| Artiste | |
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| Date | |
| Type | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
89 × 117 cm |
| No d’inventaire |
2018.4.McD |
| Localisation |
Le Salon est une œuvre majeure du peintre postimpressionniste français Émile Bernard. Réalisée en 1890, cette peinture à l'huile sur toile représente le point culminant d'une période durant laquelle l'artiste a exploré de manière intensive le sujet moderne et provocant des maisons closes à travers de nombreux dessins et croquis. En 2018, l'œuvre rejoint la collection permanente du musée d'Art de Dallas aux États-Unis.
Le tableau témoigne des recherches d'Émile Bernard sur le synthétisme et le cloisonnisme (technique caractérisée par de grands aplats de couleur cernés d'un trait sombre, inspirée des estampes japonaises). La composition joue sur des tonalités dominantes de bleus et de verts profonds, intégrant subtilement la présence d'un chat et de figures féminines. Bernard aura été un habitué des maisons closes toute sa vie. Dans ce tableau, il représente les prostituées qui attendent leur client. À la fin des années 1880, Émile Bernard et Vincent van Gogh s'échangeaient de nombreux dessins et lettres sur le thème des bordels. Ils considéraient les prostituées comme des figures marginales de la modernité que les peintres d'avant-garde se devaient de représenter, au même titre que les paysans. Le Salon montre précisément des femmes (cinq au total, dans divers états de déshabillé) qui attendent les clients. L'œuvre ne cherche pas à être érotique ou racoleuse. Au contraire, Bernard peint la monotonie de leur quotidien : elles tuent le temps en jouant aux cartes, en buvant ou en faisant la sieste.
Le tableau est acheté directement à Émile Bernard en 1901 par le célèbre et visionnaire marchand d'art Ambroise Vollard. Il a ensuite intégré la collection de Maurice Ratton, un marchand et collectionneur de renom, particulièrement célèbre pour sa passion et son expertise des arts primitifs. Le , lors de la prestigieuse vente Impressionist and Modern Art organisée par la maison Christie's à Paris, la toile est adjugée pour 1 322 500 €. À cette date, ce montant constitue un record mondial absolu pour une œuvre d'Émile Bernard aux enchères, doublant le précédent record de l'artiste. À la suite de cette vente mémorable, le tableau traverse l'Atlantique pour rejoindre officiellement, dès l'année suivante (en 2018), les collections permanentes du musée d'Art de Dallas.