Blue Ghost Mission 1

Blue Ghost Mission One
Mission robotique lunaire
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste de l'atterrisseur.
Données générales
Organisation NASA
Constructeur Firefly Aerospace
Programme CLPS
Domaine Étude de la surface de la Lune et de son exosphère, tests technologies spatiales
Type de mission Atterrisseur
Statut Opérationnel
Autres noms TO19D
Lancement 15 janvier 2025
Lanceur Falcon 9
Durée 1 journée lunaire (14 jours à la surface de la Lune)
Site fireflyspace.com/missions/blue-ghost-mission-1
Caractéristiques techniques
Masse au lancement < 2 800 kg
Masse instruments 92 kg
Propulsion chimique
Ergols méthylhydrazine et MON-3
Contrôle d'attitude stabilisé 3 axes
Source d'énergie panneaux solaires
Puissance électrique 400 Watts
Orbite
Atterrissage 2 mars 2025
Localisation Mons Latreille dans la mer des Crises
Principaux instruments
LISTER Sonde thermique
LPV Système de collecte d'échantillons
NGLR Rétroréflecteur laser
RAC Caractérisation régolithe
RardPC Processeur durci
EDS Bouclier contre la poussière
LEXI Télescope rayons X
LMS Sondeur sous-sol
LuGRE Récepteur GPS
SCALPSS Caméra

Blue Ghost Mission 1 est une mission spatiale du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) de la NASA dont l'objectif est de mettre en œuvre à la surface de la Lune des instruments scientifiques destinés à analyser la surface de la Lune, son sous-sol et son exosphère ainsi que des expériences destinées à mettre au point de nouveaux équipements spatiaux. Il s'agit de la première mission utilisant l'atterrisseur Blue Ghost développé par la société Firefly Aerospace.

La mission, qui est la troisième du programme CLPS, a été placée en orbite le par un lanceur Falcon 9 qui transporte également le petit atterrisseur lunaire japonais Hakuto-R dont c'est la deuxième mission. L'atterrisseur Blue Ghost s'est posé le 2025 près du Mons Latreille dans la mer des Crises. Une fois au sol la mission doit durer une journée lunaire (14 jours terrestres) car l'atterrisseur n'est pas conçu pour survivre à une nuit lunaire.

Contexte

Article principal : Commercial Lunar Payload Services.

Dans le cadre de son programme Artemis, qui a pour objectif le retour d'un équipage sur la Lune vers 2026, l'agence spatiale américaine, la NASA, décide en 2018 de confier à des sociétés privées la dépose à la surface de la Lune d'instruments scientifiques et d'engins robotiques. Ceux-ci sont destinés à mener des investigations qui doivent compléter les études scientifiques menées à la surface de la Lune par les astronautes et doivent contribuer à développer les capacités des futures missions lunaires, en évaluant par exemple les ressources en glace d'eau. Celles-ci pourraient permettre à terme de produire des ergols pour les fusées se posant à la surface de la Lune ainsi que de l'oxygène et de l'eau pour les équipages.

Pour atteindre cet objectif, la NASA met sur pied le programme CLPS. À la suite d'une série d'appels d'offres, quatre sociétés, dont Astrobotic Technology, sont sélectionnées pour acheminer des charges utiles à la surface de la Lune. Le cahier des charges de la NASA ne fournit aucune contrainte relative à l'architecture et se contente de définir la masse et la nature des charges utiles devant être transportées. Les sociétés sélectionnées sont de nouveaux entrants dans le domaine et ont une expérience limitée dans le développement d'atterrisseurs. Mais la NASA accepte la majoration du risque par rapport à une approche plus conventionnelle faisant appel aux poids lourds du secteur spatial car elle estime que cette démarche permettra d'atteindre les objectifs à un coût final sensiblement réduit. La philosophie du programme CLPS est similaire à celle des programmes COTS et CCDev que l'agence spatiale a mis sur pied pour le ravitaillement et la relève des équipages de la Station spatiale internationale,.

Historique

En , une des missions du programme CLPS, baptisée Blue Ghost Mission One est confiée par la NASA à la société Firefly Aerospace pour un montant qui est à l'origine de 93,3 millions USD. La mission doit déposer en 2023 dix instruments scientifiques et équipements à la surface du bassin lunaire de la Mare Crisium, d'une masse totale de 94 kilogrammes.

Objectifs scientifiques et technologiques

La mission a des objectifs à la fois scientifiques et technologiques :

L'atterrisseur Blue Ghost

Article principal : Blue Ghost.

Blue Ghost est un engin spatial conçu pour se poser sur la Lune (atterrisseur lunaire) avec une charge utile dont la masse maximale est de 150 kilogrammes. Celle-ci peut être constituée d'instruments scientifiques, d'équipements spatiaux à tester ou d'astromobiles. Blue Ghost a une masse maximale de 2 700 kg en orbite et dispose de panneaux solaires qui fournissent 400 watts à disposition de la plateforme et de la charge utile. L'engin spatial a une forme approximativement cubique et est haut de 2 mètres pour un diamètre de 3,5 m. Il se pose sur la Lune sur un train d'atterrissage en composite carbone constitué de quatre pieds fixés aux angles, légèrement inclinés par rapport à la verticale, et dont la structure en nid d'abeilles s'écrase pour absorber le choc de l'atterrissage. Les semelles des pieds comportent des capteurs qui déclenchent l'arrêt de la propulsion lorsqu'ils détectent le sol. La structure est constituée par un treillis de 49 poutrelles en composite carbone qui permet d'allier rigidité et légèreté. La propulsion principale est assurée d'une part par un moteur-fusée à ergols liquides (bi ergols) de plus de 1 000 newtons de poussée, utilisé pour l'insertion en orbite lunaire et durant la phase de descente vers la surface de la Lune, et d'autre part par quatre moteurs-fusées à ergols liquides modulables qui totalisent 1 600 N de poussée et sont utilisés pour maintenir l'orientation durant les phases propulsées et assurer un atterrissage en douceur. Douze petits moteurs à gaz froid sont utilisés pour maintenir l'orientation de l'engin spatial durant les phases non propulsées. Deux réservoirs contiennent respectivement le carburant méthylhydrazine et le comburant MON-3 utilisé par la propulsion principale. Par ailleurs l'hélium utilisé pour la pressurisation des ergols est stocké dans quatre réservoirs. Pour les communications Blue Ghost dispose d'une antenne en bande X et de trois antennes en bande S dont le débit permet de transmettre des vidéos en haute définition. Cette conception, à la fois fiable et polyvalente, permet au Blue Ghost de répondre aux exigences des missions scientifiques et technologiques les plus ambitieuses prévues sur la lune.

Charge utile

Rétro-réflecteur NGLR.
Instrument LISTER.

L'atterrisseur lunaire transporte 10 instruments représentant une masse totale de 92 kilogrammes.

La mission emporte quatre instruments scientifiques :

Six expériences sont destinées à tester en conditions réelles de nouveaux équipements spatiaux :

Collecteur de poussière lunaire VAC.
Récepteur GPS LuGRE.
Caméras stéréos SCALPSS.
Bouclier anti-poussières lunaires EDS.

Déroulement de la mission

Une fusée SpaceX Falcon 9 avant lancement

La mission Blue Ghost 1 (baptisée en anglais : Ghost Riders In the Sky) est lancée le par un lanceur Falcon 9 décollant du Launch Complex 39–Pad A du centre spatial Kennedy. La fusée transporte également le petit atterrisseur lunaire japonais Hakuto-R (deuxième mission baptisée RESILIENCE) qui doit également se poser à la surface de la Lune. Une fois en orbite basse terrestre, l'engin progressivement accroit l'altitude de son orbite durant 25 jours jusqu'à disposer d'une vitesse suffisante pour s'injecter sur une orbite de transfert vers la Lune. Après un transit de 4 jours l'atterrisseur utilise sa propulsion principale pour s'insérer en orbite autour de la Lune. Durant 16 jours Blue Ghost réduit progressivement l'altitude de son orbite avant de déclencher la phase d'atterrissage (durée 1 h). L'atterrisseur Blue Ghost se pose le près du Mons Latreille dans la mer des Crises (18,56 N, 61,81 E). Après avoir vérifié le fonctionnement de ses équipements, la phase scientifique de la mission débute. Sa durée est de 14 jours car l'atterrisseur n'est pas conçu pour fonctionner durant la nuit lunaire (faute d'énergie disponible et de système de régulation thermique permettant de maintenir une température acceptable). La journée lunaire débute le et s'achève le ,.

Notes et références

  1. 1 2 (en) Stephen Clark, « NASA cancels lunar rover, shifts focus to commercial moon landers », sur spaceflightnow.com, .
  2. ↑ (en) Stephen Clark, « NASA picks three companies to send commercial landers to the moon », sur spaceflightnow.com, .
  3. ↑ (en) « NASA Selects Firefly Aerospace for Artemis Commercial Moon Delivery in 2023 », sur NASA,
  4. 1 2 3 (en) « TO19D Science », sur NASA (consulté le ).
  5. ↑ (en) « Next Generation Lunar Retroreflector (NGLR) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  6. ↑ (en) « Lunar Environment X-ray Imager (LEXI) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  7. ↑ (en) « Lunar Magnetotelluric Sounder (LMS) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  8. ↑ (en) « Lunar Instrumentation for Subsurface Thermal Exploration with Rapidity (LISTER) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  9. ↑ (en) « Regolith Adherance Characterization (RAC) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  10. ↑ (en) « Stereo Camera for Lunar Plume-Surface Studies (SCALPSS) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  11. ↑ (en) « Electrodynamic Dust Shield (EDS) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  12. ↑ (en) « Lunar GNSS Receiver Experiment (LuGRE) », sur NSSDCA, Centre de vol spatial Goddard (consulté le )
  13. ↑ (en) Justin Davenport, « Falcon 9 launches two landers to the Moon on the same mission », sur nasaspaceflight.com, .
  14. ↑ (en) Jeff Foust, « Firefly’s Blue Ghost 1 lands on the moon », sur spacenews.com,
  15. ↑ (en) Centre de vol spatial Goddard, « Blue Ghost Mission 1 (Firefly) », sur NASA Space Science Data Coordinated Archive (consulté le )
  16. ↑ (en) « Blue Ghost Mission One to the moon », sur Astrobotic Technology (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes