| Torigni-sur-Vire | |
Le château des Matignon | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Saint-Lô |
| Commune | Torigny-les-Villes |
| Intercommunalité | Saint-Lô Agglo |
| Statut | commune déléguée |
| Maire délégué Mandat |
Claude Gallier 2020-2026 |
| Code postal | 50160 |
| Code commune | 50601 |
| Démographie | |
| Gentilé | Torignais |
| Population | 2 366 hab. (2023) |
| Densité | 786 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 02′ 08″ nord, 0° 58′ 46″ ouest |
| Altitude | Min. 53 m Max. 139 m |
| Superficie | 3,01 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Condé-sur-Vire |
| Historique | |
| Fusion | |
| Intégrée à | Torigny-les-Villes |
| Localisation | |
| modifier |
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Torigni-sur-Vire est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de 2 366 habitants. Elle est depuis le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Torigny-les-Villes.
Elle est située à une dizaine de kilomètres au sud-est de Saint-Lô, elle est le siège de la communauté de communes et a été chef-lieu de canton jusqu'en 2015.
Torigni-sur-Vire est en Bocage normand, plus précisément en Pays saint-lois.
Le point culminant (138 / 139 m) se situe au sud-ouest, en limite de commune, près du lieu-dit la Maladrerie. Le point le plus bas (53 m) correspond à la sortie du territoire des Nonains, à l'ouest.
Le territoire est entièrement dans le bassin de la Vire par un sous-affluent appelé ruisseau de Torigni ou les Nonains. Ce ruisseau et ses deux affluents alimentent dès leur entrée sur le territoire les étangs de Torigni, puis le ruisseau traverse l'agglomération avant de passer sur le territoire de Condé-sur-Vire où il rejoint le Hamel un kilomètre avant sa confluence avec le fleuve côtier.
La pluviométrie annuelle avoisine les 950 mm.
L'atlas de paysages de la Basse-Normandie place principalement la commune dans l'unité de la vallée de la Vire aux « paysages variés mais déterminés par un encaissement profond du cours d’eau », mais en limite ouest du Bocage en tableaux caractérisé par « une série de vallées parallèles sud-ouest/nord-est » aux « amples tableaux paysagers ». Ne couvrant que 301 hectares, le territoire communal est le moins étendu de son canton et est majoritairement couvert par l'agglomération. Celle-ci est à 13 km au sud-est de Saint-Lô et à 25 km au nord de Vire.
En dehors de la partie urbaine, les principaux lieux-dits — la plupart dans la partie sud du territoire — sont, de l'est à l'ouest, dans le sens horaire, la Passelaie, la Bigne (au sud), la Cavée, la Maladrerie, la Dannerie, la Goulerie, le Champ (à l'ouest) et la Planquerie.
La ville est au croisement de l'ancienne route nationale 174, déclassée en route départementale 974, et de la départementale 40. Celle-ci permet de rejoindre Caumont-l'Éventé et Caen à l'est et Tessy-sur-Vire à l'ouest. La D 974 rejoint l'autoroute A84 à Guilberville au sud et permet de continuer vers Vire. Au nord, elle rejoint Saint-Lô qui est également accessible par la nouvelle N 174 à quatre voies (de Guilberville à Carentan) qui offre une entrée proche sur le territoire de Condé-sur-Vire. Depuis la fermeture aux voyageurs de la gare ferroviaire de Torigni et de la ligne Saint-Lô - Vire en 1938, la gare la plus proche est celle de Saint-Lô. L'aéroport de Caen-Carpiquet est à 42 km.
Le nom de la localité est attesté sous les formes Torineo en 1159, Torignie vers 1175, Thorigni en 1252. Sous l'ancien régime, les graphies Thorigny et Torigny étaient communes, mais à partir de 1810, apparaît Torigni qui va se généraliser dès 1829. Le déterminant complémentaire -sur-Vire est ajouté en 1849, bien que la ville se situe à plusieurs kilomètres de la rivière à laquelle il fait référence.
Certains érudits du passé expliquaient l'origine du toponyme Torigni sur le mode de l'étymologie populaire par le latin turris ignis « tours de feu ». C'est ainsi qu'a été créé le blason de la ville. Ce genre d'étymologie encore reprise de nos jours (monographies, bulletins paroissiaux, hebdomadaires, quotidiens, sites internet) n'est pas basée sur l'étude phonétique des formes anciennes, ni sur celle des homonymes et n'a donc pas de fondement scientifique.
Comme le montrent les formes anciennes, Torigni appartient à toute la série des Thorigny (ex: Thorigny-sur-Marne, Tauriniaco vers 700, Thoriniaco vers 1180, Toriniacum XIIe siècle, Thoregny en 1274, Toregni en 1283, Thorigny lez Laigny sur Marne en 1488, Thorigny en France en 1549), Thorigné (ex: Thorigné-d'Anjou, Tauriniacum en 996 - 1010), Thorignat, à savoir à un type toponymique gallo-roman *Tauriniacu, composé du suffixe -(i)acum signifiant « lieu, propriété de » (gaulois -acon, du celtique commun *-āko(n) ), précédé d'un nom d'homme gallo-roman Taurinus, anthroponyme qui eut une grande diffusion en Gaule. Ce nom de personne est, entre autres, illustré par saint Taurin, évêque d'Évreux aux IVe – Ve siècles.
Il dérive du latin taurus « taureau » (le mot celtique - gaulois - équivalent est taruos, taureau), cependant le suffixe -in- est commun en celtique. La forme féminine Taurina est attestée dans des inscriptions en langue gauloise à côté de termes celtiques (exemple : le peson de fuseau d'Autun, où l'on trouve : TAVRINA|VIMPI « belle génisse » : latin taur- + suffixe diminutif celtique -īno, gaulois vimpi « beau, belle », cf. gallois gwymp « joli »). L'utilisation de noms de personnes latins ou latinisés correspond à un processus de romanisation également bien attesté dans l'épigraphie, où les mêmes personnages ou des personnages de la même famille mêlent à la fois des anthroponymes latins à d'autres bien gaulois.
Les formes plus récentes Thorigny ou encore Torigny sont conformes à l'usage qui veut que le [i] final d'un nom propre français soit graphié -y (sauf Henri) depuis la fin du Moyen Âge. La généralisation de la graphie Torigni date du XIXe siècle et représente un retour à celle utilisée initialement à l'époque médiévale, ce qui est exceptionnel pour les noms en -(i)acum, sauf dans l'Orne. Le déterminant complémentaire -sur-Vire a été ajouté en 1849, sans que la Vire coule sur son territoire.
Torigni formait une baronnie qui existait dès les premiers temps des ducs normands. Parmi ses seigneurs on relève Hamon le Hardi qui participa en 1066 la conquête normande de l'Angleterre, Robert de Gloucester, Jean de Vienne († 1351) dont Torigny lui fut donné par Philippe le Bel, Hervé de Mauny, cousin de Du Guesclin.
Dans la première moitié du XIe siècle la paroisse a pour seigneur Hamon aux dents, l'un des barons normands révoltés contre le jeune duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, qu'il affrontera en 1047 à la bataille de Val-ès-Dunes, et où il trouvera la mort.
Mabel FitzRobert de Gloucester, fille de Robert FitzHamon apportera à la suite de son mariage en 1121 ou 1122, la baronnie de Torigni, ainsi que celle de Creully, à son époux Robert de Gloucester.
La ville est pillée par les Anglais le lors de la chevauchée d'Édouard III, et sera aux mains des Anglais, dans le cadre de la guerre de cent Ans et l'occupation de la Normandie par ces derniers, de 1418 à 1450.
Propriété des Goyon de Matignon depuis le deuxième quart du XVe siècle, la baronnie est érigée en comté par lettres patentes de par Charles IX, en faveur de Jacques II Goyon de Matignon.
En , le comté est augmenté en faveur de Charles de Matignon puis de son fils, François (1607-1675), des « baronnies, chastellenies, terres et seigneuries de Moyon, la Roche-Tesson (La Colombe), Plessis-Grimoult, Ondefontaine, Ferrière du Val (Danvou-la-Ferrière), Giéville, Burret-Varroc, Burret-Suhard et Cormolain » et de plusieurs autres fiefs (baronnie de Guilberville…) par lettre patentes de .
Le , François de Matignon, dans un aveu est titré de comte de Thorigny et de Montmartin, seigneur et baron de Saint-Lô, Conseiller du roi en ses Conseils, chevalier de ses ordres, capitaine de 100 hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur des villes, châteaux et citadelle de Cherbourg, Granville et Saint-Lô, lieutenant général de ses armées et au gouvernement de Normandie. À sa mort, en , le comté échoit à son fils Henri (1633-1682), et entre ensuite dans la liquidation de succession de celui-ci en exécution du testament qu'il a rédigé au château de Caen le , testament passé devant maîtres Jolivet et Le Danois, notaires de Caen, en présence de Me Samuel Gosselin, curé de Saint-Georges du château de Caen. Le comté, estimé à 970 000 livres, rentre dans le lot d'une de ses filles, Charlotte de Matignon (1657-1721) épouse de Jacques III de Matignon (1644-1725), suivant un contrat de partage et transaction, passé en l'hôtel du marquis de Seignelay, avec la seconde héritière Catherine-Thérèse de Matignon épouse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
Le comté, augmenté au XVIIe siècle, était composé d'un ensemble de terres et seigneuries situées dans plusieurs « pays » bas-normands, au carrefour du Bessin, du Cotentin et du Bocage virois. Plus de soixante fiefs noble relevaient de cet important fief de dignité, dont le maître avait droit de haute justice sur vingt-neuf paroisses : « Saint-Laurent, Saint-Amand et Notre-Dame de Thorigny, Saint-Symphorien de Thorigny, Placy, Le Perron, Biéville, Vidouville, La Vacquerie, Dampierre, Dromme, Les Loges, Montaigu, Condé-sur-Vire, Monbertrand, Parfouru Leclin, La Ferrière-Harenc, Saint-Martin de la Besace, Saint-Ouen de la Besace, Carville, La Graverie, Greville, Saint-Jean des Essartiers, Magny, Armanches, Vienne, Esquay, Vaussy et Condé-sur-Seulle » comme mentionné dans l'aveu et dénombrement des comté et haute justice de Torigny rendu au roi le par François de Matignon (1607-1675). Celui-ci percevait également des droits sur les trois foires annuelles et les deux marchés hebdomadaire établis à Torigny.
Pendant la Révolution française, la commune sera occupée brièvement par la première armée chouanne (1795-1796) de Frotté.
Bombardée le , la commune est libérée le par le 35e régiment d'infanterie américain. À la suite de ces bombardements, le château a entièrement brûlé.
Le , Torigni-sur-Vire intègre avec trois autres communes la commune de Torigny-les-Villes créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Brectouville, Torigni-sur-Vire, Guilberville et Giéville deviennent des communes déléguées et Torigni-sur-Vire est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Sous l'Ancien Régime, Torigny est le siège d'un des cinq bailliages royaux ressortissant au présidial de Caen. De 1656 à 1789, elle est le chef-lieu d'une sergenterie (52 paroisses) qui ressort à l'élection de Saint-Lô, sauf de 1636 à 1639 et de 1661 à 1691 où elle est rattachée à l'élection de Bayeux.
Candidats ou listes ayant obtenu plus 5 % des suffrages exprimés lors des dernières élections politiquement significatives :
Le conseil municipal était composé de dix-neuf membres dont le maire et cinq adjoints. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Torigny-les-Villes le jusqu'en 2020 et Anne-Marie Cousin devient maire délégué.
Le collège public Albert-Camus accueille environ 420 élèves.
Les habitants sont appelés les Torignais.
En 2023, la commune comptait 2 366 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Torigni-sur-Vire) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations.
Le Football club des Étangs fait évoluer deux équipes de football en ligue de Normandie et deux autres en divisions de district.
L'Étoile sportive Torigni handball possède une équipe masculine en Honneur régional dans la Ligue de Normandie, et une féminine en Excellence départementale. Le club dispose également de deux équipes B.
L'Étoile sportive torignaise tennis de table a son école de tennis de table grâce à l'emploi d'un entraîneur-animateur diplômé d'État dans ce sport depuis 1999. Deux équipes évoluent en championnat régional (saison 2011-2012), Régionale 4 pour l'équipe masculine et Régionale 1 pour l'équipe féminine, ce qui est le plus haut niveau régional. En championnat départemental, de la D4 à la D1, tous les niveaux sont représentés en senior. Les enfants sont eux aussi régulièrement présents sur les podiums départementaux et régionaux aux compétitions individuelles.
Du temps de Jacques III de Matignon (1644-1725), Torigny est le chef-lieu d'un doyenné de 39 paroisses relevant du diocèse de Bayeux.
La commune de Torigni-sur-Vire est labellisée Village étape depuis 2004[réf. nécessaire].
L'église Saint-Laurent des XIIIe, XVIIe – XIXe siècles, en tant qu'ancienne chapelle du château, dite des Mausolées, et son histoire sont liées aux seigneurs de Torigny. En 1033, Saint-Laurent existe sous la dénomination de chapelle baptismale. À cette époque, Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant, la donne en patronage avec l'église de Saint-Amand aux religieux de l'abbaye de Cerisy-la-Forêt, fondée en 1032 par lui-même. Au XIIe siècle, une nef est ajoutée. En 1400, quand Hervé de Mauny, baron de Torigny, construit une chapelle avec caveau sépulcral adossé à l'église, le patronage de Saint-Laurent subsiste. Il est supprimé en 1575 par le maréchal Jacques II de Matignon, devenu seigneur de Cerisy, par échange des patronages de Saint-Amand et de Saint-Laurent contre celui de Brectouville. En 1601, sa femme, Françoise de Daillon du Lude, transforme cette première chapelle appelée Saint-Pierre ou du Château. Elle fait aussi reconstruire la voûte du chœur de l'église et édifier la chapelle Notre Dame ou des Mausolées. Ces travaux s'inscrivent dans ceux plus vastes, de construction du château et de ses dépendances, dont le pavillon de garde est proche de l'église. En 1793, les sépultures de la famille de Matignon sont profanées. Les monuments funéraires sont en majorité brisés et les fragments dispersés. Au XIXe siècle, l'église Saint-Laurent fait l'objet d'une campagne de rénovation. En 1893, les deux chapelles sont démolies puis reconstruites : elles portent aujourd'hui le nom de chapelle du Sacré-Cœur et de chapelle de la Sainte-Vierge. Les voûtes sont restaurées, une nouvelle sacristie y est installée. Paradoxalement, c'est à cette époque que l'église Saint-Laurent perd son clocher. La verrière de Mauméjean date du XXe siècle.
L'église Saint-Laurent possède un modeste orgue posé au fond de la nef. Il est offert à la paroisse en 1888 par la famille Lemonnier et par quelques paroissiens. L'instrument possède huit jeux réels repartis sur deux claviers de 56 notes et 448 tuyaux. Il comporte également un pédalier de trente notes.
| I. Grand Orgue (Do2-Sol5) | II. Récit expressif (Do1-Sol5) | Pédale (Do1-Fa3) |
|---|---|---|
| Bourdon 16' basse (Do1-Si1) | Flûte Harmonique 8' | Tirasses |
| Bourdon 16' dessus (Do2-Sol5) | Gambe 8' | |
| Principal 8' | Voix Céleste 8' | |
| Salicional 8' | Trompette 8' | |
| Flûte Octaviante 4' |