet plus de maintenir ses instruments pointés vers le Soleil. La mission de Solar Maximum Mission s'achève le , lorsque le satellite rentre dans l'atmosphère et se désintègre.

Caractéristiques techniques

SolarMax est un satellite de 2,3 tonnes et d'environ 4 mètres de long pour 2,3 mètres de diamètre. Le module regroupant l'instrumentation scientifique occupe les deux premiers mètres. Deux panneaux solaires fixes sont attachés à un adaptateur fixé entre ce module scientifique et la plateforme standardisée de type MMS (Multimission Modular Spacecraft) développé par la société Fairchild. Celle-ci a également été utilisée par les satellites Landsat 4 et 5, TOPEX/Poseidon, UARS, et EUVE. Les panneaux solaires fournissent entre 1 500 et 3 000 Watts. Les données sont transmises vers la Terre en bande S. Le débit est considérablement augmenté en cours de mission à la suite du déploiement des satellites relais géostationnaires TDRS.

Instrumentation

SolarMax emporte sept instruments scientifiques permettant d'observer le Soleil sur l'ensemble du spectre électromagnétique, :

Historique des lancements
Instrument Type Caractéristiques Mesures Responsable scientifique
UVSPSpectromètre / PolarimètreEinar A. Tandberg-Hanssen, Centre de vol spatial Marshall (NASA)
ACRIM-IRadiomètre0,001–1 000 µmIrradiance solaireWillson, Richard C, Jet Propulsion Laboratory (NASA)
GRSSpectromètre gamma0,01–100 MeVEdward L. Chupp, Université du New Hampshire
HXRBSSpectromètre rayons X durs20–260 keVKenneth J. Frost, Centre de vol spatial Goddard (NASA).
XRPSpectromètre rayons XLoren W. Acton (Lockheed Palo Alto)
J. Culhane (University College de Londres)
Alan-Henri Gabriel Leonard (Laboratoire Rutherford Appleton)
HXISSpectromètre rayons X mous3,5–30 keVCornelis Jager, Université d'Utrecht
C/PCoronographe / Polarimètre446,5-658,3 nanomètres
champ de vue : 1,5 à 6 rayons solaires
Résolution spatiale 6,4 secondes d'arc
Densité des électrons dans la couronne solaireLewis L. House High Altitude Observatory

Résultats scientifiques

Une image de la couronne solaire par C/P, le 12 avril 1980.
Des images de UVSP d'une tache solaire.

Au cours de la mission SolarMax a observé plus de 12 000 éruptions solaires et plus de 1 200 éjections de masse coronale. Son coronographe a réalisé environ 240 000 images de la couronne solaire.

Les données recueillies par l'instrument ACRIM-1 démontrent que, contrairement aux hypothèses en vigueur, le soleil est plus brillant pendant les périodes où les taches solaires plus sombres sont les plus nombreuses. L'explication est que ces taches sont entourées de facula, des structures extrêmement brillantes, qui compensent largement l'assombrissement lié à la tache elle-même. Entre 1987 et 1989, la mission découvre dix comètes rasantes au Soleil.

Analyse des débris spatiaux

Durant l'opération de réparation en orbite du satellite, les astronautes retirent et ramènent dans la navette spatiale 1,5 m2 d'isolant thermique et 1 m2 de persiennes en aluminium. Ces composants de SolarMax qui ont séjourné dans l'espace durant 50 mois sont ramenés sur Terre pour étudier la fréquence et les impacts des micrométéoroïdes. L'isolant thermique est constitué de 17 couches de kapton aluminé séparées par des filets de dacron. Sur une superficie de 0,5 m2, on[Qui ?] découvre 160 impacts de micrométéoroïdes ayant réussi à percer la première couche de kapton et 1 000 autres cratères créés par des particules arrêtées par celle-ci. L'analyse des cratères formés par les particules ayant frappé le revêtement démontre que nombre d'entre eux contiennent du titane, du zinc, du potassium, du silicium et du chlore qui entrent dans la composition des peintures utilisées pour les applications spatiales à la NASA. Il est déduit qu'il y a en orbite terrestre basse deux fois plus de débris spatiaux d'origine humaine que de météoroïdes.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en) Peter Bond, Solar Surveyors : Observing the Sun from Space, Springer, , 535 p. (ISBN 978-3-030-98787-9), p. 404-412
  2. 1 2 (en) « SMM (Solar Maximum Mission) », sur EO Portal (consulté le ).
  3. ↑ (en) NASA, « Solar Maximum Mission factsheet »,
  4. ↑ et NASA's Solar Maximum Mission : a Look at a New Sun 1987, p. IX-X.
  5. ↑ (en) D.J. Kessler, « Orbital Debris Measurements », NASA,‎ , p. 1-3 (lire en ligne [PDF]).

Sources

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes